André Dauchez, nouvel ouvrage sur l’artiste!

Stéphane Brugal
Stéphane Brugal et l’association André Dauchez publient cette année un très bel ouvrage
sur les « Voyages » de l’artiste-peintre amoureux de la Bretagne.

L’association des Amis d’André Dauchez publie cette année un bel ouvrage collectif sur les « Voyages » de l’artiste, en France et à l’étranger, qui sont venus nourrir son travail au fil des années. Des recherches dans les archives ont permis de faire de belles découvertes concernant ces déplacements avec sa famille, ses amis et d’autres artistes peintres tels que Lucien Simon ou René Ménard. Peintre officiel de la Marine, il a navigué le long des côtes bretonnes à la recherche de motifs, évoquant ces navigations dans le journal de bord de ses bateaux.

Peintre, graveur, illustrateur et photographe, André Dauchez aimait voyager. Ses pérégrinations bretonnes sont assez bien connues au travers de ses œuvres, de plusieurs livres et d’archives. Ce nouvel ouvrage, richement illustré (lettres, photos, carnets de voyage, dessins…) permet de découvrir ses périples plus lointains : virées en Espagne, voyage de noces en Hollande, découverte de la Corse avec René Ménard, escapade en Algérie, voyage à New-York et à Pittsburgh… Une place a également été faite aux peintres officiels de la Marine et aux descendants, dont Philippe Dauchez qui a fait le tour du monde sur un navire de la Marine nationale.

Pratique

Présentation et dédicace de « Voyages » du peintre André Dauchez (256 p, format 17×24 cm, tout en couleur, dos carré cousu), jeudi 25 juillet 2024, de 10 h à 13 h, Galerie Brugal, 12 rue Burdeau, Pont-l’Abbé. Entrée libre. Tél. 06 89 15 56 55, www.brugal-antiquites.com.

Le Télégramme du mercredi 24 juillet 2024

Georges Gobo, la baie de Douarnenez.

Georges Gobo
Georges Gobo (San Francisco 1876 – Nantes 1958)
La baie de Douarnenez
huile sur toile, signée en bas et à gauche, 60 x 73cm,
Disponible – available

Trés belle oeuvre représentant la baie de Douarnenez vue de Tréboul par l’artiste d’origine américaine, Georges Gobo.

Georges Gobo arriva trés jeune à Paris et devint décorateur de lettres à Angers. Il apprit par lui-même la gravure. Il exposa au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts de Paris, où il obtint le prix Cottet en 1945.

Parcourant la France, et notamment la Bretagne (régions de Vannes et de Douarnenez), la Belgique, la Hollande et l’Italie, il croqua inlassablement les paysages qu’il reproduit ensuite sur cuivre, cherchant non pas la description mais plutôt l’expression du sentiment.

Il effectuera de nombreux séjours à Douarnenez où il réalisera de nombreuses oeuvres en utilisant tout l’éventail des techniques qu’il maîtrisait: aquarelles, huiles, gravures, lithographies.

Trés apprécié à l’étranger, ses oeuvres figurent dans de nombreux musées.

Henri Focillon qui lui a consacré de nombreuses études, s’exprime en ces termes : « C’est un beau peintre français, paisible et délicat, d’accord avec notre tradition française ». Gobo a souvent été comparé à Gustave Doré et à Steinlen, pour ses gravures. Il a illustré de nombreux ouvrages dont ceux de Théodore de Banville et de Maurras.

Bibliographie:

-Dictionnaire de peintres, Benezit, Ed Gründ, 1999, Tome VI, p.230

Dictionnaire de l’estampe en France 1830-1950, Flammarion, 1985

La route des peintres en Cornouaille, 1998

-Douarnenez, au bonheur des peintres, Belbeoch, 1992

René-Yves Creston, affiche de la création Seiz Breur!

René-Yves Creston
René-Yves Creston (1898-1964), « Komzit Brezoneg D’ho Pugale », (« Apprenez le breton à vos enfants »), 1928
Lithographie d’après un bois gravé, impression en deux tons sur vélin mince, signé et daté dans la planche. Edition Moulerez Str Ar C’Hastell, Brest
Vendu -sold

En 1923,  René-Yves Creston, sa femme Suzanne et Jeanne Malivel fondent l’Union des Sept Frères (Unvaniezh Seiz Breur) réunissant quelques dizaines d’artistes bretons de plusieurs disciplines voulant créer pour le plus grand renom de la Bretagne. Leur première grande manifestation collective est l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs de 1925. Ils réalisent alors le pavillon Ti-Breizh, auberge-hôtellerie de Lucien Vaugeois, une très moderne salle de l’Osté qui étonne, déconcerte, fascine. Les Seiz Breur obtiennent une récompense collective. Leurs axes de création sont multiples: bijoux, objets, vêtements, meubles, peintures, dentelles, borderies, art sacré, faïence.

Véritable coordinateur du mouvement, René-Yves Creston passe de la gravure sur bois à l’aquarelle ou à l’huile, travaille pour Henriot à Quimper, puis devient sculpteur.

En 1927, en collaboration avec le sculpteur Jules-Charles Le Bozec (1898-1973), encore élève aux Beaux-Arts, il dessine les costumes de trois pièces de théâtre : Ar C’hornandoned (Les Korrigans) de Job Le Bayon, Tog Jani (Le chapeau de Jeanne) d’Yves Le Moal, et Lina de Roparz Hemon, dont la première représentation a lieu en janvier 1927.

Il écrit dans Breiz Atao et fonde avec l’aide de Georges Robin en 1928, la revue d’art Kornog et Keltia. Il passe de la gravure sur bois à l’aquarelle ou à peinture à l’huile, travaille pour les faïenciers quimpérois, puis devient sculpteur. On lui doit une sculpture de Nominoë. Il illustre le livre Kan da Gornog de Youenn Drezen, pour lequel il crée une nouvelle typographie. En 1926, René-Yves Creston a encore laissé des illustrations gravées sur bois pour La Brière d’Alphonse de Châteaubriant.

Dans cette affiche, la plus célèbre de l’artiste, et en tant que militant pour le maintien de la langue bretonne, Creston demandait aux parents d’apprendre à keurs enfants le breton, leur langue maternelle, interdite dans les écoles et sur les cours de récréation depuis 1903.

Bibliographie:
René-Yves Creston, du trait à la faïence et Suzanne Candré-Creston, catalogue d’exposition, Musée de la Faïence de Quimper, 2013

Paul-André Eschbach, l’art maîtrisé du contrejour.

paul-andré eschbach
« Départ des bateaux, contrejouri » par Paul-André Eschbach (1881-1961),
Huile sur toile, signée en bas et à droite, circa 1930, 54 x 74cm
Vendu -sold

Paul-André Eschbach entre à l’âge de 16 ans à l’école des beaux-arts de Lille; il suit les cours ensuite de l’école des beaux-arts de Paris, et ceux de l’Académie Julian.

En 1907, il obtient une médaille de troisième classe au Salon de Paris, dont il devint sociètaire. A partir de 1912, il enseigne à l’Académie Julian. En 1920, il se rend en Normandie et surtout en Bretagne, fréquentant principalement Concarneau, dont il devint un membre actif de « l’Union artistique des amis de Concarneau » avec Henri Barnoin, Maurice Ménardeau et Lucien-Victor Delpy.

A Concarneau « il retrouvera cette palette claire et nacrée, cette rigueur sous l’apparence de la désinvolture, qu’apprécieront les amateurs de scènes de la vie quotidienne dans les petits ports armoricains« . Très bon dessinateur et excellent coloriste, Eschbach a su peindre la Bretagne, et Concarneau, avec une grande personnalité. Il n’aura cesse de peindre les bateaux de pêche entrant et sortant de la rade de Concarneau. Il se fait une spécialité de peindre à contre-jour, rendant par des contrastes saisissants, la puissance des éléments.

Bibliographie:

  • Les peintres de Concarneau, Henri Belbeoch
  • Dictionnaire des peintres français de la Mer et de la Marine
  • La route des peintres en Cornouaille, Quimper

« Voyages » d’André Dauchez, un nouvel ouvrage.


L’association André Dauchez, dont Stéphane Brugal et une dizaine d’auteurs, vient de publier un ouvrage collectif, intitulé Voyages, qui retrace le parcours unique d’un artiste en quête de l’essentiel. Un ouvrage à retrouver à la galerie Brugal.
L’écriture particulièrement soignée et l’iconographie riche font de cet ouvrage un incontournable pour qui veut approcher au plus près l’œuvre de l’artiste bigouden d’adoption.

Grand amoureux des paysages marins

On connaît trois facettes essentielles du travail d’André Dauchez, (1870-1948), la gravure, la peinture et la photographie. Beau-frère de Lucien Simon, André Dauchez travaillera toute sa vie dans des registres et des factures différentes, la photographie lui permettant également de nourrir sa vision du monde.
Sa vie d’artiste et de famille, il la partage entre les croisières et son atelier de La Palud, et son travail l’hiver à Paris où il a un autre atelier. Grand amoureux des paysages marins et passionné de voile, il possédera plusieurs bateaux sur lesquels il naviguera régulièrement au cours de sa vie dont la Rose des vents, l’Embellie et la Grande ourse.

Peintre officiel de la Marine

Les sujets qu’il choisit sont souvent ethnographiques, traités de façon sobre, et c’est avec une grande économie de moyens qu’il s’attachera à retranscrire la nature. Ne le surnomme-t-on pas peintre du vent et des estuaires ? « Dans un carton, nous avons trouvé de nombreuses correspondances que l’artiste entretenait, de petits carnets de voyage, des photos, beaucoup d’éléments méconnus de la vie d’André Dauchez, et de multiples documents, à la source probablement de ce qui a forgé ses choix artistiques et son appétence pour les voyages », raconte sa petite fille Maria Dauchez-Garrouste.
Peintre officiel de la Marine, André Dauchez a sillonné les mers, avec sa famille, ses amis proches, mais aussi d’autres peintres comme en Corse avec René Ménard ou en Algérie avec Lucien Simon. Ses carnets de bord sont une mine d’informations qui en disent long sur ses recherches personnelles et sa volonté d’enraciner son art, enrichi d’une réflexion profonde.


Pratique :
« Voyages » du peintre André Dauchez : ouvrage disponible à la Galerie Brugal, 12, rue Burdeau, Pont-l’Abbé et au Musée des Beaux-Arts de Quimper.

OUEST-France du 27-28 juillet 2024