Edouard Doigneau, le peintre des enfants en Cornouaille.

Doigneau
Edouard Doigneau, « Petits glazik à la fête », (scène de termaji ou la lanterne magique)
aquarelle gouachée sur papier, signée du monogramme en bas et à droite, 36 x 28cm
Oeuvre reproduite dans les ouvrages:
– « La fête vue par les peintres en Bretagne », Mr Michaux, Liv’Editions, 2016
– « Edouard Doigneau », Mmes Lemoussu-Chiron et Boucher-Doigneau, Ed Coop Breizh, 2008
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Peintre dans l’âme et le talent, Edouard Doigneau, issu d’une famille bourgeoise, passera d’abord par l’École polytechnique et un début de carrière militaire avant de décider de vivre pleinement d’un art qu’il entretenait déjà avec assiduité. Et cela marchera très bien pour lui, quasiment depuis le début, au contraire de grands maîtres qui rameront si longtemps, voire toute une vie. Subtile, éclatante de luminosité, au figuratif aérien et précis, son oeuvre, qu’elle soit d’huile, d’aquarelle ou simplement dessinée, s’est baladée de Bretagne en Orient en passant par une Camargue aussi vivante qu’envoûtante.

Quant à la Bretagne, et la Cornouaille en particulier, l’artiste lui a offert quelques joyaux charnels. On devine, devant ses scènes de Concarneau, Sainte-Anne-la-Palud, Loctudy ou Locronan, combien l’homme a voulu livrer son émotion sur la toile ou le papier. Le point d’orgue de cette période armoricaine étant, bien entendu, la fameuse ronde des petites Bigoudènes qui lui valut la médaille d’or du Salon des Artistes français en 1906. Aujourd’hui propriété de l’État, la toile attend d’être restaurée dans les sous-sols du Petit Palais. Amateur averti de peinture ou non, il est impossible de ne pas craquer pour cette oeuvre à travers un ouvrage sublime.

Célèbre, entre autres par sa « Ronde des petites Bigoudènes », le peintre Edouard Doigneau méritait bien un ouvrage consacré à son oeuvre abondante. Ce superbe livre vient d’être présenté à Ti ar Vro Quimper. Paule Boucher-Doigneau, petite nièce du peintre et Anne-Marie Lemoussu-Chiron, conférencière et professeur d’histoire de l’art viennent de réaliser l’ouvrage qu’il fallait pour mettre à la postérité populaire l’oeuvre d’un génie. Avec le coup de déclencheur avisé de Bernard Le Floc’h, de l’Institut culturel de Bretagne, les deux auteurs, ont forcément été motivées à mille pour cent. Mme Lemoussu-Chiron étant par ailleurs commissaire d’expositions et responsable de la Maison Marie-Henry au Pouldu (Clohars-Carnoët) qui consacra une exposition au peintre.

Bibliographie:

Edouard Doigneau par Anne-Marie Lemoussu-Chiron et Paule Boucher-Doigneau aux éditions Coop Breizh.

– « Art & modes enfantines, Edouard Doigneau en pays Bigouden« , Solenn Boënnec, Catalogue d’exposition, Pont l’Abbé, 2017

Ernest Guérin et le pays Bigouden!

pêcheurs bigoudens

Ernest Guérin (Rennes 1887 – 1952)
« Chez les pêcheurs bigoudens, Bretagne« 
Aquarelle, signée et titrée en bas et à droite, 21 x 26cm
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Ernest Guérin fut élève de Lafont et Ronsin aux Beaux-Arts de Rennes. Il exposa à Paris au Salon des Artistes Français, dont il devint sociétaire et fut membre de la South Wales Society ; il fut également exposant de la Royal Cambrian Academy. L’artiste obtint à l’École des Beaux-Arts en 1905 une médaille de vermeil, en 1906 le prix du Ministre, et en 1907 la médaille d’excellence.

Peintre et enlumineur, interprète des Bretons, de la mer, du Pays et de ses légendes. Anatole Le Braz voyait en lui l’interprète de la Bretagne pénétrée par la poésie de « l’autrefois ».

Artiste original, il pratique avec le même bonheur la gouache, l’aquarelle, l’enluminure et participe à de nombreux Salons. Très vite sa réputation grandit, par le caractère de son œuvre qui peint la rudesse de la vie, les coutumes des paysans bretons, les traditionnelles fêtes religieuses, et le caractère sauvage de la Bretagne au travers de ses paysages, son climat et ses atmosphères. Au côté de Mathurin Méheut, il témoigne des traditions de la vie villageoise, et de l’emprise des croyances religieuses sur le quotidien.


La peinture d’Ernest Guérin est marquée par une influence tardive du mouvement préraphaëlite. Ayant étudié les techniques de l’enluminure médiévale, il s’en est également inspiré dans son œuvre. À la fin de sa vie, son esthétisme se tourne vers une vision plus « taoïste » de l’univers pictural.

Bibliographie :

  • Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome VI,
    p.536
  • La route des peintres en Cornouaille, 1850-1950, Groupement Touristique de
    Cornouaille, 1997
  • Ernest Guérin, Imagier Breton, musée des Beaux-Arts de Rennes, Ed
    du Carabe, 2001

Pierre De Belay, le tourbillon de la couleur!

Rumengol
Pierre De Belay, « Le pardon de Rumengol », 1923,
huile sur toile, signée en bas et à droite, 46 x 55cm
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Pierre De Belay est né à Quimper dans une famille d’artistes. Son père négociant en vins, artiste amateur qui peint beaucoup de paysages des bords de l’Odet ou l’activité du port de Quimper, ne s’oppose pas aux ambitions de son fils. Les seuls conseils qu’il accepte sont ceux de son père. En 1903, Pierre de Belay peint déjà de nombreux portraits de notables Quimpérois. Il est repéré par Max Jacob, poète quimpérois et grand ami de la famille. Déjà, Max Jacob lui prédit qu’il deviendrait un artiste célèbre. Il étudie sans maître, travaille quinze heures par jour, fait des croquis de pêcheurs au port, note les épisodes de la vie quotidienne des marins. Max Jacob lui enseigne à diriger, à contrôler sa nature, mais à ne pas lui désobéir. « Le dessin, lui répétait-il, commence non pas avec la copie des formes naturelles, mais avec l’interprétation de ces formes en vue de la création. Il n’y a pas création là où il n’y a que copie servile ». Il rejoint Max Jacob à Paris en 1905 où il rencontre Picasso au Bateau-Lavoir. Sa vie est ainsi partagée entre Paris où il fréquente l’avant-garde, et la Bretagne où il peint les scènes de port ou de marchés.
Entre 1920 et 1928, Pierre De Belay exposa au Salon d’Automne; de 1926 à 1945, au Salon des Indépendants; et de 1927 à 1935, au Salon des Tuileries.
On peut diviser son oeuvre en plusieurs périodes qui parfois se recoupent. Dans ses oeuvres d’adolescence, il usait de passages et de clairs-obscurs dans la tradition romantique. Puis il se dirige vers une construction plus matérialiste dans des paysages bretons; puis suivent des scènes de cirque et des scènes de la vie du Paris des années trente. A partir de 1935, il réalise un grand nombre d’oeuvres, peintures et dessins, consacrées aux juges et aux avocats de tendance expressionniste. De Belay se situait alors proche de Soutine. Il changea radicalement sa manière vers 1937. Sous l’influence de la gravure qu’il pratiquait depuis 1926, il inventa une curieuse et originale manière de peindre à l’huile par touches entrecroisées qu’il appela le « treillisme ».

Artiste complet, Pierre de Belay est avant tout le chantre de la couleur. Épaisse, déliée, en aplat ou zébrée, la touche rayonne de pigments purs qui enchantent chacune de ses compositions. À rebours d’une génération d’artistes qui s’engouffre dans les vertiges d’une peinture sombre et tourmentée, il adopte une palette de couleurs vives et chatoyantes. Ce tableau est à rattacher au grand décor de l’hôtel Kermoor de Bénodet, aujourd’hui installé au musée des Beaux-Arts de Quimper, qui est considéré comme l’un des chefs d’œuvre du peintre, témoignant de la verve et de l’indépendance de son style alliant rythme du dessin et aplats colorés.

Bibliographie:

  • Pierre De Belay, André Cariou, Musée des Beaux-Arts de Quimper, 1988
  • Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome II, p.33
  • La route des peintres en Cornouaille 1850-1950, Ed Group Touristique de Cornouaille, 1997 

Legout-Gérard, une perle de Concarneau.

Legout-Gérard
Fernand Legout-Gérard (Saint-Lô 1856 – Paris 1924), l’arrivée de la pêche à Concarneau,
huile sur panneau parqueté, signée en bas et à gauche, 11,5×16,5cm, Vendu -sold

Fernand Legout-Gérard (ou Le Gout-Gérard) a passé toute sa jeunesse dans la région de la Manche. Il découvre Concarneau vers 1889, qui deviendra son port d’attache et son sujet favori. Il est nommé peintre officiel de la Marine en 1900.

La maison du peintre devient un lieu de rendez-vous des « peintres de Concarneau », avec notamment Alfred Guillou, Théophile Deyrolle et Achille Granchi-Taylor.
Il peint des scènes typiques, des marchés, des foires, les retours de pêche… Souvent le calepin à la main, il prenait en un seul croquis, l’attitude d’un personnage, un costume, le tout avec une exactitude qui lui est propre.

Fernand Legout-Gérard a beaucoup représenté la Bretagne. C’est un peintre mais aussi un aquarelliste et un dessinateur. Dès 1902, il est qualifié par un critique de « peintre par excellence des marchés et des ports de la Bretagne ». Et Auguste Dupouy le surnommera en 1923 « le Claude Lorrain de notre Cornouaille maritime ».

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome III, p.290
Fernand Le Gout-Gérard , 1854-1924, J.M. Michaud, catalogue d’exposition, Musée du Faouët, 2010

Lucien Victor Delpy, le quai des pétroliers à Concarneau!

Concarneau
Lucien Victor Delpy (1898-1967),« Le quai des pétroliers à Concarneau », 1956
gouache, signée et datée en bas et à droite, 50 x 65cm
Vendu -sold

Lucien Victor Delpy (Paris 1898 – Lorient 1967)

Delpy est admis le 14 novembre 1914 à l’École nationale supérieure des beaux-arts dans les ateliers de Fernand Cormon, d’Émile Renard et de Jean-Pierre Laurens, puis il étudie auprès de Charles Fouqueray. Il installe son atelier à Montparnasse en 1923.

Il s’engage comme volontaire en 1917 jusqu’en octobre 1919 puis il revient à l’atelier Cormon.

Il découvre la Bretagne en 1924 et il deviendra un incontournable artiste du Groupe de Concarneau d’entre les deux-guerres. Il nous dépeint ici, dans une claire palette de couleurs, le quai des pétroliers à Concarneau, qui accueille les grands navires, notamment ceux venant du Nord de l’Europe, pour livrer du bois ou de la rogue, principal appât utilisé pour la pêche à la sardine.

Lucien Victor Delpy est médaille d’argent et titulaire du prix Paul Liot au Salon des artistes français de 1927. Il reçoit le prix Dumoulin pour l’Algérie de la Société coloniale des artistes français en 1928, et est nommé peintre de la Marine en 1931, année où il reçoit également le grand prix de la Ville de Paris pour l’Afrique du Nord.

Il est envoyé en mission sur le front à Dunkerque en 1940, puis à Cherbourg. On le retrouve en mission avec l’Armée Rhin et Danube en 1945, année où il est nommé peintre aux armées.

Lucien Victor Delpy embarque en mission Toulon-Saigon en 1950. L’artiste sera également envoyé en mission comme peintre militaire en Algérie française en 1958 avec les fusiliers marins dans l’Oranais et à Nemours (aujourd’hui Ghazaouet).

Le peintre reçoit le prix des paysagistes français en 1946 et le prix Corot en 1947. Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur en mars 1954.

Bibliographie:

Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999,

La Route des peintres en Cornouaille, 1998, Quimper