John Recknagel, un peintre américain à Fouesnant.

John Recknagel
John RECKNAGEL (1870-1940), « flotille des barques sardinières », 1921,
pastel, signé du monogramme et daté en bas et à droite, 25,5 x 33 cm
Vendu – sold

Né à Brooklyn d’un père danois, marchand de blé et d’épices, et d’une mère allemande, John Recknagel suit les cours de la National Academy of Design de New-York, puis vient étudier en France à partir de 1891 à l’atelier de Jean-Paul Laurens, puis à l’Académie Julian. L’artiste expose pour la première fois en 1897 au Salon des artistes français. En 1899, en compagnie de son épouse Sybil Withon, il s’installe à Concarneau, où il sympathise entre autres avec son compatriote, le peintre Charles Henry Fromuth qui, par l’utilisation exclusive du fusain et du pastel, influence sa propre technique. A partir de 1902, il s’établit à Fouesnant (Finistère) où il construit une maison à Keroulven en 1906, près des étangs de Penfoulic ; il retourne parfois aux États-Unis après la Première Guerre mondiale.

Paysagiste et portraitiste, John Recknagel peint à l’huile et au pastel : des paysages de la Bretagne et de New-York, des portraits notamment de personnes de la région de Fouesnant (plusieurs de ses œuvres sont exposées à l’hôtel de ville de Fouesnant).

Il meurt à Fouesnant en 1940, où on peut voir sa tombe dans le cimetière communal.

Bibliographie :

Les Peintres de Pont-Aven, A. Cariou, Ed Ouest-France, 2004

-David Sellin et Catherine Puget : Peintres américains en Bretagne – 1864 – 1914, Pont-Aven, 1995

Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ

John Recknagel, catalogue d’exposition, musée de Pont-Aven, 1998-1999

Raoul André Ulmann, la maîtrise du paysage.

Raoul André Ulmann
Raoul André Ulmann (1867-1941), paysage côtier, 1910,
huile sur toile signée et datée en bas et à gauche, 74 x 100cm
Disponible – Available

Élève de William Bouguereau et de Tony Robert-Fleury, Raoul André Ulmann peint des marines bretonnes, hollandaises et des vues de Paris. À partir de 1907, il expose des paysages à la Société nationale des beaux-arts. Il expose également avec la Société nouvelle de Paris, rebaptisée par la suite Société des peintres et sculpteurs, présidée par Auguste Rodin, lors de salons à Paris et aux États-Unis (notamment à Buffalo en novembre-décembre 1912).

De son vivant, l’État français fait l’acquisition de plusieurs œuvres de Raoul André Ulmann, qui sont notamment affectées au musée du Luxembourg, au musée Bonnat de Bayonne, à la Chambre de députés, ou encore au palais de l’Élysée.

Tristesse sur la mer est reproduite dans L’Estampe moderne en 1898.

L’artiste reçoit le prix Puvis de Chavannes en 1931.

Le musée d’Orsay conserve plusieurs de ses œuvres, et le musée des Beaux-Arts de Quimper en conserve une « Marine bretonne ».

Bibliographie:

Dictionnaire des Peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome XIII

Fernand Legout-Gérard, inconditionnel de Concarneau.

Legout-Gérard
Fernand Legout-Gérard (Saint-Lô 1856 – Paris 1924), l’arrivée de la pêche à Concarneau,
huile sur toile, signée en bas et à gauche, 54x65cm,
Vendu – sold

Fernand Legout-Gérard (ou Le Gout-Gérard) a passé toute sa jeunesse dans la région de la Manche. Il découvre Concarneau vers 1889, qui deviendra son port d’attache et son sujet favori. Il est nommé peintre officiel de la Marine en 1900.

La maison du peintre devient un lieu de rendez-vous des « peintres de Concarneau », avec notamment Alfred Guillou, Théophile Deyrolle et Achille Granchi-Taylor.
Il peint des scènes typiques, des marchés, des foires, les retours de pêche… Souvent le calepin à la main, il prenait en un seul croquis, l’attitude d’un personnage, un costume, le tout avec une exactitude qui lui est propre.

Fernand Legout-Gérard a beaucoup représenté la Bretagne. C’est un peintre mais aussi un aquarelliste et un dessinateur. Dès 1902, il est qualifié par un critique de « peintre par excellence des marchés et des ports de la Bretagne ». Et Auguste Dupouy le surnommera en 1923 « le Claude Lorrain de notre Cornouaille maritime ».

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome III, p.290
Fernand Le Gout-Gérard , 1854-1924, J.M. Michaud, catalogue d’exposition, Musée du Faouët, 2010

Jean-Julien Lemordant, les fêtes de Saint-Guénolé

jean-julien lemordant

Jean-Julien Lemordant (1878-1968), « jour de fête à Saint-Guénolé« , c.1905,

huile sur toile, signée en bas et à droite, 65 x 81cm

Vendu – Sold

Jean-Julien Lemordant nous dévoile dans ce tableau toute l’importante place qu’il a dans l’histoire de la peinture bretonne, notamment en tant que témoin privilégié de la vie en Pays Bigouden. La force de la composition et la beauté du sujet sont traitées ici par une chaude palette de couleurs et une justesse des attitudes.

Superbe oeuvre de Jean-Julien Lemordant, car il nous montre une peinture faite avec grande passion, un art juste de la représentation des scènes de vie, une magnificence des couleurs, qui dévoilent l’ampleur de ce grand nom de la peinture bretonne.

Ancien élève de l’École régionale des beaux-arts de Rennes où il est le condisciple de Camille Godet, Pierre Lenoir et Albert Bourget, il entre par la suite dans l’atelier de Léon Bonnat à Paris. Jean-Julien Lemordant perd la vue durant la Première Guerre mondiale, en durant la Bataille de l’Artois, mais la recouvre en 1935.

Peintre de la Bretagne et de la mer, on l’a qualifié parfois de « fauve breton », quoiqu’il ait travaillé surtout à Paris. Sa palette très colorée est une de ses principales qualités et il sait admirablement représenter les mouvements des hommes, les danses, mais aussi ceux de la mer, du vent, de la pluie. Son œuvre principale demeure les deux grandes décorations qu’il entreprit entre 1905 et 1914:

– celle de l’hôtel de l’Epée à Quimper, à partir de 1905 sur le thème général de la vie en Pays Bigouden. Menacé de disparition lorsque l’hôtel ferma en 1975, le décor fut acquis par le musée des beaux-arts de Quimper; le manque de place ne permit de l’exposer qu’après rénovation complète du musée en 1993.

– celle que lui commanda le maire de Rennes, Jean Janvier, pour décorer le plafond du théâtre, aujourd’hui Opéra, à partir de 1912. Réalisée avec une grande rapidité, cette dernière œuvre fut mise en place en 1914. Elle représente une danse bretonne endiablée aux multiples personnages. On connaît au moins 60 études préparatoires à cette grande composition, le musée des Beaux-Arts de Rennes en conservant certaines.

Bibliographie:

  • Jean-Julien Lemordant, Alain Carion, Ed Palantines, 2006
  • La modernité en Bretagne – de Jean-Julien Lemordant à Mathurin Méheut (1920-1940), Tome 2, Ed Silvana, 2017

Lucien Simon, témoin des réjouissances à Pont l’Abbé.

lucien simon
Lucien Simon, le bal du 14 juillet à Pont l’Abbé, c. 1911,
huile sur toile, signée en bas et à droite, 60cm x 83cm
Vendu – sold

Lucien Simon découvre la Cornouaille bretonne en compagnie de la famille Dauchez et s’installe à Sainte-Marine en 1902. Il fut le peintre du Pays Bigouden. Il a été également un remarquable portraitiste. Son dessin est vigoureux, sa palette très chaude et colorée.

L’un des tableaux qui assurèrent sa réputation, Procession à Penmarc’h, acquis par l’État au Salon de la société nationale des beaux-arts (récemment créé par un groupe de peintres désireux de s’affranchir de l’académisme de règle au Salon des artistes français et que Lucien Simon avait rejoint rapidement), n’a cessé de figurer depuis au musée du Luxembourg puis au musée d’Orsay.

Par ailleurs, il a consacré beaucoup de temps à éveiller et encourager le talent de jeunes artistes par son enseignement. Il exerça à l’académie de la Grande Chaumière à partir de 1903 et à l’École supérieure des beaux-arts de Paris où il fut nommé professeur de peinture en 1923, et où il eut pour élèves, notamment Yves Brayer, Georges Rohner, Renée Bernard, Elena Popea, Robert Humblot…

Très éloigné des peintres officiels de son époque (dits « pompiers ») et ami de nombreux artistes de talent de sa génération tels Charles Cottet, Émile-René Ménard, George Desvallières, Maurice Denis, René-Xavier Prinet, son beau-frère André Dauchez, etc., il ne s’est jamais rallié aux modes ni aux théories des mouvements artistiques qui se sont succédé dans cette longue période.

Il représente ici le bal du 14 juillet à Pont l’Abbé, très probablement dans la grande salle du café de La Liberté qui se situait sur l’actuelle place de la République, à l’angle de la rue Carnot. Il se réjouissait de participer à ces fêtes, et représente ce bal enfiévré où marins pêcheurs, marins de la Nationale, paysans et femmes en costumes dansaient au son des sonneurs.

Ce tableau, que l’on peut situer vers 1910-1911, est à rapprocher du tableau intitulé « Le 14 juillet à Pont l’Abbé » de la collection permanente du musée des Beaux-Arts de Nantes.

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Grund, Tome XII
Lucien Simon, André Cariou, Ed Palantines, 2002
La route des peintres en Cornouaille, Quimper