Pierre De Belay, le tourbillon de la couleur!

Rumengol
Pierre De Belay, « Le pardon de Rumengol », 1923,
huile sur toile, signée en bas et à droite, 46 x 55cm
Vendu -sold

Pierre De Belay est né à Quimper dans une famille d’artistes. Son père négociant en vins, artiste amateur qui peint beaucoup de paysages des bords de l’Odet ou l’activité du port de Quimper, ne s’oppose pas aux ambitions de son fils. Les seuls conseils qu’il accepte sont ceux de son père. En 1903, Pierre de Belay peint déjà de nombreux portraits de notables Quimpérois. Il est repéré par Max Jacob, poète quimpérois et grand ami de la famille. Déjà, Max Jacob lui prédit qu’il deviendrait un artiste célèbre. Il étudie sans maître, travaille quinze heures par jour, fait des croquis de pêcheurs au port, note les épisodes de la vie quotidienne des marins. Max Jacob lui enseigne à diriger, à contrôler sa nature, mais à ne pas lui désobéir. « Le dessin, lui répétait-il, commence non pas avec la copie des formes naturelles, mais avec l’interprétation de ces formes en vue de la création. Il n’y a pas création là où il n’y a que copie servile ». Il rejoint Max Jacob à Paris en 1905 où il rencontre Picasso au Bateau-Lavoir. Sa vie est ainsi partagée entre Paris où il fréquente l’avant-garde, et la Bretagne où il peint les scènes de port ou de marchés.
Entre 1920 et 1928, Pierre De Belay exposa au Salon d’Automne; de 1926 à 1945, au Salon des Indépendants; et de 1927 à 1935, au Salon des Tuileries.
On peut diviser son oeuvre en plusieurs périodes qui parfois se recoupent. Dans ses oeuvres d’adolescence, il usait de passages et de clairs-obscurs dans la tradition romantique. Puis il se dirige vers une construction plus matérialiste dans des paysages bretons; puis suivent des scènes de cirque et des scènes de la vie du Paris des années trente. A partir de 1935, il réalise un grand nombre d’oeuvres, peintures et dessins, consacrées aux juges et aux avocats de tendance expressionniste. De Belay se situait alors proche de Soutine. Il changea radicalement sa manière vers 1937. Sous l’influence de la gravure qu’il pratiquait depuis 1926, il inventa une curieuse et originale manière de peindre à l’huile par touches entrecroisées qu’il appela le « treillisme ».

Artiste complet, Pierre de Belay est avant tout le chantre de la couleur. Épaisse, déliée, en aplat ou zébrée, la touche rayonne de pigments purs qui enchantent chacune de ses compositions. À rebours d’une génération d’artistes qui s’engouffre dans les vertiges d’une peinture sombre et tourmentée, il adopte une palette de couleurs vives et chatoyantes. Ce tableau est à rattacher au grand décor de l’hôtel Kermoor de Bénodet, aujourd’hui installé au musée des Beaux-Arts de Quimper, qui est considéré comme l’un des chefs d’œuvre du peintre, témoignant de la verve et de l’indépendance de son style alliant rythme du dessin et aplats colorés.

Bibliographie:

  • Pierre De Belay, André Cariou, Musée des Beaux-Arts de Quimper, 1988
  • Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome II, p.33
  • La route des peintres en Cornouaille 1850-1950, Ed Group Touristique de Cornouaille, 1997 

André Dauchez, nouvel ouvrage sur l’artiste!

Stéphane Brugal
Stéphane Brugal et l’association André Dauchez publient cette année un très bel ouvrage
sur les « Voyages » de l’artiste-peintre amoureux de la Bretagne.

L’association des Amis d’André Dauchez publie cette année un bel ouvrage collectif sur les « Voyages » de l’artiste, en France et à l’étranger, qui sont venus nourrir son travail au fil des années. Des recherches dans les archives ont permis de faire de belles découvertes concernant ces déplacements avec sa famille, ses amis et d’autres artistes peintres tels que Lucien Simon ou René Ménard. Peintre officiel de la Marine, il a navigué le long des côtes bretonnes à la recherche de motifs, évoquant ces navigations dans le journal de bord de ses bateaux.

Peintre, graveur, illustrateur et photographe, André Dauchez aimait voyager. Ses pérégrinations bretonnes sont assez bien connues au travers de ses œuvres, de plusieurs livres et d’archives. Ce nouvel ouvrage, richement illustré (lettres, photos, carnets de voyage, dessins…) permet de découvrir ses périples plus lointains : virées en Espagne, voyage de noces en Hollande, découverte de la Corse avec René Ménard, escapade en Algérie, voyage à New-York et à Pittsburgh… Une place a également été faite aux peintres officiels de la Marine et aux descendants, dont Philippe Dauchez qui a fait le tour du monde sur un navire de la Marine nationale.

Pratique

Présentation et dédicace de « Voyages » du peintre André Dauchez (256 p, format 17×24 cm, tout en couleur, dos carré cousu), jeudi 25 juillet 2024, de 10 h à 13 h, Galerie Brugal, 12 rue Burdeau, Pont-l’Abbé. Entrée libre. Tél. 06 89 15 56 55, www.brugal-antiquites.com.

Le Télégramme du mercredi 24 juillet 2024

Vue de l’Aven, Christian de Marinitsch, 1910.

marinitsch
Christian de Marinitsch (1867-1954), « Vue de l’Aven, Bretagne », c.1910.
Pastel, signé en bas et à droite. 24 x 35cm.
Vendu-Sold

Christian de Marinitsch découvre la Bretagne en 1892, en allant pour la première fois de sa vie à Roscoff.

Elève à l’Académie Julian de 1889 à 1892, il y rencontre un groupe de jeunes peintres célèbres appelés les « Nabis » : Paul Sérusier, Edouard Vuillard, Pierre Bonnard ou encore Maurice Denis.

Christian de Marinitsch envoie régulièrement jusqu’en 1900 au Salon des œuvres inspirées par la Bretagne, qui lui inspire son art.

Un peu plus tard, l’artiste s’installe à Concarneau puis, avant 1914, à Pont-Aven où il séjourne régulièrement jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Il y rencontre notamment des peintres étrangers tels que Charles Fromuth, Joseph Milner-Kite, Sydney Louis Thompson, Hirschfeld…

Œuvres présentes dans les collections du musée de Pont-Aven.

Bibliographie :

  • Dictionnaire des peintres et sculpteurs, Bénézit, Ed Gründ
  • La route des peintres en Cornouaille, Quimper

Guirand De Scévola, la bigoudène, 1902

bigoudène
Guirand De Scévola (1871-1950), la bigoudène, 1902
huile sur panneau, signée et datée 1902 au verso, 26,5 x 17cm,
Vendu – sold

Guirand De Scévola (Lucien-Victor Guirand De Scevola) est né en 1871 à Sète, dans une famille de négociants en vin. Il est envoyé tout jeune à Paris pour faire ses études au Lycée Colbert. Poussé par son père qui souhaite lui faire acquérir une solide formation d’entrepreneur, le jeune homme intègre par la suite une grande maison industrielle parisienne, mais désireux de se consacrer pleinement à la peinture, il démissionne au bout de quelques temps et entre dans l’atelier de Fernand Cormon à l’École des beaux-arts de Paris.

Sociétaire du Salon des Artistes français à partir de 1889, il pratique assez tôt le portrait mondain et présente dès 1894 des oeuvres qui témoignent de son intérêt très marqué pour la nouvelle esthétique symboliste.  

Devenu un portraitiste à la mode au début du XXème siècle, le jeune artiste délaisse le Salon des Artistes Français à partir de 1902 pour le Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts et bénéficie  de nombreuses expositions personnelles,  en 1903 à la Goupil Gallery de Londres, en 1912 à Buenos Aires, et en 1923 à la galerie Georges Petit à Paris. 

Officier de la Légion d’honneur en 1914, considéré comme l’un des inventeurs du camouflage militaire durant la Première Guerre mondiale aux côté de Jean-Louis Forain, Lucien-Victor Guirand de Scévola abandonna l’esthétique symboliste progressivement passée de mode pour se tourner vers une production un tant soit peu plus classique, principalement constituée de portraits, de natures mortes et de paysages, obtenant un relatif succès à la Société Nationale des Beaux-arts, dont il devient président en 1937, succédant à André Dauchez, avant de décéder le 29 mars 1950.

L’artiste expose en 1902, plusieurs oeuvres ayant pour sujet la Bretagne, et plus particulièrement des oeuvres ayant été produites en Sud-Finistère:

  • A la société Nationale des Beaux-Arts: « Pardon de Saint-Evet », « Bateaux d’Audierne », « Marché aux pommes », « Jour de marché ».
  • A la Société des Pastellistes Français: « Bigoudènes »
  • A la galerie Georges Petit: « Marché aux cochons », « Procession », « Marché au beurre », « Marché de Pont-Croix », « Jour de Pardon »…
  • A la galerie Earl’s Court à Londres: « Procession at Audierne (Brittany) ».

Désiré-Lucas, Fin d’automne à Quimperlé!

Quimperlé
Louis-Marie Désiré-Lucas (1869-1949), « Fin d’automne à Quimperlé, 1926,
huile sur toile, signée en bas et à gauche, titrée au dos. 55cm x 93cm.
Oeuvre exposée au Salon des Beaux-Arts de Bruxelles en 1926.
Disponible – Available

Louis-Marie Désiré-Lucas (1869-1949) va rencontrer Eugène Carrière et Gustave Moreau. Ces rencontres vont le libérer de l’académisme de ses débuts, hérité de l’enseignement à l’Ecole des Beaux-Arts dans les ateliers des peintres William Bougereau et Tony Robert-Fleury.

Ses débuts sont marqués par des scènes intimistes de la vie quotidienne en Bretagne, notamment des scènes d’intérieur, allant jusqu’à installer son atelier dans une ferme aux alentours de Douarnenez, faisant poser les gens de son entourage dans un décor typique reconstitué.

Il partage avec son jeune confrère vendéen,  Charles Milcendeau (1872-1919), la passion de la peinture flamande et hollandaise. Ils admirent le clair-obscur de Rembrandt, la lumière de Vermeer. Il est sensible également au travail de Millet, dont les peintures teintées d’un certain réalisme social intéressent les jeunes artistes.

Le tableau de Désiré-Lucas de 1886, la « Jeune Ouessantine » (musée des Beaux-Arts de Brest), sera le « talisman » du peintre. Tableau remarqué par Gustave Moreau qui va influencer la vie artistique de Désiré-Lucas, il lui conseillera de repartir vers sa campagne car: « Vous n’êtes pas fait pour la peinture d’imagination, la nature seule est votre grand livre; quittez Paris, retournez à la campagne ». La voie de Désiré-Lucas vient d’être tracée!

Il se consacre au paysage, notamment celui de la région de Pont-Croix et Douarnenez où il se fixe à partir de 1910 au manoir de Kerbervet.

Il a toujours cherché à fixer la lumière, la représentation de l’espace et des perceptions visuelles et colorées du réel. Des ciels immenses envahissent ses toiles, ne laissant subsister que l’essentiel, le paysage devenant linéaire et presque “absent”.

Au début des années 1920, l’artiste décide de voyager, en quête de nouveaux paysages et d’une autre lumière, et ce sera la vogue du Midi dans la peinture de l’entre deux-guerres, puis l’Espagne, l’Italie. Avec Marie Réol, Désiré-Lucas effectue deux voyages en Italie.

Bibliographie:

  • « Désiré-Lucas. Notes et Souvenirs », livre autobiographique, Pairs, A. Lahure Imprimeur, 1938
  • Désiré-Lucas , par Marie-Paule Piriou, Ed. Palantines, 2006