Xavier Krebs, une oeuvre japonisante!

Xavier Krebs
Xavier Krebs, « Hommage à Takanobu », 1978,
huile sur toile, 117cm x 91cm

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En 1946, Xavier Krebs (Quimperlé 1923-Montauban 2013) rejoint le corps expéditionnaire français en Indochine. Les paysages grandioses de ce pays inspireront certaines des toiles les plus impressionnantes et énigmatiques de la maturité du peintre. Xavier Krebs a relaté cette expérience qui le marqua durablement dans un récit,  » Le Pin « , publié aux éditions Réciproques, en 2003, à Montauban.
En 1949, Krebs décide de peindre. Il s’installe à Pont-Aven, dans l’atelier présenté comme ayant été celui de Paul Gauguin. Il travaille aussi comme « peinteur » à la faïencerie Keraluc de Quimper, atelier fondé notamment par Victor Lucas, et qui renouvellera progressivement l’inspiration et les motifs décoratifs de la faïence bretonne traditionnelle engoncée dans les biniouseries monotones. Il travaille au côté d’artistes comme Pierre Toulhoat, René Quéré, Jos Le Corre, Pol Yvain, Georges Connan, dont certains, comme Xavier Krebs, deviendront des peintres de renom qui ont renouvellés l’art de la peinture en Bretagne et ouvert au regard les portes de la modernité.
En 1954, il rencontre les peintres de l’abstraction lyrique, Jean Degottex, René Duvillier, Simon Hantaï, et Marcelle Louchansky. Krebs s’intéresse à la calligraphie japonaise. Il produit la série des  » Signes », encres de Chine, peintures brunes et noires.
En 1959, il s’installe à Paris puis travaille dans l’atelier d’Honoré Daumier à Valmondois (Val-d’Oise). Il acquiert, à Auvers-sur-Oise (Val-d’Oise), la maison dite  » du pendu « , peinte par Cézanne. Il se remet à la céramique. En 1966, il commence la série des « Seuils du rêve »,  » A la recherche des voies de la sagesse « ,  » peinture structurée par la géométrie sacrée occidentale et le bouddhisme zen « , comme l’indique la présentation de l’exposition qui lui a été consacrée en ce début d’année 2013, au musée de Cahors.
Il commence en 1970 la série des Hommages à Fujiwara Takanobu (Kyoto, 1142 – 1205), peintre du Japon médiéval.
En 1983, il réalise une courte série, intitulée « Les Diadèmes ». Il commence ensuite la série des « Empreintes ».

En 2000, il débute la série des  » Trois gorges », en référence à celles du Yang-Tsé, série complétée jusqu’en 2013.

Charles Menneret, peintre de la Bretagne.

Charles Menneret
Charles Menneret, « Notre-Dame de la Joie », Penmarc’h,
bois gravé, 21cm x 32cm

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Charles Menneret (Paris 1876-1946) fut un peintre de paysages, et principalement ceux de Bretagne. Il nous indique: « …j’aime la lande bretonne, les arbres près des roches, la légende des vieilles pierres, les antiques saints de bois et les calvaires centenaires qui s’érigent face à la mer. »

Dans cette Bretagne, l’artiste a choisi un lieu de prédilection: « la bande de terre qui s’étend de la pointe de l’Arcouest jusqu’à Paimpol, face à l’île de Bréhat aux rochers roses. » Charles Menneret travaille là-bas, à Loguivy de la Mer, plusieurs mois de l’année. Mais dans son atelier parisien de l’avenue Trudaine, on se retrouve encore en Bretagne: lit clos, sculptures de saints en bois, faïences bretonnes, maquettes de dundee de Paimpol et autres caravelles anciennes.

Une partie de ses oeuvres sont conservées aux musées des Beaux-Arts de Rennes, de Nantes, de Brest, de Saint-Brieuc ainsi qu’à celui de Troyes.

Charles Menneret travaille l’hiver dans son atelier parisien. Délaissant la palette et les couleurs à l’huile – « je ne peins que d’après nature« , dit-il – il reprend son oeuvre de graveur sur bois, oeuvre considérable et fort appréciée par la beauté du dessin, sa clarté et la vigueur des raccourcis.

Le Scouëzec, le breton de Paris!

Dès 1917, Maurice Le Scouëzec (1881-1940) fréquente tous les grands artistes de Montparnasse, autour de Modigliani et de Picasso. Aventurier autant que matelot anarchiste, il va sillonner les océans, la Nouvelle Calédonie, Madagascar et l’Afrique noire, notamment, sans oublier sa Bretagne!

Maurice Le Scouëzec ou l’histoire d’un peintre expressionniste qui avait le goût de l’aventure. Cet homme part comme pilotin sur les mers du monde et débarque, en 1917, à Montparnasse. Il a 36 ans et s’installe dans un atelier au 35, rue Delambre. Il peint les femmes et les gens simples, avant de repartir vers des horizons lointains.

Il ne cessera de représenter les paysages aux couleurs fortes et les corps ployés ou posés. Plus qu’un peintre voyageur, amateur d’exotisme ou de pittoresque, Le Scouëzec est un artiste passionné et exigeant, qui a été toute sa vie en quête de ces mouvements fugaces où se trahit en un instant la vérité d’un monde.

La puissance de ses toiles est surprenante : on retrouve l’ influence des fauvistes et, dans ses aplats destructurés, on perçoit déjà la peinture des années 50. Ses dessins au trait de fusain font penser à Mathurin Méheut, comme le confirme l’écrivain Henry Le Bal qui consacre un livre au peintre méconnu « Le Scouëzec, Montparnasse », aux éditions Palantines.

Ce dessin aquarellé appartient aux fréquents séjours de l’artiste en Bretagne et notamment chez son frère qui habitait à Landivisiau.

En privilégiant des zones de couleurs fortement contrastées et des lignes souples, Maurice Le Scouëzec élude les détails pour ne retenir que l’essentiel.

 LeScouezec 50x64,5

Maurice Le Scouëzec, « rue de Landivisiau », daté 1923, 50cm x 64,5cm 

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Marcel Jacquier, un décorateur et peintre.

Marcel Jacquier
Marcel Jacquier, « Devant la ville close »,
huile sur panneau, signée en bas et à droite, 40cm x 97cm

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Elève en 1903 de Luc-Olivier Merson, Marcel Jacquier (Paris 1877-1957) a eu une importante activité de décorateur et d’affichiste, qu’il a menée parallèlement à une oeuvre personnelle de peintre inspirée essentiellement par la Bretagne.

Il participe à partir de 1905 et jusqu’en 1940, au Salon des Artistes Français, exposant des oeuvres de sujets bretons, ainsi qu’au Salon d ‘Automne et à de nombreuses expositions régionales comme à Nantes, Brest. Les années 1930 sont les plus fécondes et marquées par la réalisation d’oeuvres aux thèmes régionaux. Il participe en 1937 à la décoration du Pavillon de la Bretagne à l’Exposition Internationale de Paris, aux côtés de Mottheau et René-Yves Creston.


« Inscrit à l’école des Beaux Arts de Nantes en 1889, il fréquente ensuite l’académie Julian à Paris en 1907. Il revient en Bretagne chaque été entre 1903 et 1911; à la belle saison, depuis Tréboul, il part à la recherche de motifs, sillonnant ainsi le Finistère. Il est l’auteur de plusieurs affiches pour des syndicats d’initiative. Il est récompensé au Salon des Artistes Français de 1933, Il reçoit la médaille d’argent pour son levure Les Veuves. Peintre de Douarnenez, il est aussi l’auteur de paysages de bière et de scènes de pardons. Il peint également à Concarneau, vers 1910. » Jacqueline Duroc, Estelle Guille des Buttes-Fresneau, Hervé Duval, La modernité en Bretagne : Tome 2, de Jean-Julien Lemordant à Mathurin Méheut (1920 – 1940), Silvana Editoriale, 1er juillet 2017.

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres et sculpteurs, Bénézit, Ed Gründ
Marcel Jacquier, article de Patricia Plaud-Dilhuit, in “La création bretonne, 1900-1940”, Ed Arts de l’Ouest, 1995

Le Scouëzec, un artiste, un aventurier!

Maurice Le Scouëzec
Maurice Le Scouëzec, « nu », dessin,
titré Tranorou et daté 1931, 64cm x 50cm

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Dès 1917, Maurice Le Scouëzec (1881-1940) fréquente tous les grands artistes de Montparnasse, autour de Modigliani et de Picasso. Aventurier autant que matelot anarchiste, il va sillonner les océans, la Nouvelle Calédonie, Madagascar et l’Afrique noire, notamment, sans oublier sa Bretagne!

Il ne cessera de représenter les paysages aux couleurs fortes et les corps ployés ou posés. Plus qu’un peintre voyageur, amateur d’exotisme ou de pittoresque, Le Scouëzec est un artiste passionné et exigeant, qui a été toute sa vie en quête de ces mouvements fugaces où se trahit en un instant la vérité d’un monde.

Celui qui fût tour à tour pilotin sur de grands voiliers, soldat et déserteur, globe trotteur et aventurier est surtout un immense artiste qui a laissé une abondante œuvre picturale redécouverte ces dernières années. Plus de 3 700 tableaux, aquarelles et dessins ont été retrouvés.

Ami de Modigliani et de Foujita, Le Scouezec exposait dans les mêmes galeries que Lautrec ou Picasso. Ses portraits de groupe, ses nus, rappellent l’expressionnisme allemand des années 1920. Il vivra les dernières années de sa vie en Bretagne dans le Finistère, sa peinture devient plus sensible quoique toujours un peu fruste. C’est alors qu’il composera l’immense fresque de la Chapelle Saint Roch à Pont d’Ouilly, près de Falaise.

C’est Henri Le Bal qui, dans son récent essai « Le Scouezec Montparnasse », en parle le mieux : « Il peint au couteau par grand à plat écrasé, la matière est charnelle, riche généreuse… Un mec  sauvage brut qui peint avec férocité, une force libre et un cœur libre… A l’heure ou d’autres écrivaient avec les mots des tranchées je pense à Céline, il peint des mers bretonnes ocres, des mers pour foutre le camp.»

Mais que ce soit à Montparnasse, en Afrique ou à Madagascar Maurice Le Scouezec est toujours resté fidèle à ses racines celtes. « Partir donc…Quitter tout, aller là bas, marcher, crever, vivre, avoir de l’air. » répondait l’artiste, éternel insoumis, regardant à la fin de sa vie l’horizon de l’occident celtique des îles de Sein et d’Ouessant.