Mathurin Méheut, peintre de la Marine.

Mathurin Méheut (Lamballe 1882 – 1958) fut élève de l’école des Beaux-Arts de Rennes. Il obtient la bourse « Tour du monde » qui lui permit de peindre à Hawaï et au Japon . Peintre de la Marine, chevalier de la Légion d’honneur.

Mathurin Méheut s’est spécialisé dans la représentation de la vie laborieuse, de la flore et de la faune de Bretagne. Il a publié plusieurs ouvrages avec planches. On lui doit aussi des céramiques, il occupera d’ailleurs le poste de directeur artistique des faïenceries Henriot à Quimper en 1937. Il exécute aussi des cartons de mosaïques et de vitraux.
Il a décoré plusieurs paquebots et pétroliers. Il a exécuté des décorations murales: Exposition des arts décoratifs de 1925; immeuble Heinz à Pittsburgh en 1930; Exposition coloniale en 1931; Exposition internationale de 1937…

Son oeuvre est un témoignage incomparable de la vie en Bretagne dans la première moitié du XXème siècle. On ne compte plus les nombreuses expositions à Paris et en Province, notamment l’une des dernières au Musée de la Marine à Paris en 2013. Il a son propre musée dans sa ville natale de Lamballe.

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Mathurin Méheut, chaloupes sardinières, Concarneau,

caséine sur toile, 115cm x 120cm

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Il s’agit dans cette oeuvre d’une représentation des marins pêcheurs dans leur quotidien, de ces barques sardinières du début du vingtième siècle qui peuplaient les côtes du Sud Finistère. Ici, devant les puissants remparts de la Ville Close de Concarneau, les hommes sont de retour de pêche. Les uns s’affairent autour des filets bleus caractéristiques de cette période; en effet, les filets de pêche étaient teintés par le bleu de la tannée afin d’être moins visibles dans l’eau. Au centre de la composition, un pêcheur prépare dans la barque la fameuse « cotriade », soupe du marin préparée directement sur le bateau avec le produit de la pêche du jour. A droite de l’oeuvre, un marin fait avancer la barque à la godille, cet aviron à la fois propulsif et directionnel placé à l’arrière d’un bateau.

Mathurin Méheut a tout vu, tout noté, les gestes des pêcheurs, le poids des barques. Animé d’un profond respect pour ce qu’il voit, Mathurin Méheut sait aller au-delà du documentaire pour faire une oeuvre aboutie. Les pêcheurs sont solidement campés dans leur embarcation, et l’artiste a su donner une savante définition du groupe dans l’espace.

Mathurin Méheut a très vite adopté l’huile à la caséine pour la production notamment de grandes compositions. En effet, de part ses recherches décoratives, c’est tout naturellement que Mathurin Méheut s’est tourné vers l’utilisation d’enduits à la caséine qui conviennent mieux à la matière de l’huile mate. Voulant retrouver cette matité chère aux impressionnistes, Mathurin Méheut utilise ici dans cette composition cette technique, qui oblige l’artiste à peindre plus clair et dans une gamme plus vive.

Mathurin Méheut ancre dans son oeuvre les thématiques qu’il répètera à l’infini: les hommes au travail ou dans leur environnement, la mer, la nature, la Bretagne… Il apparaît donc comme le peintre des réalités quotidiennes. Cette composition en est la preuve formelle.

On retrouve tout ce qui caractérise l’oeuvre de Mathurin Méheut, à savoir le traitement particulier des couleurs, jouant parfois sur la monochromie comme sur la polychromie. L’unité plastique de l’oeuvre présentée repose sur la bichromie choisie: une gamme froide de gris-bleu, une gamme chaude d’ocres et de bruns, qu’il utilise fréquemment dans ses compositions aussi bien à la gouache qu’à la caséine.

On peut louer dans cette oeuvre la schématisation des silhouettes, le jeu des proportions et des masses, ainsi que l’effet de puissance qui en résulte: ceci est caractéristique du travail de Mathurin Méheut, spécifiquement dans ses grands formats. Il joue sur l’effet d’éloignements ou de rapprochements successifs, entre le premier plan des barques et l’arrière plan des murailles de la Ville Close de Concarneau.

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome IX, p.441
Mathurin Méheut, Ed Chasse Marée, 2001
Dictionnaire des peintres français de la mer et de la marine, JN.Marchand, 1997

Michel Cadoret, tendance abstraite.

Michel Cadoret (Paris 1912 – 1985) fut un peintre de portraits, de natures mortes, de cartons de tapisseries, et illustrateur, de tendance abstraite.

Après des études dans l’atelier de Lucien Simon à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, entre 1929 et 1932, puis à celle des Arts Décoratifs de Düsseldorf, Michel Cadoret voyage en Egypte, en Amérique du Sud, aux Antilles.

De 1950 à 1953, Michel Cadoret passe trois ans au Mexique où il exécute des fresques, au village de Erongaricuaro. Il vécut tantôt à Paris, tantôt à New York et continuant à voyager, notamment en Amérique Latine.
Il a participé de 1934 à 1936 au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts de Paris; en 1939 au Salon des Tuileries; à partir de 1947 au Salon de Mai; aux Etats-Unis, en Allemagne, en Autriche. A partir de 1953, de nombreuses expositions personnelles à New York et Paris.
En 1959, l’artiste peint des cartons de tapisseries à New-York, Dallas, Caracas. Il a aussi illustré plusieurs ouvrages, notamment en 1960, La Passoire à conneries, avec ses amis Marcel Duchamp et Edgard Varèse.

Son expression, bien que se référant à un thème pris dans la réalité, tend vers une abstraction, inspirée de Klee, de Kandinsky, puis de Riopelle. Lorsqu’il partage son travail entre New York, le Mexique et Paris, sa manière devient non figurative, s’exprimant d’abord en de fines compositions linéaires, ensuite dans une écriture impulsive aux rythmes mélodiques ou syncopés.

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Michel Cadoret, composition,  technique mixte

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Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome III, p.91-92
Michel Cadoret, exposition rétrsopective, 1974, Saint-Germain-en-Laye
L’Ecole de Paris, 1945-1965, Dictionnaire des Peintres, Lydia Harambourg, Ides &Calendes

Xavier De Langlais et ses madones!

Xavier De Langlais (Sarzeau 1906 – Rennes 1975) fut peintre, graveur, illustrateur, écrivain et technicien de la peinture.

Après avoir suivi les cours des Beaux-Arts de Nantes et de Paris, Xavier De Langlais rentre en Bretagne pour toujours. Nommé professeur à l’école régionale des Beaux-Arts de Rennes à partir de 1948, Xavier de Langlais reçoit le Prix Blumenthal en 1939 et le prix de New-York en 1962. Commence une période de forte activité artistique: des décorations de chapelles (Lannion, La Baule, Etel, Saint-Brieuc, La Richardais près de Dinard: c’est la vogue de l’art sacré); des recherches sur la technique de la peinture (qui donnera lieu à l’édition en 1959 chez Flammarion d’un remarquable écrit: « La technique de la peinture à l’huile, de Van Eyck à nos jours »); une adhésion au mouvement des Seizh Breur (aux côtés de Creston, Malivel et de son ami l’architecte James Bouillé); des illustrations de revues bretonnes; des compositions à l’huile (portraits) et des céramiques…

Xavier de Langlais adhère au mouvement des Seizh Breur, en compagnie de René-Yves Creston, Malivel, Bouillé, Robin.
Peintre romantique, hanté par un type unique, le « type Langlais », type physique, légèrement asiatique, il le devait à sa grand-mère de Guermeur, originaire de Douarnenez. Celte, chrétien, la lumière qui tranfigure ses personnages est une lumière qui vient d’en haut.

Xavier De Langlais Xavier de Langlais

Xavier de Langlais, maternités,

paire d’huile sur toile, 61cm x 50,5cm

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L’univers de Xavier De Langlais est peuplé de personnages féminins aux traits un peu exotiques et aux yeux songeurs. Mais ses personnages témoignent d’une vie intérieure, d’un hommage à la femme éternelle. Citons Henri Terrière (critique d’art, journaliste à Ouest-France de 1945 à 1979): « Il en réalise la plénitude charnelle, tout en l’idéalisant avec une sorte de respect dans un inaltérable adoucissement de jeunesse et de beauté, en la purifiant par l’évocation lointaine d’un exotisme de rêve ou le nu même semble s’enrober de pudeur ». 

Maxime Maufra, de l’école de Pont-Aven

Maxime Maufra (Nantes 1861 – Poncé-sur-Loire 1918) séjourna en Angleterre avec son père où il découvre les oeuvres de Turner, puis revint en France en 1883.

Maxime Maufra visita la Bretagne en 1890, rencontrant Paul Gauguin et Sérusier à Pont-Aven, à la pension Gloanec. En 1894, il participa avec eux à la décoration de l’auberge du Pouldu. Il resta ensuite en relations avec les nabis Henry Moret et Gustave Loiseau.

Dès 1895, Maxime Maufra entre en contact avec Paul Durand-Ruel qui sera son marchand jusqu’à la mort de l’artiste en 1918 et organisera de nombreuses expositions de ses oeuvres.

S’il se fixa à Montmartre pendant une dizaine d’année, ce fut surtout la Bretagne qu’il parcourut en quête de motifs, d’autant que résolu à ne peindre que sur le motif. Maxime Maufra séjourne à Quiberon, à la pointe du Raz, dans la presqu’île de Crozon et dans de nombreux autres lieux. Il s’installe dans une petite ferme à Kerhostin en 1903, dont il fera l’acquisition en 1910. Il va essayer, sans succès, de reconstituer un petit groupe en ces lieux. Seul Léon Duval-Gozlan (1853-1941), lassé de la vie parisienne, viendra le rejoindre. Ce sont surtout des marines qui continuèrent de maintenir sa réputation de petit maître très estimable.

Maxime Maufra

Maxime Maufra, bords de côte,

aquarelle sur traits de crayon, signée du monogramme, 19cm x 25,5cm

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Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome IX, p.383
Gauguin et le groupe de Pont-Aven, Catalogue d’exposition, Musée des Beaux-Arts de Quimper, 1950
Dictionnaire des Petits Maîtres, G. Schurr, Ed Amateur, 1996, Tome II, p.190 

Roger Lucien Dufour, un peintre de la côte!

Roger Lucien Dufour (Bordeaux 1918 – Crozon 2002) participe à de nombreuses expositions collectives et personnelles depuis 1937, en France, et notamment en Bretagne où il s’est fixé dans les années 1950. En 1992, il a montré 100 peintures à Eschsur-Alzette au Luxembourg.

Ce peintre, très connu en Presqu’île de Crozon, est arrivé dans cette partie du Bout du monde à la fin des années 60. Au cours de ses nombreux voyages, il a immortalisé les paysages et les personnes rencontrées. Il a exposé pour la première fois, à Bordeaux, au salon des artistes indépendants, en 1937. Il exposera aussi à Pont-Aven, entre 1957 et 1963. Roger Lucien Dufour découvre ensuite cette partie de Bretagne, Crozon, et s’y installe définitivement en 1991. Il a aussi participé à de nombreuses académies et associations de peintres et a été membre de l’Institut académique de Paris.
Surtout peintre de marines, Roger Lucien Dufour transmet sa vision de la mer, de la Bretagne à la Provence, avec la discrétion d’une gamme de gris et de bleutés.

Roger Lucien Dufour

Roger Lucien Dufour, avec vue sur mer, c.1960, huile sur toile, 46cm x 65cm

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Bibliographie:

–  Dictionnaires des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome IV, p.816

– Catalogue d’exposition, Henri Queffélec, Château de Kerjean, 1989