Bernard Buffet et le phare du Guilvinec.

Bernard Buffet
Bernard BUFFET, « Le phare du Guilvinec« , 1983
lithographie originale en huit couleurs, premier état épreuve d’artiste, signée en bas et à droite, Ed. AC Mazo, 43 x 33 cm
référence du catalogue raisonné de Sorlier: S.420
Vendu – sold

L’artiste représente ici le phare à l’entrée du port du Guilvinec, côté Tréffiagat. Ce phare à section ronde de 7m20 à l’extrémité de l’enclos, fut achevé en 1902. En mars 1987, l’administration des phares et balises décide d’éteindre ce phare à section ronde et de construire en aval sur le rocher de Men Faoutès un feu blanc surmonté d’un cylindre rouge comme celui de Croas-Malo situé au fond du port, afin de renforcer la visibilité de jour.

Bernard Buffet est né le 18 juillet 1928 à Paris et mort le 4 octobre 1999 à Tourtour. Ce peintre expressionniste français commence à peindre dès l’âge de 10 ans et n’a cessé de le faire jusqu’à sa mort. Peindre était un besoin vital et sa raison d’être.

En décembre 1943, à l’âge de quinze ans, l’artiste passe avec succès le concours à l’entrée de l’École des beaux-arts de Paris et y intègre l’atelier du peintre Eugène Narbonne. Il s’y lie avec ses camarades Maurice Boitel et Louis Vuillermoz.

Son style se dévoile et s’affirme avec son premier tableau La Déposition de croix qu’il peint dans l’atelier qu’il partage avec le peintre Robert Mantienne, à Massy-Palaiseau.

« Bernard Buffet a laissé une oeuvre immense. Au coeur de ce travail, un regard permanent et renouvelé sur une région chérie par le peintre: la Bretagne. Des natures mortes des premières années, aux ports de l’Armorique, sans oublier les coiffes des Bretonnes, c’est tout l’univers découvert dans la prime enfance auquel il est resté fidèle pendant plus d’un demi-siècle. Qui sait que la peinture ultime de l’artiste est un paysage de Bretagne? Au centre de cette période, Saint-Cast le havre familial et l’atelier breton. » Lydia Harambourg.

Bibliographie :

Bernard Buffet : Œuvre gravé, catalogue de lithographies (1952-1966) établi par Fernand Mourlot, Paris, Mazo, 1967.

-Charles Sorlier, Bernard Buffet lithographe, Paris, Draeger/Trinckvel, 1980.

Bernard Buffet et la Bretagne, Lydia Harambourg, Editions Palantines, 2006.

Jacques De Chastellus, devant chez Guitte à Concarneau!

jacques de chastellus
Jacques De Chastellus (Paris 1894 – Roeselare 1957), « Quai Pénéroff à Concarneau », c.1930.
Huile sur toile, signée en bas et à gauche, 72 x 65cm.
Vendu -sold

Jacques De Chastellus débute sa carrière en autodidacte à Paris, comme dessinateur-illustrateur pour différents journaux et périodiques.

Après la première guerre mondiale, il s’installe en 1922 en Flandre Occidentale à Roeselare (Roulers) où il fréquente l’atelier du peintre Emile Duyvewaardt avec qui il se lie d’amitié.

Il participe à l’essor du mouvement Art Déco en Belgique. Outre ses très nombreux dessins, De Chastellus est connu pour ses marines, ses paysages et quelques tableaux orientalistes, adoptant le plus souvent un style postimpressionnisme.

Ici, il nous dépeint les quais animés de Concarneau, notamment le quai Pénéroff avant 1937, date à laquelle ce quai fut comblé pour laisser plus de places au monde automobile et suite au départ de la criée vers l’arrière-port. Il peint les bateaux à quai devant la plus ancienne maison concarnoise encore debout. Reconnaissable à sa façade triangulaire, construite en 1695, elle fut même l’une des toutes premières maisons à faire face à la Ville Close. Aujourd’hui, plus qu’un bar nuit, la taverne des Korrigans est une véritable institution. Malgré le départ de Guitte, la patronne, en 1996, on vient en effet toujours « Chez Guitte », dont la réputation va bien au-delà des frontières de la Bretagne. On peut y voir d’étonnantes fresques murales représentant des Korrigans, réalisées entre 1944 et 1945 par Robert Le Baccon.

Bibliographie :

  • Un collectionneur sur les traces de peintres en Bretagne, catalogue d’exposition, musée du Faouët, 2023

André Dauchez, paysage du Letty à Bénodet.

André dauchez
André Dauchez, « Au Groasken », 1931
huile sur toile, signée en bas et à droite, 65 x 90cm
Vendu – sold

André Dauchez va peindre en 1931, cette huile sur toile qui représente l’anse du Groasken (le Letty) derrière la ville de Bénodet. Il a déjà réalisé cette composition dans une eau-forte en 1930 (Brugal 461-30).

Peintre et graveur, stimulé et encouragé par son beau-frère l’artiste peintre Lucien Simon, André Dauchez puise son inspiration dans ces paysages des bords de mer et notamment la Bretagne dès 1894, s’installant en 1905 près de Loctudy.
Les paysages, landes, dunes, villages de pêcheurs, pèlerinages, paysans et pêcheurs bretons, navires, furent ses motifs préférés.

André Dauchez débute au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts en 1894, dont il devint secrétaire en 1927 et président en remplacement de Forain. Il prit part à de nombreuses expositions à l’étranger: Pittsburgh (Institut Carnegie), Munich, Budapest, Bruxelles, Barcelone, etc…. Il obtint une médaille d’argent à l’Exposition Universelle de 1900. Il fut promu chevalier de la Légion d’Honneur en 1911, officier en 1932, membre de l’Institut en 1938.

André Dauchez fut nommé peintre officiel de la Marine le 9 août 1922. Marin dans l’âme, il a navigué sur ses propres bateaux: l’Aventure, la Rose des Vents, l’Embellie et la Grande Ourse (yacht de 14 mètres).

André Dauchez était purement paysagiste, la figure humaine étant souvent absente de ses paysages. Il maniait avec perfection la mine de plomb, et dans ses dessins les retouches sont inexistantes. C’était surtout un graveur remarquable auteur de près de quatre cents gravures; il illustra par ailleurs plusieurs livres avec beaucoup de poésie, dans des éditions de luxe numérotée, comme par exemple : « Le foyer breton : Contes et récits populaires » d’Emile Souvestre, « Le livre de l’Emeraude » d’André Suarès, « La mer dans les bois » par André Chevrillon qui relate un voyage en bateau sur l’Odet. Citons aussi ses splendides et touchantes illustrations pour le conte de Paul de Musset : « Monsieur le Vent et Madame la Pluie ».

Ses oeuvres sont présentes dans les musées: Brême, Budapest, Dijon, Le Havre, Lille, Nantes, Paris (Musée d’Orsay), Pittsburgh, Saint-Nazaire, Strasbourg…

André Dauchez, portraitiste de la Cornouaille, catalogue raisonné de l’oeuvre gravé, Stéphane Brugal, 2018

Groasken
André Dauchez, « Au Groasken », 1930, eau-forte (réf. Brugal 461-30). Disponible-Available

Jean Rigaud, peintre de la Marine à Saint-Guénolé.

jean rigaud
Jean RIGAUD (Bordeaux 1912 – Paris 1999), « La plage de Pors-Carn (Saint-Guénolé) », 1978,
huile sur toile, signée en bas et à gauche, contresignée, datée et située au verso, 27 x 35 cm
Vendu -sold

Jean Rigaud est élève à l’École nationale supérieure des beaux-arts. A Paris, en 1938, il réalise des toiles marouflées pour l’église Sainte-Eugénie de Pontonx-sur-l’Adour.

Amateur de voyages et de mer, il est nommé peintre officiel de la Marine le 1er janvier 1956 puis titulaire le 1er juin 1979. Toute son œuvre est consacrée aux paysages et à des natures mortes aux couleurs chaudes. Comme les autres peintres de la Marine, sa signature est suivie d’une ancre qui indique sa qualité de Peintre de la Marine.

Jean Rigaud peint de nombreuses toiles à L’Île-d’Yeu, le port, l’école de voile, qu’il découvre dans les années 1950 et où il vit jusqu’à la fin de sa vie. Il se rend fréquemment à Venise. Il expose dans de nombreuses galeries, telles que la galerie Paul Durand-Ruel, la galerie Carré, à Brie-Comte-Robert et est apprécié aux États-Unis. Il prépare en 1998 une grande exposition rétrospective de son œuvre au Musée national de la Marine mais meurt peu avant l’inauguration, en février 1999. L’ile d’Yeu lui rend hommage en 2012 pour le centenaire de sa naissance.

Alors que dans ses débuts, il travaille par grandes masses, l’artiste divise de plus en plus sa touche, utilise davantage les tons purs, (ocres, jaunes et rouges de cadmium) qui se détachent joyeusement sur les ciels plombés. Jean Rigaud se situe dans la grande tradition réaliste et post-impressionniste.

Bibliographie:

Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ,1999

– Bernard Michel : Un peintre de Marine Jean Rigaud (1912-1999). L’instinct de la peinture ou la peinture d’instinct. Neptunia Vol. 54, Paris, 1999.

John Recknagel, un peintre américain à Fouesnant.

John Recknagel
John RECKNAGEL (1870-1940), « flotille des barques sardinières », 1921,
pastel, signé du monogramme et daté en bas et à droite, 25,5 x 33 cm
Vendu – sold

Né à Brooklyn d’un père danois, marchand de blé et d’épices, et d’une mère allemande, John Recknagel suit les cours de la National Academy of Design de New-York, puis vient étudier en France à partir de 1891 à l’atelier de Jean-Paul Laurens, puis à l’Académie Julian. L’artiste expose pour la première fois en 1897 au Salon des artistes français. En 1899, en compagnie de son épouse Sybil Withon, il s’installe à Concarneau, où il sympathise entre autres avec son compatriote, le peintre Charles Henry Fromuth qui, par l’utilisation exclusive du fusain et du pastel, influence sa propre technique. A partir de 1902, il s’établit à Fouesnant (Finistère) où il construit une maison à Keroulven en 1906, près des étangs de Penfoulic ; il retourne parfois aux États-Unis après la Première Guerre mondiale.

Paysagiste et portraitiste, John Recknagel peint à l’huile et au pastel : des paysages de la Bretagne et de New-York, des portraits notamment de personnes de la région de Fouesnant (plusieurs de ses œuvres sont exposées à l’hôtel de ville de Fouesnant).

Il meurt à Fouesnant en 1940, où on peut voir sa tombe dans le cimetière communal.

Bibliographie :

Les Peintres de Pont-Aven, A. Cariou, Ed Ouest-France, 2004

-David Sellin et Catherine Puget : Peintres américains en Bretagne – 1864 – 1914, Pont-Aven, 1995

Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ

John Recknagel, catalogue d’exposition, musée de Pont-Aven, 1998-1999