Eugène Delecluse, « à la barre », huile sur toile, signée en bas et à droite, circa 1925, dimensions 72cm x 58cm Vendu-Sold
Eugène Delecluse (Paris 1882 – 1972) est un peintre français et graveur à l’eau forte.
Elève de Fernand Cormon, Paul-Louis Delance, E. Renard et Charles-Albert Waltner, il participa au Salon des Artistes Français dès 1903, puis au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts en 1915.
La première guerre mondiale le conduit à la bataille de la Marne. Il y réalise une série d’oeuvres dont certaines serviront au journal « l’Illustration ». Envoyé à Salonique avec l’armée d’Orient, le peintre trouve des sujets d’inspiration nouveaux dans ce voyage, durant cette première guerre balkanique.
Il a dirigé une Académie de peinture à Montparnasse.
Eugène Delecluse fit de longs séjours en Bretagne, dans le Finistère et le Morbihan, notamment dans la Baie de Douarnenez, où il peignait souvent le travail des marins, l’arrivée des barques et des pêcheurs. La Bretagne et les activités maritimes, la lumière, tout contribue à Delecluse à s’adonner à ce grand art de la peinture sur le motif et à saisir les attitudes des marins dans leur vie quotidienne.
Ici, l’artiste semble être l’un des membres d’équipage de la chaloupe, observant le jeune matelot et le capitaine tenant la barre retenue sous les jambes.
Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome IV, p.398
Alfred Marzin, Douarnenez, animation sur les quais, huile sur panneau, circa 1930, signée en bas et à droite, 27 x 35cm Vendu – Sold
La production artistique d’Alfred Marzin (Saint-Yrieix 1880 – Nantes 1943) est exclusivement consacrée à la Bretagne: vue de ports et de petites villes, bord de mer et côtes rocheuses, scènes de la vie quotidienne des paysans et des pêcheurs bretons.
Petit maître de la peinture bretonne, l’oeuvre d’Alfred Marzin est empreinte d’une grande délicatesse aux tons chauds. Dans cette huile, le peintre de la Bretagne a su restituer l’atmosphère incomparable de l’animation du port de Douarnenez au temps des grandes flotilles de pêche, dans des tonalités contrastées et d’une grande richesse de composition.
Artiste complet, Alfred Marzin a pratiqué la gravure sur bois de magnifique manière, notamment dans une série de planches représentant des scènes de ramasseurs de goémons aux pieds de la chapelle de Notre-Dame de la Joie à Penmarc’h, Finistère.
Bibliographie:
– Alfred Marzin – peintre, graveur, illustrateur, par Mr Marrec, Ed. Siotem, 2013 – Les peintres du Faouët, 1845-1945 – Michaud et Le Meste – Ed Palantines, 2003 –Peintres des côtes de Bretagne, L.Kerlo et J.Duroc, Ed Chasse Marée, Tome III, 2004
Jean Julien Lemordant,scène de pardon, encre et lavis d’encre, signé en bas et à droite, 24×30,5cm Vendu-Sold
Jean Julien Lemordant nous dévoile dans ce dessin toute l’importante place qu’il a dans l’histoire de la peinture bretonne. La force et la simplicité du sujet est traité ici par un dessin ferme et synthétique.
Elève de Léon Bonnat en compagnie de Emile Othon Frietz et de Raoul Duffy, il redécouvre la Bretagne en 1903 et s’installe à Penmarc’h où sa peinture s’oriente vers une description de la vie maritime et trouve son engagement aux côtés des marins (fondation de la revue Brug – 1913).
Dans une facture large et sonore, il a traité des vastes panneaux hardiment composés, les rudes acteurs de la tragédie marine. Il fut aussi un rénovateur des arts décoratifs en Bretagne. En 1904, le jeune peintre (il a 26 ans) est installé à Saint-Guénolé quand l’hôtel de l’Epée à Quimper lui commande une série de fresques murales pour décorer sa salle à manger. Le travail est colossal : 65 m2 de murs sont à peindre percés de 11 portes. Lemordant réalisera 23 peintures groupées en 5 séquences. Les fresques de l’Hôtel de l’Epée à Quimper ont connu un succès considérable et apporté au jeune peintre une certaine notoriété. En 1913, l’Opéra de Rennes lui passe une commande prestigieuse : la peinture du plafond de l’Opéra qu’il peindra durant l’année 1914. Lemordant réalisera à cette occasion une ronde bretonne.
Jean Julien Lemordant nous transcrit dans cette oeuvre l’image de ces scènes de pardon en pays Bigouden où toute la population locale pouvait se retrouver et partager.
Cette belle pièce de Jean Julien Lemordant, nous montre l’importance du dessin qui dévoile déjà l’ampleur de ce grand nom de la peinture bretonne.
Beautiful drawing ink and ink wash Jean-Julien Lemordant (1878-1968), representing a party scene in Britain, during a pardon, Bigouden country.
Lucien Simon, Jeune bigoudène de Pont l’Abbé, c.1900-1902 Gouache et aquarelle, signée en haut et à droite, 56x44cm Vendu-Sold
Lucien Simon fréquente la Cornouaille bretonne dès les années 1890, grâce à son mariage avec Jeanne Dauchez, dont le père a une grande maison à Bénodet. Il s’installe à Sainte-Marine en 1902 en rachetant le sémaphore. Il fut le peintre du Pays Bigouden. Il a été également un remarquable portraitiste. Son dessin est vigoureux, sa palette très chaude et colorée.
Lucien Simon consacre toutes ses études aux Bigoudènes, ignorant les costumes « glazig » de la région de Quimper et ceux à la mode de la région qui va de Fouesnant à Scaër en passant par Pont-Aven.
Ses premiers envois au Salon des artistes français (salon unique à l’époque), à partir de 1885, n’avaient pas été très remarqués. Son mariage avec Jeanne Dauchez, qui partage son goût pour la peinture et se fera connaître par son propre talent de portraitiste et de décoratrice, lui fait découvrir la Bretagne qui le séduit par ses lumières changeantes, ses paysages, sa population de marins et de paysans aux costumes colorés, dont il tirera toute sa vie une source toujours nouvelle pour son œuvre.
A l’Académie Julian, il fut élève de Tony-Robert Fleury et de William Bouguereau. Il sera à son tour professeur à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, où il enseigna à Humblot, Henri Jannot, Yves Brayer et Georges Rohner.
Lucien Simon participa de 1931 à 1934 aux expositions de la Royal Academy de Londres et exposa au Salon des Artistes Français de Paris
Ses oeuvres sont présentes dans les musées: Boston – Breme – Brooklyn – Budapest – Le Caire – Chicago – Détroit – Helsinki – Liège – Moscou – Stockholm – Venise et dans plusieurs musées français.
Bibliographie: – Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome XII – Lucien Simon, André Cariou, Ed Palantines, 2002 – La route des peintres en Cornouaille, Quimper
Jean-Emile Laboureur (Nantes 1877- Pénestin 1943) Les pêcheurs et le mousse, 1924 Lithographie en trois couleurs, signée en bas et à gauche, numérotée 6/30 182 x 208mm Vendu-Sold
Cette estampe reprend le décor et les personnages de plusieurs autres œuvres dont le bois Pêcheurs bretons ou l’huile sur panneau de 1922. Jean-Emile Laboureur y ajoute un mousse portant le pain de six livres, sujet emprunté aux Trois marins.
En arrière-plan, surplombant le quai du Lénigo au Croisic, la
haute bâtisse qui servait alors de bureau aux Affaires Maritimes, est
parfaitement identifiable avec sa lucarne plein-cintre et le bandeau sombre de
l’enseigne.
En utilisant la technique de la lithographie, Jean-Emile Laboureur peut donner à voir la couleur rouge de la vareuse du « gaouche », couleur traditionnelle des pêcheurs finistériens, qui porte casquette, et surtout la voile teinte au traditionnel cachou.
Il apprend la gravure avec Auguste Lepère et la lithographie avec Toulouse-Lautrec. Pour Laboureur, la gravure originale est oeuvre à part entière, « un dessin volontairement affirmé par la rudesse même de l’outil employé ». Il se forme ensuite dans les musées allemands (1899-1903), puis part vivre en Amérique du Nord quelques années (1903-1908) ; il y réalise des estampes et des gravures sur bois montrant les grandes villes industrielles et prend le prénom de Jean-Emile.
Rentré en Europe, il voyage et s’installe définitivement à Paris en 1910. Laboureur s’intéresse au Cubisme et adopte la géométrisation et la simplification des formes, tout en restant figuratif. Il fréquente Guillaume Apollinaire et Marie Laurencin. Il sera mobilisé comme traducteur auprès de l’armée anglaise, puis américaine, pendant la première guerre mondiale. Celle-ci n’interrompt en rien son activité créatrice. Il produit, pendant et après la guerre, plusieurs ensembles de gravures sur cuivre au burin (« Dans les Flandres britanniques », « Petites images de la guerre sur le front britannique », « Types de l’armée américaine en France »).
Dans l’immédiat après-guerre, l’artiste se consacre, avec la réalisation de grandes planches gravées, à l’illustration d’ouvrages (Larbaud, Gide, etc.). De 1920 à 1938, Laboureur illustre soixante-six livres, réalise trente-neuf frontispices, sans renoncer aux planches individuelles de libre inspiration. En 1923, Jean-Emile Laboureur fonde l’Association des peintres et graveurs qui met en avant la gravure, la lithographie, la gravure au burin ou la xylographie. Au début des années 1930, il réalise un ensemble de paysages à l’eau-forte (La Grande Brière).
Jean-Emile Laboureur est atteint d’hémiplégie en 1938, il cessera toute production artistique. Il meurt en 1943 à Pénestin (Sud Bretagne, France).
Bibliographie :
Jean-Emile Laboureur, Entre terre et mer, harmonies gravées en presqu’île, catalogue d’exposition, Ville du Croisic, 2018
Catalogue complet de l’œuvre de J.E. Laboureur, Sylvain Laboureur, 3 tomes, Ides & Calendes, Neuchâtel, 1989-91
« L’œuvre gravé de Jean-Émile Laboureur », Louis Godefroy, Ed. Chez l’auteur, 1929