Raphaël Lewisohn, peintre méconnu de la Bretagne.

Raphael Lewisohn
Raphaël Lewisohn, la jeune bergère sur la dune, c.1900
huile sur panneau, signée en bas et à gauche, 61x50cm
Vendu-Sold

Raphaël Lewisohn (Hambourg 1863 – Paris 1923) est un peintre allemand actif à Paris.

Raphaël Lewisohn exposa à Munich en 1891 et 1893. Il était le demi-frère d’Adolph Lewisohn, financier new-yorkais installé à Paris.

Il vint s’installer en France, où il fut membre de la Société Nationale des Beaux-Arts depuis 1897.

Il peint dans différentes régions de France, dont la Bretagne et le pays Basque, ainsi qu’en Espagne. Il eut plusieurs expositions personnelles aux Etats-Unis.

Cette oeuvre est à rapprocher d’une oeuvre acquise en 1907 par ce qui deviendra le Telfair Museum of Art (Savannah, Georgia, USA).

On trouve également de lui une oeuvre intitulée “la danseuse en Bretagne” dans la collection Vollard du musée Léon Dierx, mais bien d’autres dans les musées français.

Bibliographie:

Dictionnaire des peintres et des sculpteurs, Bénézit, Ed Gründ, Tome VIII, p.614

Jean-Haffen, la vie des pêcheurs en Finistère.

Jean Haffen pêcheurs en Finistère
Yvonne Jean-Haffen (1895-1993), au port de Camaret,
technique mixte, signée en bas et à gauche,
Vendu-Sold

Yvonne Jean-Haffen nous présente une belle composition représentant des pêcheurs dans leurs barques sardinières, en train de préparer la cotriade, amarrées aux quais du port de Camaret. C’est une sorte d’instantané de la vie de ces pêcheurs; on est témoin, sur le quai, de cette petite flottille de barques noires, typiques du Sud-Finistère, qui viennent se protéger pour la nuit, le long des quais du port de Camaret. En légère contre-plongée, ignorant presque la présence du ciel, la présence forte des lignes verticales des mâts des chaloupes coupent cette composition dont le fond nous dévoile la Tour Vauban, la chapelle de Notre-Dame de Rocamadour et le cimetière des bateaux.

Yvonne Jean-Haffen rencontre Mathurin Méheut en 1925 et deviendra son élève jusqu’à la mort de celui-ci, travaillant avec lui sur différents projets et en maints endroits de la Bretagne principalement. Au début de leur rencontre, elle travaille la gravure et la céramique à Quimper, puis la caséine et la gouache. Elle travaillera aux côtés de Méheut, parcourant toute la Bretagne.

Elle a exposé en 1924 au Salon des Artistes Français, puis à la Société Nationale des Beaux-Arts dont elle devint sociétaire, en 1927. Cette année-là, elle débute sa collaboration avec la faïencerie Henriot à Quimper, et présentera ses céramiques au Salon des Artistes Décorateurs.

Le Musée Yvonne Jean-Haffen est installé à La Grande-Vigne qui était la demeure, l’atelier et le lieu d’inspiration de l’artiste collaboratrice et amie du peintre Mathurin Méheut (1882-1958). Aujourd’hui propriété de la Ville de Dinan, la maison a su garder l’atmosphère chaleureuse instaurée par Yvonne. L’artiste aimait y recevoir ses amis artistes et écrivains, notamment Mathurin Méheut, Roger Vercel et Florian Le Roy. À l’intérieur, les objets personnels de l’artiste sont encore en place et font de la maison un lieu hors du temps. 

Bibliographie:

-Delouche Denise, De Stoop Anne. Yvonne Jean-Haffen. Ed.Palantines, 2012.
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999
Yvonne Jean-Haffen, Finistère, catalogue d’exposition, Morlaix, Musée des Jacobins, 1997

Narcisse Guilbert, l’impressionniste de l’école de Rouen.

Narcisse Guilbert
Narcisse Guilbert, la femme au tub,
huile sur panneau, signée, 51,5x62cm
Vendu-Sold

Narcisse Guilbert (Bouville 1878 – 1942) fut élève à l’école des Beaux-Arts de Rouen où il suit les cours de Philippe Zacharie. En 1910, l’Académie des Beaux-Arts de Rouen lui décerna la bourse du prix Pellecat, ce qui lui permit de découvrir la Bretagne et les paysages marins.

En 1907, il participa à la fondation et à la première exposition de la Société des Artistes Rouennais. Il fit sa première exposition personnelle à Rouen en 1908, et une à Paris en 1920. Il expose régulièrement au Salon de Rouen de 1907 à 1936, au Salon du Havre en 1909 et 1922 et à la galerie Legrip à Rouen.

Narcisse Guilbert fit partie de ce groupe d’artistes rouennais qui, derrière Alert Lebourg et Pierre Dumont, reçurent la leçon des impressionnistes. L’animateur du groupe, Delattre, fonda une Académie Libre, où se retrouvaient les amis et où Guilbert étudia aussi. Il peignit les paysages marins autour de Fécamp et Varengeville, l’année 1930 étant celle où il peignit le plus de marines.

Il fut très lié à Robert Antoine Pinchon, autre artiste de cette Ecole de Rouen. D’ailleurs, dans ce tableau, c’est madame Pinchon qui pose comme modèle dans cette composition où il montre qu’il a bien compris la leçon des impressionnistes.

« Très sensitif, très spontané, talent nerveux et souple, épris d’harmonies sonores et colorées, il se distingue par la beauté de ses coloris, par une facture vive et expressive, par un très beau métier de peintre. Il est surtout le peintre des ciels de pleine lumière, des ciels d’or et de pourpre.» Georges Dubosc.

Ernest Guérin, la réussite de l’imagerie bretonne.

ernest guérin sardiniers

Ernest GUERIN (Rennes 1887 – 1952)
Les sardiniers bretons,
Aquarelle, signée et titrée en bas et à droite, 27 x35cm
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Ernest Guérin fut élève de Lafont et Ronsin aux Beaux-Arts de Rennes. Il exposa à Paris au Salon des Artistes Français, dont il devint sociétaire et fut membre de la South Wales Society ; il fut également exposant de la Royal Cambrian Academy. Il obtint à l’École des Beaux-Arts en 1905 une médaille de vermeil, en 1906 le prix du Ministre, et en 1907 la médaille d’excellence.

Peintre et enlumineur, interprète des Bretons, de la mer, du Pays et de ses légendes. Anatole Le Braz voyait en lui l’interprète de la Bretagne pénétrée par la poésie de « l’autrefois ».

Artiste original, il pratique avec le même bonheur la gouache, l’aquarelle, l’enluminure et participe à de nombreux Salons. Très vite sa réputation grandit, par le caractère de son œuvre qui peint la rudesse de la vie, les coutumes des paysans bretons, les traditionnelles fêtes religieuses, et le caractère sauvage de la Bretagne au travers de ses paysages, son climat et ses atmosphères. Au côté de Mathurin Méheut, il témoigne des traditions de la vie villageoise, et de l’emprise des croyances religieuses sur le quotidien.
La peinture d’Ernest Guérin est marquée par une influence tardive du mouvement préraphaëlite. Ayant étudié les techniques de l’enluminure médiévale, il s’en est également inspiré dans son œuvre. À la fin de sa vie, son esthétisme se tourne vers une vision plus « taoïste » de l’univers pictural. Les paysages d’Ernest Guérin reflètent un art inspiré des œuvres japonaises et chinoises, mêlant petits personnages et horizons oppressants qui occupent la totalité de la composition.

Bibliographie :

  • Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome VI, p.536
  • La route des peintres en Cornouaille, 1850-1950, Groupement Touristique de Cornouaille, 1997
  • Ernest Guérin, Imagier Breton, musée des Beaux-Arts de Rennes, Ed du Carabe, 2001

André Even, le peintre natif de Pont-Aven.

André Even
André Even, paysage vallonné,
huile sur toile, signée en bas et à gauche, 27x41cm
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André Even (1918-1997) passe sa jeunesse à Pont-Aven où il côtoie les différents peintres qui viennent chercher l’inspiration dans cette petite bourgade de caractère du Sud-Finistère.

Après sa scolarité, à 16 ans il s’engage dans la Marine à Lorient et il suit des études de mécanicien à l’école aéronavale de Rochefort-en-Terre. Mobilisé, André Even est basé à Cherbourg. A cette époque, sa foi religieuse se renforce, et après sa démobilisation, il passe du temps comme missionnaire et rejoint Monseigneur Lefèbvre.

En 1942, André Even part à Paris où il fait ses études dans l’atelier Souverbie, à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts, puis entre dans l’atelier de Maurice Denis. Il trouve un travail au Ministère des Bâtiments et Monuments Historiques, engagé sur de nombreux chantiers de restauration après la guerre. Il se forme aux techniques de peintures anciennes et de fresques. Il revient en Bretagne au début des années 1950 où il va exécuter des peintures murales, notamment dans les églises de Névez (1950), Concarneau (1951), de Lorient (église Jeanne d’Arc), Rocleng-sur-Geer près de Liège (1955).

Revenant à Paris en 1955, il décide de se consacrer à une peinture que lui nomme « civile » autour de thèmes paysagers (paysage urbain de Paris ou champêtre de Pont-Aven).

Les sujets répétitifs d’André Even sont déclinés avec des dominantes colorées telles que le vert, le jaune et le rouge. Il a toujours accordé une importance à la fabrication de sa peinture à la manière d’un artisan et même mis au point une technique unique, une matière à base de cire vierge et de pigments colorés qui constitue aujourd’hui une des grandes originalités de son œuvre.

Marqué par l’Ecole de Pont-Aven, il simplifie les plans colorés, donnant un art tantôt pseudo-naïf, tantôt décoratif, qui se réalise notamment dans ses tapisseries.

Ses oeuvres sont présentes dans les musées: Brest, Pont-Aven, Tourcoing, Marseille, Vatican.

Bibliographie:

-Dictionnaire des Peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999

-Christian Dautel, André Even : Un peintre né à Pont-Aven, Bulletin Municipal du 3e trimestre, 1996