Pierre Chapuis, « à la campagne », huile sur papier, signée en bas et à gauche, 15,5 x 26cm Vendu-Sold
Pierre Chapuis (Paris 1863-1942) est né dans un milieu modeste, très doué pour le dessin, il fut apprenti chez des décorateurs. Il a participé aux principaux salons parisiens, notamment à celui de la Société Nationale des Beaux-Arts dès 1906, au Salon d’Automne en 1907 et au Salon des Indépendants jusqu’à sa mort.
Célèbre, à l’époque, pour ses décors de théâtre, il est mieux connu, par la suite, pour la finesse de tons de ses aquarelles de paysages de Trouville, Deauville.
Ce célèbre peintre a donné son nom à une rue de Saint-Leu-la-Forêt, où il a vécu de 1912 à 1932. En effet, il s’installe en 1912 à Saint-Leu-la-Forêt, où il se consacre entièrement à la peinture. S’inspirant du néo-impressionnisme, il aime peindre en forêt, ce qui ne l’empêcha pas de croquer des Permissionnaires en juillet 1915 sur la place de la Mairie, une toile qui est propriété municipale. Le musée Pissarro de Pontoise et le musée de Trouville exposèrent cette œuvre lors d’une exposition en son hommage en 1986.
Bibliographie:
–Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome XIII, p.486
–Dictionnaire des Petits Maîtres de la peinture, 1820-1920, G. Schurr, Ed Amateur, 1996, Tome I, p.250
Macario Vitalis (1898-1989), « les couturières », c.1960, huile sur panneau, contresignée au dos, 19x29cm Vendu-Sold
Macario Vitalis naît en 1898 à Lapog dans la province de l’Ilocos Sur aux Philippines. Avec son frère, il quitte son pays pour la Californie où les travailleurs philippins se font embaucher dans les plantations d’ananas. Macario Vitalis fut élève de 1920 à 1922, de l’École des Beaux-Arts de San Francisco (Californie) puis jusqu’en 1924 à celle de Philadelphie (Pennsylvanie).
En 1926, il décide de partir pour la France où il s’installe à Montmartre, puis à Puteaux où il fait la connaissance de Camille Renault. Peintre postcubiste, son art montre une certaine influence de l’exemple de Jacques Villon, qu’il fréquenta dans le cadre du « groupe de Puteaux », avec Albert Gleizes, La Fresnaye, Metzinger. Ainsi, pendant plus de trente ans, Macario Vitalis fréquentera cet établissement, lieu de rencontre de nombreux artistes et intellectuels, où il a peint de petites compositions à même le mur du restaurant.
Puis dans les années 1950, il s’installe en Bretagne, à Plestin-les-Grèves, où il produit des paysages marins, des scènes religieuses, des scènes de la vie quotidienne et quelques portraits. Dans les années 1980, il retourne aux îles Philippines où il décède en 1989.
Une exposition rétrospective est organisée à l’alliance française de Manille en mars 2011 et une sur sa période bretonne à Plestin-les-Grèves du 20 juillet au 15 août 2016.
La Poste française lui consacre en juin 2017 un timbre-poste à l’occasion du 70e anniversaire des relations diplomatiques entre la France et la République des Philippines.
Un article d’Yves Coativy paru en 2015 fait la synthèse de son œuvre breton.
Bibliographie:
-Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome XIV, p.292
Léo Gausson, le village de Bruyères-sur-Laon (Aisne), signée en bas et à gauche, contresignée, située et datée 1910 au dos. 26,7×35,2cm Oeuvre reproduite dans l’ouvrage « Léo Gausson, un peintre méconnu du post-impressionnisme », par Hanotelle Fonteneau, 2000. Vendu-Sold
Léo Marie Gausson (Lagny 14 février 1860 – Lagny 27 octobre 1944) commença à étudier la sculpture sur bois en suivant des cours du soir à l’Ecole Nationale des Arts Décoratifs. puis fut formé à la gravure par Chauvel.
Il se dirigea ensuite vers la peinture. Ses débuts dans cette discipline s’inscrivent sous une double influence. Il est d’abord initié à l’Ecole de Barbizon par un peintre de Lagny Antonio Cortès, ancien élève de Troyon. Curieux de tout, Gausson est attentif à la peinture contemporaine. Sa palette s’éclaircit et atteste une connaissance approfondie des impressionnistes.
Il fait la connaissance de deux xylographes : Maximilien Luce et Cavallo Peduzzi. Ensemble, ils s’intéressent et étudient les principes scientifiques appliqués à l’art. C’est le moment où s’élabore le Néo-impressionnisme, dont les plus éminents Georges Seurat et Paul Signac soutenus par le maître Camille Pissarro forment le groupe initial. Gausson et ses amis pressentent toute l’importance que constitue l’ouvrage d’Eugène Chevreul: De la loi du contraste simultané des couleurs.
En 1885, Gausson connaît parfaitement les principes de cette théorie et il les explicite dans une longue lettre à Emile Zola. L’oeuvre de Gausson devient particulièrement novatrice en 1886, année où il réalise des oeuvres selon l’étude du contraste simultané.
Continuant ses recherches, il s’oriente logiquement vers le Synthétisme, qui lui permet de représenter l’intensité de certains effets de la nature. Il réalise de 1890-1894 et même à partir de 1889 des oeuvres audacieuses aux formes simplifiées traitées en a-plat et cloisonnées.
Il participe aux expositions d’avant-garde: à Saint-Germain-en-Laye, les XX à Bruxelles, l’Association pour l’Art à Anvers, à Paris chez Le Barc de Boutteville, l’Hôtel Brébant, Le salon des Cent.
Durant toute cette période, il n’en abandonne pas pour autant le
Néo-Impressionnisme. Même, délaissant toute théorie, il s’attache
davantage à la représentation du réel, dans une synthèse des éléments
qui lui est très personnelle: Cour de ferme, 1891, (basée sur le nombre
d’or).
Des conditions d’existence très précaires décident Gausson à quitter la France. En 1901, il s’engage dans l’administration coloniale. Ce sera une entrave à poursuivre son oeuvre. Il vivra en Guinée française sept ou huit ans. Il est l’un des tout premiers à avoir rapporté des peintures de cette région d’Afrique, alors inconnue des Occidentaux.
De 1887 à 1895, il exposa au Salon des Indépendants à Paris; en 1892, il fut l’un des invités, avec Luce, Pissarro, Toulouse-Lautrec, de l’exposition du Groupe des Vingt de Bruxelles.
Une rétrospective de son œuvre fut
organisée en 1899, au Théâtre Antoine à Paris.
Il possédait de réelles qualités de
coloriste et se montra graveur pittoresque de mérite dans les reproductions
qu’il fit d’après Millet.
Bibliographie:
–Dictionnaire
des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome V, p.919
André Dignimont, « la main à la poche« , mine de plomb et crayons de couleurs, signé en bas et à gauche, 19,2x15cm Vendu-Sold
André Dignimont (Paris 1891 – 1965) fut un peintre de scènes de genre, figures, portraits, paysages, aquarelliste, dessinateur, illustrateur.
Il fut sociétaire au Salon d’Automne, au Salon des Tuileries
et au Salon de l’Araignée fondé par Gus Bofa où il se manifesta dans le
renouveau de l’illustration.
Parmi ses illustrations les plus fameuses: Amants et voleurs de T.Bernard, Un nouvel amour de A.Beucler, et des oeuvres de Colette, Courteline, F.Carco, Huysmans, Mac Orlan…
Etroitement mêlé aux milieux littéraires de son époque, il
s’est complu à l’évocation du “milieu”, celui des mauvais garçons et des
filles, donnant un art très proche de celui de F.Carco. Ses nus sensuels sont
recherchés.
Fils d’un négociant en vins, André Dignimont est d’abord élève chez les Oratoriens du collège de Juilly avant d’effectuer des études de langue en Angleterre Le retour en France en 1911 le conduit à sept années de régiment: trois années de service militaire, quatre années de guerre. André Dignimont est ensuite l’élève de Tony Robert-Fleury à l’Académie Julian. Installé à Montmartre, il mène alors « la joyeuse vie des rapins » (de là date son surnom « le Grand Dig » qui lui restera) en compagnie de condisciples et amis, notamment Jean-Gabriel Domergue, Roger de la Fresnaye, Louis Marcoussis, Robert Lotiron et André Warnod.
Sa carrière qui s’étend sur plus de quatre décennies, le conduisant aussi bien vers le portrait et le nu féminin (aquarelles, dessins et estampes, Dignimont ne peignant pas sur toile) que vers l’illustration des livres et le décor de théâtre, se liant par là aux artistes peintres, aux écrivains (Colette, Francis Carco, Pierre Mac Orlan) et aux comédiens. En 1927, il quitte Montmartre pour s’installer définitivement au 1, rue Boutarel dont, passionné de marché aux puces, il fera un musée d’objets insolites.
C’est plus tard qu’André Dignimont commence à s’intéresser au paysage, encouragé en cela par André Dunoyer de Segonzac, y venant aussi naturellement par ses promenades dans Paris, également par ses villégiatures estivales que restitue Françoise Py-Chereau : chez l’avocat-académicien Maurice Garçon à Ligugé dans le Poitou, dans l’Yonne chez Jules Cavaillès, à Saint-Tropez chez Colette, à Equemauville près d’Honfleur chez Henri Jeanson, près de Paimpol également où Betty de Mauduit fait de son château de Bourblanc un lieu d’accueil artistique et littéraire où Dignimont peut retrouver Pierre Benoit, Joseph Kessel, Francis Carco et Louis Touchagues.
Colette le dévoile : « Quand je veux me trouver seule à seul avec vous, j’écarte poliment vos acrobates, vos matelots et vos sous-officiers à la bouche en cerise, je dis pardon à votre doux bétails féminin, je tourne à l’angle d’une maison vide dont la persienne bat, paisiblement tachée de sang, et je vous rencontre penché sur un cul-de-lampe fleuri – cœurs de Jeanette, narcisses et ancolies mêlées (n’oublions pas le myosotis !) que vous peignez soigneux, ému et rêveur comme une ancienne jeune fille ».
Il a illustré des journaux tels que Le Rire, Demain, Monsieur – Revue des élégances, des bonnes manières et de tout ce qui intéresse Monsieur, Le Crapouillot, Le Sourire, Femina, la Gazette du Bon Ton, La Guirlande, Comœdia, Flirt… En plus de son métier d’illustrateur et de peintre, il a joué des rôles secondaires au cinéma et a fait partie du jury (présidé par Marcel Pagnol) du Festival de Cannes 1955.
André Dignimont est mort à Paris le 4 février 1965. Sa tombe, au cimetière du Montparnasse à Paris (27e division), est ornée d’un médaillon de bronze avec son portrait sculpté par Paul Belmondo. Son épouse est morte le 28 février 1981.
Augustin CARRERA (Madrid 1878 – Paris 1952) les baigneuses aquarelle, signée du cachet d’atelier en bas et à droite, 17,5 x 24 cm Vendu-Sold
Elève de Léon Bonnat et d’Henri Martin, Augustin Carrera exposa au Salon des Artistes Français dès 1904, obtenant une médaille d’or en 1937. Il a participé au Salon des Indépendants et des Tuileries, de 1927 à 1933. Officier de la légion d’Honneur.
Parcourant les expositions, Augustin Carrera observe et s’imprègne des œuvres de Cézanne, Paul Gaugin ou encore Seurat. Cependant ce sont Degas, Toulouse-Lautrec, Van Gogh, Monet et Pissaro qui auront la plus grande influence dans son travail. Le paysage prend alors une toute autre place dans les toiles de Carrera. Ces éléments qu’il considérait comme accessoires deviennent des sujets à part entière dans lesquels il laisse éclater la vivacité de sa palette, ce qui lui permet d’approcher la peinture d’une manière qui lui est alors tout à fait nouvelle.
En 1912, l’artiste bénéficie de la Bourse d’Indochine qui marque un tournant dans son œuvre. Cette période donne naissance à de très belles toiles réalisées directement là bas. Augustin Carrera réside en Extrême-Orient durant huit mois et rapporte des compositions aux sujets inédits : des temples, des bords du fleuve rouge et des scènes de vie locale. Le roi du Cambodge lui confie alors la réalisation de panneaux monumentaux pour son palais, que l’artiste posera lors de son prochain voyage en 1928.
En 1914, lorsque la guerre éclate, Augustin Carrera est mobilisé. Se retrouvant en état de convalescence dès 1916, il s’installe à Allauch. Lors d’un voyage en Espagne dans les années qui suivirent, Carrera a une révélation lorsqu’il découvre les œuvres du Greco et de Velasquez. Il part alors s’installer à Paris, dans le quartier de Montparnasse, nouveau centre artistique européen qui vient de détrôner Montmartre.
Le critique d’art François Thiébault-Sisson le suit assidument dans le journal « Le Temps » et lui permet d’affirmer sa notoriété, déjà acquise lors d’expositions à la galerie Druet mais également grâce à un contrat avec la galerie Georges Petit qui lui donne l’opportunité d’exposer un de ses thèmes de prédilections : le nu féminin. Les œuvres de Carrera deviennent très prisées des collectionneurs et l’artiste obtient plusieurs commandes. Il réalise deux panneaux décoratifs pour le Ministère des Colonies, fortement influencés par son séjour en Indochine. Fasciné par le théâtre, il fréquente de nombreux établissements et se voit confier la réalisation des décors de l’Opéra de Marseille en 1924.
Très proche des peintres de l’école provençale, Augustin Carrera invite Hurard, Eichacker, De Groux, Audibert et Verdilhan à réaliser ces décors monumentaux à ses côtés. Carrera est sacré chevalier de la Légion d’honneur en 1920 et officier en 1928. Si le talent d’Augustin Carrera se déploie dans les paysages qu’il réalise dans le cadre de décors monumentaux et de ses commandes officielles, l’unicité de son art se révèle dans le nu féminin. Le peintre étudie assidûment le détail anatomique, qu’il retranscrit sur la toile avec attention tout en conférant une importance toute particulière à la lumière et à l’harmonie des tonalités. Les nus de Carrera ne sont pas sans rappeler la sensualité et l’érotisme de la sculpture. Leur modelé est révélé par la lumière, sculpté par le coloris gris des chairs et de la pâte dont l’ampleur attire et retient le regard.
Antoine Bourdelle dira à son propos « Augustin Carrera a trouvé le moyen dans sa peinture d’assembler la hardiesse du coloris et l’exquise finesse de l’atmosphère. Marseillais vous avez un grand peintre ! Soignez le ! »
Bibliographie:
– Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome
III, p.290
– Dictionnaire des petits maîtres, G.Schurr, Ed
Amateur, 1999
– Augustin Carrera, Camille Rouvier
– La merveilleuse Provence des Peintres, André Alauzen
di Genova, Ed NAEF/Aubéron, 1999