Henry Bouvet, Méditerranée, huile sur panneau, 33.5x41cm Vendu-Sold
Henry Marius Camille Bouvet (Marseille 1859 – Paris 1945) entra à l’Ecole des beaux-arts de Lyon en 1878, puis à celle de Paris en 1891, où il eut pour maîtres Alfred Roll et Eugène Carrière. Il exposa régulièrement à Paris à partir de 1892, au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts, dont il devint sociétaire en 1897 et membre du jury en 1901 et 1905. Il exposait aussi au Salon des Artistes Français. Il participa à des salons collectifs: 1928 Marseille, 1929 New York, 1934 Tokyo. En 1901, il réalise des commandes publiques, dont le plafond de la salle des fêtes de l’hôtel de ville d’Asnières. Il eut des expositions personnelles: 1896 Nantes, 1898 Dresde, 1907 rétrospective à la galerie Georges Petit, 1909 Monaco, 1913 Buenos Aires, 1923 à la galerie Charpentier à Paris.
De sa première période, on peut remarquer la sensibilité d’Henry Bouvet aux changements de la lumière sur les choses au gré des saisons ou des heures. C’est comme s’il s’était tenu à une peinture académique tout en ayant une sensibilité impressionniste.
Il a travaillé surtout dans le Midi, mais aussi dans son atelier parisien et à Belle-Ile où il séjourna en 1898 et d’où il rapporte un ensemble de vues de la côte. Mais dans les années vingt, la Méditerranée devint la Côte d’Azur et la Riviera. Il peint des sujets mondains sur la Côte, portant un intérêt pour cette vie de luxe.
Henry Bouvet fut un peintre qui savait tout faire. Il aurait pu s’insérer dans plusieurs moments de l’histoire de la peinture de son époque. Il a préféré s’ancrer aux valeurs établies de la tradition.
Bibliographie:
–Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome II, p.691-692
Antonio Berni, Nu allongé, portrait présumé de Graciela Amor Huile sur toile, signée en bas et à droite, 27 x 46cm Vendu-Sold
Antonio Berni est né en 1905 à Rosario. Les talents artistiques du jeune Berni sont vite remarqués : il commence sa carrière professionnelle dans l’atelier de Fornells, atelier de fabrication de vitraux polychromés.
A 20 ans, il obtient une bourse pour aller se perfectionner en Europe. Il se rend en Espagne, à Ségovie, Tolède et Cordoue, où il découvre les oeuvres des grands maîtres espagnols comme Le Gréco ou Goya. En 1926, il se trouve à Paris, où il découvre les mouvements avant-gardistes. Il va intégrer les ateliers d’André Lhote et de Othon Freisz. En 1929, il se lie avec Louis Aragon et le mouvement surréaliste, qui va être un tournant dans sa carrière d’artiste. En 1930, il rentre définitivement à Rosario, et il va exposer à plusieurs reprises notamment à Buenos Aires, des oeuvres influencées par le Surréalisme.
A cette époque, ses oeuvres sont empreintes d’un fort message politique en ces temps de crise, dénonçant l’injustice sociale, notamment à travers de grandes fresques murales. En 1933, il est nommé directeur de la Mutuelle des artistes plasticiens de Rosario. Cette même année, il est à l’initiative de la création du Nouveau Réalisme en Argentine, et de celle de l’école des Beaux-Arts de la Province, qui verra le jour en 1935, et où il enseignera jusqu’en 1946. Il voyage en Amérique Latine pour mieux comprendre les différentes réalités sociales.
Il va exposer dans différentes capitales européennes à la fin des années 1950, et il va créer deux personnages qui seront les symboles de la souffrance et des pressions sociales de l’époque sur les calsses populaires et les femmes: Juanito Laguna, un petit garçon qui vit dans la banlieue de Buenos Aires au milieu des déchets, et Ramona Montiel, une prostituée des beaux quartiers. Pour représenter leur misère et la rendre plus palpable, Antonio Berni utilise tous type de matériaux recyclés trouvés dans les marchés aux puces ou les poubelles, et constituera ainsi des collages et des photomontages.
Antonio Berni aura exposé partout dans le monde, galeries et musées. Il meurt à Buenos Aires en 1981, à l’âge de 76 ans.
Ce tableau est à rapprocher à celui représentant Graciela Amor, nu couché au corps blafard horizontal sur une plage, avec mer d’un bleu nuancé de vert et ciel d’un bleu profond barré de noir.
Renée Bernard, le vieux Paris, 1941 huile sur toile, signée et datée en bas et à droite, 56 x 47cm Vendu-Sold
Renée Bernard (1906-2004) fut l’élève de Lucien Simon à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts entre 1930 et 1934; elle y rencontre Yves Brayer et Lucien Fontanarosa.
Elle passe avec succès les professorats de dessin, et va enseigner de 1931 à 1950 le dessin, et deviendra inspectrice de l’enseignement du dessin de la Ville de Paris de 1950 à 1968.
Elle participe à de nombreux salons et reçoit maintes distinctions. Elle a reçu de nombreux prix dont 4 prix de l’Institut et le prix de l’AOF. Certaines de ses œuvres sont conservées par les musées de Dieppe, Vienne (Isère) et celui de Grenoble. Elle entreprend de nombreux voyages, la Bretagne, le Dauphiné, la Provence, les Antilles françaises, l’Italie, le Maroc, la Grèce, l’Egypte.
Elle entreprend en 1947, un périple de plusieurs mois en Afrique Occidentale, où elle partira à la découverte du Sénégal, du Soudan, de la Côte d’Ivoire, de la Haute-Volta, de la Guinée et de la Mauritanie. Voyage presque initiatique dans une Afrique haute en couleurs et personnages:
“J’ai enfermé dans mon coeur tous les plus beaux cadeaux du monde: la chaleur peu commune de l’accueil, les sympathies échangées, la douceur de l’amitié, la joie de découvrir, d’admirer, de peindre en toute liberté, la plaisir de pénétrer des vies simples et pures, enfin le temps donné à l’interrogation, la réflexion et parfois aussi la souffrance.” extrait de son livre: « Renée Bernard, randonnée à travers l’Afrique en 1947« , Paris, 1988. Voir aussi: « Les Africanistes: peintres voyageurs, 1860-1960″, par Lynne Thornton, 1990.
Le Musée d’Angoulême a reçu en 2004 en legs d’œuvres de Renée Bernard ainsi que des objets lui ayant appartenu, notamment des tissus et masques africains collectés en 1947 lors de son séjour en Afrique Occidentale.
Emmanuel Bellini, Casino de Monte-Carlo, huile sur toile, signée en bas et à gauche, 55x46cm Vendu-Sold
Emmanuel Bellini, né le 26 mars 1904 à Monaco, qui vécut successivement à Spéracèdes (1951-1952) et à Cannes (à partir de 1953) où il est mort le 15 décembre 1989, est un artiste peintre, dessinateur et lithographe figuratif français. Il fut également architecte jusqu’en 1977.
Après une scolarité effectuée à l’école des Frères, il est élève en 1919 de l’École de dessin du Rocher (rebaptisée depuis École supérieure d’arts plastiques de la ville de Monaco) où son maître, le professeur Colombo, lui apprend la ronde-bosse au fusain et l’autorise à travailler l’aquarelle, et dont il sort breveté en 1922. Peintre autodidacte encouragé dans cette vocation par Cyril Constantin, il réalise sa première toile en 1948. En 1949, il expose à Cannes dans le hall de la compagnie Grosso. Les peintres Louis Pastour et Jean-Gabriel Domergue le couvriront d’éloges. Ses huiles et ses nombreuses aquarelles ont des couleurs intenses dont les tonalités ont des accents de fauvisme et d’impressionnisme.
Emmanuel Bellini est prolixe : pas loin de 40 thèmes abordés au cours de ses cinquante années de créations. Un thème fétiche : la carriole ou la calèche, son emblème, souvenir de son enfance lorsqu’il soignait les chevaux le soir après leur journée de labeur. Ensuite, les clowns, le cirque, les fleurs, les éléments d’architecture, les dômes, Venise la rouge, Paris, Nantes, Monaco, la Révolution française, Eugenio Lucas Velázquez, les paysages oniriques, et bien d’autres, le tout resitué à la Belle Époque.
Pour son 80e anniversaire, le prince Rainier de Monaco lui offre une exposition au Sporting d’Hiver. Elle sera l’occasion de présenter une série sur le Cirque, passion commune du peintre et du Prince, ainsi qu’une variation sur Velázquez.
Bibliographie:
–Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999,
-Lucette Bellini et Bénédicte Lecat, Emmanuel Bellini, Éditions Serre, 2003.
Augustin Carrera, sous la pergola ombragée, c.1920 huile sur toile, signée, 78 x 81cm Vendu-Sold
Elève de Léon Bonnat et d’Henri Martin, Augustin Carrera exposa au Salon des Artistes Français dès 1904, obtenant une médaille d’or en 1937. Il a participé au Salon des Indépendants et des Tuileries, de 1927 à 1933. Officier de la légion d’Honneur.
Parcourant les expositions, Augustin Carrera observe et s’imprègne des œuvres de Cézanne, Paul Gaugin ou encore Seurat. Cependant ce sont Degas, Toulouse-Lautrec, Van Gogh, Monet et Pissaro qui auront la plus grande influence dans son travail. Le paysage prend alors une toute autre place dans les toiles de Carrera. Ces éléments qu’il considérait comme accessoires deviennent des sujets à part entière dans lesquels il laisse éclater la vivacité de sa palette, ce qui lui permet d’approcher la peinture d’une manière qui lui est alors tout à fait nouvelle.
En 1912, l’artiste bénéficie de la Bourse d’Indochine qui marque un tournant dans son œuvre. Cette période donne naissance à de très belles toiles réalisées directement là bas. Augustin Carrera réside en Extrême-Orient durant huit mois et rapporte des compositions aux sujets inédits : des temples, des bords du fleuve rouge et des scènes de vie locale. Le roi du Cambodge lui confie alors la réalisation de panneaux monumentaux pour son palais, que l’artiste posera lors de son prochain voyage en 1928.
En 1914, lorsque la guerre éclate, Augustin Carrera est mobilisé. Se retrouvant en état de convalescence dès 1916, il s’installe à Allauch. Lors d’un voyage en Espagne dans les années qui suivirent, Carrera a une révélation lorsqu’il découvre les œuvres du Greco et de Velasquez. Il part alors s’installer à Paris, dans le quartier de Montparnasse, nouveau centre artistique européen qui vient de détrôner Montmartre.
Le critique d’art François Thiébault-Sisson le suit assidument dans le journal « Le Temps » et lui permet d’affirmer sa notoriété, déjà acquise lors d’expositions à la galerie Druet mais également grâce à un contrat avec la galerie Georges Petit qui lui donne l’opportunité d’exposer un de ses thèmes de prédilections : le nu féminin. Les œuvres de Carrera deviennent très prisées des collectionneurs et l’artiste obtient plusieurs commandes. Il réalise deux panneaux décoratifs pour le Ministère des Colonies, fortement influencés par son séjour en Indochine. Fasciné par le théâtre, il fréquente de nombreux établissements et se voit confier la réalisation des décors de l’Opéra de Marseille en 1924.
Très proche des peintres de l’école provençale, Augustin Carrera invite Hurard, Eichacker, De Groux, Audibert et Verdilhan à réaliser ces décors monumentaux à ses côtés. Carrera est sacré chevalier de la Légion d’honneur en 1920 et officier en 1928. Si le talent d’Augustin Carrera se déploie dans les paysages qu’il réalise dans le cadre de décors monumentaux et de ses commandes officielles, l’unicité de son art se révèle dans le nu féminin. Le peintre étudie assidûment le détail anatomique, qu’il retranscrit sur la toile avec attention tout en conférant une importance toute particulière à la lumière et à l’harmonie des tonalités. Les nus de Carrera ne sont pas sans rappeler la sensualité et l’érotisme de la sculpture. Leur modelé est révélé par la lumière, sculpté par le coloris gris des chairs et de la pâte dont l’ampleur attire et retient le regard.
Antoine Bourdelle dira à son propos « Augustin Carrera a trouvé le moyen dans sa peinture d’assembler la hardiesse du coloris et l’exquise finesse de l’atmosphère. Marseillais vous avez un grand peintre ! Soignez le ! »
Bibliographie:
– Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome
III, p.290
– Dictionnaire des petits maîtres, G.Schurr, Ed
Amateur, 1999
– Augustin Carrera, Camille Rouvier
– La merveilleuse Provence des Peintres, André Alauzen
di Genova, Ed NAEF/Aubéron, 1999