Lucien Simon, témoin des réjouissances à Pont l’Abbé.

lucien simon
Lucien Simon, le bal du 14 juillet à Pont l’Abbé, c. 1911,
huile sur toile, signée en bas et à droite, 60cm x 83cm
Vendu – sold

Lucien Simon découvre la Cornouaille bretonne en compagnie de la famille Dauchez et s’installe à Sainte-Marine en 1902. Il fut le peintre du Pays Bigouden. Il a été également un remarquable portraitiste. Son dessin est vigoureux, sa palette très chaude et colorée.

L’un des tableaux qui assurèrent sa réputation, Procession à Penmarc’h, acquis par l’État au Salon de la société nationale des beaux-arts (récemment créé par un groupe de peintres désireux de s’affranchir de l’académisme de règle au Salon des artistes français et que Lucien Simon avait rejoint rapidement), n’a cessé de figurer depuis au musée du Luxembourg puis au musée d’Orsay.

Par ailleurs, il a consacré beaucoup de temps à éveiller et encourager le talent de jeunes artistes par son enseignement. Il exerça à l’académie de la Grande Chaumière à partir de 1903 et à l’École supérieure des beaux-arts de Paris où il fut nommé professeur de peinture en 1923, et où il eut pour élèves, notamment Yves Brayer, Georges Rohner, Renée Bernard, Elena Popea, Robert Humblot…

Très éloigné des peintres officiels de son époque (dits « pompiers ») et ami de nombreux artistes de talent de sa génération tels Charles Cottet, Émile-René Ménard, George Desvallières, Maurice Denis, René-Xavier Prinet, son beau-frère André Dauchez, etc., il ne s’est jamais rallié aux modes ni aux théories des mouvements artistiques qui se sont succédé dans cette longue période.

Il représente ici le bal du 14 juillet à Pont l’Abbé, très probablement dans la grande salle du café de La Liberté qui se situait sur l’actuelle place de la République, à l’angle de la rue Carnot. Il se réjouissait de participer à ces fêtes, et représente ce bal enfiévré où marins pêcheurs, marins de la Nationale, paysans et femmes en costumes dansaient au son des sonneurs.

Ce tableau, que l’on peut situer vers 1910-1911, est à rapprocher du tableau intitulé « Le 14 juillet à Pont l’Abbé » de la collection permanente du musée des Beaux-Arts de Nantes.

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Grund, Tome XII
Lucien Simon, André Cariou, Ed Palantines, 2002
La route des peintres en Cornouaille, Quimper

Georges Gobo, la baie de Douarnenez.

Georges Gobo
Georges Gobo (San Francisco 1876 – Nantes 1958)
La baie de Douarnenez
huile sur toile, signée en bas et à gauche, 60 x 73cm,
Disponible – available

Trés belle oeuvre représentant la baie de Douarnenez vue de Tréboul par l’artiste d’origine américaine, Georges Gobo.

Georges Gobo arriva trés jeune à Paris et devint décorateur de lettres à Angers. Il apprit par lui-même la gravure. Il exposa au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts de Paris, où il obtint le prix Cottet en 1945.

Parcourant la France, et notamment la Bretagne (régions de Vannes et de Douarnenez), la Belgique, la Hollande et l’Italie, il croqua inlassablement les paysages qu’il reproduit ensuite sur cuivre, cherchant non pas la description mais plutôt l’expression du sentiment.

Il effectuera de nombreux séjours à Douarnenez où il réalisera de nombreuses oeuvres en utilisant tout l’éventail des techniques qu’il maîtrisait: aquarelles, huiles, gravures, lithographies.

Trés apprécié à l’étranger, ses oeuvres figurent dans de nombreux musées.

Henri Focillon qui lui a consacré de nombreuses études, s’exprime en ces termes : « C’est un beau peintre français, paisible et délicat, d’accord avec notre tradition française ». Gobo a souvent été comparé à Gustave Doré et à Steinlen, pour ses gravures. Il a illustré de nombreux ouvrages dont ceux de Théodore de Banville et de Maurras.

Bibliographie:

-Dictionnaire de peintres, Benezit, Ed Gründ, 1999, Tome VI, p.230

Dictionnaire de l’estampe en France 1830-1950, Flammarion, 1985

La route des peintres en Cornouaille, 1998

-Douarnenez, au bonheur des peintres, Belbeoch, 1992

René-Yves Creston, affiche de la création Seiz Breur!

René-Yves Creston
René-Yves Creston (1898-1964), « Komzit Brezoneg D’ho Pugale », (« Apprenez le breton à vos enfants »), 1928
Lithographie d’après un bois gravé, impression en deux tons sur vélin mince, signé et daté dans la planche. Edition Moulerez Str Ar C’Hastell, Brest
Vendu -sold

En 1923,  René-Yves Creston, sa femme Suzanne et Jeanne Malivel fondent l’Union des Sept Frères (Unvaniezh Seiz Breur) réunissant quelques dizaines d’artistes bretons de plusieurs disciplines voulant créer pour le plus grand renom de la Bretagne. Leur première grande manifestation collective est l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs de 1925. Ils réalisent alors le pavillon Ti-Breizh, auberge-hôtellerie de Lucien Vaugeois, une très moderne salle de l’Osté qui étonne, déconcerte, fascine. Les Seiz Breur obtiennent une récompense collective. Leurs axes de création sont multiples: bijoux, objets, vêtements, meubles, peintures, dentelles, borderies, art sacré, faïence.

Véritable coordinateur du mouvement, René-Yves Creston passe de la gravure sur bois à l’aquarelle ou à l’huile, travaille pour Henriot à Quimper, puis devient sculpteur.

En 1927, en collaboration avec le sculpteur Jules-Charles Le Bozec (1898-1973), encore élève aux Beaux-Arts, il dessine les costumes de trois pièces de théâtre : Ar C’hornandoned (Les Korrigans) de Job Le Bayon, Tog Jani (Le chapeau de Jeanne) d’Yves Le Moal, et Lina de Roparz Hemon, dont la première représentation a lieu en janvier 1927.

Il écrit dans Breiz Atao et fonde avec l’aide de Georges Robin en 1928, la revue d’art Kornog et Keltia. Il passe de la gravure sur bois à l’aquarelle ou à peinture à l’huile, travaille pour les faïenciers quimpérois, puis devient sculpteur. On lui doit une sculpture de Nominoë. Il illustre le livre Kan da Gornog de Youenn Drezen, pour lequel il crée une nouvelle typographie. En 1926, René-Yves Creston a encore laissé des illustrations gravées sur bois pour La Brière d’Alphonse de Châteaubriant.

Dans cette affiche, la plus célèbre de l’artiste, et en tant que militant pour le maintien de la langue bretonne, Creston demandait aux parents d’apprendre à keurs enfants le breton, leur langue maternelle, interdite dans les écoles et sur les cours de récréation depuis 1903.

Bibliographie:
René-Yves Creston, du trait à la faïence et Suzanne Candré-Creston, catalogue d’exposition, Musée de la Faïence de Quimper, 2013

Paul-André Eschbach, l’art maîtrisé du contrejour.

paul-andré eschbach
« Départ des bateaux, contrejouri » par Paul-André Eschbach (1881-1961),
Huile sur toile, signée en bas et à droite, circa 1930, 54 x 74cm
Vendu -sold

Paul-André Eschbach entre à l’âge de 16 ans à l’école des beaux-arts de Lille; il suit les cours ensuite de l’école des beaux-arts de Paris, et ceux de l’Académie Julian.

En 1907, il obtient une médaille de troisième classe au Salon de Paris, dont il devint sociètaire. A partir de 1912, il enseigne à l’Académie Julian. En 1920, il se rend en Normandie et surtout en Bretagne, fréquentant principalement Concarneau, dont il devint un membre actif de « l’Union artistique des amis de Concarneau » avec Henri Barnoin, Maurice Ménardeau et Lucien-Victor Delpy.

A Concarneau « il retrouvera cette palette claire et nacrée, cette rigueur sous l’apparence de la désinvolture, qu’apprécieront les amateurs de scènes de la vie quotidienne dans les petits ports armoricains« . Très bon dessinateur et excellent coloriste, Eschbach a su peindre la Bretagne, et Concarneau, avec une grande personnalité. Il n’aura cesse de peindre les bateaux de pêche entrant et sortant de la rade de Concarneau. Il se fait une spécialité de peindre à contre-jour, rendant par des contrastes saisissants, la puissance des éléments.

Bibliographie:

  • Les peintres de Concarneau, Henri Belbeoch
  • Dictionnaire des peintres français de la Mer et de la Marine
  • La route des peintres en Cornouaille, Quimper

Concarneau, affiche de ALO, 1913.

ALO
Charles-Jean Hallo, dit ALO (1882-1969) Concarneau, 1913
affiche lithographiée Imprimerie G. de Malherbe, Paris. 104,5 x 74cm
Vendu – Sold

Alo est un peintre, dessinateur, illustrateur, graveur et photographe français. Il suit les cours à l’École des beaux-arts de Dijon. Il termine ses études à l’École des beaux-arts de Paris où il suit les cours de Charles Cottet et de Jacques-Émile Blanche, puis se spécialise dans la gravure à l’eau-forte. Dès 1907, il expose au salon annuel de la Société nationale des beaux-arts.

En 1920, il s’installe à Senlis, d’où sa femme est originaire, dans une maison qu’il équipe d’un vaste atelier. S’impliquant dans la vie de la cité, il se fait élire au conseil municipal, crée le jardin de l’évêché, fonde en 1934 le musée de la Vénerie dont il est le conservateur. Les vacances passées en Bretagne lui fourniront l’inspiration pour de nombreuses compositions.

Ses thèmes de prédilection sont constitués de paysages (sites touristiques) et d’animaux (scènes de vénerie) mais son implication dans l’aviation l’a conduit à produire aussi des gouaches publicitaires représentant des avions publiées dans L’Aérophile.

Il est surtout connu en tant qu’auteur de nombreuses affiches touristiques pour le compte de plusieurs sociétés de chemin de fer privées (PO, PLM, compagnies du Nord, de l’Est, Réseau de l’État) mais a aussi réalisé les illustrations d’autres documents publicitaires. Sa signature y est caractéristique : ALO.

Cette rare affiche est l’une des premières qu’il réalise sur la Bretagne. On y retrouve l’influence de son maître, Charles Cottet, et des réminiscences du célèbre tableau « Rayons du soir » de Cottet, conservé au musée d’Orsay à Paris. Il réalisera par la suite de nombreuses affiches touristiques sur le Finistère et le Morbihan notamnent :  Côte sud de la Bretagne. Le Faouët (Morbihan), La chapelle Saint-Fiacre, mais aussi Camaret, Ile Tudy, Concarneau, Penmarc’h….

Bibliographie :

Affiches touristiques, de Georges Hallo et Claude Finon, préface biographique de Florence Camard, Is-sur-Tille, Éditions Clouet, 2002