Robert Raymond et Douarnenez.

Douarnenez
Robert Raymond (1891-1946), « Tréboul et Douarnenez », c.1920.
Huile sur panneau, signée en bas et à droite, 100x120cm.
Disponible – available.

Robert Raymond, né à Paris, fut l’élève de Joseph Castaing (1860-1918) et d’Emmanuel Fougerat (1869 – 1958) à l’école des Beaux-Arts de Nantes. Il exposa régulièrement au Salon des Artistes Français de Paris de 1926 à 1939. Robert Raymond y fut sociétaire hors-concours et obtint une médaille d’argent en 1934, une médaille d’or en 1938 et le prix Corot la même année pour une toile intitulée Les toits de Tréboul.

Robert Raymond a vécu à Nantes et a principalement travaillé en Bretagne. Ses toiles de la région de Douarnenez sont les plus appréciées et il semble que l’artiste ait trouvé une certaine inspiration auprès de Louis-Marie Désiré Lucas, à la fois par ses sujets de Plomarc’h, de Douarnenez, et de Locronan, mais aussi au niveau de sa technique picturale.

Comme beaucoup d’autres artistes de la fin du XIXème siècle et du début du XXème siècle, Robert Raymond a vécu et travaillé dans une période d’une richesse artistique extrême, aux côtés d’autres artiste majeurs, ce qui a eu pour conséquence que les historiens de l’art et le grand public n’ont pas retenu son travail entre académisme et impressionnisme.

Cette belle vue de Douarnenez à partir de Tréboul est parfaitement composée avec une habile superposition de plans ; au premier plan, en pente douce, l’une des rues de Tréboul qui menait au port, puis l’entrée du port Rhu et enfin la montée vers Douarnenez où le clocher de l’église du Sacré Cœur termine la composition. La palette de couleurs pastel décrit une journée d’été radieuse, où les habitants ainsi que la flottille de pêche sont suggérés avec rapidité et talent.

Bibliographie :

  • Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999
  • Dictionnaire des petits maîtres, 1820-1920, Ed Amateur

Jean-Julien Lemordant, le grand décor de l’hôtel de l’Épée de Quimper.

Jean-Julien Lemordant (1878-1968), « le ramassage du goémon », c.1905,

dessin au crayon, signé en bas et à droite, 25 x 50cm

Dessin préparatoire eu décor de l’Hôtel de l’Épée de Quimper, ensemble monumental de 23 panneaux peints entre 1905 et 1908. Disponible – available

Ancien élève de l’École régionale des beaux-arts de Rennes où il est le condisciple de Camille Godet, Pierre Lenoir et Albert Bourget, il entre par la suite dans l’atelier de Léon Bonnat à Paris. Jean-Julien Lemordant perd la vue durant la Première Guerre mondiale, en durant la Bataille de l’Artois, mais la recouvre en 1935.

Peintre de la Bretagne et de la mer, on l’a qualifié parfois de « fauve breton », quoiqu’il ait travaillé surtout à Paris. Sa palette très colorée est une de ses principales qualités et il sait admirablement représenter les mouvements des hommes, les danses, mais aussi ceux de la mer, du vent, de la pluie.

Son œuvre principale demeure les deux grandes décorations qu’il entreprit entre 1905 et 1914:

– celle de l’hôtel de l’Epée à Quimper, à partir de 1905 sur le thème général de la vie en Pays Bigouden. Menacé de disparition lorsque l’hôtel ferma en 1975, le décor fut acquis par le musée des beaux-arts de Quimper; le manque de place ne permit de l’exposer qu’après rénovation complète du musée en 1993.

– celle que lui commanda le maire de Rennes, Jean Janvier, pour décorer le plafond du théâtre, aujourd’hui Opéra, à partir de 1912. Réalisée avec une grande rapidité, cette dernière œuvre fut mise en place en 1914. Elle représente une danse bretonne endiablée aux multiples personnages. On connaît au moins 60 études préparatoires à cette grande composition, le musée des Beaux-Arts de Rennes en conservant certaines.

Hôtel de l'Épée Quimper
Jean-Julien Lemordant (1878-1968), « Contre le vent », c.1905,
dessin au crayon, signé en bas et à droite, 24 x 31cm. Dessin préparatoire eu décor de l’Hôtel de l’Épée de Quimper, ensemble monumental de 23 panneaux peints entre 1905 et 1908
Disponible – available

Bibliographie:

  • Jean-Julien Lemordant, Alain Carion, Ed Palantines, 2006
  • La modernité en Bretagne – de Jean-Julien Lemordant à Mathurin Méheut (1920-1940), Tome 2, Ed Silvana, 2017

Edouard Doigneau et les enfants Bigoudens.

Edouard Doigneau
Edouard Doigneau, « jeune bigoudène et son chien »,
aquarelle gouachée sur papier, signée en bas et à gauche, 40 x 30cm
Disponible – available



Peintre dans l’âme et le talent, Edouard Doigneau, issu d’une famille bourgeoise, passera d’abord par l’École polytechnique et un début de carrière militaire avant de décider de vivre pleinement d’un art qu’il entretenait déjà avec assiduité. Et cela marchera très bien pour lui, quasiment depuis le début, au contraire de grands maîtres qui rameront si longtemps, voire toute une vie. Subtile, éclatante de luminosité, au figuratif aérien et précis, son oeuvre, qu’elle soit d’huile, d’aquarelle ou simplement dessinée, s’est baladée de Bretagne en Orient en passant par une Camargue aussi vivante qu’envoûtante.

Quant à la Bretagne, et la Cornouaille en particulier, l’artiste lui a offert quelques joyaux charnels. On devine, devant ses scènes de Concarneau, Sainte-Anne-la-Palud, Loctudy ou Locronan, combien l’homme a voulu livrer son émotion sur la toile ou le papier. Le point d’orgue de cette période armoricaine étant, bien entendu, la fameuse ronde des petites Bigoudènes qui lui valut la médaille d’or du Salon des Artistes français en 1906. Aujourd’hui propriété de l’État, la toile attend d’être restaurée dans les sous-sols du Petit Palais. Amateur averti de peinture ou non, il est impossible de ne pas craquer pour cette oeuvre à travers un ouvrage sublime.

Célèbre, entre autres par sa « Ronde des petites Bigoudènes », le peintre Edouard Doigneau méritait bien un ouvrage consacré à son oeuvre abondante. Ce superbe livre vient d’être présenté à Ti ar Vro Quimper. Paule Boucher-Doigneau, petite nièce du peintre et Anne-Marie Lemoussu-Chiron, conférencière et professeur d’histoire de l’art viennent de réaliser l’ouvrage qu’il fallait pour mettre à la postérité populaire l’oeuvre d’un génie. Avec le coup de déclencheur avisé de Bernard Le Floc’h, de l’Institut culturel de Bretagne, les deux auteurs, ont forcément été motivées à mille pour cent. Mme Lemoussu-Chiron étant par ailleurs commissaire d’expositions et responsable de la Maison Marie-Henry au Pouldu (Clohars-Carnoët) qui consacra une exposition au peintre.

Bibliographie:

–Edouard Doigneau par Anne-Marie Lemoussu-Chiron et Paule Boucher-Doigneau aux éditions Coop Breizh.

– « Art & modes enfantines, Edouard Doigneau en pays Bigouden« , Solenn Boënnec, Catalogue d’exposition, Pont l’Abbé, 2017

Henri Barnoin, peintre inspiré par la Bretagne.

Tréboul
Henri Barnoin, « le port de Tréboul », c.1910,
huile sur panneau, signée en bas et à droite, 34 x 41cm
Disponible – available

Cette composition représentant l’ancien port de Tréboul, est caractéristique d’une première période de production de l’artiste, où il s’attachait plus à rendre la véritable lumière de la Bretagne, sans fioritures et sans ces coloris presque « criards » d’une production postérieure.

Henri Barnoin fut l’élève de Dameron, de Richemont et de Luc-Olivier Merson, à l’école des Beaux-Arts de Paris. Exposant au Salon des Artistes Français, il y reçut une mention honorable en 1909, une médaille d’argent en 1921, en devint sociétaire, reçut une médaille d’or en 1935 et fut classé hors concours en 1939.

Ses sujets de prédilection étaient des paysages, des marines et des scènes de la vie bretonne. L’artiste fréquente Concarneau dès les années 1912-1913. Il va n’avoir de cesse de représenter la vie du port cornouaillais sous tous ses aspects: le retour ou le départ des pêcheurs, le déchargement des bateaux, l’attente sur les quais…

Ayant installé son atelier-galerie sur le quai Pénéroff, il est le témoin privilégié de l’animation du port, qu’il ne se lasse pas de peindre et fait alors partie du groupe de Concarneau. On dénomme ainsi les nombreux peintres français et étrangers attirés par cette ville et sa région à la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle.

L’artiste représente aussi des scènes portuaires à Douarnenez, Saint-Goustan, Lorient. Il est également le peintre de la foule des processions et des marchés, à Quimper, Quimperlé, Hennebont, Dol-de-Bretagne et au Faouët.

Bibliographie:

– Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ

– Henri Barnoin, catalogue d’exposition, musée du Faouët, 2006

 

Henri Maurice Cahours, observateur de la vie maritime en Bretagne.

marine bretonne
Henri Maurice Cahours (1889-1974), « bateaux au port », c.1920,
huile sur panneau, signée en bas et à droite, 46 x 61cm
Disponible – available

Henri Maurice Cahours a exposé au Salon des Artistes Français depuis 1920, obtenant une deuxième médaille en 1937, puis au Salon des Artistes Indépendants de 1922 à 1942, et à celui de la Société Nationale des Beaux-Arts depuis 1939.
Arrivé sur la Butte Montmartre en 1911, Henri Maurice Cahours a habité la Maison de Mimi Pinson et se consacra à la peinture.
Après la guerre, il s’installe rue Berthe, dans le studio de Pissarro, et fit alors connaissance avec tous les peintres de la Butte ; c’était aussi l’année du début de ses séjours à Douarnenez notamment.

La galerie Terrisse lui organisa une exposition en 1923, ainsi que la galerie Georges Petit, dirigée par André Schoeller, en 1930 et 1931. Henri Maurice Cahours exposa dans de nombreuses villes de province jusqu’en 1942, année du décès de sa femme, il cessa alors de montrer ses oeuvres pendant plusieurs années.
Il était cependant présent à l’exposition itinérante « Montmartre en Algérie », en 1948, organisée par Madeleine Horst, avec les peintres, anciens et récents, de la Butte, qui se renouvela en 1951, sous le titre « Montmartre de jadis à aujourd’hui ». Dans les années 20, Henri Maurice Cahours fut nommé directeur des Beaux-Arts de la Commune Libre du Vieux-Montmartre. A ce titre, il a été associé à la création de la cité dite « Montmartre aux Artistes », au 189 de la rue Ordener. Le succès venu, il s’installa dans la maison-atelier du 2bis, rue Cortot ; cette adresse figure dans le catalogue du Salon des Indépendants, où il exposa, en 1928, deux oeuvres « les Brûleurs de goémon (Notre-Dame de la Joie) », et « Bénédiction de la mer à Douarnenez », ainsi que dans celui du Salon des Artistes Français en 1930, où il présenta deux vues de Pouldavid.

Peintre dans la lignée de Marquet, il s’était consacré aux marines bretonnes ; il a peint aussi les vieilles rues de Montmartre.
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Bibliographie:

– Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome III, p.101

– Angelo Mistrangelo: Henri Maurice Cahours

–  La Route des peintres en Cornouaille, 1998, Quimper