Berthe Savigny, mère des célèbres bébés!

Berthe Savigny (Quimper 1882 -Pont-Aven 1958) est issue d’une famille d’artistes, père et mère peintres, son frère Pierre de Belay est probablement l’artiste le plus connu de la famille. Cette dernière côtoyait tout le monde artistique de l’époque, travaillant régulièrement à Pont-Aven.

Artiste peintre et sculpteur spécialiste des sculptures d’enfants, le succès rencontré par ses « bébés » lui vaut d’entrer en contact avec la Grande Maison HB à Quimper avant 1926. La manufacture édite les pièces dont les modèles restent la propriété de l’artiste. 18 modèles seront exécutés, en faïence blanche ou polychrome, mais aussi en grès de la célèbre série Odetta.

Berthe Savigny a créé quelque soixante-dix modèles de « bébés », réalisés en différents matériaux.

SAVIGNY mouchoi 23

Berthe Savigny, enfant au mouchoir, HB Quimper, faïence blanche, signature sur la base, h.24cm

Bibliographie:
–  Berthe Savigny, catalogue d’exposition, musée de la faïence de Quimper, 2000
Mes plus beaux Quimper, catalogue d’exposition, musée de la faïence de Quimper, 1999

Granchi Taylor, sa plus belle peinture!

Achille Granchi-Taylor
Achille Granchi-Taylor, « pêcheur de raies », circa 1880,
huile sur toile, signée en bas et à gauche, 46 x 33cm
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Achille Granchi-Taylor (Lyon 1857 – 1921) fut élève de l’atelier Cormon en 1887, et c’est probablement dans les ateliers des Beaux-Arts de Paris qu’il rencontra Alfred Guillou et Téophile Deyrolle.
La Bretagne l’ayant séduit il s’y fixa et passa à Concarneau les trente meilleures années de sa vie d’artiste.
En 1887, alors qu’il se trouve à Pont-Aven, Granchi-Taylor rencontre Gauguin, ainsi que Moret, de Chamaillard, Maufra, Jourdan, O’Conor, à la pension Gloanec.
A Concarneau, il peint la vie des pêcheurs, celle de tous les jours, de manière très grave, dans un style purement académique, très austère dans sa description du labeur. Sa palette reste dans des tons sombres, révélant d’autant plus cette sévérité, cette austérité et pauvreté du monde des pêcheurs. Mais sa palette s’éclaircira peu à peu et les toiles prendront des tons adoucis. Il peignait le monde des pêcheurs avec un réalisme sans outrance mais aussi sans concessions.

Cette oeuvre est l’une de ses plus belles réalisations, quant à sa composition et à la lumière venant éclairée le personnage du pêcheur presque en contre-jour. Ce tableau est à rapprocher du panneau décoratif (120cm x 70cm) réalisé pour le château de Trévarez, et qui fait actuellement parti des collections de la ville de Concarneau.

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome VI, p.376
La route des peintres en Cornouaille, Quimper, 1997
Les peintres de Concarneau, Henri Belbeoch, 1993
-Catalogue d’exposition, Musée de la Pêche, Concarneau, 1993

Henri Barnoin, témoin de son temps.

Henri Barnoin
Henri Barnoin, brûlage du goémon à Notre Dame de la Joie,
aquarelle gouachée, signée en bas et à droite, 30cm x 41cm
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Henri Barnoin fut l’élève de Dameron, de Richemont et de Luc-Olivier Merson, à l’école des Beaux-Arts de Paris. Exposant au Salon des Artistes Français, il y reçut une mention honorable en 1909, une médaille d’argent en 1921, en devint sociétaire, reçut une médaille d’or en 1935 et fut classé hors concours en 1939.

Ses sujets de prédilection étaient des paysages, des marines et des scènes de la vie bretonne. Henri Barnoin fréquente Concarneau dès les années 1912-1913. Il va n’avoir de cesse de représenter la vie du port cornouaillais sous tous ses aspects: le retour ou le départ des pêcheurs, le déchargement des bateaux, l’attente sur les quais…

Henri Barnoin représente aussi des scènes portuaires à Douarnenez, Saint-Goustan, Lorient. Il est également le peintre de la foule des pardons et des marchés, à Quimper, Quimperlé, Hennebont, Dol-de-Bretagne et au Faouët.

Dans cette oeuvre, Henri Barnoin nous peint une belle scène de la vie des femmes et des hommes de la mer, des ces fins de journée sur la baie de Concarneau au soleil couchant.

Le brûlage du goémon ou l’utilisation du varech:

Une fois récolté, le goémon était étendu sur les dunes pour y être séché. Puis les algues étaient brûlées dans des fours rudimentaires creusés dans la dune dont le parois étaient tapissées de pierres plates. Le goémon complètement consumé, les cendres étaient pétries à l’aide d’une barre de fer: le pifon. En se refroidissant, elles se compactaient et formaient des pains de soude que l’on envoyait dans des usines pour transformation. Ces pains de soude de varech étaient emportés vers des fours verriers et utilisés dans le processus de fabrication du verre. Plus tard, alors que des alcalis différents sont produit par une chimie de synthèse balbutiante, le brûlage d’algues sélectionnées est utilisé pour produire de l’iode très utilisée en pharmacie (teinture d’iode, etc).

Moïse Kisling, « bohême de minuit ».

Moïse Kisling
Moïse Kisling, « bohême de minuit », ou l’atelier de la rue Joseph Bara, 1923,
dessin à la plume,signé en bas et à droite, titré au dos, 18cm x 22cm
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Moïse Kisling (Cracovie 1891 – Sanary sur Mer 1953) suit les cours de Josef Pankiewicz, son professeur aux Beaux Arts, avant de décider sur ses conseils de venir à Paris en 1910. Il fait partie des artistes qui quittent leur pays avant La Première Guerre Mondiale, pour rejoindre ce qui s’appellera plus tard « l’Ecole de Paris », dont il sera l’un des principaux représentants.

Très vite il fait connaissance de Juan Gris, de Picasso, puis de Soutine et de Modigliani, avec lequel il se lie d’amitié. Dans son atelier de la Rue Joseph Bara, près du Luxembourg, viennent lui rendre visite de nombreux artistes, peintres et écrivains dont Max Jacob, Jean Cocteau, Raymond Radiguet. Les oeuvres de Moïse Kisling, portraits, nus féminins, natures mortes, paysages, nourries d’abord de l’influence de Cézanne, puis de celles des premières approches du cubisme, évoluent selon les périodes vers un certain classicisme, pour en revenir avec l’entre deux guerres vers la figuration. Ce sont ces multiples influences qui définissent  » l’Ecole de Paris « , imprégnée de toutes les tendances, au service d’une volonté expressive résolument propre à chaque artiste.
Cette diversité rapproche Moïse Kisling, d’abord de Cézanne, puis de Picasso, de Juan Gris, des Fauves, de Derain, de Modiglinani, mais encore de Matisse ou de Renoir.
Jamais il ne se laisse totalement enfermer dans une catégorie, en voulant rester fidèle à l’émotion. Sa palette reste colorée et diversifiée, son dessin figuratif, sa technique par certains aspects classiques, dans son souhait de vouloir transmettre l’émotion du bonheur de vivre, de la sensualité.
De nombreuses expositions sont organisées à l’étranger et il participe à de nombreux salons jusqu’en 1940, date à laquelle il est contraint, de fuir pour les Etats-Unis en raison de ses origines juives, et de ses activités antinazies.
Après la guerre, en 1946, il revient vivre en France en s’installant par épisodes à Sanary sur Mer sur la côte varoise, mais en travaillant surtout à Paris dans son atelier de la Rue du Val de Grâce.

C’est après 1949, que Moïse Kisling s’installe définitivement à Sanary pour y peindre sa joie de vivre, avec des portraits des paysages, des natures mortes, des fleurs, avant que d’y mourir en 1953, après une dernière exposition de son vivant au Musée de Cagnes sur mer.

On retrouve dans ce dessin toute l’atmosphère bohême des peintres de Montparnasse de cette époque de l’école de Paris, lors d’une « petite fête  » organisée dans l’atelier de Moïse Kisling. On peut y reconnaître notamment le peintre Foujita à gauche de la composition, Soutine et le marchand de tableaux Zborovsky en train de danser. 

Ecole de Pont Aven, belles découvertes!

L’Ecole de Pont-Aven: un bourg du Finistère, des maisons serrées autour d’une rivière, l’Aven, qui s’élargit en un estuaire. Tout près, des chapelles, des calvaires, et surtout le merveilleusement nommé Bois d’Amour.

La côte, la lande et les vallons, les coiffes des Bretonnes et les processions. Paul Gauguin découvre Pont-Aven un jour de juillet 1886. Au fil de ses rencontres avec d’autres peintres – Emile Bernard et Paul Sérusier, Meyer de Haan et Charles Filiger, Emile Jourdan et Henry Moret, Chamaillard, Slewinski, Willumsen – prend forme la grande aventure, amicale, esthétique, et capitale dans l’histoire de la peinture moderne.

Quittant en 1889 Pont-Aven pour le Pouldu, le groupe devient une école, quelque peu buissonnière, un tantinet frondeuse, exaltant la couleur, entre foins et goémons. (Pont-Aven, l’Ecole buissonnière, Antoine Terrasse, Découvertes Gallimard).

La leçon fut celle qu’il fallait peindre de mémoire, simplifier, faire du tableau un petit monde qui doit se suffire. Il s’agissait aussi d’exalter les couleurs, sans s’occuper trop du « ton local », du ton exact des spectacles observés. Il s’agissait enfin de simplifier les formes, dans un trait qui en accentuit le caractère.

Pour Maurice Denis: « …c’étaient des surfaces lourdement décoratives, puissamment coloriées et cernées d’un trait brutal, cloisonnées, car on parlait aussi à ce propos de cloisonnisme et de japonisme ».

Les artistes les plus connus de l’école de Pont-Aven ont été Paul Gauguin (arrivé en 1886), Émile Bernard, Paul-Émile Colin, Paul Sérusier, Charles Filiger, Maxime Maufra, Henry Moret, Ernest de Chamaillard. Les styles de peinture les plus variés, du synthétisme de Félix Jobbé-Duval au post-impressionnisme de Maxime Maufra ont été pratiqués.

Nous présentons ici deux très belles peintures, gouaches sur traits de crayon, parentes de cette fantastique école de Pont-Aven. Une vrai découverte, qui reste pour l’instant un mystère quant à leur auteur.

Ecole de Pont-Aven Ecole Pont-Aven

Paire de gouaches sur papier, non signées, 19cm x 11cm 

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