Edmond Ceria et son attachement bigouden.

Edmond Ceria, le port du Guilvinec, circa 1930,
huile sur panneau, signée en bas et à droite, 30 x 40,5cm,
Vendu -sold

Edmond Ceria (1884-1955) est né à Evian et commença des études de décorateur à l’école des Beaux-Arts de Genève. Il rejoint Paris en 1904, et fréquente l’Académie Julian.

Se rendant très souvent au musée du Louvre, Edmond Ceria découvrit l’oeuvre de Paul Cézanne qui le bouleversa. Il travailla souvent à l’atelier de la Grande Chaumière, et la célèbre Kiki de Montparnasse fut l’un de ses modèles.

En 1919, Edmond Ceria effectua un séjour en Toscane d’un an qui lui fit prendre conscience de l’importance de la lumière en peinture. Il fréquente ensuite le sud de la France de manière régulière, toujours à la recherche de la lumière qui fait vibrer ses toiles. En 1934, il découvre la Bretagne et en particulier le sud-Finistère. Il passa de nombreuses années au Guilvinec, où Edmond Ceria redécouvre la lumière italienne.

Ceria participa avec les peintres Charles Dufresne, Othon Friesz et Henry de Waroquier à la première exposition des Maitres de l’Art indépendant au Petit-Palais en 1937.
En 1938, il obtint la consécration aux Etats-Unis en gagnant le prix Carnegie. En 1945, il fut nommé peintre de la Marine.

A Paris, Edmond Ceria s’installe dans un atelier près de l’Observatoire; il descendait fréquemment alors vers la Seine pour la peindre ainsi que les ponts parisiens ou le jardin des Tuileries.

Il expose également individuellement à la galerie Devambez à Paris en 1924, à la galerie Bernheim à Paris en 1926 et 1932, à la galerie Brown et Philips à Londres en 1930, à la galerie Schoeller à Paris en 1935, à la galerie Pétridès à Paris en 1953, à la galerie Wildenstein à New-York en 1954. Il expose également à Stockholm en 1937, à Beyrouth et en Afrique du Sud en 1951. Une exposition rétrospective lui est consacrée à la galerie Pacitti à Paris en 1968.

« Homme cultivé, extrêmement artiste, aussi doué pour la peinture que pour la musique », écrit Lydia Harambourg dans son Dictionnaire des Peintres de l’École de Paris, Ceria fut surtout connu comme paysagiste. Une grande partie de son œuvre fut peinte sur la Côte d’Azur puis en Bretagne.

Tout au long de sa carrière, Ceria accordait une extrême importance à la lumière : Jean-Baptiste Corot fut très important dans son œuvre. On retrouve également dans ses paysages la lumière d’Armand Guillaumin.

Ceria définissait la peinture par cette formule de trois mots : « une palette, un œil, un cœur. » Jetant un regard émerveillé sur la nature, il peignait ses toiles comme autant d’hymnes à la création.

Bibliographie:

  • Hommage à Céria, catalogue d’exposition, Le Guilvinec, Tréffiagat-Léchiagat, 2009
  • 100 peintres en Bretagne, Ed. Palantines, 1995

JOB, un sculpteur en Bretagne.

Job
Job Le Gall, dit JOB (1907-1981)
Saint-Jean Baptiste,
Sculpture en bois polychrome patiné et vieilli au feu, signée sur la base, c. 1960.
h. 58cm
Vendu – sold

Le sculpteur Job Le Gall, d’origine morlaisienne, réalise son apprentissage à 13 ans à la Maison Tréanton, spécialisée dans les sculptures de saints bretons, dans la lignée des imagiers du Moyen-Age. Il y apprend la taille du bois et la restauration de mobilier.

Il s’installe aux environs de 1929 à Locronan. Il deviendra rapidement une célébrité locale, sous le nom de « Job » . Son atelier est installé sur la place de la ville. On le désigne comme un « imagier ».

Durant l’entre-deux-guerres, ses statuettes seront éditées en faïence par la manufacture Henriot à Quimper.

Pendant 50 ans, il a marqué la place de Locronan de sa présence. Qu’il pleuve ou qu’il vente, l’artiste s’adonne à sa passion, la sculpture sur bois, devant un public conquis. Au fil des années, les touristes se déplaceront même juste pour rencontrer cette figure locale et assister à ce que l’on nommerait aujourd’hui des performances.

Bibliographie :

  • Job Le Gall, L’imagier de Locronan – L’ADSAO, revue mensuelle, été 1934.
  • Job de Locronan – collection Question de mémoire, éditions C.M.D, Patrick Denieul.

Max Jacob, artiste de la Bretagne, aussi!

max jacob
Max JACOB (1882-1939)
Procession en pays Bigouden, 1936
Lithographie rehaussée, signée et datée dans la planche en bas et à droite,
22 x 33cm
Vendu – sold

Max Jacob, né à Quimper et mort à Drancy, fut l’un des grands artistes de la première moitié du XXème siècle. A la fois, poète, romancier et peintre, il fut précurseur de Dada puis du surréalisme sans y adhérer, il bouleverse de son vers libre et burlesque la poésie française dès 1917, après avoir renoncé à sa carrière de journaliste auprès d’Alphonse Allais et s’être intimement lié à Pablo Picasso, Guillaume Apollinaire, André Salmon, Marie Laurencin, Amedeo Modigliani.

En janvier 1903, Max Jacob emménage 33 boulevard Barbès, au pied de la butte Montmartre. C’est la misère noire. L’artiste dépense avec ses amis le peu de pension qu’il reçoit de son père en mauvais vin au Lapin Agile et autres guinguettes. Il survit grâce à de petits métiers, balayeur, garde d’enfants… Déguisé en disciple de l’École de Pont-Aven, il porte le costume glazic de son Quimper natal, s’initie en autodidacte à la poésie et à la gouache, et essaie de vendre ses œuvres le soir dans les cafés du quartier de Montmartre.

Max Jacob traversa tout ce début du XXème siècle, aux côtés des plus grands avant-gardistes de la période, des plus grands intellectuels, faisant parti des différents mouvements et courants, mais aussi toujours balancé, bousculé par la vie et les conditions matérielles, personnalité faite de contradictions, aux multiples facettes que tous les contemporains de l’artiste ont remarquées.

Amédée Joyau, peintre-graveur japoniste.

amédée joyau
Amédée JOYAU (1872 – 1913)
Brouillard du Matin, Villers-sur-Mer, 1896
Bois gravé tiré en couleurs sur 4 planches sur papier japon beige clair, tirage à 30 épreuves
15,8 x 21,9cm
Catalogue raisoné Atherton Curtis, Paul Prouté, 1938
Vendu – sold

Amédée Joyau est un peintre et graveur français connu pour ses gravures sur bois en couleurs, marquées par le japonisme.

Profondément marqué par l’Extrême-Orient après un voyage effectué au Japon en 1889, il entre l’année suivante à l’atelier Cormon (Paris), puis il se tourne essentiellement vers la gravure sur bois, à une époque où ce procédé semble revenir en vogue, après avoir été oblitéré par les progrès de la typogravure. Il exécute aussi quelques rares eaux-fortes. Il est possible qu’il croise chez Cormon, Toulouse-Lautrec.

On connaît aussi de lui des paysages et des marines, sous la forme d’aquarelles ainsi que quelques huiles. En mars 1895, il expose des dessins inspirés de Paris au salon du Champ-de-Mars. Il devient membre de la Société nationale des beaux-arts en 1901. Il expose au Salon d’automne qui accueille une rétrospective de ses paysages bretons en 1913.

Du côté du travail sur bois en couleurs, il s’inspire à partir de 1893-1894 de scènes de rues parisiennes, Montmartre d’abord (Le Moulin de la Galette), puis les quartiers des grands boulevards. Il exécute une série de crépuscules très contrastés, dans un style qui rappelle celui de certaines estampes d’Henri Rivière.

Puis il se tourne vers l’Atlantique et s’inspire de paysages maritimes bretons, vendéens, ou de mer du Nord.

Bibliographie:

–Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999,

-Catalogue de l’œuvre gravé d’Amédée Joyau, Paris, Paul Prouté, 1938

Un peintre américain au Pouldu!

peintre américain
John HUMPHREYS-JOHNSTON
(New-York 2 novembre 1857 – 17 avril 1941)
Jeune femme du Pouldu, 1895
pastel, monogrammé, dédicacé et daté « Déc 1895 » en bas et à gauche,
65 x 49cm
Vendu -sold

Peintre américain de portraits, de paysages et de marines.

Il travailla à New-York avec John La Farge, puis à Paris avec J.Lefebvre. Il occupa une place distinguée parmi les peintres américains et il reçut de nombreuses distinctions.

Ce peintre américain vint en Bretagne, dans le sud Finistère, et séjourna également à Belle-Isle-en-Mer.

Il part à Venise où il épouse le 22 juin 1899, Annie Lazarus (1859-1937), puis s’installe à aris vers 1900.

Médaille d’argent à Paris en 1900 (Exposition Universelle) ; deuxième médaille d’or, Munich, 1901 ; chevalier de la Légion d’honneur en 1901 ; médaille d’argent à Saint Louis en 1904 ; associé de la Société des Beaux-Arts de Paris ; membre de la Society of Painters, Sculptors and Gravers de Londres et de nombreuses associations artistiques américaines et européennes.

Œuvres dans les musées : musée d’Art Moderne, Paris – Musée d’Orsay, Paris – Carnegie Institute, Pittsburgh – Wilstach Trust Collection, Philadelphia – Museum of Fine Arts, Boston

Bibliographie :

–Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome VII, p.566

–Peintres américains en Bretagne, 1864-1914, Catalogue d’exposition musée de Pont-Aven, 1995