Alfred Guillou, jeune bretonne à la cruche, huile sur toile, 46cm x33cm Vendu-Sold
Fils d’un marin, pilote à Concarneau, Alfred Guillou (Concarneau 1844-1926) fait des études de dessin après avoir été initié par le fils d’Eugène Isabey. Il suit ensuite les cours d’Alexandre Cabanel à Paris. C’est là qu’il fait la connaissance de Jules Bastien-Lepage, Fernand Cormon et Théophile Deyrolle.
Alfred Guillou revient à Concarneau. Avec son ami Théophile Deyrolle qui épousera sa soeur Suzanne, Alfred Guillou est à l’origine d’une colonie d’artistes établie à Concarneau, attirant une foule de peintres qui feront la notoriété du port jusqu’au début des années 40.
D’inspiration naturaliste, ses sujets de prédilection sont empruntés à la vie quotidienne du port de pêche souvent traités sur de grands formats. Parallèlement à ces grandes compositions, l’artiste compose de nombreux petits formats, dans lesquels il se pose comme le témoin des scènes de vie de Concarneau. Peintre des pêcheurs et de jeunes gens, il réalisa également de très beaux portraits.
Bibliographie: –Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Grûnd –La route des peintres en Cornouaille, 1850-1950, Groupement touristique de Cornouaille, 1997 – Guillou-Deyrolle, catalogue d’exposition, musée de Pont-Aven, 2009
Mathurin Méheut (Lamballe 1882 – 1958) fut élève de l’école des Beaux-Arts de Rennes. Il obtient la bourse « Tour du monde » qui lui permit de peindre à Hawaï et au Japon . Peintre de la Marine, chevalier de la Légion d’honneur.
Mathurin Méheut s’est spécialisé dans la représentation de la vie laborieuse, de la flore et de la faune de Bretagne. Il a publié plusieurs ouvrages avec planches. On lui doit aussi des céramiques, il occupera d’ailleurs le poste de directeur artistique des faïenceries Henriot à Quimper en 1937. Il exécute aussi des cartons de mosaïques et de vitraux.
Il a décoré plusieurs paquebots et pétroliers. Il a exécuté des décorations murales: Exposition des arts décoratifs de 1925; immeuble Heinz à Pittsburgh en 1930; Exposition coloniale en 1931; Exposition internationale de 1937…
Son oeuvre est un témoignage incomparable de la vie en Bretagne dans la première moitié du XXème siècle. On ne compte plus les nombreuses expositions à Paris et en Province, notamment l’une des dernières au Musée de la Marine à Paris en 2013. Il a son propre musée dans sa ville natale de Lamballe.
Il s’agit dans cette oeuvre d’une représentation des marins pêcheurs dans leur quotidien, de ces barques sardinières du début du vingtième siècle qui peuplaient les côtes du Sud Finistère. Ici, devant les puissants remparts de la Ville Close de Concarneau, les hommes sont de retour de pêche. Les uns s’affairent autour des filets bleus caractéristiques de cette période; en effet, les filets de pêche étaient teintés par le bleu de la tannée afin d’être moins visibles dans l’eau. Au centre de la composition, un pêcheur prépare dans la barque la fameuse « cotriade », soupe du marin préparée directement sur le bateau avec le produit de la pêche du jour. A droite de l’oeuvre, un marin fait avancer la barque à la godille, cet aviron à la fois propulsif et directionnel placé à l’arrière d’un bateau.
Mathurin Méheut a tout vu, tout noté, les gestes des pêcheurs, le poids des barques. Animé d’un profond respect pour ce qu’il voit, Mathurin Méheut sait aller au-delà du documentaire pour faire une oeuvre aboutie. Les pêcheurs sont solidement campés dans leur embarcation, et l’artiste a su donner une savante définition du groupe dans l’espace.
Mathurin Méheut a très vite adopté l’huile à la caséine pour la production notamment de grandes compositions. En effet, de part ses recherches décoratives, c’est tout naturellement que Mathurin Méheut s’est tourné vers l’utilisation d’enduits à la caséine qui conviennent mieux à la matière de l’huile mate. Voulant retrouver cette matité chère aux impressionnistes, Mathurin Méheut utilise ici dans cette composition cette technique, qui oblige l’artiste à peindre plus clair et dans une gamme plus vive.
Mathurin Méheut ancre dans son oeuvre les thématiques qu’il répètera à l’infini: les hommes au travail ou dans leur environnement, la mer, la nature, la Bretagne… Il apparaît donc comme le peintre des réalités quotidiennes. Cette composition en est la preuve formelle.
On retrouve tout ce qui caractérise l’oeuvre de Mathurin Méheut, à savoir le traitement particulier des couleurs, jouant parfois sur la monochromie comme sur la polychromie. L’unité plastique de l’oeuvre présentée repose sur la bichromie choisie: une gamme froide de gris-bleu, une gamme chaude d’ocres et de bruns, qu’il utilise fréquemment dans ses compositions aussi bien à la gouache qu’à la caséine.
On peut louer dans cette oeuvre la schématisation des silhouettes, le jeu des proportions et des masses, ainsi que l’effet de puissance qui en résulte: ceci est caractéristique du travail de Mathurin Méheut, spécifiquement dans ses grands formats. Il joue sur l’effet d’éloignements ou de rapprochements successifs, entre le premier plan des barques et l’arrière plan des murailles de la Ville Close de Concarneau.
Bibliographie:
–Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome IX, p.441
–Mathurin Méheut, Ed Chasse Marée, 2001
–Dictionnaire des peintres français de la mer et de la marine, JN.Marchand, 1997
Stéphane Brugal, 2018 (extrait du catalogue raisonné de l’oeuvre gravé d’André Dauchez paru en 2018 – ISBN: 978-2-9564449-0-9)
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Portrait d’André Dauchez par le peintre Hugues de Beaumont, 1933
André Dauchez (1870-1948) a consacré sa vie à la peinture. Il y a trouvé le bonheur de vivre, en artiste discret mais avec une passion débordante et une foi toujours intacte. Cet article a pour but de mettre en lumière une partie essentielle de son oeuvre, à savoir l’art de la gravure, et plus particulièrement la technique de l’eau-forte, dont il devint l’un des grands représentants de cette première moitié du XXème siècle, tant dans son travail original que dans ses travaux d’illustrateur.
Les grands circuits marchands et les cénacles qui font l’histoire de l’art ont oublié André Dauchez. Victime de la modernité attendue et espérée de l’immédiat après-guerre, il disparaît dans une période de renouveau, où l’on rejette facilement la culture régionale, les coutumes et le mode de vie des anciens. Le public se tourne vers les nouvelles générations d’artistes issus des courants de l’abstraction ou du nouveau réalisme. Il faut cependant affirmer qu’André Dauchez appartient à l’histoire de l’art, à l’histoire de ces artistes peintres-graveurs, de ces artistes qui ont oeuvré pour le rayonnement de l’art dans leur pays et à l’étranger. Il appartient aussi à l’histoire de la peinture en Bretagne, car c’est bien lui qui a su le mieux traduire ces paysages cornouaillais, et percevoir l’intimité de ces grèves et de ces champs. Il a parcouru la Bretagne en perçant son âme, sachant la restituer d’une manière magistrale dans son oeuvre!
André Dauchez, eau-forte, Moulin de Lesconil, 1904, (56-04)
La formation et les débuts de graveur
Issu d’une famille de juristes et notaires, André Dauchez devait suivre, tout naturellement à cette époque, ses études jusqu’au baccalauréat et ensuite obtenir sa licence de droit, voyant ainsi son avenir professionnel tout tracé. C’est ce qu’il fit mais c’était sans compter les prédispositions pour les arts graphiques qu’André Dauchez montra très tôt. Il aimait crayonner! Ses dessins d’enfance ne sont que soldats, mousquetaires, toréadors et autres personnages directement influencés par l’oeuvre de Gustave Doré.
Tout en poursuivant ses études le jeune André fut encouragé dans la voie de l’art par sa mère, qui trouva la solution auprès de Gaston Rodriguez. Cet artiste-graveur avait son atelier dans le quartier Montparnasse, et le jeune André devait suivre son enseignement de 1885 à 1887. Gaston Rodriguez fut un excellent professeur, il apprit à Dauchez la minutie et la lenteur dans la taille de la planche, prenant tout son temps pour travailler une petite surface de cuivre. Cette studieuse et laborieuse méthode apporta au jeune homme la capacité de tout voir et de tout transcrire, lui apprenant peu à peu à différencier ce qui est essentiel de ce qui ne l’est pas.
Ayant appris ainsi à ne rien délaisser, l’artiste va s’autoriser à simplifier. Son art se libérera ainsi de la reproduction pure pour tendre vers des simplifications d’une extraordinaire liberté, distinguant le trait indispensable ou la valeur utile. André Dauchez n’abandonnera plus jamais ce mode d’expression, maniant avec une grande dextérité la technique de l’eau-forte. Dauchez débuta dans la gravure un peu comme tout le monde par des planches de reproductions. En 1887, son professeur Gaston Rodriguez l’autorise à présenter au Salon des Artistes Français une marine qu’il vient de graver d’après un tableau d’Eugène Isabey. C’est un premier succès pour le jeune homme de 17 ans qui reçoit à cette occasion les encouragements de ses pairs. Entre les années 1887 et 1893, André Dauchez continue son travail de graveur à l’eau-forte par l’illustration de menus ou de carnets de bal, et la réalisation d’oeuvres de reproductions. On peut citer parmi ces dernières:
Un étudiant de Salamanque au XVIIIème siècle, d’après Nicolas Megia Marques, 1888, présenté au Salon de la Société des Artistes Français
La source, d’après Ingres, paru dans le journal « L’Art », 1889
Une rue de Morlaix, d’après Lennard-Lewis, 1889, présenté au Salon de la Société des Artistes Français
Troupeau de moutons, d’après Charles Jacques, 1890
La bataille de Wagram, d’après Horace Vernet, 1891
Le bain de l’Alhambra, d’après Léon Comerre, 1892
Portrait de Mme Aubry-Lecomte, d’après Lucien Simon, 1893
André Dauchez, eau-forte, la baie de Douarnenez, 1916,(223bis-16)
Les influences
Quelles sont les influences qui alimentèrent l’oeuvre gravé d’André Dauchez? Il suffit d’ouvrir les cartons d’estampes que l’artiste possédait pour voir que l’une des principales sources ou du moins l’oeuvre la plus représentée fut celle de Rembrandt. Nous savons qu’il avait acquis les principales reproductions et regardait souvent les gravures de ce dernier. De l’étude approfondie du maître, André Dauchez a su tirer l’art de faire valoir la lumière d’un paysage. Par la justesse des valeurs, qui vont conférer au blanc du papier toute sa lumière, Dauchez élabore certains noirs profonds qui évoquent Rembrandt. Il va ainsi maîtriser son art de peintre-graveur, tout en élaborant un style Dauchez, un style propre né d’un esprit d’invention conjugué à la vérité de ses dessins qui inspirèrent les gravures.
André Dauchez possédait également des oeuvres de Jacob Van Ruysdael, l’un des plus grands paysagistes hollandais du XVIIème siècle, et l’un des plus « modernes » au regard de la période. Dans les cartons d’estampes d’André Dauchez nous trouvons également certains de ses contemporains et souvent amis comme Georges Gobo, Raoul André Ulmann, Albert Decaris, Charles Jouas, Pierre-Louis Moreau…
André Dauchez, eau-forte, Pins à la Pointe de Combrit, 1921, (253-21)
L’affirmation de l’artiste
Il y a deux éléments distincts qui vont permettre à André Dauchez de se débarrasser des incertitudes que souvent les artistes connaissent en début de carrière, et l’éloigner à la fois d’un style aride au sortir des « écoles » et d’une banalité « académique » qui aurait vite fait d’étouffer sa propre sensibilité.
Le premier élément est la découverte en famille de la Bretagne et notamment du Sud-Finistère. Dès la fin des années 1880, les Dauchez fréquentent Bénodet et ces périodes estivales vont contribuer au développement de la vocation picturale et maritime du jeune André. La découverte de cette Bretagne côtière, de la baie de Douarnenez à Belle-Ile-en-Mer, lui suscitera ainsi ses meilleures planches.
Le deuxième élément est sans nul doute les encouragements et les conseils de ses proches, dont les artistes Emile-René Ménard et Lucien Simon. Ce dernier, marié à sa soeur Jeanne depuis 1890, cohabitera durant les mois d’été avec les autres membres de la famille Dauchez à Bénodet. De cette cohabitation va découler une forte émulation entre les deux hommes, qui vont se consacrer à la représentation de cette Bretagne, celle des environs de Bénodet et particulièrement du pays Bigouden. En 1903, André Dauchez s’installe chez lui, dans cette maison-atelier de la « palue du Cosquer », sur la commune de Loctudy, dans le Sud-Finistère. Cette maison devient le creuset artistique du peintre, trouvant toujours de nouveaux motifs sur la côte ou dans l’intérieur du pays entre l’embouchure de la rivière Odet et la pointe de Penmarc’h.
André Dauchez, eau-forte, les grands pins sur l’Odet, 1921, (257-21)
Le sujet: la Cornouaille bretonne
André Dauchez n’est pas venu en Bretagne et plus particulièrement en Cornouaille, par effet de mode. Il n’est pas l’un de ces artistes qui fuyant le progrès industriel, voulait partir à la recherche de coutumes anciennes et de pittoresques. Il n’était pas emprunt d’un sentiment de nostalgie et ne recherchait pas des lieux fréquentés par d’autres artistes formant « colonie ». C’est plus qu’un heureux hasard qui amena la famille Dauchez à fréquenter les bords de l’Odet. Heureux hasard, car le charme de la rivière a opéré. Séduit et influencé par les lignes et la force des paysages, André Dauchez, tel un vrai portraitiste, va réussir à transcrire les nombreux visages de cette Cornouaille finistèrienne.
Pour l’Académicien et ami André Chevrillon, André Dauchez « il a étudié, déchiffré le visage de la terre bretonne…les images qu’il nous présente ont la qualité spirituelle qu’un artiste psychologue sait donner à ses portraits. L’oeuvre d’André Dauchez compose le portrait le plus expressif et le plus fidèle de la Bretagne »[1]. C’est donc à partir de la fin de l’année 1893, et pour plus d’un demi-siècle, qu’André Dauchez va trouver une source inépuisable d’inspiration dans les paysages du littoral cornouaillais: landes, dunes, villages de pêcheurs, estuaires et anses bordées de pins, bords de côtes et de rivières, rochers à marée basse, immenses paysages où la terre est seule avec le ciel, furent ses motifs préférés. Ses oeuvres ont une vigueur merveilleuse, ces observations à l’eau-forte, spontanées, puissantes et simplifiées, nous dévoilent l’excellent graveur et le grand dessinateur qu’il était.
Encouragé par son beau-frère Lucien Simon, André Dauchez se met à la peinture sérieusement dès 1895, peignant de belles et fortes compositions, souvent issues directement de ses croquis, la couleur intervenant comme un remplissage des surfaces dessinées. Ce travail lui permet de participer aux grands salons parisiens et d’accéder ainsi à la reconnaissance et à la notoriété. Vers 1902-1904, André Dauchez revient vers l’eau-forte qu’il affectionne, technique à laquelle il paraît vouloir se consacrer avec le plus de joie. L’eau-forte est par excellence la façon de graver des peintres. Son procédé est le plus riche « en couleur et valeur », le mieux adapté à l’imagination picturale, et relativement aisé à son utilisation. D’une pointe fine et d’un acide mordant, André Dauchez exprime la force et la rudesse de cette Cornouaille bretonne, mais aussi son charme et sa diversité, tout ceci dans un style profondèment personnel.
C’est un peintre de plein air qui décrit finement les effets produits sur son âme par les arbres, les pierres et l’eau et qui sait faire valoir la lumière d’un paysage. André Dauchez présente souvent un premier plan constitué d’un bouquet d’arbres, d’un sentier, ou d’un plan d’eau, qu’il met en pleine valeur, tandis que dans le fond s’estompe le reste de la composition. Il y a là un contraste entre les noirs du premier plan et le blanc lumineux des perspectives. De ces oppositions saisissantes d’ombres et de lumière, André Dauchez fait ressortir d’un trait nerveux le découpage des arbres, la physionomie d’un rivage, dans lequel l’on sent vibrer la vie. Il discerne à chaque moment les effets différents produits par l’ombre, par le soleil ou par le vent qui bouleversent sans cesse l’apparence d’un paysage. Il interprète les heures qui transforment l’atmosphère, les nuages, les rochers et la mer. D’où l’importance notamment des croquis préparatoires à une planche, réalisés pour un même point de vue à différentes heures de la journée. L’artiste va même jusqu’à indiquer parfois sur ceux-ci les heures où elles ont étaient produites.
Devenu graveur dans les années 1890, André Dauchez ne délaissera donc plus jamais ce mode d’expression, travaillant dans la continuité, tant sur le plan de la technique (l’eau-forte) que sur celui du thème (les paysages bretons) et plus particulièrement le thème du mariage de la terre et de l’eau. Continuité dans la vision, puisque tout au long de son oeuvre on retrouve le même sens de la composition qui lui permet de dégager l’essentiel, une recherche identique de la lumière qui éclaire chacune de ses planches, et la même rigueur dans le dessin qui donne tant d’intensité à son oeuvre.
André Dauchez, eau-forte, branche sur l’eau, 1905, (72-05)
Conclusion
Il nous faut citer en guise de conclusion ce que pouvait affirmer André Saglio dès l’année 1907 : « Ces estampes-là sont l’essence même du talent de l’artiste: elles résument la science la plus hardie du dessin de paysage et la sensibilité artistique la plus subtile. Il faut souhaiter qu’elles soient toutes réunies dans une exposition accessible à la foule: beaucoup alors apprendront que les ouvrages les plus colorés ne sont pas toujours ceux qui sont peints, et ce jour-là André Dauchez aura toute la grande réputation qu’il mérite. »[2]
La publication du catalogue raisonné de l’oeuvre gravé d’André Dauchez mettra en pleine lumière, pour le grand public, le nom et l’oeuvre d’un artiste d’une réelle sensibilité, d’un incontestable talent, resté trop longtemps dans l’ombre.
André Dauchez, eau-forte, thoniers à marée basse, 1930, (465-30)
Les Honneurs:
André Dauchez est promu Chevalier de la Légion d’Honneur en 1911, puis Officier en 1932.
Il est nommé peintre Officiel de la Marine en 1922.
Il est élu Président de la Société Nationale des Beaux-Arts en 1931.
Il est élu membre de l’Académie des Beaux-Arts, section Gravure, en 1938.
Quelques participations aux Salons et autres expositions:
Salon des Artistes Français: 1887-1888-1889
Société Nationale des Beaux-Arts: à partir de 1894 il est sociétaire – 1922, il devient membre du Comité – de 1931 à 1936 il devient Président de la SNBA en remplacement de Forain.
Société des Peintres-Graveurs
Société Française de l’Illustration
Salons français de Nantes – Lyon – Quimper – Roubaix – Strasbourg – Dijon.
Salons à l’étranger: Pittsburgh (il est membre du jury à l’Institut Carnegie en 1920) – Munich – Bruxelles – Budapest – Barcelone – Gand – Karlsruhe – Montréal – Belgrade.
Expositions personnelles ou collectives dans les galeries françaises: Art Français – Georges Petit – Marcel Guiot – Berthe Weill – Devambez – l’Art Décoratif – Charpentier.
Stéphane Brugal – 2015
[1] Chevrillon André, André Dauchez, Drogues et Peintures, n°57,à Paris, Laboratoire Chantereau, coll Innothéna, 1948.
[2]André Saglio, André Dauchez, Les Arts Décoratifs, n°109, octobre 1907, pp.121 – 129.
Michel King, l’arrivée de la pêche à Saint-Guénolé, c.1960, huile sur toile, 92cm x 73cm Vendu-Sold
Michel King (1930) est un peintre de marines et un illustrateur.
Michel King fut l’élève de Desnoyer et de Gromaire; il a également appris la sculpture et la décoration. Depuis 1959, il participe à de nombreuses expositions collectives à Paris, aux Salons d’Automne, Comparaisons, Salon de la Marine; il est membre sociétaire des Indépendants et de la Société Nationale des Beaux-Arts. Il a eu plusieurs expositions personnelles en France.
Ses sujets principaux sont la mer et la marine; Michel King a été nommé peintre officiel de la Marine le 1er janvier 1973. Le musée de la Marine lui achète des oeuvres depuis 1959 et le choisit en 1994 pour illustrer les affiches du Salon de la Marine; en 1962 le Musée d’Art Moderne de Paris se porte acquéreur d’une de ses toiles. En 1992, l’artiste embarque sur les bâtiments de la Marine Royale Belle Poule et Jeanne d’Arc. Il est présent aux grandes manifestations navales.
Michel King est également peintre lithographe et peintre graveur : il a réalisé des illustrations pour les Sociétés de Bibliophilie, il a conçu le vitrail de la chambre de commerce de Dieppe et ceux de l’église de Saint Mards. Ses cartons de tapisserie sont tissés par sa fille Isabelle King, artiste Licière.
« Michel King peint, dessine et grave les côtes normandes. Il nous a raconté en des harmonies fauves avec une touche néo-cubiste les bateaux de pêche et leurs marins en ciré, sous un ciel changeant mangé de brume ou lavé par la pluie. Cette fois, sa palette éclate en des roses violents et des bleus francs pour peindre les toiles des parasols abandonnés sur les plages de Trouville et d’ailleurs gonflés et déformés par le vent. Le vent dont la présence est presque palpable a donné le peintre de la mer et Michel King nous prouve qu’il sait renouveler tout en restant fidèle aux atmosphères marines. » Claude Libert (Le Figaro).
Bibliographie: –Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome VI, p.807 –Dictionnaires des peintres français de la mer et de la marine, JN.Marchand, 1997
Henri Sollier, marché place Gambetta à Pont l’Abbé, huile sur toile, 65cm x 54cm Vendu-Sold
Henri Sollier (Bagnolet 1886 – Paris 1966) suit une formation artistique à l’Académie Julian en 1906 pour préparer l’examen d’entrée à l’école des beaux-arts de Paris, qu’il réussit en 1908. Il fut l’élève de François Flammeng. Il travailla trois ans à Dakar, d’où il rapporta quelques oeuvres caractéristiques. Il exposa régulièrement, à Paris, au Salon des Artistes Français dès avant 1914, où il obtint en 1920 une mention. En 1922, il reçut le Prix de l’Afrique Occidentale Française. Il obtint des médailles, d’argent en 1930, d’or en 1934 et 1937 (Exposition internationale).
Henri Sollier découvre la Bretagne dès 1922, qui va devenir sa principale source d’inspiration, notamment en Pays bigouden, et ceci jusqu’en 1956. Il ne se contente pas des motifs pittoresques que lui offrent les paysages bretons. Il s’attarde aussi sur ses habitants, dont il brosse des portraits réalistes. Avec Solitude, toile primée au Salon de 1930, Henri Sollier proclame son ralliement à la peinture régionaliste de son temps. Ses portraits de bretonnes, sans concession, font écho au réalisme social des peintures de Jules Adler dont Henri Sollier fréquenta l’Académie, parallèlement aux cours de l’école des beaux-arts.
L’artiste se rend à Bénodet et à Sainte-Marine, où Lucien Simon continue à peindre du haut de son sémaphore transformé en atelier depuis 1902. De même pour André Dauchez, dont les vues du Finistère sont proches des paysages contemporains d’Henri Sollier. Les deux artistes font preuve d’une approche voisine de la lumière, tantôt intense, tantôt tamisée, selon les variations du climat. Toutefois, il se montre souvent plus nuancé que son aîné, obtenant de rares effets de teintes pastel qui singularisent ses paysages bretons des années 1930.
De Sainte-Marine, l’artiste explore la Cornouaille, passant à Pont-l’Abbé, Loctudy, Lesconil, et Penmarch, où Lucien Simon peignit sa Procession. Dans ces ports de la côte bigoudène, il peint des pêcheurs remontant leurs casiers à langoustes ou réparant leurs filets. Plus au nord, Sollier fait escale, en 1935, à Camaret-sur-Mer, petit port de pêche situé à la pointe de la presqu’île de Crozon
Après 1957, Henri Sollier travailla dans différentes régions de France: Auvergne, Haute-Savoie, Provence et en Italie.
Bibliographie:
–Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome XIII, p.8
– B. Dumas, « Henri Sollier, Peintre naturaliste de la Bretagne », dans la revue ArMenn°189, Juillet-Aout 2012, p.48-55.
–La route des peintres en Cornouaille , Groupement Touristique de Cornouaille, 1997