Dominique Mayet, peintre de la Franche-Comté.

Dominique Mayet (Pratz 9 avril 1925 – Lons Le Saunier 2004) intégre en 1948 l’Ecole nationale supérieure des Arts décoratifs où il travaillera dans l’atelier de Gromaire (il sera marqué par son influence notamment dans ses portraits et ses nus). En 1952, il obtient son diplôme et fera partie de la promotion Rodin.

Dès 1954, le critique d’art George Besson signale les qualités de la peinture de son compatriote et évoque ses  » mérites de constructeur sensible et robuste ». George Besson jouera un rôle clé lors de l’attribution du prix Fénéon pour La Tour Eiffel. Membre du jury de ce prix qui récompense chaque année des artistes ou écrivains français de moins de trente-cinq ans, il défend en 1955 Dominique Mayet dans lequel il voit la relève des grands aînés et la continuité de la tradition figurative. Il attire l’attention sur son travail par des articles de presse et place son protégé auprès des galeries parisiennes. Ainsi Mayet participe à l’exposition de groupe  » Ecole de Paris « , galerie Charpentier, en 1954, puis en 1957 et 1961. Besson favorise aussi son admission au Salon de la Jeune Peinture où Mayet expose sans interruption de 1956 à 1961.

En 1954, George Besson avait célébré L’Assomption, peinture murale de trente-cinq m2, exécutée par Mayet pour l’église de Doucier (Jura) : « une des grandes oeuvres d’art sacré de ce temps « ,  « accord fraternel de l’homme, de la nature et du divin ». Plus tard, Dominique Mayet renoue avec les arts décoratifs en produisant pour le 1 % artistique de la commande publique. Ainsi, entre 1976 et 2001, il réalisera plusieurs mosaïques et peintures principalement pour des établissements d’enseignement secondaire du Jura. Cet aspect de son oeuvre justifie ce jugement de George Besson qu’il publiera dans Les Lettres françaises le 19 novembre 1964 :  » [Dominique Mayet]  appartient à cette génération de scrupuleux ouvriers pour qui l’audace la plus difficile est de ne pas paraître audacieux « .
Il touchera à de nombreux domaines, comme son ami Bonnard : au-delà du dessin et de la peinture, il sera également graveur et illustrateur, peintre de compositions murales et de décors de théâtre. Coloris chatoyants et harmonieux, compositions et dessins sobres et très structurés; la peinture de Dominique Mayet soigneusement élaborée, ravit l’oeil et l’esprit du spectateur.

Dominique Mayet ne se soucie ni des courants picturaux ni des modes, son intention n’est pas non plus de plaire à une clientèle. Il aime parcourir son pays, prend des notes sur nature, les reprend à l’atelier pour élaborer ses oeuvres.

Il se défend d’appartenir à une quelconque tendance de l’école Comtoise mais dans un style très personnel, il réussit d’excellentes toiles qui ne cessent de nous livrer l’air du pays.

Dominique Mayet

paysage de neige, 1963, 46x55cm Vendu-Sold

Dominique Mayet Franche-Comté

paysage franc-comtois,1960, 56x82cm Vendu-Sold

Bibliographie:

Dictionnaire des Peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome IX, p.407

Les peintres paysagistes de l’école comtoise, Michel Lescoffit, 1990

Emile Sabouraud, peintre de la Réalité Poétique.

Emile Sabouraud
Emile Sabouraud, bateaux à quai,
huile sur toile, signée, 43,5cm x 49,5cm
Vendu-Sold

Emile Sabouraud (Paris 1900 – 1996) fut l’élève d’Othon Friesz. Il fait d’abord partie du groupe dit du Pré-Saint-Gervais où exposent Loutreuil, Kremegne, Caillard, Desnoyer, Dabit.

Zborowski le marchand de Modigliani, signe un contrat en 1928 et lui fait une première exposition particulière, préfacée par André Salmon, exposition suivie d’une seconde. Après la mort de Zborowski, Emile Sabouraud fait un premier voyage en Espagne. A son retour, il obtient le prix de la Ville Abd-El-Tif, en 1935, et peint durant trois ans en Afrique du Nord. Il fait deux exposition particulières à Alger, avec succès en 1935 et 1936. De retour à Paris, il expose à la Galerie de Paris une première fois. puis repart en Espagne et aux îles Canaries, et fait une deuxième exposition à la Galerie de Paris. En 1937, il se joint au groupe de la Galerie Bernier chez qui il a exposé depuis lors régulièrement – y faisant plusieurs expositions particulières, en 1939-1947-1949-1958. Il expose également dans de nombreux groupes – dans les galeries André Weil – Romanet – Prestige des Arts. Il participe à la Galerie Kaganovitch à l’exposition  » 6 de la 2ème génération » avec Legueult, Limouse. Caillard, Planson. Cavailles. En 1959, exposition particulière à Nantes, chez Mignon Massart.

En 1951, Emile Sabouraud prend part à la première biennale de Menton où il obtient un prix International. Il est invité avec 9 autres peintres français. parmi lesquels Savin, Alix et Pressman, à séjourner un mois en Italie dans la ville de Sestri Levante en 1952 – il y obtient un prix. Il a fait plusieurs expositions particulières en Amérique – à New York d’abord, à la Galerie Findlay de Chicago et de Palm Beach et de nouveau à New York. Il été lié durant 4 ans à Findlay. Exposition particulière à la Galerie Ferrero de Genève en 1967 qui l’expose depuis lors.

Emile Sabouraud est professeur à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs. A partir de 1954 et à l’académie Julian après la guerre. Membre du Jury du Prix Othon Friesz. Membre du Jury de la Ville Abd-El-Tif et des orientalistes, membre du Jury du Prix Collioures, membre du comité des droits de suite pour les étrangers. Il a fait à la Sorbonne, une conférence sur la peinture intitulée « Le peintre entre la substance et le choix » (1949) – et il a publié des articles sur la peinture dans « Le peintre » « Verke ». revue suisse (1947) – « Les écrits d’artistes » (Alger 1947), etc…

Il est membre du comité du Salon d’Automne et membre du Comité du Salon des Tuileries où il a exposé régulièrement, ainsi qu’à « Comparaison ». Il a participé à plusieurs expositions de l’Ecole de Paris à la Galerie Charpentier dont la dernière où il fut l’invité de Legueult.

Emile Sabouraud a fait une décoration murale de 10 mètres sur 4,20 mètres pour le hall d’honneur de l’Ecole Nationale de l’Air de Salon de Provence. et une décoration pour le Lycée Modèle d’Enghien. Il est décoré de la Légion d’Honneur en 1951 et fait Commandeur des Arts et Lettres en 1965. En 1970 il obtient le prix Wildenstein.

En 1973, il signe un contrat d’exclusivité de 5 ans avec la Galerie ArtCurial qui va s’ouvrir avenue Matignon, ce contrat lui laisse cependant latitude de traiter par ailleurs avec la Galerie Rolly Michaux de Maddison Avenue à New York et à Boston. En 1978, Emile Sabouraud fait une importante exposition à la Galerie Ar Curial et la même année le Salon d’Automne lui fait l’hommage d’une salle particulière. A partir de 1979, Suzanne Tarasieve s’occupe de son oeuvre, elle lui consacre 6 expositions personnelles à la Galerie Triade et poursuit ainsi aujourd’hui pour la pérènité de l’oeuvre, un travail commencé il y a près de 20 ans avec la complicité et l’amitié d’Emile Sabouraud.

Il a des toiles dans les musées d’Art Moderne de Paris, au musée de la Ville de Paris, et dans les musées de Lyon, de Marseille, de Toulouse, de Grenoble, de Dreux, d’Amiens, d’Albi, de Nantes, de Roubaix. d’Honfleur, de Rodez, d’Alger, de Tossa en Espagne, de Sestri Levante en Italie, d’Helsinki en Finlande, dans les Ambassades de Prétoria et d’Amsterdam – et de nombreuses toiles dans les collections particulières en France et à l’étranger.

 


André Wilder, celui qui aimait la mer.

André Wilder
André Wilder, Le rocher d’Hervian, Côtes d’Armor,
aquarelle sur papier, signée et datée 1901, 47,5cm x 32cm
Vendu-Sold

André Wilder (Paris 1871 – 1965), fils du musicologue Victor Wilder, suit les cours de l’école des arts décoratifs dans l’atelier de Léon Gérome. En 1892, il rencontre le peintre Marius Michel dont il est très proche.
En 1895, à Trébeurden, il se lie avec le peintre Maxime Maufra. C’est lui qui lui fera découvrir la Bretagne au cours des trois semaines qu’ils y passeront cette année-là. Attaché à l’impressionnisme, il peint dans la manière d’Alfred Sisley et surtout de Maxime Maufra.

La Bretagne fut pour lui une grande source d’inspiration. André Wilder peignit sur les pas de Claude Monet à Belle Ile, se rendit à Saint-Briac, le Golfe du Morbihan, Pontivy, Carnac, Quiberon. Il s’arrêta aussi à Camaret, Saint-Malo.

Sa première grande exposition individuelle a lieu en 1904 à la galerie Bernheim. Le catalogue est préfacé par  Octave Mirbeau. Il expose à nouveau chez Berheim en 1909 et les années suivantes à la galerie Charpentier, chez Montauti à Nice, puis à Rotterdam, Londres, New York, Bruxelles, Zürich, Barcelone, San Francisco, Riga ou Tokyo.

Oeuvres présentent dans les musées:
Musée du Luxembourg – Musée de Cincinnati – Hôtel de ville de Constantine – Consulat de France à New York – Préfecture de la Loire inférieure – Ministère des Affaires étrangères – Ministère de l’intérieur – Musée de la batellerie.

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Benezit, Ed Grund

Georges Dargouge, peintre de la Bretagne.

Georges Edmond Dargouge (Paris 1897 – Boulogne Billancourt 1990) fut un peintre de marines bretonnes, de paysages, et de scènes de genre.

Elève de Cormon, Humbert et Fouqueray, Georges Dargouge a exposé au Salon des Artistes Français, obtenant une troisième médaille en 1924 et une deuxième médaille en 1930.

Premier Second Grand Prix de Rome en 1924, Georges Dargouge est un artiste peintre complet, au tempérament de reporter lorsqu’il devient peintre officiel de l’Armée en 1959. Professeur à l’Ecole Polytechnique pendant 20 ans, il aimait par-dessus tout enseigner dans son atelier de la rue Bartholdi à Paris.

Il a peint des scènes de la vie des marins pêcheurs, en Bretagne, mais aussi des scènes de procession, exerçant là aussi son métier d’artiste en vrai reporter.

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome IV, p.250
Dictionnaire des peintres français de la mer et de la marine, JN Marchand, 1997

Georges Dargouge

Les anciens quais, aquarelle gouachée, 23x31cm, Vendu-Sold

Georges Dargouge

L’envolée des bannières, technique mixte, 25x39cm, Vendu-Sold

Georges Dargouge

L’arrivée de la pêche, dessin rehaussé, 19x28cm, Vendu-Sold

Roger Limouse et le Maroc.

Roger Limouse Rabat
Roger Limouse, maison de danse à Rabat,
huile sur toile, 50cm x 61cm

Vendu-Sold

Roger Marcel Limouse (Collo 1894 – 1990) entre en 1919 dans l’atelier de P.A. Laurens, à l’Académie Julian. C’est là qu’il se lia d’amitié avec Jules Cavaillès et Dunoyer de Segonzac. Il fut reçu en 1922 au concours de professorat des écoles de la Ville de Paris. Il obtint en 1933 le Prix des Vikings, visitant ainsi la Norvège.

Ayant le goût des voyages, Roger Limouse séjourna en Belgique et Hollande, mais surtout dans les pays méditerranéens, notamment au Maroc. Après la deuxième guerre mondiale, Roger Limouse retourne plusieurs fois au Maroc, d’où il rapporte des scènes populaires (cafés, marchés, exhibitions de danseurs ambulants), des scènes de défilés comme ce magnifique tableau représentant le sultan Ben Arafa se rendant à la prière dans sa calèche de cérémonie, des natures mortes, des oeuvres qui se caractérisent par des couleurs vives, et une expression forte et dépouillée.
Roger Limouse exposa avec les peintres de la Réalité poétique, notamment dans une exposition rétrospective en 1956, en compagnie de Maurice Brianchon, Christian Caillard, Jules Cavaillès, Raymond Legueult, Roland Oudot, André Planson et Costia Térechkovitch. Il expose à Paris aux Salons des Artistes Français, des Indépendants, d’Automne et des Tuileries.

 » Il y a dans la peinture une vérité supérieure, notait avec force Roger Limouse, qui n’est pas forcément pour cela une vérité décorative ou anecdotique. Il faut distinguer ce que le tableau représente de ce qu’il exprime le sujet n’étant qu’un prétexte, qu’un excitant pour le peintre. Le sentiment plastique préexistant est d’un ordre tellement général et si profond que le thème choisi importe peu. Rembrandt nous donne la même émotion en traitant un sujet biblique ou une nature morte. Un véritable artiste peut peindre n’importe quoi, à condition que l’objet, indifférent en soi, éveille en lui un sentiment plastique : l’objet ne compte que dans la mesure où il provoque l’enthousiasme nécessaire. « 

Roger Limouse

Roger Limouse dans son atelier, c.1940