Henri Rivière, japoniste européen!

Henri Rivière
Henri Rivière, le calme plat, série « Féerie des heures », 1901-1902,
lithographie, signée en bas et à droite, 31cm x68cm

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De 1885 à 1895, Henri Rivière (1864-1951) séjourne tous les étés à Saint-Briac-sur-Mer, tout en parcourant d’autres lieux en Bretagne, toujours fasciné par la mer. Il fait construire une maison à Loguivy-de-la-Mer (Ploubazlanec, à l’embouchure du Trieux), et c’est là que se passent désormais les étés jusqu’en 1913.

En 1917, Henri Rivière cesse de s’exprimer par l’estampe, et il utilise l’aquarelle, déjà un peu pratiquée depuis 1890 (il a laissé 1000 aquarelles). Il voyage beaucoup, passe la Seconde Guerre mondiale à Buis-les-Baronnies où son épouse décède en 1943, devient aveugle en 1944, et dicte ses mémoires, publiés en 2004 sous le titre Les Détours du chemin.

Henri Rivière a commencé par l’eau-forte, découverte en 1882. En 1889 il redécouvre de manière empirique la gravure sur bois à la méthode japonaise, devenant l’un des piliers du japonisme européen : sa première planche étant le chantier de la Tour Eiffel. En 1891, les Trente six vues de la Tour Eiffel sont des lithographies. Parmi les bois gravés célèbres : Paysages bretons, La Mer : études de vagues (forte influence japonisante, allusions à Hokusai, Hiroshige). La lithographie lui a permis d’augmenter les formats, par exemple pour une collection destinée aux enfants chez Larousse, Aspects de la nature, puis Beaux pays de Bretagne, Paysages parisiens et surtout son chef d’oeuvre Féerie des heures.

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999,
– Valérie Sueur-Hermel (dir.), Henri Rivière, entre impressionnisme et japonisme, éditions de la BnF, 2009

Pierre Guastalla, un artiste complet!

Pierre Guastalla
Pierre Guastalla, Sainte-Marine, c.1950,
eau-forte, tirage 1/50, 32cm x 49,5cm

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Ingénieur de l’école centrale, Pierre Guastalla (1891-1968) fut à la fois peintre, graveur, écrivain et historien de l’art. En 1925, il crée avec ses amis le « Groupe des 11  » qui, lors de sa quatrième exposition à la Galerie Armand Drouant, en 1928, consacre une salle à la gravure, embryon de La Jeune Gravure contemporaine, avec Louis-Joseph Soulas, Léon Lang, André Jacquemin, Mily Possoz, Joseph Hecht.

L’année suivante a lieu à la Galerie Marcel Guiot la première exposition Les Jeunes Graveurs contemporains. C’est dans cette même galerie que Pierre Guastalla présentera sa première exposition particulière de gravures et de dessins en mai 1931. Il participe au Salon des Tuileries, au Salon des Indépendants et au Salon d’Automne et il expose dans le monde entier.
Pierre Guastalla organise aussi les expositions de La Jeune Gravure contemporaine en France et à l’étranger. Son oeuvre gravé comprend plus de six cents planches. Il a aussi illustré de nombreux ouvrages littéraires, d’auteurs anciens comme Clément Marot, Louise Labé ou Stendhal, et, parmi les modernes, Paul Valéry ou Jules Supervielle. D’importants musées conservent ses oeuvres.

Lucien Simon, un autre Africaniste!

A l’Académie Julian, Lucien Simon (1861-1945) fut l’élève de Tony-Robert Fleury et de William Bouguereau. Il sera professeur à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, ou il enseigna à Humblot, Henri Jannot, Yves Brayer, Renée Bernard et Georges Rohner.

Il participa de 1931 à 1934 aux expositions de la Royal Academy de Londres et exposa au Salon des Artistes Français de Paris

Lucien Simon s’installe en Bretagne, à Sainte-Marine en 1902, au sémaphore de Sainte-Marine et fait partie de la « Bande Noire ». Il fut le peintre du Pays Bigouden. Il a été également un remarquable portraitiste. Son dessin est vigoureux, sa palette très chaude et colorée.

Le premier contact de Lucien Simon avec le continent africain date de 1884, alors qu’il se rend en Algérie en compagnie de son demi-frère Eugène Simon qui effectue des recherches en tant que naturaliste, mais aussi en compagnie d’Etienne Dinet, le futur grand peintre orientaliste.

En 1908, invité en Algérie, Lucien Simon emmène son fils Paul Simon et ses amis René Ménard et René-Xavier Prinet.

En 1928, Lucien Simon est invité au Maroc afin de peindre le portrait du médecin du pacha de Marrakech. De nombreuse oeuvres de Rabat, Marrakech, Tanger, Fez ou d’Oran, témoignent de la fascination que ce pays a exercé sur le peintre.

En 1931, Lucien Simon traverse l’Atlantique pour se rendre en Argentine et au Brésil où il donne une série de conférences. Il va faire escale sur le continent africain et en particulier au Sénégal (Dakar), et la même année, Lucien Simon participe à l’Exposition Coloniale de Paris. Ce dessin fait partie des quelques pièces qu’il a pu exécuter lors de cette escale.

Lucien Simon,  »  foule à Dakar, Sénégal »,  c.1931,

dessin, signé en bas et à gauche, 39cm x 37cm

collection Stéphane Brugal

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Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome XII
Lucien SIMON, André Cariou, Ed Palantines, 2002
La route des peintres en Cornouaille, Quimper

Jules Noël, grand peintre du XIXème siècle!

Jules Noël
Jules Noël,  retour de pêche par grand vent, 1879,
huile sur toile, signée et datée 1879 en bas et à gauche, 38cm x 54cm

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Jules Noël (1810-1881), celui que l’on considère souvent comme un « petit maître » de la peinture du XIXe siècle, est trop injustement méconnu malgré le succès qu’il a toujours eu auprès des amateurs, de son vivant et jusqu’à aujourd’hui.

Bien que né à Nancy en 1810, il passe son enfance et son adolescence à Quimper, apprenant des rudiments de dessin dans l’entourage de son père qui travaille à la construction du canal de Nantes à Brest. Il fréquente un temps l’académie de Charioux à Brest et est alors au contact des professeurs de dessin de l’Ecole navale qui sont spécialisés dans des vues de ports ou des scènes historiques. Après l’échec d’une installation à Paris, Jules Noël est professeur de dessin à Saint-Pol-de-Léon, Lorient puis Nantes et commence à exposer à Paris de 1840 à 1879.

La rencontre du duc de Nemours lui permet de devenir en 1847 professeur de dessin au lycée Henri IV à Paris. Jules Noël y enseignera jusqu’en 1879, consacrant ses vacances scolaires au dessin et à la peinture sur le motif. Il revient en Bretagne régulièrement (la Bretagne compte environ pour la moitié de l’oeuvre), travaillant surtout dans la région de sa belle-famille à Auray et Hennebont, mais aussi à Quimper, Douarnenez, Brest, Landerneau ou Morlaix. Dans les années 1870, il passe surtout ses vacances au Tréport ou à Fécamp, et ses évocations normandes occupent environ un quart de l’oeuvre, le reste étant consacré à des scènes liées à divers voyages (il s’est spécialisé un temps dans des représentations orientales, mais elles sont imaginaires). En mauvaise santé au moment de sa retraite, il rejoint l’une de ses filles établie en Algérie où il meurt peu après en 1881.

Dans ses marines, par sa sensibilité aux effets atmosphériques, son attention donnée à la lumière, et la place accordée au ciel et à la mer, Jules Noël s’affirme comme un « compagnon de route » des précurseurs de l’impressionnisme, le contemporain de Corot, de Jongkind. Ses « crinolines » sur les plages normandes sont parentes de celles de Boudin. Son étourdissante dextérité a toujours séduit les amateurs les plus divers.

Suzanne Tourte, une moderne!

Suzanne Tourte
Suzanne Tourte, « l’arrivée du vainqueur », 1928,
huile sur toile, 60cm x 81cm
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. Cette oeuvre a rejoint les collections de la commune de Cormontreuil, Marne.

Suzanne Tourte (Cormontreuil 1904 – Argenteuil 1979) s’installe à Paris en 1924, où elle évolue dans le monde artistique et littéraire d’avant-garde. André Maurois, Hervé Bazin, Paul Guth, Armand Lanoux, Louise de Vilmorin, Robert Mallet, Paul Fort ont cultivé son amitié et chanté ses louanges.

Au début du XXe siècle où les concepts fondamentaux de l’art sont remis en cause, Suzanne Tourte assista à une concurrence sans retenue entre les artistes qui sont à la recherche de nouvelles voies d’expression : audace du fauvisme, affirmation du cubisme, naissance de l’abstraction, agressivité de l’expressionnisme et tant d’autres.

Au coeur de cette tourmente, l’artiste a su créer son propre univers. Ses oeuvres de jeunesse sont franchement figuratives. Elle évolua ensuite vers une période dite « à enroulements  » où le modelé de ses personnages est cerné d’un trait. Mais c’est vers les années 1950 que, sa peinture atteignant la pleine maturité de son art, elle donna le meilleur d’elle-même. Cette oeuvre très personnelle, la plus construite, correspond à la période dite géométrisée. Une période dite  » sereine  » lui succéda. Quelle que soit la période, c’est toujours une peinture exigeante dans sa rigueur et riche dans la beauté de sa facture.
Grande professionnelle, lauréate du Prix Blumenthal en gravure, Suzanne Tourte nous entraîne dans un monde de bonheur. Pour y accéder, il faut surmonter la peur de paraître enfantin.

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome VIII
« Suzanne Tourte »  par Jean et Marie-Christine Vigouroux et Marie-José Schoentgen, ouvrage édité en 2004 par la Ville de Cormontreuil.
« Suzanne Tourte, peintre-graveur » édité en 1998 par Muriel de Bont, Galerie d’Englesqueville en Auge.