Henri Barnoin, peintre inspiré par la Bretagne.

Tréboul
Henri Barnoin, « le port de Tréboul », c.1910,
huile sur panneau, signée en bas et à droite, 34 x 41cm
Disponible – available

Cette composition représentant l’ancien port de Tréboul, est caractéristique d’une première période de production de l’artiste, où il s’attachait plus à rendre la véritable lumière de la Bretagne, sans fioritures et sans ces coloris presque « criards » d’une production postérieure.

Henri Barnoin fut l’élève de Dameron, de Richemont et de Luc-Olivier Merson, à l’école des Beaux-Arts de Paris. Exposant au Salon des Artistes Français, il y reçut une mention honorable en 1909, une médaille d’argent en 1921, en devint sociétaire, reçut une médaille d’or en 1935 et fut classé hors concours en 1939.

Ses sujets de prédilection étaient des paysages, des marines et des scènes de la vie bretonne. L’artiste fréquente Concarneau dès les années 1912-1913. Il va n’avoir de cesse de représenter la vie du port cornouaillais sous tous ses aspects: le retour ou le départ des pêcheurs, le déchargement des bateaux, l’attente sur les quais…

Ayant installé son atelier-galerie sur le quai Pénéroff, il est le témoin privilégié de l’animation du port, qu’il ne se lasse pas de peindre et fait alors partie du groupe de Concarneau. On dénomme ainsi les nombreux peintres français et étrangers attirés par cette ville et sa région à la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle.

L’artiste représente aussi des scènes portuaires à Douarnenez, Saint-Goustan, Lorient. Il est également le peintre de la foule des processions et des marchés, à Quimper, Quimperlé, Hennebont, Dol-de-Bretagne et au Faouët.

Bibliographie:

– Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ

– Henri Barnoin, catalogue d’exposition, musée du Faouët, 2006

 

Henri Maurice Cahours, observateur de la vie maritime en Bretagne.

marine bretonne
Henri Maurice Cahours (1889-1974), « bateaux au port », c.1920,
huile sur panneau, signée en bas et à droite, 46 x 61cm
Disponible – available

Henri Maurice Cahours a exposé au Salon des Artistes Français depuis 1920, obtenant une deuxième médaille en 1937, puis au Salon des Artistes Indépendants de 1922 à 1942, et à celui de la Société Nationale des Beaux-Arts depuis 1939.
Arrivé sur la Butte Montmartre en 1911, Henri Maurice Cahours a habité la Maison de Mimi Pinson et se consacra à la peinture.
Après la guerre, il s’installe rue Berthe, dans le studio de Pissarro, et fit alors connaissance avec tous les peintres de la Butte ; c’était aussi l’année du début de ses séjours à Douarnenez notamment.

La galerie Terrisse lui organisa une exposition en 1923, ainsi que la galerie Georges Petit, dirigée par André Schoeller, en 1930 et 1931. Henri Maurice Cahours exposa dans de nombreuses villes de province jusqu’en 1942, année du décès de sa femme, il cessa alors de montrer ses oeuvres pendant plusieurs années.
Il était cependant présent à l’exposition itinérante « Montmartre en Algérie », en 1948, organisée par Madeleine Horst, avec les peintres, anciens et récents, de la Butte, qui se renouvela en 1951, sous le titre « Montmartre de jadis à aujourd’hui ». Dans les années 20, Henri Maurice Cahours fut nommé directeur des Beaux-Arts de la Commune Libre du Vieux-Montmartre. A ce titre, il a été associé à la création de la cité dite « Montmartre aux Artistes », au 189 de la rue Ordener. Le succès venu, il s’installa dans la maison-atelier du 2bis, rue Cortot ; cette adresse figure dans le catalogue du Salon des Indépendants, où il exposa, en 1928, deux oeuvres « les Brûleurs de goémon (Notre-Dame de la Joie) », et « Bénédiction de la mer à Douarnenez », ainsi que dans celui du Salon des Artistes Français en 1930, où il présenta deux vues de Pouldavid.

Peintre dans la lignée de Marquet, il s’était consacré aux marines bretonnes ; il a peint aussi les vieilles rues de Montmartre.
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Bibliographie:

– Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome III, p.101

– Angelo Mistrangelo: Henri Maurice Cahours

–  La Route des peintres en Cornouaille, 1998, Quimper

André Dauchez passionné par Douarnenez!

port du Rosmeur, Douarnenez
André Dauchez, Devant Douarnenez, 1926,
huile sur toile, signée en bas et à gauche, 60 x 92cm,
Oeuvre exposée à la Galerie Georges Petit, et au Salon de Bruxelles
Vendu – sold

André Dauchez va peindre en 1926, cette grande huile sur toile d’une vue du port du Rosmeur de Douarnenez, à partir du bois des Plomarc’h. La composition est extraordinaire, quasi photographique, avec un premier plan contrasté et une vue du port où l’on devine une grande animation avec les bateaux de pêche et les fumées des conserveries.

Après avoir été exposé au Salon des Beaux-Arts de Bruxelles, cette oeuvre fut présentée à la Galerie Georges Petit à Paris, qui était l’une des principales galeries où André Dauchez avait « ses habitudes ».

Douarnenez fut l’une des villes qui inspira le plus l’artiste. Il vint peindre sur le motif à plusieurs reprises, principalement le panorama qu’il pouvait avoir à partir des Plomarc’h. Aussi bien le port comme dans cette toile, que la vue plongeante sur la plage du Ris et la baie de Douarnenez.

Peintre et graveur, stimulé et encouragé par son beau-frère l’artiste peintre Lucien Simon, André Dauchez puise son inspiration dans ces paysages des bords de mer et notamment la Cornouaille bretonne dès 1894, s’installant en 1903-1905 près de Loctudy.
Les paysages, landes, dunes, villages de pêcheurs, pélerinages, paysans et pêcheurs bretons, navires, furent ses motifs préférés.

André Dauchez débute au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts en 1894, dont il devint secrétaire en 1927 et président en remplacement de Forain. Il prit part à de nombreuses expositions à l’étranger: Pittsburgh (Institut Carnegie), Munich, Budapest, Bruxelles, Barcelone, etc…. Il obtint une médaille d’argent à l’Exposition Universelle de 1900. Il fut promu chevalier de la Légion d’Honneur en 1911, officier en 1932, membre de l’Institut en 1938.

L’artiste fut nommé peintre officiel de la Marine le 9 août 1922. Marin dans l’âme, il a navigué sur ses propres bateaux: l’Aventure, la Rose des Vents, l’Embellie et la Grande Ourse (yacht de 14 mètres).

Ses oeuvres sont présentes dans les musées: Brême, Budapest, Dijon, Le Havre, Lille, Nantes, Paris (Musée d’Orsay), Pittsburgh, Saint Nazaire, Strasbourg.

Charles Bichet et le postimpressionnisme.

Postimpressionnisme
Charles BICHET (1863-1929), « Paysage », 1908
Huile sur toile, signée en bas et à gauche, 60cmx73cm
Il s’agit d’un paysage de la région de Châteauponsac (Haute-Vienne) où coule la rivière Gartempe, affluent de la Creuse.
Disponible – available

Charles Théodore Bichet est élève à l’École des arts décoratifs de Paris. Il expose au Salon des artistes français notamment en 1903, 1904 et 1905. En 1884, il commence à enseigner le dessin dans les écoles de la Ville de Paris. Peintre et aquarelliste d’abord classique, il se tourne ensuite vers le postimpressionnisme.

Auguste Louvrier de Lajolais, directeur à l’Ecole nationale des arts décoratifs de Paris, propose en 1890 à Charles Bichet, d’enseigner à Limoges, où de 1893 à 1924, il sera responsable des cours de dessin, de peinture, de gravure à l’école des arts décoratifs.

A travers son œuvre et ses leçons, Charles Bichet a joué un rôle significatif dans la diffusion des idées du courant postimpressionniste, auprès de nombreux artistes limousins, comme Léonard Borzeix, Jeanne Klein, Marcel Merguiller, Pierre Parot, Paul Thomas.

C’est en 1903 que l’artiste abandonne la manière et les tonalités sombres de l’académisme, et qu’il va adopter les vibrations de lumière de l’impressionnisme. Cette orientation nouvelle se situe, pour Bichet, qui est né en 1863, dans une période qui a vu naître des artistes qui vont œuvrer dans les courants de l’impressionnisme et du postimpressionnisme, comme Van Gogh (né en 1853), Seurat (né en 1859), Signac (né en 1863), Toulouse-Lautrec (né en 1864), Matisse (né en 1869).

Bibliographie :

–Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999

–Dictionnaire des Petits Maîtres, valeur de demain, G.Schurr, Ed. de l’Amateur, 2008

-Collectif, La Creuse, une vallée-atelier, itinérances artistiques : Allan Osterlind (1855-1938), Charles Bichet (1863-1929), Eugène Alluaud (1866-1947), Alfred Smith (1854-1936), Limoges, Les Ardents Éditeurs, 2016

Désiré-Lucas et son bois des Plomarc’h à Douarnenez.

Plomarc'h, Douarnenez
Louis-Marie Désiré-Lucas (1869-1949), « Forêt des Plomarc’h », Douarnenez, c.1920,
huile sur toile, signée en bas et à gauche. 73cm x 60cm.
Disponible – Available

Louis-Marie Désiré-Lucas (1869-1949) va rencontrer Eugène Carrière et Gustave Moreau. Ces rencontres vont le libérer de l’académisme de ses débuts, hérité de l’enseignement à l’Ecole des Beaux-Arts dans les ateliers des peintres William Bougereau et Tony Robert-Fleury.

Ses débuts sont marqués par des scènes intimistes de la vie quotidienne en Bretagne, notamment des scènes d’intérieur, allant jusqu’à installer son atelier dans une ferme aux alentours de Douarnenez, faisant poser les gens de son entourage dans un décor typique reconstitué.

Il partage avec son jeune confrère vendéen, Charles Milcendeau (1872-1919), la passion de la peinture flamande et hollandaise. Ils admirent le clair-obscur de Rembrandt, la lumière de Vermeer. Il est sensible également au travail de Millet, dont les peintures teintées d’un certain réalisme social intéressent les jeunes artistes.

Son tableau de 1886, la « Jeune Ouessantine » (musée des Beaux-Arts de Brest), sera le « talisman » du peintre. Tableau remarqué par Gustave Moreau qui va influencer la vie artistique de Désiré-Lucas, il lui conseillera de repartir vers sa campagne car: « Vous n’êtes pas fait pour la peinture d’imagination, la nature seule est votre grand livre; quittez Paris, retournez à la campagne ». La voie de Désiré-Lucas vient d’être tracée!

Il se consacre au paysage, notamment celui de la région de Pont-Croix et Douarnenez où il se fixe à partir de 1910 au manoir de Kerbervet.

Il a toujours cherché à fixer la lumière, la représentation de l’espace et des perceptions visuelles et colorées du réel. Des ciels immenses envahissent ses toiles, ne laissant subsister que l’essentiel, le paysage devenant linéaire et presque “absent”.

Au début des années 1920, l’artiste décide de voyager, en quête de nouveaux paysages et d’une autre lumière, et ce sera la vogue du Midi dans la peinture de l’entre deux-guerres, puis l’Espagne, l’Italie. Avec Marie Réol, Désiré-Lucas effectue deux voyages en Italie.

Bibliographie:

  • « Désiré-Lucas. Notes et Souvenirs », livre autobiographique, Pairs, A. Lahure Imprimeur, 1938
  • Désiré-Lucas , par Marie-Paule Piriou, Ed. Palantines, 2006