Charles Lapicque, un regard scientifique des couleurs.

Charles Lapicque
Charles Lapicque, « Balises et rochers », 1970,
lithographie en couleurs, épreuve d’artiste, signée en bas et à droite, dédicacée  » pour l’ami Sorlier très cordialement », référence du catalogue raisonné Balanci-Blache, numéro 423, 89 x63cm
Vendu – sold

Charles Lapicque est un artiste peintre et graveur français de la Nouvelle École de Paris, né à Theizé le 6 octobre 1898, mort à Orsay le 15 juillet 1988.

Ses œuvres furent jugées importantes, entre 1939 et 1943, pour le développement de la peinture non figurative et dans les années 1950 pour les courants Pop art, figuration narrative, figuration libre.

Il abandonne en 1928 sa carrière d’ingénieur pour se consacrer à la peinture, réalisant en 1929 sa première exposition personnelle à la Galerie Jeanne Bucher. Charles Lapicque rencontre en 1936 le philosophe Gabriel Marcel qui l’invite à des séances de discussion et lui fait connaître Jean Wahl: c’est le point de départ de sa réflexion philosophique et esthétique. La Galerie Louis Carré présente en 1946 une exposition « Bazaine, Estève, Lapicque ».

« De longues études d’ordre scientifique me conduisirent à considérer le rouge, l’orangé et le jaune comme des couleurs toujours prêtes à s’éclaircir, à se faire plus lumineuses et le bleu, au contraire, comme une couleur fatalement destinée à s’assombrir, à paraître plus noire. Il en résultait un avantage certain à figurer par du bleu les corps solides, pesants et rapprochés et à réserver le rouge, l’orangé ou le jaune aux corps lumineux ou lointains, tel que le ciel » Charles Lapicque.

Charles Sorlier (1921-1990) était un graveur français. Sorlier a commencé à l’atelier de Fernand Mourlot en 1948, où il est resté pendant plus de quarante ans. Il deviendra le lithographe et le graveur attitré de nombreux artistes célèbres, comme par exemple Pablo Picasso, Henri Matisse, Fernand Léger, Marc Chagall, Dufy…

Bibliographie :

  • Charles Lapicque – Bernard Balanci – Georges Blache – Elmina Auger, « Charles Lapicque. Catalogue raisonné de l’oeuvre complet des lithographies, eaux fortes et gravures », Imprimerie Sipo, Béziers, 1981.

Louis Valtat et son coup de crayon.

Louis Valtat
Louis Valtat (1869-1952), « Paysage »,
aquarelle sur traits de crayon, signée du cachet en bas et à droite, 24cm x 32cm
Disponible – Available

Renoir et Signac font partie des premiers acquéreurs en 1904, des œuvres de Valtat exposées à la galerie Vollard. Pas plus fauve que nabi, bien qu’il fréquentât, à l’Académie Julian, Pierre Bonnard, Edouard Vuillard et Félix Vallotton. Cette incertitude quant aux positions de l’artiste est accrue par le fait qu’il n’a laissé aucun écrit susceptible de venir y apporter des éclaircissements.

Les paysages, notamment, deviennent un motif répétitif dans lequel l’artiste exerce le recours à une gamme de couleurs de plus en plus restreinte (bleu, vert, rouge). Valtat intègre tout à la fois, et presque de manière aléatoire dans ses œuvres, un travail d’aplanissement de la forme hérité du japonisme, un traitement directionnel de la touche observé chez les impressionnistes et revisité par le divisionnisme et le pointillisme, un usage de la couleur pure cher aux fauves…

Par ces expérimentations instinctives, Louis Valtat participe surtout à la cohérence d’une transition entre la tradition impressionniste et l’émergence du fauvisme. Il intervient à la genèse du mouvement, sans pourtant s’y engager, en créant une sorte de lien entre différentes tendances, qui intrigue et fascine plusieurs de ses contemporains.

Bibliographie :

  • Bernard Seiden, Ivonne Papin-Drastik, Louis Valtat. À l’aube du fauvisme, Éditions Midi-Pyrénéennes, 2011

Max Jacob, artiste de la Bretagne, aussi!

max jacob
Max JACOB (1882-1939)
Procession en pays Bigouden, 1936
Lithographie rehaussée, signée et datée dans la planche en bas et à droite,
22 x 33cm
Vendu – sold

Max Jacob, né à Quimper et mort à Drancy, fut l’un des grands artistes de la première moitié du XXème siècle. A la fois, poète, romancier et peintre, il fut précurseur de Dada puis du surréalisme sans y adhérer, il bouleverse de son vers libre et burlesque la poésie française dès 1917, après avoir renoncé à sa carrière de journaliste auprès d’Alphonse Allais et s’être intimement lié à Pablo Picasso, Guillaume Apollinaire, André Salmon, Marie Laurencin, Amedeo Modigliani.

En janvier 1903, Max Jacob emménage 33 boulevard Barbès, au pied de la butte Montmartre. C’est la misère noire. L’artiste dépense avec ses amis le peu de pension qu’il reçoit de son père en mauvais vin au Lapin Agile et autres guinguettes. Il survit grâce à de petits métiers, balayeur, garde d’enfants… Déguisé en disciple de l’École de Pont-Aven, il porte le costume glazic de son Quimper natal, s’initie en autodidacte à la poésie et à la gouache, et essaie de vendre ses œuvres le soir dans les cafés du quartier de Montmartre.

Max Jacob traversa tout ce début du XXème siècle, aux côtés des plus grands avant-gardistes de la période, des plus grands intellectuels, faisant parti des différents mouvements et courants, mais aussi toujours balancé, bousculé par la vie et les conditions matérielles, personnalité faite de contradictions, aux multiples facettes que tous les contemporains de l’artiste ont remarquées.

Amédée Joyau, peintre-graveur japoniste.

amédée joyau
Amédée JOYAU (1872 – 1913)
Brouillard du Matin, Villers-sur-Mer, 1896
Bois gravé tiré en couleurs sur 4 planches sur papier japon beige clair, tirage à 30 épreuves
15,8 x 21,9cm
Catalogue raisoné Atherton Curtis, Paul Prouté, 1938
Vendu – sold

Amédée Joyau est un peintre et graveur français connu pour ses gravures sur bois en couleurs, marquées par le japonisme.

Profondément marqué par l’Extrême-Orient après un voyage effectué au Japon en 1889, il entre l’année suivante à l’atelier Cormon (Paris), puis il se tourne essentiellement vers la gravure sur bois, à une époque où ce procédé semble revenir en vogue, après avoir été oblitéré par les progrès de la typogravure. Il exécute aussi quelques rares eaux-fortes. Il est possible qu’il croise chez Cormon, Toulouse-Lautrec.

On connaît aussi de lui des paysages et des marines, sous la forme d’aquarelles ainsi que quelques huiles. En mars 1895, il expose des dessins inspirés de Paris au salon du Champ-de-Mars. Il devient membre de la Société nationale des beaux-arts en 1901. Il expose au Salon d’automne qui accueille une rétrospective de ses paysages bretons en 1913.

Du côté du travail sur bois en couleurs, il s’inspire à partir de 1893-1894 de scènes de rues parisiennes, Montmartre d’abord (Le Moulin de la Galette), puis les quartiers des grands boulevards. Il exécute une série de crépuscules très contrastés, dans un style qui rappelle celui de certaines estampes d’Henri Rivière.

Puis il se tourne vers l’Atlantique et s’inspire de paysages maritimes bretons, vendéens, ou de mer du Nord.

Bibliographie:

–Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999,

-Catalogue de l’œuvre gravé d’Amédée Joyau, Paris, Paul Prouté, 1938

Macario Vitalis, peintre post-cubiste.

Macario Vitalis
Macario Vitalis (1898-1989), « vu de village », c.1950,
huile sur toile, signée en bas et à droite, 33 x 41cm
Vendu – sold

Macario Vitalis naît en 1898 à Lapog dans la province de l’Ilocos Sur aux Philippines. Avec son frère, il quitte son pays pour la Californie où les travailleurs philippins se font embaucher dans les plantations d’ananas. Macario Vitalis fut élève de 1920 à 1922, de l’École des Beaux-Arts de San Francisco (Californie) puis jusqu’en 1924 à celle de Philadelphie (Pennsylvanie).

En 1926, il décide de partir pour la France où il s’installe à Montmartre, puis à Puteaux où il fait la connaissance de Camille Renault. Peintre postcubiste, son art montre une certaine influence de l’exemple de Jacques Villon, qu’il fréquenta dans le cadre du « groupe de Puteaux », avec Albert Gleizes, La Fresnaye, Metzinger. Ainsi, pendant plus de trente ans, Macario Vitalis fréquentera cet établissement, lieu de rencontre de nombreux artistes et intellectuels, où il a peint de petites compositions à même le mur du restaurant.

Puis dans les années 1950, il s’installe en Bretagne, à Plestin-les-Grèves, où il produit des paysages marins, des scènes religieuses, des scènes de la vie quotidienne et quelques portraits. Dans les années 1980, il retourne aux îles Philippines où il décède en 1989.

Une exposition rétrospective est organisée à l’alliance française de Manille en mars 2011 et une sur sa période bretonne à Plestin-les-Grèves du 20 juillet au 15 août 2016.

La Poste française lui consacre en juin 2017 un timbre-poste à l’occasion du 70e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la République des Philippines.

Un article d’Yves Coativy paru en 2015 fait la synthèse de son œuvre breton.

Bibliographie:

–Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome XIV, p.292