Moreno Pincas, scène quotidienne de café.

moreno pincas
Moreno Pincas (1936-1985), scène de café,
aquarelle sur traits de crayon, signée en haut et à gauche, 35x22cm
Vendu-Sold

Moreno Pincas (né en Bulgarie en 1936) est un peintre de compositions à personnages, graveur, dessinateur, de tendance Expressionniste.

Arrivé en 1949 en Israël, de 1958 à 1960 il fut élève de l’Avni (Art Institut de Tel-Aviv). En 1960, il obtient le Premier Prix de la Biennale des Jeunes Peintres au Museum of Modern Art de Haïfa et une bourse de l’America Israël Cultural Foundation pour des études à l’école des Beaux-Arts de Paris.
Moreno Pincas participe à de nombreuses expositions collectives: 1961 Biennale de Paris et Salon de la Jeune Peinture; 1969 Salon d’Automne; 1971 Salon de Mai; 1978 Salon Comparaisons. Il aura également de nombreuses expositions personnelles depuis 1960 à Tel-Aviv, Paris, Buenos Aires, Italie, Anvers, Copenhague.

Qu’il peigne des musiciens, des femmes nues sur la plage, des commères devant l’étal du boucher, une fête de famille dans un restaurant, des couturières, la presse devant un buffet de cocktail: il a rarement le regard tendre. Il utilise des perspectives renversées, des sortes de cadrages cinématographiques, en plongées ou contre-plongées, qui déstabilisent notre perception de la scène, soit du dessus d’un regard qui écrase, soit ridiculement du dessous en espionnant par les pieds.
Le dessin est primordial, le trait est son scalpel de chirurgien de l’inavouable, des jalousies, des tares, des vices cachés. C’est une peinture qui appartient de plein droit au courant permanent de l’expressionnisme d’Europe Centrale, on pense à Georges Grosz, à Otto Dix, à Soutine, à Pascin aussi.

Bibliographie :
Dictionnaire de peintres, Benezit, Ed Gründ, 1999, Tome X, p.944
Catalogue de l’exposition, Galerie Granoff, Paris, 1989
Moreno Pincas, Gérard Xuriguéra, Ramsay, Paris, 1991

Pierre Guariche et la lumière fut!

pierre guariche
Pierre Guariche (1926-1995), applique murale à deux bras de lumières, 1950
Vendu-Sold


Pierre Guariche dut diplômé de l’école nationale supérieure des arts décoratifs en 1949: ses camarades de promotion s’appellent Alain Richard, André Monpoix, André Simard. Engagé chez Marcel Gascoin, il y rencontre Michel Mortier et Jospeh-André Motte. Il expose aux Salons des artistes décorateurs et des arts ménagers. La galerie MAI, qui présente les créations de Charlotte Perriand, Max Bill ou Alvar Aalto, retient quelques uns de ses modèles en bois et en tôle perforée. Il travaille aussi avec Charles Bernard pour la société Airbone et avec la société Steiner dès 1951.

Si Guariche fut un grand créateur de sièges, c’est dans le domaine du luminaire qu’il connait ses plus évidents succès. Les nombreux modèles qu’il crée pour Pierre Disderot dans les années 50 sont considérés comme de grands classiques. Pierre Guariche s’associe aussi à deux autres décorateurs, Michel Mortier et Joseph André Motte, pour fonder l’Atelier de Recherche Plastique (ARP) en 1954. Il crée alors des ensembles de meubles pour Charles Minvielle. En 1957, Pierre Guariche prend la tête de la section mobilier de la société belge Meurop et se tourne petit à petit vers l’architecture d’intérieur. Il reçoit le prix René Gabriel en 1965, et participe à l’aménagement de la station d’hiver La Plagne et de l’hôpital de Firminy. Pierre Guariche décède en 1995. Ses créations sont actuellement rééditées par Maisons du Monde. A partir des années 60, la carrière de Guariche évoluera donc dans le domaine de l’architecture d’intérieur, l’aménagement de bureaux, de magasins, de locaux administratifs ou commerciaux.

Bibliographie :
Les décorateurs des années 50, P.Favardin, Ed Norma, 2002

Pierre Guariche, créateur de lumières: 1950-1959, exposition Cusinier, 2012

Bachelet Emile-Just, grand sculpteur et céramiste breton!

henriot quimper
Emile-Just Bachelet (1892-1981), le marin, 1924,
faïence blanche, signée des initiales sur le socle, Henriot Quimper
Vendu-Sold

Emile-Just Bachelet, suivant les conseils de son ami Mathurin Méheut, rentre en contact avec la faïencerie Henriot à Quimper dès 1924, avec laquelle il va collaborer jusqu’au début des années 1930.

Il nous présente ici, le marin, de 1924, en faïence blanche où le rose de la terre de l’Odet transparaît sur chaque arrête vive du personnage

La sculpture est signée sur la base des initiales « EJB », Henriot Quimper, hauteur 25cm.

Le sculpteur Emile-Just Bachelet (Nancy 1892 – Aix-en-Provence 1981) envoie un premier plâtre à la faïencerie Henriot. Nous sommes en 1924, il s’agit de la Piéta. La même année, il propose aussi une Bigoudène portant un enfant, puis un Marin et une Bigoudène au porc. Les modèles, initialement réalisés en blanc, sont progressivement coloriés sur les conseils de Méheut. Il va réaliser d’autres modéles pour Henriot dès 1925, et au total ce seront 12 faïences éditées par Henriot et qui seront exposées du 9 au 20 décembre 1925, à la galerie Mosser de Nancy. Bachelet va collaborer également aux faïenceries de Lunéville, celle de Mougin à Nancy, celle de Saint-Clément, mais aussi à la Manufacture de Sèvres entre 1931 et 1936.

Il a étudié à l’École des beaux-arts de Nancy où il fut l’élève de Jules Larcher pour le dessin et d’Ernest Bussière pour la sculpture. Il étudia ensuite à l’École nationale supérieure des beaux-arts à Paris. Il y rencontre Georges Roty qui lui ouvrira les portes de la bourgeoisie parisienne. Il exposera régulièrement des sculptures au Salon d’Automne et à la Société Nationale des Beaux-Arts.

Bibliographie:
Dictionnaire des Peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome I, p.604-605
Mes plus beaux Quimper, catalogue de l’exposition de 1999, musée de la faïence de Quimper
Encyclopédie des Céramiques de Quimper, Ed. de la Reinette, Verlingue-Théallet

René-Yves Creston, rare oeuvre de la création Seiz Breur!

creston
René-Yves Creston (1898-1964), « Le Goémon », 1925,
plat en faïence polychrome, Henriot Quimper, signé au dos du monogramme et titré, 1925, diamètre 29cm
Vendu-Sold

En 1923,  René-Yves Creston, sa femme Suzanne et Jeanne Malivel fondent l’Union des Sept Frères (Unvaniezh Seiz Breur) réunissant quelques dizaines d’artistes bretons de plusieurs disciplines voulant créer pour le plus grand renom de la Bretagne. Leur première grande manifestation collective est l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs de 1925. Ils réalisent alors le pavillon Ti-Breizh, auberge-hôtellerie de Lucien Vaugeois, une très moderne salle de l’Osté qui étonne, déconcerte, fascine. Les Seiz Breur obtiennent une récompense collective. Leurs axes de création sont multiples: bijoux, objets, vêtements, meubles, peintures, dentelles, borderies, art sacré, faïence.

Véritable coordinateur du mouvement, René-Yves Creston passe de la gravure sur bois à l’aquarelle ou à l’huile, travaille pour Henriot à Quimper, puis devient sculpteur.

En 1927, en collaboration avec le sculpteur Jules-Charles Le Bozec (1898-1973), encore élève aux Beaux-Arts, il dessine les costumes de trois pièces de théâtre : Ar C’hornandoned (Les Korrigans) de Job Le Bayon, Tog Jani (Le chapeau de Jeanne) d’Yves Le Moal, et Lina de Roparz Hemon, dont la première représentation a lieu en janvier 1927.

Il écrit dans Breiz Atao et fonde avec l’aide de Georges Robin en 1928, la revue d’art Kornog et Keltia. Il passe de la gravure sur bois à l’aquarelle ou à peinture à l’huile, travaille pour les faïenciers quimpérois, puis devient sculpteur. On lui doit une sculpture de Nominoë. Il illustre le livre Kan da Gornog de Youenn Drezen, pour lequel il crée une nouvelle typographie. En 1926, René-Yves Creston a encore laissé des illustrations gravées sur bois pour La Brière d’Alphonse de Châteaubriant.

Bibliographie:
René-Yves Creston, du trait à la faïence et Suzanne Candré-Creston, catalogue d’exposition, Musée de la Faïence de Quimper, 2013

Joseph Paul Meslé, un néo-impressionniste breton.

meslé
Joseph-Paul Meslé (1855-1927), bateaux à quai,
huile sur panneau, signée en bas et à droite, 26,5x35cm,
Vendu-Sold

Joseph Paul Meslé est né à Saint-Servan, près de Saint-Malo, le 25 janvier 1855, et décède à La Ferté-sous-Jouarre le 20 juin1927.

Il fut élève de Léon Bonnat à l’école des Beaux-Arts de Paris à partir de 1875, après un passage à l’école des Beaux-Arts de Rennes. Il participe au Salon à partir de 1879 et au Salon des Artistes Français en 1880. Il expose ensuite en 1892 au salon de la Société Nationales des Beaux-Arts. Il reçoit de nombreuses médailles dont celle d’argent en 1900 à l’Exposition Universelle de Paris. Joseph Paul Meslé fut déjà un portraitiste réputé de la bourgeoisie rémoise avant de s’installer à Chamigny pour y épanouir sa vocation de paysagiste. Là, il noue des liens avec Léon Lhermitte et avec les peintres de la commune voisine de Luzancy. Preuve de son immense talent et de sa proximité avec le courant impressionniste, des tableaux de Monet ont parfois été attribués à Meslé ! L’arbre à Chamigny est une belle offrande du peintre au genre du paysage, ici dépouillé de tout artifice, et transcrit avec une candeur et une rare sincérité. L’artiste aime chanter la nature, l’espace, la terre, les saisons… Les jeux d’atmosphère se développent dans une parfaite harmonie des teintes. Répudiant la virtuosité comme le pittoresque, ses paysages forment un bloc homogène alimenté par la grande leçon de Camille Corot en donnant aux formes et aux valeurs la primauté qui leur revient. Artiste de haute culture, pédagogue émérite, Joseph Paul Meslé prodiguera ses conseils à un jeune-homme passionné venu de La Ferté-sous-Jouarre, un certain André Planson…

Empli de rêve et de mystère, ce paysage de Meslé marque l’attachement du peintre à la tradition romantique, mais également sa maîtrise de la technique impressionniste dans la captation de l’atmosphère lumineuse.

Bibliographie:

  • Dictionnaire des peintres, Bénézit, 1999.
  • Hommage à Meslé, Chamigny, 1992, 44 p., Catalogue de l’exposition.
  • Nœl Coret, Autour de l’impressionnisme ; les peintres de la vallée de la Marne, Éditions Casterman, 1996.