Georges Ricard-Cordingley, peintre de la mer.

ricard-cordingley
Georges Ricard-Cordingley (Lyon 1873-Cannes 1939), « Soleil couhcant dans la baie de Cannes », 1937,
huile sur carton, signée en bas et à droite, 33 x 41cm.
Disponible – available.

Georges Ricard-Cordingley commence sa formation, vers 1887, en devenant élève de Jean-Charles Cazin, un paysagiste du Pas-de-Calais et de la Côte d’Opale. Il intègre ensuite l’École des beaux-arts de Lyon et y reste de 1888 à 1889. Il rejoint Paris, en 1890, où il étudie à l’Académie Julian comme élève de Benjamin Constant, Louis Martinet et Jules Lefebvre.

Il perd sa mère vers 1892, part en Angleterre dans sa famille maternelle et ajoute le nom de sa mère à son nom. Il embarque pour la mer du Nord avec la « Royal National Mission to Deep Sea Fishermen » et réalise ses premières études. En 1894, il rencontre un grand succès à la cour de la reine Victoria. Il embarque une deuxième fois, en 1895, toujours pour la mer du Nord et réalise de nombreuses études de vagues de nuages, de port et de portraits de pêcheurs qu’il expose à Paris et à Londres. Il embarque une troisième fois, vers 1896, en mer du Nord et dans l’océan Atlantique avec la Société des œuvres de mer et fait naufrage à Terre-Neuve.

En 1901, il installe son atelier à Boulogne-sur-Mer. Il partage son temps entre Londres, Paris et Boulogne-sur Mer et peint des portraits et des marines. Il part à nouveau voyager en Australie, où il expose de 1909 à 1910.

De 1924 à 1928, il s’installe à Neuilly-sur-Seine et partage sa vie entre la région parisienne où il demeure, Cannes et Boulogne-sur-Mer. Il effectue de nombreux voyages en Normandie, Bretagne, mer Méditerranée et Afrique du Nord. Il passe l’hiver à Cannes et l’été à Boulogne-sur-Mer. Il effectue un voyage en Espagne et au Portugal. En 1936, il s’installe à Mougins puis au Cannet avec toujours cette volonté d’être proche de la mer.

Bibliographie:

– Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome III, p.290

– Cristina Baron, Georges Ricard-Cordingley, Paris, musée national de la Marine, 2006

Robert Raymond et Douarnenez.

Douarnenez
Robert Raymond (1891-1946), « Tréboul et Douarnenez », c.1920.
Huile sur panneau, signée en bas et à droite, 100x120cm.
Disponible – available.

Robert Raymond, né à Paris, fut l’élève de Joseph Castaing (1860-1918) et d’Emmanuel Fougerat (1869 – 1958) à l’école des Beaux-Arts de Nantes. Il exposa régulièrement au Salon des Artistes Français de Paris de 1926 à 1939. Robert Raymond y fut sociétaire hors-concours et obtint une médaille d’argent en 1934, une médaille d’or en 1938 et le prix Corot la même année pour une toile intitulée Les toits de Tréboul.

Robert Raymond a vécu à Nantes et a principalement travaillé en Bretagne. Ses toiles de la région de Douarnenez sont les plus appréciées et il semble que l’artiste ait trouvé une certaine inspiration auprès de Louis-Marie Désiré Lucas, à la fois par ses sujets de Plomarc’h, de Douarnenez, et de Locronan, mais aussi au niveau de sa technique picturale.

Comme beaucoup d’autres artistes de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle, Robert Raymond a vécu et travaillé dans une période d’une richesse artistique extrême, aux côtés d’autres artiste majeurs, ce qui a eu pour conséquence que les historiens de l’art et le grand public n’ont pas retenu son travail entre académisme et impressionnisme.

Cette belle vue de Douarnenez à partir de Tréboul est parfaitement composée avec une habile superposition de plans ; au premier plan, en pente douce, l’une des rues de Tréboul qui menait au port, puis l’entrée du port Rhu et enfin la montée vers Douarnenez où le clocher de l’église du Sacré Cœur termine la composition. La palette de couleurs pastel décrit une journée d’été radieuse, où les habitants ainsi que la flottille de pêche sont suggérés avec rapidité et talent.

Bibliographie :

  • Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999
  • Dictionnaire des petits maîtres, 1820-1920, Ed Amateur

Louis Legrand et la Belle-Époque.

Louis Legrand
Louis Legrand (1863-1951), « Deux élèves de Madame », 1908.
Eau-forte et aquatinte, signée au crayon en bas et à droite, justifiée 18/30. 430 x 290mm.
Disponible – available.

Louis Legrand est né en 1863 à Dijon. Peintre, aquarelliste, graveur et illustrateur, il est un artiste aux multiples facettes. Après une formation à l’école des Beaux-Arts de Dijon, il se rend à Paris en 1884 et devient l’étudiant de Félicien Rops qui l’initie à différentes techniques, dont la gravure. C’est à ce moment qu’il découvre l’aquatinte, qui devient rapidement son procédé de gravure favori.

En 1900, l’artiste participe à l’Exposition Universelle où il reçoit une médaille d’argent. Il expose à la galerie Samuel Bing (1896), au Salon des artistes français (1902) et à la galerie Georges Petit en 1904. En 1911, la galerie Durand-Ruel présente une grande rétrospective de son œuvre.

Avant Toulouse-Lautrec, il dépeint la vie nocturne parisienne de la Belle Epoque, les cafés animés, les femmes et les danseuses de cancan. Le bal du Moulin Rouge de Paris est longtemps l’atelier de l’artiste. La Bretagne est également l’une de ses sources d’inspiration.

Dans la monographie qu’il lui consacre en 1910, le poète et historien de l’art Camille Mauclair dira de l’artiste : « Au fond, il y a son talent, et tout le mystère c’est que cet être est né pour graver comme l’oiseau pour voler sans se douter des principes de l’aviation […]. Ce qui reste indéniable, c’est que ses eaux-fortes ne ressemblent à celles de personne et laissent derrière elles tout ce que l’art moderne, si riche pourtant en virtuoses du genre, a pu produire […]. ».

Bibliographie :

-Camille Mauclair, Louis Legrand, peintre et graveur, Floury, Paris, 1910.

–Dictionnaire des illustrateurs 1800-1914, Ides et Calendes, Neufchatel, Paris, 1989.

Jean-Julien Lemordant, le grand décor de l’hôtel de l’Épée de Quimper.

Jean-Julien Lemordant (1878-1968), « le ramassage du goémon », c.1905,

dessin au crayon, signé en bas et à droite, 25 x 50cm

Dessin préparatoire eu décor de l’Hôtel de l’Épée de Quimper, ensemble monumental de 23 panneaux peints entre 1905 et 1908. Disponible – available

Ancien élève de l’École régionale des beaux-arts de Rennes où il est le condisciple de Camille Godet, Pierre Lenoir et Albert Bourget, il entre par la suite dans l’atelier de Léon Bonnat à Paris. Jean-Julien Lemordant perd la vue durant la Première Guerre mondiale, en durant la Bataille de l’Artois, mais la recouvre en 1935.

Peintre de la Bretagne et de la mer, on l’a qualifié parfois de « fauve breton », quoiqu’il ait travaillé surtout à Paris. Sa palette très colorée est une de ses principales qualités et il sait admirablement représenter les mouvements des hommes, les danses, mais aussi ceux de la mer, du vent, de la pluie.

Son œuvre principale demeure les deux grandes décorations qu’il entreprit entre 1905 et 1914:

– celle de l’hôtel de l’Epée à Quimper, à partir de 1905 sur le thème général de la vie en Pays Bigouden. Menacé de disparition lorsque l’hôtel ferma en 1975, le décor fut acquis par le musée des beaux-arts de Quimper; le manque de place ne permit de l’exposer qu’après rénovation complète du musée en 1993.

– celle que lui commanda le maire de Rennes, Jean Janvier, pour décorer le plafond du théâtre, aujourd’hui Opéra, à partir de 1912. Réalisée avec une grande rapidité, cette dernière œuvre fut mise en place en 1914. Elle représente une danse bretonne endiablée aux multiples personnages. On connaît au moins 60 études préparatoires à cette grande composition, le musée des Beaux-Arts de Rennes en conservant certaines.

Hôtel de l'Épée Quimper
Jean-Julien Lemordant (1878-1968), « Contre le vent », c.1905,
dessin au crayon, signé en bas et à droite, 24 x 31cm. Dessin préparatoire eu décor de l’Hôtel de l’Épée de Quimper, ensemble monumental de 23 panneaux peints entre 1905 et 1908
Disponible – available

Bibliographie:

  • Jean-Julien Lemordant, Alain Carion, Ed Palantines, 2006
  • La modernité en Bretagne – de Jean-Julien Lemordant à Mathurin Méheut (1920-1940), Tome 2, Ed Silvana, 2017

Edouard Doigneau et les enfants Bigoudens.

Edouard Doigneau
Edouard Doigneau, « jeune bigoudène et son chien »,
aquarelle gouachée sur papier, signée en bas et à gauche, 40 x 30cm
Disponible – available



Peintre dans l’âme et le talent, Edouard Doigneau, issu d’une famille bourgeoise, passera d’abord par l’École polytechnique et un début de carrière militaire avant de décider de vivre pleinement d’un art qu’il entretenait déjà avec assiduité. Et cela marchera très bien pour lui, quasiment depuis le début, au contraire de grands maîtres qui rameront si longtemps, voire toute une vie. Subtile, éclatante de luminosité, au figuratif aérien et précis, son oeuvre, qu’elle soit d’huile, d’aquarelle ou simplement dessinée, s’est baladée de Bretagne en Orient en passant par une Camargue aussi vivante qu’envoûtante.

Quant à la Bretagne, et la Cornouaille en particulier, l’artiste lui a offert quelques joyaux charnels. On devine, devant ses scènes de Concarneau, Sainte-Anne-la-Palud, Loctudy ou Locronan, combien l’homme a voulu livrer son émotion sur la toile ou le papier. Le point d’orgue de cette période armoricaine étant, bien entendu, la fameuse ronde des petites Bigoudènes qui lui valut la médaille d’or du Salon des Artistes français en 1906. Aujourd’hui propriété de l’État, la toile attend d’être restaurée dans les sous-sols du Petit Palais. Amateur averti de peinture ou non, il est impossible de ne pas craquer pour cette oeuvre à travers un ouvrage sublime.

Célèbre, entre autres par sa « Ronde des petites Bigoudènes », le peintre Edouard Doigneau méritait bien un ouvrage consacré à son oeuvre abondante. Ce superbe livre vient d’être présenté à Ti ar Vro Quimper. Paule Boucher-Doigneau, petite nièce du peintre et Anne-Marie Lemoussu-Chiron, conférencière et professeur d’histoire de l’art viennent de réaliser l’ouvrage qu’il fallait pour mettre à la postérité populaire l’oeuvre d’un génie. Avec le coup de déclencheur avisé de Bernard Le Floc’h, de l’Institut culturel de Bretagne, les deux auteurs, ont forcément été motivées à mille pour cent. Mme Lemoussu-Chiron étant par ailleurs commissaire d’expositions et responsable de la Maison Marie-Henry au Pouldu (Clohars-Carnoët) qui consacra une exposition au peintre.

Bibliographie:

–Edouard Doigneau par Anne-Marie Lemoussu-Chiron et Paule Boucher-Doigneau aux éditions Coop Breizh.

– « Art & modes enfantines, Edouard Doigneau en pays Bigouden« , Solenn Boënnec, Catalogue d’exposition, Pont l’Abbé, 2017