Lucien Simon, le grand peintre du pays bigouden.

Lucien Simon pays bigouden Bretagne
Lucien Simon, Jeune bigoudène de Pont l’Abbé, c.1900-1902
Gouache et aquarelle, signée en haut et à droite, 56x44cm
Vendu-Sold

Lucien Simon fréquente la Cornouaille bretonne dès les années 1890, grâce à son mariage avec Jeanne Dauchez, dont le père a une grande maison à Bénodet. Il s’installe à Sainte-Marine en 1902 en rachetant le sémaphore. Il fut le peintre du Pays Bigouden. Il a été également un remarquable portraitiste. Son dessin est vigoureux, sa palette très chaude et colorée.

Lucien Simon consacre toutes ses études aux Bigoudènes, ignorant les costumes « glazig » de la région de Quimper et ceux à la mode de la région qui va de Fouesnant à Scaër en passant par Pont-Aven.

Ses premiers envois au Salon des artistes français (salon unique à l’époque), à partir de 1885, n’avaient pas été très remarqués. Son mariage avec Jeanne Dauchez, qui partage son goût pour la peinture et se fera connaître par son propre talent de portraitiste et de décoratrice, lui fait découvrir la Bretagne qui le séduit par ses lumières changeantes, ses paysages, sa population de marins et de paysans aux costumes colorés, dont il tirera toute sa vie une source toujours nouvelle pour son œuvre.

A l’Académie Julian, il fut élève de Tony-Robert Fleury et de William Bouguereau. Il sera à son tour professeur à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, où il enseigna à Humblot, Henri Jannot, Yves Brayer et Georges Rohner.

Lucien Simon participa de 1931 à 1934 aux expositions de la Royal Academy de Londres et exposa au Salon des Artistes Français de Paris

Ses oeuvres sont présentes dans les musées: Boston – Breme – Brooklyn – Budapest – Le Caire – Chicago – Détroit – Helsinki – Liège – Moscou – Stockholm – Venise et dans plusieurs musées français.

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome XII
Lucien Simon, André Cariou, Ed Palantines, 2002
La route des peintres en Cornouaille, Quimper

Jean Lombard, issu du cubisme et du fauvisme!

Jean Lombard abstraction cubisme fauvisme

Jean LOMBARD  (Dijon 8 mars 1895 – Paris 26 octobre 1983)
Composition, 1956
huile sur toile, signée en bas et à droite,  datée 1956, 33 x 41cm
Vendu-Sold

Jean Lombard fréquenta les écoles des Beaux-Arts de Lyon, puis de Paris. Il a commencé à exposer à partir de 1925, aux Salons d’Automne et des Tuileries. Il faisait alors partie d’un groupe dans lequel figuraient Othon Friesz, Maurice Asselin, Lehmann. Il devint professeur de dessin et peinture de la Ville de Paris et dirigea entre 1938 et 1957, L’Atelier du Vert-Bois. Après-guerre, il participa aux Salons de Mai et des Réalités Nouvelles, ainsi qu’à des groupes à Tokyo, Varsovie, Cracovie, Belgique… La Galerie E. de Causans à Paris a organisé une importante rétrospective en 1990.

L’artiste traversa plusieurs périodes ; la découverte de Cézanne lui donna une première impulsion ; autour de 1930 il peignait des paysages urbains et quelques portraits solidement construits par oppositions de gris sobrement teintés. Il fut ensuite sensible aux influences conjuguées de Matisse et de Bonnard, puis vers 1943, une soudaine flambée fauve à travers quelques paysages au dessin synthétique et aux couleurs pures. Puis ce fut l’époque des grandes natures mortes dans lesquelles, en symbiose avec Pignon, Bazaine, Manessier, il tendait à concilier un dessin structuré issu du cubisme et la couleur du fauvisme.

Vers 1950, il se détacha du motif et évolua vers une abstraction relative, assez caractéristique de la peinture française d’alors.  Ce fut une période très colorée et très construite, les éléments originels de sa sensation, de son émotion visuelle, étant tout d’abord dissociés, puis recomposés en puzzle, hors narration, selon une logique purement picturale. De 1960 à 1970 il revint à une figuration plus ouvertement avouée, encore sur le thème des arbres. Ensuite, il adopta une technique très légère de couleurs à peine posées, lavées, essuyées qui convenaient à des effets de transparences aériennes.

Bibliographie:

  • Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome VIII, p.764-766
  • Peintre Contemporains, Mazenod, 1964, Paris
  • Catalogues des expositions Jean Lombard, Gal. Synthèse, 1963 et 1965, Paris

Auguste Leroux, un autre regard sur la Bretagne.

Auguste Leroux Bretagne

Auguste LEROUX  (1871 – 1954)
bretonne au bord de mer, et femme au bouquet
huile sur panneau, double face, signée du cachet d’atelier au verso, 18,5 x 24cm
Vendu-Sold
Auguste Leroux Bretagne

Auguste Leroux fit ses études dans l’atelier de Léon Bonnat, à l’école des Beaux-Arts de Paris à partir de 1892. Il a obtenu le Grand Prix de Rome en 1894.

Il exposa à Paris, au Salon des artistes Français, dont il devint membre en 1904. Auguste Leroux y obtint une médaille de deuxième classe en 1898, de bronze en 1900 dans le cadre de l’Exposition Universelle.

A l’exposition universelle de 1900, le jeune peintre décroche une médaille d’argent . C’est le début de la reconnaissance publique et du succès. A côté des demandes de portraits mondains, Auguste Leroux reçoit de nombreuse commandes publiques, dont l’une des plus notable fut la participation à la décoration de Sacré-Coeur. Chaque année, Leroux expose au Salon. Il est professeur aux Beaux-Arts pendant trente ans (il eut pour élève notamment Yvonne Jean-Haffen) . En 1904, le Salon des artistes français le reçoit comme membre du jury. Il enseigne de plus à l’Académie de la Grande Chaumière. A côté de ses oeuvres picturales, Leroux est sollicité par de nombreux écrivains et éditeurs. Il illustre notamment Camille Pelleta, Anatole France et participe aux grandes rééditions de bibliophilie des oeuvres comme celle de Casanova ou de Cervantès.

Auguste Leroux expose dans plusieurs galeries parisiennes parmi lesquelles la galerie Allard, la galerie Georges Petit, la galerie Charpentier et la galerie Mona Lisa.

Il illustra de nombreux ouvrages, parmi lesquels: Eugénie Grandet, de H. Balzac (1911); Sapho, d’Alphonse Daudet (1925); Un cœur simple, de G. Flaubert (1913); Aziyadé, de Pierre Loti (1937)…


Une exposition rétrospective de ses œuvres s’est tenue au Grand Palais à Paris du 21 mai au 12 juin 1955. Une autre exposition eut lieu, « la Bretagne d’Auguste Leroux », Drouot Curiosités, 10 rue Chauchat, du 6 mai au 15 juillet 1983.

Bibliographie:

  • Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome VIII, p.556
  • Dictionnaire des Illustrateurs, 1800-1914, Ides et Calendes, 1989, Neuchâtel

Auguste Lepère, graveur au talent indiscutable!

Auguste Lepere gravure sur bois en couleur

Auguste Louis LEPERE 
(Paris 30 novembre 1849 – Domme 20 novembre  1918)
« Le Palais de Justice, vu du pont de Notre Dame », 1889
gravure sur bois imprimée en couleurs, signée dans la planche et dans la marge en bas et à droite, tirage à 30 exemplaires,
23 x 33 cm
Vendu-Sold

Fils du sculpteur François Lepère, il fut élève du graveur anglais Burn Smeeton. Auguste Lepère débuta au Salon de Paris en 1870 en exposant un tableau, mais dès 1876, il se consacra plus spécialement à la gravure.

Il obtint une troisième médaille en 1881, une deuxième médaille en 1887, une médaille d’or à l’Exposition Universelle de 1889. Il fut l’un des premiers membres de la Société Nationale des Beaux-Arts, dès 1890. En 1900, il fut membre du jury. La même année il fut décoré de la Légion d’honneur, il sera officier en 1911.

Graveur au burin d’un talent indiscutable, il s’est surtout fait un nom comme graveur sur bois. Il est un des rares artistes modernes ayant fait de la gravure sur bois originale, notamment des scènes de Paris et de la Banlieue parisienne. Il a reproduit dans le Monde Illustré des dessins de Daniel Vierge et d’Edmond Morin. On cite de lui deux séries de bois originaux : La forêt de Fontainebleau et Les grandes villes de France. Il a également fait des illustrations de Maupassant, de Jean Richepin et de Huysmans.

Bibliographie:

  • Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome VIII, p.535
  • L’œuvre gravé de Auguste Lepère, Lotz-Brissoneau, Sagot, 1905, Paris
  • Auguste Lepère, peintre et graveur, décorateur de livres, C.Saunier, 1931
  • Dictionnaire des Petits Maîtres de la Peinture, G.Schurr, Ed Amateur

Lemordant, un grand maître de la peinture bretonne!

jean-julien lemordant et le goémonier Quimper hôtel de l'épée

Jean Julien LEMORDANT (1878-1968)
Le goémonier, c.1910
Gouache, signée en bas et à gauche,60 x 45cm
Vendu-Sold

Jean-Julien Lemordant nous dévoile dans ce dessin coloré toute l’importante place qu’il a dans l’histoire de la peinture bretonne. La force et la simplicité du sujet est traité ici par un dessin ferme et synthétique.

Elève de Léon Bonnat en compagnie de Emile Othon Frietz et de Raoul Duffy. Il redécouvre la Bretagne en 1903 et s’installe à Penmarc’h où sa peinture s’oriente vers une description colorée de la vie maritime et trouve son engagement aux côtés des marins (fondation de la revue Brug – 1913).

Dans une facture large et sonore, il a traité des vastes panneaux hardiment composés, les rudes acteurs de la tragédie marine. Il fut aussi un rénovateur des arts décoratifs en Bretagne.

En 1904, le jeune peintre (il a 26 ans) est installé à Saint-Guénolé quand l’hôtel de l’Epée à Quimper lui commande une série de fresques murales pour décorer sa salle à manger. Le travail est colossal : 65 m2 de murs sont à peindre percés de 11 portes. Lemordant réalisera 23 peintures groupées en 5 séquences.

Cette gouache fait partie des nombreuses esquisses exécutées pour le décor de l’Hôtel de l’Epée de Quimper, vers 1907-1908. Cette décoration de la salle du restaurant de l’hôtel, a été installé de manière permanente dans une salle du musée des beaux-arts de Quimper.

Jean Julien Lemordant nous transcrit dans cette oeuvre l’image du rude acteur de la tragédie marine: un marin engoncé dans son vêtement arrachant à la mer sa moisson de goémon.

Superbe pièce de Jean Julien Lemordant, car il nous montre l’importance du dessin, de l’esquisse, qui dévoile déjà l’ampleur de ce grand nom de la peinture bretonne.

Les fresques de l’Hôtel de l’Epée à Quimper ont connu un succès considérable et apporté au jeune peintre une certaine notoriété. En 1913, l’Opéra de Rennes lui passe une commande prestigieuse : la peinture du plafond de l’Opéra qu’il peindra durant l’année 1914. Lemordant réalisera à cette occasion une ronde bretonne.