Du 15 au 22 août, Stéphane Brugal exposera en effet exclusivement une collection d’affiches anciennes vantant les qualités touristiques et autres atouts de la Bretagne de l’époque. En attendant, le spécialiste des peintres des écoles bretonnes saura guider le visiteur dans l’approche des différents artistes et le choix judicieux d’oeuvres caractéristiques de Jean Julien Lemordant, Henri Barnoin, Lucien Simon, Adolphe Marie Beaufrère, Paul Grégoire ou Mathurin Méheut, parmi les plus connus, sans oublier André Dauchez, notamment, qui vécut de 1870 à 1948. L’artiste, qui a plus particulièrement magnifié la rivière de Pont-l’Abbé avec celle de Quimper au fil des anses de l’Odet, ainsi que des dunes et les bords de mer bigoudens.
Impressionnisme à Pont Aven, l’exemple de Du Puigaudeau
Un splendide exemple de l’art de Ferdinand Du Puigaudeau avec cette peinture vers 1910.
Il s’agit d’un huile sur toile, représentant le « Moulin de la Mass au clair de lune« , très proche d’un autre tableau de l’artiste (cf numéro 131 du Tome I du catalogue raisonné). Cette pièce est signée en bas et à droite; elle mesure 33cm de haut par 41,5cm de large. Elle figurera dans le deuxième tome du catalogue raisonné en préparation.
Il est à Pont-Aven en 1886, à la pension Gloanec, où il rencontre Paul Gauguin, Emile Bernard et Charles Laval. Il fera partie du groupe des « impressionnistes » de l’école de Pont Aven, aux côtés de Maxime Maufra, Henry Moret, Gustave Loiseau, Ponthier De Chamaillard.
En 1890, il expose au Salon des Indépendants où Degas le remarque et lui achète une de ses toiles, « Feu d’artifice » ; leur amitié et leur estime réciproque dureront jusqu’à la mort de Degas.
En 1893, il épouse une portraitiste de talent, Blanche Van Den Broucke (le peintre Dezaunay est son témoin) et s’installe à Saint-Nazaire où naît sa fille Odette en 1894. La famille du Puigaudeau loge dans le château de Rochefort-en-Terre (Morbihan) durant l’automne et l’hiver 1894 puis s’établit, début 1895, à Pont-Aven dans l’hôtel Gloanec pour un séjour de trois ans. Attiré par les effets de lumière et d’éclairage, du Puigaudeau réalise à cette époque des tableaux qui se caractérisent par leur ambiance nocturne. Après un séjour à Cagnes, il s’installe dans la région parisienne à Sannois en 1899.
De 1897 à 1904, ses toiles sont régulièrement déposées chez Durand-Ruel qui en assure la vente. En 1903, son exposition à la galerie des Artistes Modernes, rue Caumartin, remporte un vif succès.
Il s’installe en 1907 au manoir de Kervaudu (Le Croisic) où il réunit ses amis les peintres bretons Jean Emile Laboureur, Emile Dezaunay, Maxime Maufra.
De Belay, prodige de la peinture moderne.

huile sur toile, signée en bas et à gauche, datée 1940, 50 x 61cm
Vendu-Sold
L’artiste de Quimper Pierre De Belay (1890-1947) partage sa vie entre Paris et son pays natal, la Bretagne. Grand représentant de la peinture bretonne, il fréquente dans les années 1920 les artistes de Montparnasse. Témoin privilégié grâce à son amitié avec Max Jacob qu’il rejoint dès 1905 et qui l’introduit auprès des avants-gardes au Bateau-Lavoir.
Cette peinture date de 1940, du début de la technique du « Treillisme », que l’artiste vient de mettre au point. Installé dans le Sud de la France, il peint ici une magnifique bastide provençale, cézanienne dans l’âme, mais dont la technique découle de traits plus ou moins longs entrecroisés et se chevauchant.
Cette dernière manière de peindre de Pierre De Belay prend ses sources dans le divisionnisme et dans la pratique de la gravure. L’artiste rend le trait plus épais ou plus fin, joue des écartements pour exprimer les volumes et les plans, exprimant les vibrations colorées. Un autre maître de la peinture bretonne!
La curiosité et la passion pour le réel, sa manière de capter des expressions fugitives sur les visages font de Savigny de Belay un reporter de son temps. En juillet 1933, éclate l’affaire Stavisky qui a mené à une crise politique à la suite du prétendu suicide de l’homme d’affaires. Il assiste au procès dont il dessine de nombreux croquis (scène d’audience, plaidoiries, etc.). L’artiste note dans ses carnets les visages des accusés, les mimiques des jurés, les attitudes des avocats, dans un esprit proche de la caricature.
En 1937, il peint Une pêche au chalut pour l’Exposition universelle de Paris. Savigny de Belay voyage aussi beaucoup en Belgique où il retrouve l’atmosphère changeante et animée des petits bourgs bretons. Il rencontre à Ostende, James Ensor (1860-1949), peintre qui se veut aussi indépendant que lui. C’est à ce moment (1939) qu’il invente le « treillisme » – une technique proche de la gravure (qu’il pratique depuis 1926) –, un entrecroisement de traits qui donne une certaine profondeur à ces œuvres. Il en fait une exposition à Paris en 1943. Peu à peu, il reprend la tradition classique. À partir de 1940 il séjourne dans le midi. En 1947, il retourne à Ostende où il monte une exposition avec James Ensor. C’est là qu’il meurt d’une crise cardiaque.
Ouest France. Jacques Ignazi et ses visions bretonnes à la galerie Brugal.
Artiste contemporain, né à Paris et formé à l’Ecole nationale des Arts décoratifs, Jacques Ignazi, arrive à la Galerie Brugal de Pont-l’Abbé. Ses oeuvres y côtoient celles des maîtres des écoles bretonnes. Les visions bretonnes de Jacques Ignazi, ne déparent pas à côté de celles de Jean Julien Lemordant, Henri Barnoin, Paul Eschbach, Maxime Maufra, Lucien Simon, André Dauchez ou autre grand, comme Mathurin Méheut. « Ses huiles, d’une grande tendresse et d’une vérité profonde, transmettent sa vision d’êtres et de paysages révés d’une Bretagne éternelle « , souligne Stéphane Brugal.
L’artiste a plus particulièrement travaillé ici, en Bigoudènie, d’après les souvenirs de travail des goémoniers de la Pointe de Penmarc’h.
Spécialiste des oeuvres d’André Dauchez, qui vécut de 1870 à 1948, Stéphane Brugal a sélectionné une série de peintures, de dessins et d’eaux-fortes qui exaltent les beautés du Pays bigouden, de ses dunes et bords de mer, jusqu’aux superbes anses de l’Odet. Plus loin, l’original de l’affiche créée par Jean-Julien Le Mordant, en 1912, pour le syndicat d’initiative du Finistère, vaut à elle seule le déplacement.
Le Télégramme: Galerie Stéphane Brugal. De grands peintres à voir et à revoir
Pour la huitième année consécutive, Stéphane Brugal a ouvert sa galerie de peintures anciennes et modernes. Jusqu’à fin août, la Galerie Stéphane Brugal présente une sélection de peintures et de dessins des différentes écoles bretonnes, couvrant ainsi plus d’un siècle de production artistique. Spécialisé dans les peintres des écoles bretonnes de la fin du XIXe siècle jusqu’à nos jours, Stéphane Brugal guide les visiteurs dans l’approche des différents artistes et dans le choix d’oeuvres typiques de ces productions : Jean-Julien Lemordant, Henri Barnoin, Paul Eschbach, Maxime Maufra, Henri Guinier, Lucien Simon, Adolphe-Marie Beaufrère, Maturin Méheut…


