Raymond Wintz, un luministe en Bretagne.

raymond wintz
Raymond Wintz (1884-1956), le ramendage des filets,
huile sur toile, signée en bas et à droite, 55x65cm
Vendu-Sold

Raymond Wintz est né à Paris et fut un peintre de marines bretonnes, et de paysages. Il fut l’élève de Jules Adler et de Gabriel Ferrier, il a exposé au Salon des Artistes Français, obtenant une médaille d’argent en 1922, une médaille d’or en 1924, le prix Corot la même année, et une médaille pour la gravure en 1933.

Raymond Wintz a peint des scènes de la vie des marins pêcheurs et des paysages des côtes bretonnes. Ici, l’artiste nous dépeint une scène de la vie quotidienne où l’on voit les femmes faire le ramendage, synonyme de raccommodage pour les pêcheurs, qui est le travail qui consiste à remettre en état les filets de pêche ayant subi des avaries. C’est une scène assez typique du Sud-Finistère et du Morbihan, que l’on retrouve chez plusieurs artistes, notamment dans les aquarelles d’Ernest Guérin.

La production typique de Raymond Wintz est la vue des côtes du Sud-Finistère et du Morbihan. Il affectionne parfois les vues portuaires prises depuis un point élevé, les fenêtres ouvertes sur un paysage et les vues sur les toits. Il domine son sujet, qu’il traite dans des camaïeux de bleus, accentuant son tempérament de vrai coloriste. Il sait traiter sans artifice mais avec beaucoup de bonheur de nombreux paysages et personnages bretons, scènes de port et marins pêcheurs.

Il s’est marié, en secondes noces, à Renée Carpentier (19013-2003), également artiste peintre qui signait « Carpentier-Wintz ».

Bibliographie:

La route des peintres en Cornouaille, Groupement Touristique de Cornouaille, Quimper, 1998
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, TomeX IV, p.660
Dictionnaire des peintres français de la mer et de la marine, JN Marchand, 1997.

Joseph Paul Meslé, un néo-impressionniste breton.

meslé
Joseph-Paul Meslé (1855-1927), bateaux à quai,
huile sur panneau, signée en bas et à droite, 26,5x35cm,
Vendu-Sold

Joseph Paul Meslé est né à Saint-Servan, près de Saint-Malo, le 25 janvier 1855, et décède à La Ferté-sous-Jouarre le 20 juin1927.

Il fut élève de Léon Bonnat à l’école des Beaux-Arts de Paris à partir de 1875, après un passage à l’école des Beaux-Arts de Rennes. Il participe au Salon à partir de 1879 et au Salon des Artistes Français en 1880. Il expose ensuite en 1892 au salon de la Société Nationales des Beaux-Arts. Il reçoit de nombreuses médailles dont celle d’argent en 1900 à l’Exposition Universelle de Paris. Joseph Paul Meslé fut déjà un portraitiste réputé de la bourgeoisie rémoise avant de s’installer à Chamigny pour y épanouir sa vocation de paysagiste. Là, il noue des liens avec Léon Lhermitte et avec les peintres de la commune voisine de Luzancy. Preuve de son immense talent et de sa proximité avec le courant impressionniste, des tableaux de Monet ont parfois été attribués à Meslé ! L’arbre à Chamigny est une belle offrande du peintre au genre du paysage, ici dépouillé de tout artifice, et transcrit avec une candeur et une rare sincérité. L’artiste aime chanter la nature, l’espace, la terre, les saisons… Les jeux d’atmosphère se développent dans une parfaite harmonie des teintes. Répudiant la virtuosité comme le pittoresque, ses paysages forment un bloc homogène alimenté par la grande leçon de Camille Corot en donnant aux formes et aux valeurs la primauté qui leur revient. Artiste de haute culture, pédagogue émérite, Joseph Paul Meslé prodiguera ses conseils à un jeune-homme passionné venu de La Ferté-sous-Jouarre, un certain André Planson…

Empli de rêve et de mystère, ce paysage de Meslé marque l’attachement du peintre à la tradition romantique, mais également sa maîtrise de la technique impressionniste dans la captation de l’atmosphère lumineuse.

Bibliographie:

  • Dictionnaire des peintres, Bénézit, 1999.
  • Hommage à Meslé, Chamigny, 1992, 44 p., Catalogue de l’exposition.
  • Nœl Coret, Autour de l’impressionnisme ; les peintres de la vallée de la Marne, Éditions Casterman, 1996.

Louis Garin, un bel artiste de la Bretagne.

Louis Garin
Louis Garin (1888-1959), Printemps en Bretagne, 1924
gouache, signée, titrée « les nourrissons » et datée, 26×24,5cm
Vendu-Sold

Louis Garin, né dans une famille modeste, doit très tôt partir travailler avec son père cheminot à la Compagnie des Chemins de Fer, jusqu’en 1935. Sa passion pour le dessin et sa facilité d’exécution le poussent à s’inscrire aux cours du soir de l’École régionale des Beaux-Arts de Rennes. Ce quasi autodidacte peint à ses heures de loisirs. Illustrateur et peintre de paysages et de sujets lyriques, il ne peint que la région bretonne. En 1922, il expose au Salon de la Société nationale des Beaux-Arts. Il se plaît autant à représenter la vie quotidienne de ses contemporains que les fêtes traditionnelles ou populaires. Entre 1928 et 1938 il travaille à Quimper pour la Grande Maison de la Hubaudière, dite « HB »,avec René Quillivic et d’autres peintres bretons notamment pour la marque Odetta ( Les Ateliers de l’Odet).

Il laisse son empreinte de décorateur de talent dans de nombreux établissements civils ou religieux. Comme Mathurin Méheut, Jean Dupas, Lalique, Jean Dunand, Louis Dejean, il participe à la décoration de la salle de jeux de la classe tourisme du Normandie, en 1935. Il quitte son emploi de cheminot pour devenir peintre à temps complet, après avoir reçu la commande de la décoration de l’église Sainte-Thérèse de Rennes. Il fait le décor du pavillon breton de l’Exposition internationale de Paris de 1937. Pendant la Seconde Guerre mondiale il a trouvé refuge à Landavran ou il peint les murs de l’église. Il fit également de nombreux décors de restaurants: Le Menach à Le Bono, Hôtel Du Guesclin à Rennes (Le Chemin du Pardon, la Rivière, la Danse, la Chanson du Cidre), Manche-Océan à Vannes, bar de l’hôtel Bellevue à Trébeurden, ainsi que dans quelques églises. Il travailla aussi pour la faïencerie de Sarreguemines ou il réalisa des services de table à décors bretons.

Il produisit de nombreuses peintures, telles que le Mois de Marie, exposée au Salon de La Nationale à Paris en 1922 – 1923 L’Enterrement à Penmarc’h ; La route goudronnée (Musée des Beaux-Arts de Rennes) – 1932 Un jour de Pardon, Le Défilé ( Musée des Beaux-Arts de Rennes). Il illustre en 1925 la Chanson du Cidre de Frédéric Le Guyader, La Bretagne Touristique. Il réalise des fresques  : 1935, à l’église Sainte-Thérèse de Rennes; 1940, à l’église de Landavran; Les Vénètes à la salle du Conseil municipal de Vannes.

Henri Rivière et ses magnifiques estampes « japonaises »!

Henri RIVIERE
Henri Rivière, La plage, 1908,
Planche numéro 14 de la série Les aspects de la Nature
lithographie sur vélin imprimée par Eugène Verneau en 12 couleurs,
toutes marges (64x90cm), dimensions de l’image 54,5 x 83cm
Vendu -sold

De 1885 à 1895, Henri Rivière (1864-1951) séjourne tous les étés à Saint-Briac-sur-Mer, tout en parcourant d’autres lieux en Bretagne, toujours fasciné par la mer. Il fait construire une maison à Loguivy-de-la-Mer (Ploubazlanec, à l’embouchure du Trieux), et c’est là que se passent désormais les étés jusqu’en 1913.

En 1917, Henri Rivière cesse de s’exprimer par l’estampe, et il utilise l’aquarelle, déjà un peu pratiquée depuis 1890 (il a laissé 1000 aquarelles). Il voyage beaucoup, passe la Seconde Guerre mondiale à Buis-les-Baronnies où son épouse décède en 1943, devient aveugle en 1944, et dicte ses mémoires, publiés en 2004 sous le titre Les Détours du chemin.

Henri Rivière a commencé par l’eau-forte, découverte en 1882. En 1889 il redécouvre de manière empirique la gravure sur bois à la méthode japonaise, devenant l’un des piliers du japonisme européen : sa première planche étant le chantier de la Tour Eiffel. En 1891, les Trente six vues de la Tour Eiffel sont des lithographies. Parmi les bois gravés célèbres : Paysages bretons, La Mer : études de vagues (forte influence japonisante, allusions à Hokusai, Hiroshige).

La lithographie lui a permis d’augmenter les formats et de produire de magnifiques séries telles que Les aspects de la nature, Le beau pays de Bretagne, Paysages parisiens, La Féerie des heures et Au Vent de Noroît. La galerie Stéphane Brugal propose une sélection de ces estampes recherchées et très collectionnées.

Il faut mettre en avant qu’Henri Rivière était un grand collectionneur d’art japonais; sa collection personnelle, entrée par dation au département des Estampes et de la photographie de la Bibliothèque Nationale de France, compte plus de sept cents estampes japonaises, des livres illustrés japonais et une trentaine de peintures chinoises.

Oeuvres disponibles à la Galerie Stéphane Brugal:

  • Série les aspects de la nature: planche promotionnelle Chacoin de 1913.
  • Série le beau pays de Bretagne: L’île de Bréhat de 1913 – planche promotionnelle Chacoin de 1913.
  • Série la Féérie des heures: Le soleil couchant de 1901 – La neige de 1902

Pour une demande d’une lithographie particulière, merci d’écrire à : sv.brugal@sfr.fr

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999,
– Valérie Sueur-Hermel (dir.), Henri Rivière, entre impressionnisme et japonisme, éditions de la BnF, 2009

Ernest Guérin, la réussite de l’imagerie bretonne.

ernest guérin sardiniers

Ernest GUERIN (Rennes 1887 – 1952)
Les sardiniers bretons,
Aquarelle, signée et titrée en bas et à droite, 27 x35cm
Vendu-Sold

Ernest Guérin fut élève de Lafont et Ronsin aux Beaux-Arts de Rennes. Il exposa à Paris au Salon des Artistes Français, dont il devint sociétaire et fut membre de la South Wales Society ; il fut également exposant de la Royal Cambrian Academy. Il obtint à l’École des Beaux-Arts en 1905 une médaille de vermeil, en 1906 le prix du Ministre, et en 1907 la médaille d’excellence.

Peintre et enlumineur, interprète des Bretons, de la mer, du Pays et de ses légendes. Anatole Le Braz voyait en lui l’interprète de la Bretagne pénétrée par la poésie de « l’autrefois ».

Artiste original, il pratique avec le même bonheur la gouache, l’aquarelle, l’enluminure et participe à de nombreux Salons. Très vite sa réputation grandit, par le caractère de son œuvre qui peint la rudesse de la vie, les coutumes des paysans bretons, les traditionnelles fêtes religieuses, et le caractère sauvage de la Bretagne au travers de ses paysages, son climat et ses atmosphères. Au côté de Mathurin Méheut, il témoigne des traditions de la vie villageoise, et de l’emprise des croyances religieuses sur le quotidien.
La peinture d’Ernest Guérin est marquée par une influence tardive du mouvement préraphaëlite. Ayant étudié les techniques de l’enluminure médiévale, il s’en est également inspiré dans son œuvre. À la fin de sa vie, son esthétisme se tourne vers une vision plus « taoïste » de l’univers pictural. Les paysages d’Ernest Guérin reflètent un art inspiré des œuvres japonaises et chinoises, mêlant petits personnages et horizons oppressants qui occupent la totalité de la composition.

Bibliographie :

  • Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome VI, p.536
  • La route des peintres en Cornouaille, 1850-1950, Groupement Touristique de Cornouaille, 1997
  • Ernest Guérin, Imagier Breton, musée des Beaux-Arts de Rennes, Ed du Carabe, 2001