Auguste Goy, un peintre de la Cornouaille au XIXème.

Auguste Goy Pays Bigouden Cornouaille
Auguste Goy, « Le Quimpérois », 1850
huile sur toile, signée et datée « 1850 » en bas et à gauche, 30x23cm
Vendu-Sold

« La halte sur le chemin » ou « le Quimpérois », magnifique portrait de 1850 par Auguste Goy, élève d’Ingres.

Auguste Goy est un élève d’Ingres à partir de 1834, mais faute de ressources, il ne peut suivre celui-ci à Rome alors qu’il le lui propose. Portraitiste à Paris puis paysagiste, il illustre un livre sur la Creuse et séjourne ensuite en Angleterre jusqu’en 1845. En 1847, il se fixe à Quimper où, à partir de 1861, il est professeur de dessin au collège de la ville. La bourgeoisie locale lui commande des portraits. Il vit très isolé, ne fréquentant pas du tout les milieux artistiques parisiens.

Il peint les paysages des environs de Quimper et ceux du Pays Bigouden, des scènes de genre, des intérieurs de café ou de maisons, des portraits de paysans en costume traditionnel, et traite des sujets historiques comme Le retour de Crimée. Le peintre transcrit la réalité qu’il observe, sans en accentuer le pittoresque. Il appartient à cette nouvelle génération de peintres qui manifeste un intérêt pour le monde campagnard, pour son habitat, ses costumes, son travail ou sa vie quotidienne.

Son oeuvre présente un intérêt documentaire qui illustre la vie quotidienne en Cornouaille au XIXème siècle.

Bibliographie:

-Dictionnaire de peintres, Benezit, Ed Grund, 1999,

Auguste Goy, un peintre de la Cornouaille au siècle dernier, Fondation Astor, Loctudy, 1995

-Auguste Goy, un élève d’Ingres en Bretagne, Michel Geistdorfer, in La Bretagne Touristique, 1928

La route des peintres en Cornouaille, 1998

Odetta, les belles années Art déco à Quimper!

Odetta Grès Quimper Art Déco
Odetta, Quimper, Rare vase évasé à motif de broderies stylisées,
h.23cm, marqué sous la base
Disponible-Available

Odetta: 1922 marque le début d’une nouvelle production artistique à la manufacture HB de Quimper, l’une des plus riches de son histoire!

L’originalité de la production Odetta réside dans la technique de décoration employée et dans le renouvellement des formes. Pour la décoration des pièces en grès Odetta, il s’agit d’un procédé de cloisonné. « Le contour de la pièce est tracé au manganèse. Les réserves ainsi tracées, au pinceau à main levée ou selon le pointillé laissé par le poncif, sont remplies par des émaux posés à la goutte, avec un pinceau en poils d’oreille de boeuf. C’est grâce à l’emploi d’émaux, en substitution aux couleurs, que la palette chromatique des pièces Odetta trouve toute sa puissance. »

La marque Odetta est apposée sur l’ensemble des pièces en grès, à l’exception des statuettes, où elle est remplacée par le nom de l’artiste. « Certaines formes des grès Odetta sont semblables à celles utilisées par nombre de céramistes de l’époque Art déco, voire par les dinandiers. Deux sources d’inspiration prévalent. La première est d’essence exotique: les poteries africaines et océaniennes servent de modèles, d’où ces formes puissantes, pansues, avec des cols étroits, ou évasés. La seconde source est celle d’artistes influencés par le cubisme ou par les théories avant-gardistes du Bauhaus, ils dessinent des formes géométriques d’une surprenante modernité. »

« Il n’y a pas d’unicité d’inspiration dans le décor des grès Odetta; cela reflète parfaitement l’esprit Art déco, puisant son inspiration à plusieurs sources, mais toujours à la recherche de la rigueur. A côté de figures géométriques, le décor est parfois thèmatique. Il peut évoquer la Bretagne, sa faune, sa flore et ses hommes, mais sans s’enfermer dans le régionalisme. »

Quelques artistes ayant produit des modèles en grès Odetta: Aplhonse Chanteau, Paul Fouillen, Georges Brisson, Louis Garin, René Beauclair, Georges Renaud, René Olichon (dit Rol).

Un Seiz Breur, René Yves Creston, au large du Groenland!

René Yves Creston Seiz Breur
René-Yves Creston (attribué à), « au large du Groenland »,
huile sur toile, non signée, 39,5 x 62,5cm
Vendu-Sold

Oeuvre attribuée à l’un des fondateurs du mouvement Seiz Breur (Sept Frères),  René-Yves Creston (1898-1964), en pleine mer du Groenland.

En 1923, René-Yves Creston , sa femme Suzanne et Jeanne Malivel fondent l’Union des Sept Frères (Unvaniezh Seiz Breur) réunissant quelques dizaines d’artistes bretons de plusieurs disciplines voulant créer pour le plus grand renom de la Bretagne.

« En 1927, une participation remarquée à l’exposition des arts appliqués de Saint-Nazaire, conçue en partie comme un hommage à Jeanne Malivel, convainquit Creston de pousser les feux en fédérant les principaux acteurs du risorgimento breton qui embrasait tous les domaines de la création. Une revue bilingue, Kornog, fut lancée à cette fin et, le 29 mars 1929, à Saint-Brieuc, l’Unvaniez ar Seiz Breur (UASB), « Union des Sept Frères », prit la relève. Sans renoncer à l’idée de 1923, la nouvelle organisation devait l’élargir progressivement en accueillant des architectes, des musiciens, des littérateurs, des éditeurs et même un biologiste. »

Véritable coordinateur du mouvement, René-Yves Creston passe de la gravure sur bois à l’aquarelle ou à l’huile, travaille pour Henriot à Quimper, puis devient sculpteur.

En 1930, passionné par le monde maritime, Creston embarque avec des pêcheurs de Fécamp pour une campagne de pêche à la morue. L’ethnographie maritime tient une grande place dans sa carrière. En 1933, Creston gagne le Groenland à bord du  Pourquoi pas? avec le commandant Charcot dont il a réalisé des portraits.

En 1936, Creston est nommé peintre officiel de la Marine. En 1937, Creston conçoit pour l’Exposition universelle qui se déroule à Paris une sphère en l’honneur des « Découvreurs bretons », elle a été réalisée en céramique par la maison Henriot à Quimper.

En 1939, titulaire du diplôme d’études supérieures d’anthropologie et d’ethnologie de la faculté des sciences de Rennes, Creston effectue une mission d’étude pour le musée de l’Homme aux îles Féroé.

Félix Desruelles chez Henriot à Quimper, « la Tréogoroise ».

Félix Desruelles Henriot Quimper Trégor
Félix Desruelles, « Tréogoroise »,
terre cuite, h.34cm, L.21,5cm, l.15cm
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C’est dans les années 1920 que le sculpteur Félix Desruelles propose sa « Tréogoroise » à la faïncerie Henriot à Quimper. Elle sera éditée en grès, à tirage limité. Elle représente une femme du Trégor assise sur un prie-Dieu égrenant son chapelet. Cette statue sera reprise en bronze par le fondeur Barbedienne.

Né à Valenciennes, Félix-Alexandre Desruelles (1865-1943), expose des bustes et des figures au Salon à partir de 1883. Il est Second Prix de Rome en 1891 et obtient en 1897 le Prix national des Salons.

Médaille d’or de l’Exposition universelle en 1900 pour « Job », statue en plâtre, Félix Desruelles devient membre de l’Institut et de l’Académie des Beaux-Arts. Il est principalement connu dans le Nord de la France pour ses Monuments aux Morts réalisés dans les années 1920.

Quelques unes des œuvres de Félix Desruelles se trouvent dans divers musées du Nord de la France, dont celui de Valenciennes. Un square porte son nom dans le 6ème arrondissement de Paris, près de l’Eglise Saint-Germain, et abrite une de ses oeuvres, la « Fontaine pastorale ».

Faïencerie de Quimper: « après plusieurs tentatives des manufactures, dans la seconde moitié du XIXe siècle, de revenir à la faïence artistique, la veuve Porquier associe vers 1875, sous la raison Porquier-Beau, son fils Arthur à Alfred Beau, dont l’apport en matière de peintures sur faïences et de style artistique sera déterminant pour Quimper. Elle gardera la production commune sous sa marque AP. À partir de 1891, le jeune Jules Henriot, héritier de la manufacture Tanquerey, se lance à son tour dans la faïence artistique. Au début du XXe siècle, Quimper compte trois grandes manufactures de faïence, dont les marques sont renommées dans toute la France : « HB » pour Grande Maison de la Hubaudière, « PB » pour Porquier-Beau, et « HR » pour Henriot. »

Bibliographie:

Mémoires d’un faïencier quimpérois, Joseph Henriot, Editions Primset, 1990