André Dauchez, portraitiste de la Cornouaille bretonne!

André Dauchez, portraitiste de la Cornouaille

Stéphane Brugal, 2018 (extrait du catalogue raisonné de l’oeuvre gravé d’André Dauchez paru en 2018 – ISBN: 978-2-9564449-0-9)

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André Dauchez portrait
Portrait d’André Dauchez par le peintre Hugues de Beaumont, 1933

André Dauchez (1870-1948) a consacré sa vie à la peinture. Il y a trouvé le bonheur de vivre, en artiste discret mais avec une passion débordante et une foi toujours intacte. Cet article a pour but de mettre en lumière une partie essentielle de son oeuvre, à savoir l’art de la gravure, et plus particulièrement la technique de l’eau-forte, dont il devint l’un des grands représentants de cette première moitié du XXème siècle, tant dans son travail original que dans ses travaux d’illustrateur.

Les grands circuits marchands et les cénacles qui font l’histoire de l’art ont oublié André Dauchez. Victime de la modernité attendue et espérée de l’immédiat après-guerre, il disparaît dans une période de renouveau, où l’on rejette facilement la culture régionale, les coutumes et le mode de vie des anciens. Le public se tourne vers les nouvelles générations d’artistes issus des courants de l’abstraction ou du nouveau réalisme. Il faut cependant affirmer qu’André Dauchez appartient à l’histoire de l’art, à l’histoire de ces artistes peintres-graveurs, de ces artistes qui ont oeuvré pour le rayonnement de l’art dans leur pays et à l’étranger. Il appartient aussi à l’histoire de la peinture en Bretagne, car c’est bien lui qui a su le mieux traduire ces paysages cornouaillais, et percevoir l’intimité de ces grèves et de ces champs. Il a parcouru la Bretagne en perçant son âme, sachant la restituer d’une manière magistrale dans son oeuvre!

André Dauchez Moulin de Lesconil

André Dauchez, eau-forte, Moulin de Lesconil, 1904, (56-04)

La formation et les débuts de graveur

Issu d’une famille de juristes et notaires, André Dauchez devait suivre, tout naturellement à cette époque, ses études jusqu’au baccalauréat et ensuite obtenir sa licence de droit, voyant ainsi son avenir professionnel tout tracé. C’est ce qu’il fit mais c’était sans compter les prédispositions pour les arts graphiques qu’André Dauchez montra très tôt. Il aimait crayonner! Ses dessins d’enfance ne sont que soldats, mousquetaires, toréadors et autres personnages directement influencés par l’oeuvre de Gustave Doré.

Tout en poursuivant ses études le jeune André fut encouragé dans la voie de l’art par sa mère, qui trouva la solution auprès de Gaston Rodriguez. Cet artiste-graveur avait son atelier dans le quartier Montparnasse, et le jeune André devait suivre son enseignement de 1885 à 1887. Gaston Rodriguez fut un excellent professeur, il apprit à Dauchez la minutie et la lenteur dans la taille de la planche, prenant tout son temps pour travailler une petite surface de cuivre. Cette studieuse et laborieuse méthode apporta au jeune homme la capacité de tout voir et de tout transcrire, lui apprenant peu à peu à différencier ce qui est essentiel de ce qui ne l’est pas.

Ayant appris ainsi à ne rien délaisser, l’artiste va s’autoriser à simplifier. Son art se libérera ainsi de la reproduction pure pour tendre vers des simplifications d’une extraordinaire liberté, distinguant le trait indispensable ou la valeur utile. André Dauchez n’abandonnera plus jamais ce mode d’expression, maniant avec une grande dextérité la technique de l’eau-forte. Dauchez débuta dans la gravure un peu comme tout le monde par des planches de reproductions. En 1887, son professeur Gaston Rodriguez l’autorise à présenter au Salon des Artistes Français une marine qu’il vient de graver d’après un tableau d’Eugène Isabey. C’est un premier succès pour le jeune homme de 17 ans qui reçoit à cette occasion les encouragements de ses pairs. Entre les années 1887 et 1893, André Dauchez continue son travail de graveur à l’eau-forte par l’illustration de menus ou de carnets de bal, et la réalisation d’oeuvres de reproductions. On peut citer parmi ces dernières:

  • Un étudiant de Salamanque au XVIIIème siècle, d’après Nicolas Megia Marques, 1888, présenté au Salon de la Société des Artistes Français
  • La source, d’après Ingres, paru dans le journal « L’Art », 1889
  • Une rue de Morlaix, d’après Lennard-Lewis, 1889, présenté au Salon de la Société des Artistes Français
  • Troupeau de moutons, d’après Charles Jacques, 1890
  • La bataille de Wagram, d’après Horace Vernet, 1891
  • Le bain de l’Alhambra, d’après Léon Comerre, 1892
  • Portrait de Mme Aubry-Lecomte, d’après Lucien Simon, 1893
André Dauchez la plage du Ris Douarnenez
André Dauchez, eau-forte, la baie de Douarnenez, 1916,(223bis-16)

Les influences

Quelles sont les influences qui alimentèrent l’oeuvre gravé d’André Dauchez? Il suffit d’ouvrir les cartons d’estampes que l’artiste possédait pour voir que l’une des principales sources ou du moins l’oeuvre la plus représentée fut celle de Rembrandt. Nous savons qu’il avait acquis les principales reproductions et regardait souvent les gravures de ce dernier. De l’étude approfondie du maître, André Dauchez a su tirer l’art de faire valoir la lumière d’un paysage. Par la justesse des valeurs, qui vont conférer au blanc du papier toute sa lumière, Dauchez élabore certains noirs profonds qui évoquent Rembrandt. Il va ainsi maîtriser son art de peintre-graveur, tout en élaborant un style Dauchez, un style propre né d’un esprit d’invention conjugué à la vérité de ses dessins qui inspirèrent les gravures.

André Dauchez possédait également des oeuvres de Jacob Van Ruysdael, l’un des plus grands paysagistes hollandais du XVIIème siècle, et l’un des plus « modernes » au regard de la période. Dans les cartons d’estampes d’André Dauchez nous trouvons également certains de ses contemporains et souvent amis comme Georges Gobo, Raoul André Ulmann, Albert Decaris, Charles Jouas, Pierre-Louis Moreau…

André Dauchez Pins à la pointe de Combrit

André Dauchez, eau-forte, Pins à la Pointe de Combrit, 1921, (253-21)

L’affirmation de l’artiste

Il y a deux éléments distincts qui vont permettre à André Dauchez de se débarrasser des incertitudes que souvent les artistes connaissent en début de carrière, et l’éloigner à la fois d’un style aride au sortir des « écoles » et d’une banalité « académique » qui aurait vite fait d’étouffer sa propre sensibilité.

Le premier élément est la découverte en famille de la Bretagne et notamment du Sud-Finistère. Dès la fin des années 1880, les Dauchez fréquentent Bénodet et ces périodes estivales vont contribuer au développement de la vocation picturale et maritime du jeune André. La découverte de cette Bretagne côtière, de la baie de Douarnenez à Belle-Ile-en-Mer, lui suscitera ainsi ses meilleures planches.

Le deuxième élément est sans nul doute les encouragements et les conseils de ses proches, dont les artistes Emile-René Ménard et Lucien Simon. Ce dernier, marié à sa soeur Jeanne depuis 1890, cohabitera durant les mois d’été avec les autres membres de la famille Dauchez à Bénodet. De cette cohabitation va découler une forte émulation entre les deux hommes, qui vont se consacrer à la représentation de cette Bretagne, celle des environs de Bénodet et particulièrement du pays Bigouden. En 1903, André Dauchez s’installe chez lui, dans cette maison-atelier de la « palue du Cosquer », sur la commune de Loctudy, dans le Sud-Finistère. Cette maison devient le creuset artistique du peintre, trouvant toujours de nouveaux motifs sur la côte ou dans l’intérieur du pays entre l’embouchure de la rivière Odet et la pointe de Penmarc’h.

André Dauchez l'Odet Quimper Bretagne

André Dauchez, eau-forte, les grands pins sur l’Odet, 1921, (257-21)

Le sujet: la Cornouaille bretonne

André Dauchez n’est pas venu en Bretagne et plus particulièrement en Cornouaille, par effet de mode. Il n’est pas l’un de ces artistes qui fuyant le progrès industriel, voulait partir à la recherche de coutumes anciennes et de pittoresques. Il n’était pas emprunt d’un sentiment de nostalgie et ne recherchait pas des lieux fréquentés par d’autres artistes formant « colonie ». C’est plus qu’un heureux hasard qui amena la famille Dauchez à fréquenter les bords de l’Odet. Heureux hasard, car le charme de la rivière a opéré. Séduit et influencé par les lignes et la force des paysages, André Dauchez, tel un vrai portraitiste, va réussir à transcrire les nombreux visages de cette Cornouaille finistèrienne.

Pour l’Académicien et ami André Chevrillon, André Dauchez « il a étudié, déchiffré le visage de la terre bretonne…les images qu’il nous présente ont la qualité spirituelle qu’un artiste psychologue sait donner à ses portraits. L’oeuvre d’André Dauchez compose le portrait le plus expressif et le plus fidèle de la Bretagne »[1]. C’est donc à partir de la fin de l’année 1893, et pour plus d’un demi-siècle, qu’André Dauchez va trouver une source inépuisable d’inspiration dans les paysages du littoral cornouaillais: landes, dunes, villages de pêcheurs, estuaires et anses bordées de pins, bords de côtes et de rivières, rochers à marée basse, immenses paysages où la terre est seule avec le ciel, furent ses motifs préférés. Ses oeuvres ont une vigueur merveilleuse, ces observations à l’eau-forte, spontanées, puissantes et simplifiées, nous dévoilent l’excellent graveur et le grand dessinateur qu’il était.

Encouragé par son beau-frère Lucien Simon, André Dauchez se met à la peinture sérieusement dès 1895, peignant de belles et fortes compositions, souvent issues directement de ses croquis, la couleur intervenant comme un remplissage des surfaces dessinées. Ce travail lui permet de participer aux grands salons parisiens et d’accéder ainsi à la reconnaissance et à la notoriété. Vers 1902-1904, André Dauchez revient vers l’eau-forte qu’il affectionne, technique à laquelle il paraît vouloir se consacrer avec le plus de joie. L’eau-forte est par excellence la façon de graver des peintres. Son procédé est le plus riche « en couleur et valeur », le mieux adapté à l’imagination picturale, et relativement aisé à son utilisation. D’une pointe fine et d’un acide mordant, André Dauchez exprime la force et la rudesse de cette Cornouaille bretonne, mais aussi son charme et sa diversité, tout ceci dans un style profondèment personnel.

C’est un peintre de plein air qui décrit finement les effets produits sur son âme par les arbres, les pierres et l’eau et qui sait faire valoir la lumière d’un paysage. André Dauchez présente souvent un premier plan constitué d’un bouquet d’arbres, d’un sentier, ou d’un plan d’eau, qu’il met en pleine valeur, tandis que dans le fond s’estompe le reste de la composition. Il y a là un contraste entre les noirs du premier plan et le blanc lumineux des perspectives. De ces oppositions saisissantes d’ombres et de lumière, André Dauchez fait ressortir d’un trait nerveux le découpage des arbres, la physionomie d’un rivage, dans lequel l’on sent vibrer la vie. Il discerne à chaque moment les effets différents produits par l’ombre, par le soleil ou par le vent qui bouleversent sans cesse l’apparence d’un paysage. Il interprète les heures qui transforment l’atmosphère, les nuages, les rochers et la mer. D’où l’importance notamment des croquis préparatoires à une planche, réalisés pour un même point de vue à différentes heures de la journée. L’artiste va même jusqu’à indiquer parfois sur ceux-ci les heures où elles ont étaient produites.

Devenu graveur dans les années 1890, André Dauchez ne délaissera donc plus jamais ce mode d’expression, travaillant dans la continuité, tant sur le plan de la technique (l’eau-forte) que sur celui du thème (les paysages bretons) et plus particulièrement le thème du mariage de la terre et de l’eau. Continuité dans la vision, puisque tout au long de son oeuvre on retrouve le même sens de la composition qui lui permet de dégager l’essentiel, une recherche identique de la lumière qui éclaire chacune de ses planches, et la même rigueur dans le dessin qui donne tant d’intensité à son oeuvre.

André Dauchez branche sur l'eau

André Dauchez, eau-forte, branche sur l’eau, 1905, (72-05)

Conclusion 

Il nous faut citer en guise de conclusion ce que pouvait affirmer André Saglio dès l’année 1907 : « Ces estampes-là sont l’essence même du talent de l’artiste: elles résument la science la plus hardie du dessin de paysage et la sensibilité artistique la plus subtile. Il faut souhaiter qu’elles soient toutes réunies dans une exposition accessible à la foule: beaucoup alors apprendront que les ouvrages les plus colorés ne sont pas toujours ceux qui sont peints, et ce jour-là André Dauchez aura toute la grande réputation qu’il mérite. »[2]

La publication du catalogue raisonné de l’oeuvre gravé d’André Dauchez mettra en pleine lumière, pour le grand public, le nom et l’oeuvre d’un artiste d’une réelle sensibilité, d’un incontestable talent, resté trop longtemps dans l’ombre.

André Dauchez, eau-forte, thoniers à marée basse, 1930, (465-30)

Les Honneurs:

  • André Dauchez est promu Chevalier de la Légion d’Honneur en 1911, puis Officier en 1932.
  • Il est nommé peintre Officiel de la Marine en 1922.
  • Il est élu Président de la Société Nationale des Beaux-Arts en 1931.
  • Il est élu membre de l’Académie des Beaux-Arts, section Gravure, en 1938.

Quelques participations aux Salons et autres expositions:

  • Salon des Artistes Français: 1887-1888-1889
  • Société Nationale des Beaux-Arts: à partir de 1894 il est sociétaire – 1922, il devient membre du Comité – de 1931 à 1936 il devient Président de la SNBA en remplacement de Forain.
  • Société des Peintres-Graveurs
  • Société Française de l’Illustration
  • Salons français de Nantes – Lyon – Quimper – Roubaix – Strasbourg – Dijon.
  • Salons à l’étranger: Pittsburgh (il est membre du jury à l’Institut Carnegie en 1920) – Munich – Bruxelles – Budapest – Barcelone – Gand – Karlsruhe – Montréal – Belgrade.
  • Expositions personnelles ou collectives dans les galeries françaises: Art Français – Georges Petit – Marcel Guiot – Berthe Weill – Devambez – l’Art Décoratif – Charpentier.

Stéphane Brugal – 2015

[1] Chevrillon André, André Dauchez, Drogues et Peintures, n°57,à Paris, Laboratoire Chantereau, coll Innothéna, 1948.

[2]André Saglio, André Dauchez, Les Arts Décoratifs, n°109, octobre 1907, pp.121 – 129.

Roger Lucien Dufour, un peintre de la côte!

Roger Lucien Dufour (Bordeaux 1918 – Crozon 2002) participe à de nombreuses expositions collectives et personnelles depuis 1937, en France, et notamment en Bretagne où il s’est fixé dans les années 1950. En 1992, il a montré 100 peintures à Eschsur-Alzette au Luxembourg.

Ce peintre, très connu en Presqu’île de Crozon, est arrivé dans cette partie du Bout du monde à la fin des années 60. Au cours de ses nombreux voyages, il a immortalisé les paysages et les personnes rencontrées. Il a exposé pour la première fois, à Bordeaux, au salon des artistes indépendants, en 1937. Il exposera aussi à Pont-Aven, entre 1957 et 1963. Roger Lucien Dufour découvre ensuite cette partie de Bretagne, Crozon, et s’y installe définitivement en 1991. Il a aussi participé à de nombreuses académies et associations de peintres et a été membre de l’Institut académique de Paris.
Surtout peintre de marines, Roger Lucien Dufour transmet sa vision de la mer, de la Bretagne à la Provence, avec la discrétion d’une gamme de gris et de bleutés.

Roger Lucien Dufour

Roger Lucien Dufour, avec vue sur mer, c.1960, huile sur toile, 46cm x 65cm

Vendu-Sold

Bibliographie:

–  Dictionnaires des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome IV, p.816

– Catalogue d’exposition, Henri Queffélec, Château de Kerjean, 1989

Roger Lucien Dufour, un peintre de la côte!

Roger Lucien Dufour (Bordeaux 1918 – Crozon 2002) participe à de nombreuses expositions collectives et personnelles depuis 1937, en France, et notamment en Bretagne où il s’est fixé dans les années 1950. En 1992, il a montré 100 peintures à Eschsur-Alzette au Luxembourg.

Ce peintre, très connu en Presqu’île de Crozon, est arrivé dans cette partie du Bout du monde à la fin des années 60. Au cours de ses nombreux voyages, il a immortalisé les paysages et les personnes rencontrées. Il a exposé pour la première fois, à Bordeaux, au salon des artistes indépendants, en 1937. Il exposera aussi à Pont-Aven, entre 1957 et 1963. Roger Lucien Dufour découvre ensuite cette partie de Bretagne, Crozon, et s’y installe définitivement en 1991. Il a aussi participé à de nombreuses académies et associations de peintres et a été membre de l’Institut académique de Paris.
Surtout peintre de marines, Roger Lucien Dufour transmet sa vision de la mer, de la Bretagne à la Provence, avec la discrétion d’une gamme de gris et de bleutés.

Roger Lucien Dufour

Roger Lucien Dufour,  maison blanche, c.1970, huile sur toile,

50cm x 74cm

Vendu-Sold

Bibliographie:

Dictionnaires des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome IV, p.816

– Catalogue d’exposition, Henri Queffélec, Château de Kerjean, 1989

Henri Sollier, au pardon bigouden de Penhors!

Henri Sollier pays bigouden
Henri Sollier, pardon à Penhors,
huile sur toile, 65cm x 50cm
Vendu-Sold

En pays bigouden! Henri Sollier (Bagnolet 1886 – Paris 1966) suit une formation artistique à l’Académie Julian en 1906 pour préparer l’examen d’entrée à l’école des beaux-arts de Paris, qu’il réussit en 1908. Il fut l’élève de François Flammeng. Il travailla trois ans à Dakar, d’où il rapporta quelques oeuvres caractéristiques. Il exposa régulièrement, à Paris, au Salon des Artistes Français dès avant 1914, où il obtint en 1920 une mention. En 1922, il reçut le Prix de l’Afrique Occidentale Française. Il obtint des médailles, d’argent en 1930, d’or en 1934 et 1937 (Exposition internationale).

Henri Sollier découvre la Bretagne dès 1922, qui va devenir sa principale source d’inspiration, notamment en Pays bigouden, et ceci jusqu’en 1956. Il ne se contente pas des motifs pittoresques que lui offrent les paysages bretons. Il s’attarde aussi sur ses habitants, dont il brosse des portraits réalistes. Avec Solitude, toile primée au Salon de 1930, Henri Sollier proclame son ralliement à la peinture régionaliste de son temps. Ses portraits de bretonnes, sans concession, font écho au réalisme social des peintures de Jules Adler dont Henri Sollier fréquenta l’Académie, parallèlement aux cours de l’école des beaux-arts.

L’artiste se rend donc à Bénodet et à Sainte-Marine, où Lucien Simon continue à peindre du haut de son sémaphore transformé en atelier depuis 1902. De même pour André Dauchez, dont les vues du pays bigouden sont proches des paysages contemporains d’Henri Sollier. Les deux artistes font preuve d’une approche voisine de la lumière, tantôt intense, tantôt tamisée, selon les variations du climat. Toutefois, Sollier se montre souvent plus nuancé que son aîné, obtenant de rares effets de teintes pastel qui singularisent ses paysages bretons des années 1930.

De Sainte-Marine, l’artiste explore la Cornouaille, passant à Pont-l’Abbé, Loctudy, Lesconil, et Penmarch, où Lucien Simon peignit sa Procession. Dans ces ports de la côte bigoudène, il peint des pêcheurs remontant leurs casiers à langoustes ou réparant leurs filets. Plus au nord, Sollier fait escale, en 1935, à Camaret-sur-Mer, petit port de pêche situé à la pointe de la presqu’île de Crozon.

Après 1957, Henri Sollier travailla dans différentes régions de France: Auvergne, Haute-Savoie, Provence et en Italie.

Bibliographie:

Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome XIII, p.8

– B. Dumas, « Henri Sollier, Peintre naturaliste de la Bretagne », dans la revue ArMen n°189, Juillet-Aout 2012, p.48-55.

La route des peintres en Cornouaille, Groupement Touristique de Cornouaille, 1997 

Henri Delavallée, précurseur à Pont-Aven.

Henri Delavallée
Henri Delavallée, hameau près de Pont-Aven, 
pastel sur papier, signé et daté 1891, 52cm x 66cm
Cette oeuvre est à rapprocher de celle conservée au Museum of Art d’Indianapolis, « Le chemin au soleil ».
Vendu-Sold

Henri Delavallée (Reims 1862 – Pont-Aven 1943) est un des premiers peintres à s’installer à Pont-Aven dès 1881. Il s’inscrit à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts et fut l’élève des plus célèbres peintres de l’époque : Carolus Durand, Henri Lehmann, Luc-Olivier Merson, Hébert.

Henri Delavallée était un ami de Georges Seurat, duquel il apprit les techniques du pointillisme. Il fréquentait Camille Pissarro. Paul Cézanne admirait ses peintures et ses paysages  » mangés de soleil « .
Il travaille en compagnie de Paul Signac. De rares oeuvres des années 1887-1891 témoignent de sa parfaite maîtrise. II fréquente aussi à cette époque Emile Jourdan et Armand Seguin. Henri Delavallée rencontre ainsi Paul Gauguin lors du premier passage de ce dernier à Pont Aven en 1886.
Il excelle dans la peinture à l’huile, mais reste un des meilleurs pastellistes du groupe. Il traite ce dernier médium comme la peinture à l’huile, utilisant des contrastes colorés et la touche pointilliste qui le caractérise pour composer ses paysages de Pont Aven.

Bibliographie:
-Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ
-L’impressionnisme dans l’école de Pont-Aven, Le Paul, Ed Bibliothèque des Arts