Charles Cottet, les « petites femmes » du début du XXème siècle.

Charles Cottet
Charles Cottet (1863-1925), »Deux têtes », 1906
Vernis au sucre, aquatinte et point-sèche, tirage à 35 exemplaires, 117 x 170mm.
Oeuvre référencée dans le catalogue raisonné de l’oeuvre gravé de Charles Cottet,par Daniel Morane, sous le numéro 43. Le vrai titre « Deux têtes d’enfants » ne semble guère adapté aux jeunes femmes représentées.
Disponible – available

Charles Cottet (1863 – 1925) reçut des conseils de Puvis de Chavannes et de Roll; il prit part aux expositions impressionnistes que Le Barc de Bouteville organisait dans sa boutique de la rue Le Peletier. Il exposa pour la première fois au Salon en 1889. Il était déjà établit en Bretagne depuis quelque temps et y avait trouvé la forme picturale qui devait établir sa réputation. Médaille d’or en 1900 à l’Exposition Universelle. Il participa à la fondation de la Société Nationale des Beaux-Arts, puis en 1900 à la Société Nouvelle.

Charles Cottet possède une technique très savante et ses qualités de coloriste en font un peintre de tout premier ordre. Son goût pour les tons plombés et les harmonies sombres le fit considérer comme le chef de file du groupe de ceux que l’on nommait “la bande noire” avec Xavier Prinet et André Dauchez. En réaction contre l’impressionnisme, ils se référaient volontiers à Courbet et prônaient une peinture à contenu moral. Il a laissé surtout des paysages de Bretagne, d’un sentiment dramatique et peints dans une pâte épaisse.

Cette oeuvre fait partie d’une série traitant du thème des « petites femmes », de la chanteuse de café-concert à la pensionnaire de maison close, repris par de nombreux artistes de Toulouse-Lautrec à Emile Bernard au début du XXème siècle. Cette série d’oeuvres a été présentée sous le titre « Etudes de mouvements féminins » au Salon des Peintres Graveurs Français de 1906.

Ses oeuvres sont présentes dans les musées: Alger – Anvers – Barcelone – Bordeaux – Bruxelles – Bucarest – Cincinnati – Dublin – Düsseldorf – Gand – Helsinki – Karlsruhe – Lille – Munich – Padoue – Paris (Musée d’Art Moderne , Petit Palais) – Philadelphie – Rome – Venise – Vienne…

Bibliographie:

Charles Cottet, catalogue raisonné de l’oeuvre gravé, par Daniel Morane, Bibliothèque d’Art et d’Archéologique Jacques Doucet et Musée de Pont-Aven, 2003

Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome III, p.953

La route des peintres en Cornouaille, 1850-1950, Quimper, 1999

Amédée Joyau, peintre-graveur japoniste.

amédée joyau
Amédée JOYAU (1872 – 1913)
Brouillard du Matin, Villers-sur-Mer, 1896
Bois gravé tiré en couleurs sur 4 planches sur papier japon beige clair, tirage à 30 épreuves
15,8 x 21,9cm
Catalogue raisoné Atherton Curtis, Paul Prouté, 1938
Vendu – sold

Amédée Joyau est un peintre et graveur français connu pour ses gravures sur bois en couleurs, marquées par le japonisme.

Profondément marqué par l’Extrême-Orient après un voyage effectué au Japon en 1889, il entre l’année suivante à l’atelier Cormon (Paris), puis il se tourne essentiellement vers la gravure sur bois, à une époque où ce procédé semble revenir en vogue, après avoir été oblitéré par les progrès de la typogravure. Il exécute aussi quelques rares eaux-fortes. Il est possible qu’il croise chez Cormon, Toulouse-Lautrec.

On connaît aussi de lui des paysages et des marines, sous la forme d’aquarelles ainsi que quelques huiles. En mars 1895, il expose des dessins inspirés de Paris au salon du Champ-de-Mars. Il devient membre de la Société nationale des beaux-arts en 1901. Il expose au Salon d’automne qui accueille une rétrospective de ses paysages bretons en 1913.

Du côté du travail sur bois en couleurs, il s’inspire à partir de 1893-1894 de scènes de rues parisiennes, Montmartre d’abord (Le Moulin de la Galette), puis les quartiers des grands boulevards. Il exécute une série de crépuscules très contrastés, dans un style qui rappelle celui de certaines estampes d’Henri Rivière.

Puis il se tourne vers l’Atlantique et s’inspire de paysages maritimes bretons, vendéens, ou de mer du Nord.

Bibliographie:

Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999,

-Catalogue de l’œuvre gravé d’Amédée Joyau, Paris, Paul Prouté, 1938