Moïse Kisling, portrait de « Sonia ».

Moise Kisling
Moïse Kisling, « Sonia », c.1925
lithographie en couleur, signée en bas et à droite dans la marge,
justificatif de tirage n°57/100, 60 x 44cm
Vendu-Sold

Moïse Kisling (Cracovie 1891 – Sanary sur Mer 1953) suit les cours de Josef Pankiewicz, son professeur aux Beaux Arts, avant de décider sur ses conseils de venir à Paris en 1910. Il fait partie des artistes qui quittent leur pays avant La Première Guerre Mondiale, pour rejoindre ce qui s’appellera plus tard « l’Ecole de Paris », dont il sera l’un des principaux représentants.

Très vite il fait connaissance de Juan Gris, de Picasso, puis de Soutine et de Modigliani, avec lequel il se lie d’amitié. Dans son atelier de la Rue Joseph Bara, près du Luxembourg, viennent lui rendre visite de nombreux artistes, peintres et écrivains dont Max Jacob, Jean Cocteau, Raymond Radiguet. Les oeuvres de Moïse Kisling, portraits, nus féminins, natures mortes, paysages, nourries d’abord de l’influence de Cézanne, puis de celles des premières approches du cubisme, évoluent selon les périodes vers un certain classicisme, pour en revenir avec l’entre deux guerres vers la figuration. Ce sont ces multiples influences qui définissent  » l’Ecole de Paris « , imprégnée de toutes les tendances, au service d’une volonté expressive résolument propre à chaque artiste.
Cette diversité rapproche Moïse Kisling, d’abord de Cézanne, puis de Picasso, de Juan Gris, des Fauves, de Derain, de Modiglinani, mais encore de Matisse ou de Renoir.
Jamais il ne se laisse totalement enfermer dans une catégorie, en voulant rester fidèle à l’émotion. Sa palette reste colorée et diversifiée, son dessin figuratif, sa technique par certains aspects classiques, dans son souhait de vouloir transmettre l’émotion du bonheur de vivre, de la sensualité.
De nombreuses expositions sont organisées à l’étranger et il participe à de nombreux salons jusqu’en 1940, date à laquelle il est contraint, de fuir pour les Etats-Unis en raison de ses origines juives, et de ses activités antinazies.
Après la guerre, en 1946, il revient vivre en France en s’installant par épisodes à Sanary sur Mer sur la côte varoise, mais en travaillant surtout à Paris dans son atelier de la Rue du Val de Grâce.

C’est après 1949, que Moïse Kisling s’installe définitivement à Sanary pour y peindre sa joie de vivre, avec des portraits des paysages, des natures mortes, des fleurs, avant que d’y mourir en 1953, après une dernière exposition de son vivant au Musée de Cagnes sur mer.

On retrouve dans ce portrait les simplifications formelles pratiquées par Modigliani, comme le recours à un fonds uni, stylisation du modèle,mais aussi de l’art de Derain en ce qui concerne le dégradé des tons qui modèlent le visage ou de la lumière qui irradie l’espace en venant du corps lui-même. Mais ici le hiératisme du visage, l’ovale de celui-ci, la précision de la broderie du châle, s’approchent du maniérisme florentin du XVIème siècle, proche de Botticelli par son intellectualisme poétique conçu sous une froide apparence.

Lucien Neuquelman, la Capitainerie, Saint-Tropez.

Saint-Tropez
Lucien Neuquelman, La Capitainerie, Saint-Tropez,
aquarelle gouachée, signée du monogramme en bas et à droite, 24 x 29,5cm
Disponible-Available

Lucien Neuquelman (1909-1988) fut élève de l’école des Beaux-Arts de Toulon, où il rencontra Othon Friesz, dont il devint ensuite l’élève.

Il entra, à Paris, à l’académie de la Grande Chaumière, puis, en 1930, il travailla en tant que compositeur de maquette pour la soierie lyonnaise. Grâce a celui ci, et au talent inné de Lucien Neuquelman, l’artiste français devient rapidement connu et commence à exposer dans de nombreux lieux.

Lucien Neuquelman aime particulièrement peindre et représenter des paysages de la Bretagne, des scènes maritime et des scènes de la vie parisienne. L’artiste utilise des couleurs chaudes afin de rendre sa toile la plus lumineuse possible.

Une exposition d’ensemble de son œuvre a été présentée, en 1945, à Paris.

Cet artiste délicat, aimant à dépeindre la Bretagne maritime, s’est ménagé une place affectionnée aux cimaises des amateurs de cet art sensible et sincère. Sa palette est souvent lumineuse ; et cette luminosité est ici décuplée par la technique pointilliste.

Quelques mots sur le divisionnisme ou pointillisme… Dans les années 1880 le divisionnisme, issu de l’impressionnisme voit le jour. « Baignade à Asnières’’ (1884) ou ’ »Un dimanche après-midi à l’île de la Grande Jatte’’ (1884-1886) de Seurat en sont les œuvres fondatrices. Dès 1886, le critique d’art Felix Fénéon donne au mouvement le nom de « néo-impressionnisme’’. Signac, à la mort de Seurat rebaptise le « divisionnisme’’ en ’ »pointillisme’’.
Ces néo-impressionnistes exposent régulièrement au salon des Indépendants. Pissaro évoque alors ’ »un impressionnisme scientifique’’.
Les peintres de ce mouvement sont des peintres de plein air. Ils s’appuient sur les théories scientifiques des phénomènes optiques. Ils utilisent uniquement les couleurs fondamentales du spectre éclatées en petits points. C’est l’œil qui reconstitue le sujet et l’organise lorsque l’on s’éloigne du tableau. Alors que les impressionnistes font leur mélange de couleurs sur la palette et le mettent sur la toile par petites touches, les néo-impressionnistes juxtaposent leurs couleurs pures directement sur la toile par petites touches. Le mélange des tons se fait par l’œil et non par le pinceau. Cette technique apporte une profondeur indéniable et une luminosité formidable. Après la mort de Seurat en 1891, la technique va évoluer avec Signac. Les touches sont plus grandes et plus intuitives. Les couleurs de plus en plus éclatantes influenceront les Fauves.

Bibliographie:

Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome X, p.173

Lucien Neuquelman, par André Weber

« Visions sur Neuquelman », par Jean Bardy, Ed. Visions sur les Arts

Joseph Bail, la beauté de l’intérieur!

Joseph Bail
Joseph Bail, « la jeune cuisinière devant la fenêtre »,
huile sur panneau, signée en bas et à gauche, 15 x 10cm
Vendu-Sold

Joseph Bail (Limonest 22 janvier 1862 – Paris 28 novembre 1921) travailla avec son père, Jean Antoine Bail, peintre lyonnais; puis en 1880, sous la direction de Jean-Léon Gérôme et de Carolus-Duran. Ses premiers succès datent de 1878, année en laquelle il commença à exposer au Salon des Artistes Français. Il obtient de nombreuses récompenses, dont une médaille de troisième classe en 1886, une de deuxième classe en 1887; en 1889, il se voit attribuer une médaille d’argent, et obtient une médaille d’or à l’Exposition Universelle de 1900. Cela lui assure la reconnaissance et lui garantit des commandes de la part de la bourgeoisie. La composition de ses tableaux, toujours élégante, est habilement traitée. Certaines de ses œuvres, notamment Les Dentellières ont connu un grand succès.

Il s’est adonné à la peinture de genre et a fait quelques toiles représentant des animaux, mais il doit surtout sa réputation à ses tableaux d’intérieurs. Son talent s’est appliqué à rendre des éclairages heureux et parfois un peu factices. Il excelle à créer dans ses toiles une lumière très vive due à l’éclat rayonnant de quelques points brillants ou à la projection directe du jour extérieur. Joseph Bail est le peintre des intérieurs discrets, des chambres et des cuisines actives où les ménagères coiffées de bonnets blancs et amples s’occupent des préparatifs, des ateliers où courent sur les métiers les doigts agiles des dentellières. Il fait jouer la lumière sur les vêtements et les objets, technique qui peut également être admirée dans les oeuvres des maîtres néerlandais comme Frans Hals. Très inspiré également par les oeuvres de Jean-Baptiste Chardin, ses toiles s’animent par un savant jeu de contrastes. Son pinceau excelle à faire jouer le reflet des vitraux sur l’éclat métallique ou cristallin des hanaps, des cuivres, et des verreries. La tranquille vie d’intimité que les femmes humbles et douces consacrent aux soins ménagers, aux travaux de la couture ou à ceux de la broderie, est traduite par ce peintre avec la poésie d’un recueillement chaleureux. Cet artiste accompli, dont la sûreté de main est merveilleuse, nous force à admirer comme il sait trouver le ton juste, approprié aux ombres et aux lumières, aux reflets que fait le jour sur les objets étincelants. Ses personnages eux-mêmes se détachent en silhouettes visibles sur la paix du décor.

Ses œuvres sont présentes dans les musées: Lyon – Montréal – Nancy – Paris (musée d’Art Moderne et Petit Palais) – Saintes.

Bibliographie: –Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome I, p.639

Lucien Génin, le peintre de la ville!

Lucien Genin
Lucien Génin, vue de ville,
gouache, signée en bas et à gauche, 14 x 10,5cm
Vendu-Sold

Fils d’un plâtrier et d’une couturière, Lucien Génin naît le 9 novembre 1894 dans le quartier de la Croix-de-Pierre à Rouen.

Lucien Génin fut élève de l’École des Beaux-Arts de Rouen, puis en 1919 il fut admis à l’école des Arts Décoratifs de Paris. Il suit les cours du soir de sculpture, composition d’architecture et mathématiques mais préférera très vite, aux rigueurs écolières, la joyeuse compagnie de ses nouveaux amis de l’hôtel du Poirier où il s’est installé. L’un d’eux, Élisée Maclet, s’y est réfugié en automne 1919. Arrivé à Montmartre en 1912, après avoir exercé une série de petits métiers, Maclet vit enfin de sa peinture. Il apprendra vite au jeune Normand toutes les ficelles du métier.

Lucien Génin a 25 ans et s’installe pour de bon à Montmartre. Il quitte l’hôtel pour se fixer au Bateau-Lavoir. Il partage sa jeunesse avec Ginette, une jeune fille perdue rencontrée là-haut. Lucien Genin travaillera pour Léon Mathot et Henri Bureau et liera amitié avec les peintres Frank-Will, Gen Paul, Émile Boyer, Marcel Leprin, ainsi que Max Jacob et Dorival.

Il s’est fait une technique toute de spontanéité. Il s’est voulu le regard de l’innocence sur les choses. A part quelques vues de Rouen, de Lorient, de Dinan ou de Villefranche-sur-Mer, il s’est complètement spécialisé dans le thème très demandé des vues de Paris.

En 1932, il reçut un Prix de l’Art Institute de Chicago. En 1960, eut lieu à Paris une exposition personnelle d’un ensemble de ses peintures. Il a peint à l’huile et à la gouache.

En 1936, Lucien Génin quitte Montmartre pour Saint-Germain-des-Prés, rue Jacques-Callot et la galerie Bernard, son nouveau marchand, est installée depuis un an au n°8 de la même rue. En 1940, il se réfugie quelques mois à Marseille. En 1941, la Ville de Paris lui achète une gouache et en 1944 René Fauchois présente son exposition à la galerie Bernard. On lit dans Le Journal des arts que « ses gouaches sont prestement enlevées avec un je-ne-sais-quoi de léger, d’improvisé, mélange de fantaisie et de sûreté  ».

Une exposition rétrospective est organisée galerie de Seine du 21 mai au 4 juin 1954.

Bibliographie:

-Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome VI, p.11

Pierre Chapuis, paysage de Saint-Leu-la-Forêt!

Saint-Leu-la-Forêt
Pierre Chapuis, paysage des environs de Saint-Leu, 1915
pastel, signé en bas et à gauche, situé « St Leu » et daté « 8 juillet 1915 », 21 x 29cm
Disponible-Available

Pierre Chapuis (Paris 1863-1942) est né dans un milieu modeste, très doué pour le dessin, il fut apprenti chez des décorateurs. Il a participé aux principaux salons parisiens, notamment à celui de la Société Nationale des Beaux-Arts dès 1906, au Salon d’Automne en 1907 et au Salon des Indépendants jusqu’à sa mort.

Célèbre, à l’époque, pour ses décors de théâtre, il est mieux connu, par la suite, pour la finesse de tons de ses aquarelles de paysages de Trouville, Deauville.

Ce célèbre peintre a donné son nom à une rue de Saint-Leu-la-Forêt, où il a vécu de 1912 à 1932. En effet, il s’installe en 1912 à Saint-Leu-la-Forêt, où il se consacre entièrement à la peinture. S’inspirant du néo-impressionnisme, il aime peindre en forêt, ce qui ne l’empêcha pas de croquer des Permissionnaires en juillet 1915 sur la place de la Mairie, une toile qui est propriété municipale. Le musée Pissarro de Pontoise et le musée de Trouville exposèrent cette œuvre lors d’une exposition en son hommage en 1986.  

Bibliographie:

Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome XIII, p.486

Dictionnaire des Petits Maîtres de la peinture, 1820-1920, G. Schurr, Ed Amateur, 1996, Tome I, p.250