Côte d’Azur, André Dauchez y puise aussi son inspiration!

beaulieu-sur-mer
André Dauchez (1870-1948), Beaulieu-sur-Mer, 1923,
huile sur panneau, signée en bas et à droite, 24cm x 33cm
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André Dauchez, peintre et graveur, stimulé et encouragé par son beau-frère l’artiste peintre Lucien Simon, puise son inspiration dans ces paysages de Bretagne dès 1894, s’installant en 1905 près de Loctudy. Il fera quelques voyages d’où il ramènera quelques compositions, pour certaines reprises en atelier, notamment en Espagne, Afrique du Nord, en Alsace, et comme ici sur la Côte d’Azur. Les paysages, landes, dunes, villages de pêcheurs, pèlerinages, paysans et pêcheurs bretons, navires, furent ses motifs préférés. De sa maison de la palue du Cosquer (Loctudy), il observe l’activité des ramasseurs de goémons, les variations de lumière sur les dunes, la mer et les ciels tourmentés.

C’est en 1922 que l’artiste part sur la Côte d’Azur. En effet, il va séjourner dans la villa de Saint-Jean Cap-Ferrat, de Madame et Monsieur Arthur Gentil, amis de la famille. Les paysages de cette Côte d’Azur, et plus particulièrement de la région du Cap-Ferrat, de Beaulieu-sur-Mer et de Villefranche-sur-Mer, lui inspirèrent plusieurs compositions. André Dauchez a retenu une superbe vue de la rade de Beaulieu-sur-Mer, où l’on devine à peine, la villa Kérylos construite par l’architecte Emmanuel Pontremoli, entre 1902 et 1908.

André Dauchez débute au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts en 1894, dont il devint secrétaire en 1927 et président en remplacement de Forain. Il prit part à de nombreuses expositions à l’étranger: Pittsburgh (Institut Carnegie), Munich, Budapest, Bruxelles, Barcelone, etc…. Il obtint une médaille d’argent à l’Exposition Universelle de 1900. Il fut promu chevalier de la Légion d’Honneur en 1911, officier en 1932, membre de l’Institut en 1938.

André Dauchez fut nommé peintre officiel de la Marine le 9 août 1922. Marin dans l’âme, il a navigué sur ses propres bateaux: l’Aventure, la Rose des Vents, l’Embellie et la Grande Ourse (yacht de 14 mètres).

Ses oeuvres sont présentes dans les musées: Brême, Budapest, Dijon, Le Havre, Lille, Nantes, Paris (Musée d’Orsay), Pittsburgh, Saint Nazaire, Strasbourg.

Alfred Cohen, expressionniste américain.

Alfred Cohen (Chicago 1920 – 2001) fut un peintre américain dont l’art a ses racines dans la tradition européenne : il fut inspiré notamment par la Comedia dell’Arte italienne, par les caricatures de Daumier, par les couleurs et la manière des post-impressionismes et des expressionnistes.
Il suit les cours de l’Art Institut de Chicago, mais part combattre entre 1942 et 1945 dans le Pacifique. De retour à l’Art Institute, il étudie auprès de Louis Ritman, Boris Anisfeld (qui a collaboré avec Leon Bakst) et Egon Weiner. En 1949, il obtient une bourse pour aller étudier en Europe, où il restera jusqu’à la fin. Il voyagea à travers toute l’Europe, et rencontra Ernest Hemingway en Espagne.
Il vit à Paris, avec sa première femme Virginia Adler, où il étudie à l’Académie de la Grande Chaumière, et va occuper l’ancien atelier de Sam Francis ; c’est une période où il peint des nues. , Son oeuvre est figurative, influencée par Dufy, Bonnard, Chagall, Kokoschka, Rouault et Soutine. Ses thèmes favoris sont les ports, les quais, les compositions florales et les portraits.
Son amitié avec l’acteur Anthony Quinn, dont il fait plusieurs portraits, lui permet de rencontrer les stars du cinéma du moment, comme Ingrid Bergman, Kirk Douglas, Sophia Loren and David Niven. Son entourage proche est constitué de poètes et écrivains comme F. MacIntyre, le scénariste Tom Rowe, et les artistes peintres Arbit Blatas et Réginald Weston.
Dans les années 1950, Alfred Cohen expose en Allemagne et à Paris. En 1958, il a sa première grande exposition à Londres, où il va s’installer deux ans plus tard. Il exposera à plusieurs reprises à la galerie Obelisk et à la galerie Brook Street: c’est la Tamise qui l’attire à présent.
Les années 1960 sont marquées par plusieurs grandes expositions personnelles à Londres, mais aussi à Heidelberg, Hannovre, Paris, Toronto, Montréal, Tokyo, Cape Town, Belfast, et dans plusieurs villes anglaises (Cambridge, York, Harrogate, Leeds, Rye, King’s Lynn). Il expose avec Josef Herman, Patrick Hall, et Mary Newcomb. Dans les années 1970, l’artiste se lance dans la gravure avec beaucoup de succès. A partir de 1978 Cohen vit et travaille à the School House Wighton (North Norfolk). La School House Gallery est à présent la Fondation d’Art Alfred Cohen, et expose en permanence une sélection de son travail.
Ses oeuvres sont présentes dans de nombreuses collections, notamment : Art Institute of Chicago, Ben Uri Art Society, Bradford City Art Gallery, The Castle Museum Norwich, The Contemporary Art Society, The Department of the Environment, Eastern Arts, Ein Harod Museum (Israel), Essex and Bedfordshire County Councils, Ferens Gallery (Hull), The Government Art Collection, Lancaster University, Musée d’Art Moderne d’Eilat, National Collection of the French Government, The Nuffield Foundation, Pembroke College Oxford, The Pennsylvania Academy of Fine Art, Rye Art Gallery, The Spertus Museum — Chicago, The Stanley Picker Trust, Sainsbury Centre, University of East Anglia, St Paul Art Gallery, Minnesota, South East Arts, The Trianon Press, Paris, Trinity College Oxford, University of Wisconsin.

Alfred Cohen

Alfred Cohen, Le soldat,

huile sur papier marouflée, signée en bas et à gauche, 46cm x 27,3cm

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Bibliographie:
– Peter Stone, ‘Alfred Cohen – Atmospheric Expressionist’, Jewish Quarterly, (Autumn 1962)
– Alfred Cohen, La Commedia dell’arte (London, 1963) par Pierre Rouve
– Michael Ballantyne, ‘An American in England’, Montreal Star (15 May 1965)

Alexandre Chantron, portraitiste mondain.

Alexandre Chantron
Alexandre Chantron,  Portrait présumé de Mme De Hillerin, 1890
huile sur toile, signée et datée en bas et à droite, 49,5cm x 60cm
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Alexandre Chantron (Nantes 28 janvier 1842 – 1918) fut l’élève de Pirot, de William Bougereau et de Tony Robert-Fleury. Il débuta au Salon de 1877 avec un tableau d’histoire: Le Christ à la colonne.

Il obtint une mention honorable en 1893, une médaille de troisième classe en 1899, et de deuxième classe en 1902. Rappelons l’importance de ces distinctions durant les Expositions Universelles et les salons officiels, permettant aux artistes de se faire connaître et d’obtenir ainsi des commandes privées ou publiques.

Alexandre Chantron peint d’abord des tableaux de genre et d’histoire, mais aussi des natures mortes, et des grands portraits et des nus, à la manière de William Bougereau, des nus féminins dissimulés sous le prétexte mythologique.

 

 

René Quillivic, « sur le môle », 1921.

René Quillivic
René Quillivic, « Sur le môle », 1921, gravure sur bois

Signée dans la planche, l’immatriculation du bateau indique la date 1921 et la lettre A indique le lieu, Audierne
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Originaire de Plouhinec (Bretagne, Sud Finistère), René Quillivic (1879-1969) se prépare à exercer le métier de menuisier-charpentier et fait le Tour de France des Compagnons du Devoir, pendant lequel il apprend la langue française.

Ayant bénéficier d’une bourse du Conseil Général du Finistère, il décide de s’orienter vers la sculpture et part se former à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris.

Son inspiration est issue principalement de sa Bretagne d’origine où il obtient de nombreuses commandes de statues (notamment pour la commémoration de la Grande-Guerre) dans les années 1920, utilisant les granits bretons, et le plus souvent la kersantite.

Il aborde la gravure sur bois vers 1912, adoptant le bois de fil. Sociétaire de la première  Société de la Gravure sur Bois Originale, René Quillivic est membre fondateur de la deuxième société en 1920. Son oeuvre gravée s’inspire des motifs bigoudens et celtiques, et bien qu’il ne fasse pas partie du mouvement des Seiz Breur.

Cette technique graphique lui permet d’exprimer ce qu’il ne peut réaliser par la sculpture. Il réalise une série de douze gravures sur bois intitulée L’Histoire de la mer, et des illustrations pour le livre Souvenir d’enfance et de jeunesse d’Ernest Renan. La revue L’art et les artistes, dans son numéro d’octobre 1930, publie des reproductions de trois gravures sur bois de René Quillivic : Devant Dieu (1919), Saint Edwet (1921)  (en fait une reproduction de la chapelle Sainte-Edwette en Esquibien) et La Vague.

René Quillivic renouvelle les thèmes traditionnels, en particulier quand il travaille pour la faïencerie HB à Quimper, à la demande de Jules Verlingue.

 

 

Brigitte Bardot vue par Van Dongen

Van Dongen
Kees Van Dongen, Brigitte Bardot,
lithographie,tirage numéroté VIII/XXI de l’Epreuve d’Artiste (E.A.), signée de Van Dongen, dimensions 73,3cm x 55,2cm
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Kees Van Dongen (1877-1968), à la fois anarchiste et dandy, peint surtout des portraits (de femmes), mais aussi des scènes de cabaret, des spectacles forains, des sujets exotiques. Il est très influencé par Degas et Toulouse-Lautrec mais aussi par ses nombreux voyages (Maroc, Espagne, Egypte). Paris reste cependant la source principale de son inspiration (Montmartre, Montparnasse et l’ambiance des Années Folles). Van Dongen est très rapidement introduit dans la Haute Société des années 1920-1930 ; il devient alors le portraitiste du Tout-Paris et  » croquera  » notamment Arletty, Sacha Guitry, Maurice Chevalier et Brigitte Bardot, dont il fera deux portraits à quelques années d’intervalle.

Voilà ce que dira la toute jeune Brigitte sur cette première rencontre en 1954:
 » Puisqu’il fallait bien s’occuper à quelque chose entre deux films minables, j’acceptai pour un reportage télévisé d’aller déjeuner chez Maurice Chevalier à Marnes-la-Coquette et de poser pour le peintre Van Dongen. J’étais une inconnue, ils étaient deux monstres sacrés ! Van Dongen, qui m’impressionnait à mourir, fit un extraordinaire portrait de moi. La télé filmait la progression de l’oeuvre, et me filmait par la même occasion.
Impossible d’acheter ce chef-d’oeuvre, je n’avais pas un sou. J’en crevais de rage. Je fis en vain du charme à Van Dongen qui préférait les billets de banque aux sourires. Tant pis ! Ce portrait est maintenant dans le dictionnaire Larousse et passe pour l’un des chefs-d’oeuvre du Maître. Par la suite, j’ai recherché le tableau, qui avait été vendu à un Américain. Revenu en France, on m’a proposé de l’acheter en 1970 ; il valait alors 270 000 Francs et j’avais l’impression de voir un plat d’épinards avec du jambon. » (Initiales B.B.  Editions Grasset, 1996).

Précisons que ce premier portrait fera la couverture du célèbre magazine américain Life (28 mars 1960).

La deuxième rencontre a été organisée par l’hebdomadaire Paris Match. Elle a eu lieu le 12 septembre 1959, et Van Dongen a reçu Brigitte Bardot dans son atelier parisien, rue de Courcelles. Le résultat (on ne sait pas pourquoi…) est intitulé « B.B. aux yeux d’autruche » ! Dans ses Mémoires, Brigitte Bardot n’a pas évoqué cette ultime rencontre. Mais quand on voit la tête qu’elle fait en découvrant le travail d’ébauche du Maître, on comprend qu’elle a préféré s’abstenir de tout commentaire.

De ce tableau sera édité une lithographie à 150 exemplaires, et 21 épreuves d’artistes.