Jean Puy, un fauve discret.

Concarneau
Jean Puy (1876-1960), le passage à Concarneau, 1945, huile sur papier marouflée sur carton,
signée, située et datée en bas et à droite, 38,5 x 54,5 cm, Disponible – available

Ce tableau est répertorié sous le numéro 40000 dans le catalogue raisonné de l’oeuvvre de Jean Puy.

Oeuvre reproduite dans le catalogue « Jean Puy » sous le numéro 66, de Gaston Rochas et Oscar Ghez, Genève, Edition Petit Palais, 1977.

Historique: collection Petit Palais, Genève
Expositions:
– 1946, galerie Champion-Cordier à Paris, « Jean Puy 40 peintures de 1900 à 1940 », inscrit sours le numéro 37 du catalogue;
– 1961, galerie Mady Bonnard à Paris, « Jean Puy », inscrit sous le numéro 5 du catalogue
– 1963, Galerie Le Griffon à Lyon, exposition « Camoin, Jean Puy, Valtat ».
Documentation: Photo archives Petit Palais, Genève, n°707

Jean Puy est un peintre indépendant ; depuis ses débuts, il suit sa propre voie sans se laisser influencer et se préoccuper par les inquiétudes intellectuelles de ses amis.
Impressionniste un moment, pointilliste un instant, il devient fauve quelque temps sans débordement c’est à dire sans accéder à la déformation qu’il considère comme un excès chez ses amis.
La voie que cet indépendant fixe comme devant être sienne est déterminée par un amour intense de la vie, de la réalité et de la nature.
Fidèle à la nature, sans s’y soumettre, Jean Puy ne veut s’en éloigner et la rend le plus complètement possible dans toutes ses variations. C’est à travers une nature transformée par l’idée et la sensation que l’artiste transmet l’émotion humaine à travers le concret et le réel. Mu par un fil directeur préexistant avant la première guerre mondiale, il glisse doucement vers une peinture intimiste orchestrée dans une symphonie de rose particulier à l’artiste.

Il fait la connaissance de Derain, Marquet et Matisse, avec qui il se lie d’amitié. Entre 1899 et 1905, le groupe travaille –parfois sur des sujets communs– dans les ateliers de Manguin, Puy ou Jean Biette. Avec eux (et Charles Camoin, rencontré en 1903), il commence à exposer au salon des Artistes indépendants (à partir de 1900), à la galerie Berthe Weill et au salon d’Automne (à partir de 1904).

Il peignait d’instinct avec des couleurs claires, et ce fut donc un Fauve de circonstance. Sur la recommandation de Matisse, Jean Puy fut présenté au marchand Ambroise Vollard qui lui achètera sa production de 1905 à 1924, l’initiera à la gravure et le sollicitera pour décorer des céramiques réalisées par André Metthey.

Dans la même période, sur le conseil de Matisse, il découvre la Bretagne, qui prendra une place de premier plan dans son œuvre. C’est là qu’il apprend à naviguer, avec Paul Signac, et acquiert son premier voilier. Si la Bretagne est la région où l’artiste aurait aimé naître, c’est plus précisément à Belle-Ile qu’il jette l’ancre pour la première fois en 1900. Cette petite île sauvage devient pour lui un lieu « d’amour ».

Louis Valtat et son coup de crayon.

Louis Valtat
Louis Valtat (1869-1952), « Paysage »,
aquarelle sur traits de crayon, signée du cachet en bas et à droite, 24cm x 32cm
Disponible – Available

Renoir et Signac font partie des premiers acquéreurs en 1904, des œuvres de Valtat exposées à la galerie Vollard. Pas plus fauve que nabi, bien qu’il fréquentât, à l’Académie Julian, Pierre Bonnard, Edouard Vuillard et Félix Vallotton. Cette incertitude quant aux positions de l’artiste est accrue par le fait qu’il n’a laissé aucun écrit susceptible de venir y apporter des éclaircissements.

Les paysages, notamment, deviennent un motif répétitif dans lequel l’artiste exerce le recours à une gamme de couleurs de plus en plus restreinte (bleu, vert, rouge). Valtat intègre tout à la fois, et presque de manière aléatoire dans ses œuvres, un travail d’aplanissement de la forme hérité du japonisme, un traitement directionnel de la touche observé chez les impressionnistes et revisité par le divisionnisme et le pointillisme, un usage de la couleur pure cher aux fauves…

Par ces expérimentations instinctives, Louis Valtat participe surtout à la cohérence d’une transition entre la tradition impressionniste et l’émergence du fauvisme. Il intervient à la genèse du mouvement, sans pourtant s’y engager, en créant une sorte de lien entre différentes tendances, qui intrigue et fascine plusieurs de ses contemporains.

Bibliographie :

  • Bernard Seiden, Ivonne Papin-Drastik, Louis Valtat. À l’aube du fauvisme, Éditions Midi-Pyrénéennes, 2011

Henri Manguin, esquisse de fleurs.

Henri Manguin
Henri Charles Manguin (1874-1949), « Esquisse de fleurs« , 1927.
Huile sur toile marouflée sur panneau, signée du cachet en bas et à droite. 41 x 27cm.
Oeuvre répertoriée dans le catalogue raisonné de l’artiste sous le numéro 885.
Provenance: ancienne collection de Mme Henri Mangui, Saint-Tropez – ancienne collection du comte Pastré. Vendu -sold

En 1894, Henri Manguin fréquente l’atelier de Gustave Moreau à l’École des beaux-arts de Paris, où il se lie d’amitié avec Albert Marquet, Henri Matisse, Jean Puy, Albert Huyot, et Georges Rouault.

Il expose à la galerie Berthe Weill et en 1897 au Salon de la Société nationale des beaux-arts. En 1902, il participe pour la première fois au Salon des Indépendants.

Il est l’un des principaux représentants du fauvisme français en 1905

Bibliographie :

  • Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999
  • Pierre Cabanne, Henri Manguin, Neuchâtel, Ides et Calendes, 1964.
  • J.L Ferrier, Les Fauves, le règne de la couleur, 1992.

Merodack-Jeaneau, un vrai fauve!

Merodack-Jeaneau
Alexis Merodack-Jeaneau  (Angers 1873 – 1919)
« le pont », circa 1905-1913
gouache, signée en bas et à droite du monogramme, 14 x 13 cm
-Œuvre reproduite sous le numéro 283 du catalogue de l’exposition de Ewan Phillips Gallery à Londres en 1968
Vendu-Sold

Né à Angers, Alexis Merodack-Jeaneau (ou Jeanneau) suit d’abord l’enseignement de l’école des beaux-arts d’Angers sous l’égide du paysagiste Eugène Brunclair (1832-1918).

Puis, vers 1890, à Paris, Merodack-Jeaneau entre comme élève libre dans l’atelier de Gustave Moreau où il rencontre Henri Matisse, Henri Manguin et Albert Marquet. Il y fera également la connaissance de Henri de Toulouse-Lautrec et du Douanier Rousseau. Il reste en lien avec sa ville natale puisqu’il expose au salon de la Société des amis des arts d’Angers en 1892, 1893 et 1894.

Alexis Merodack-Jeaneau avait une personnalité vive, d’un « seul bloc », intransigeante; on le vit s’attaquer à tous ceux qui entravaient son art. En réaction contre ce monde mercantile, il ouvrit une galerie à Paris rue Le Peletier, où l’on vendait des toiles « directement du producteur au consommateur ». Il commit des maladresses, comme celle de s’intituler chef de l’école du Synthétisme alors que cette école était liée avant tout à Gauguin. Il faut aussi lui reconnaître le mérite d’avoir révélé Vassily Kandinsky, qui va exposer quelques cent neuf œuvres à l’exposition organisée par Merodack-Jeanneau à la Maison du peuple à Angers.

Si sa première exposition personnelle en 1899 eut un certain succès, celle de 1902 à son retour d’Espagne, fut beaucoup moins bien accueillie.

C’était un vrai fauve, dont les compositions reposaient sur des canevas géométriques soulignés par des couleurs plates et vives et de violents contrastes, des aplats noirs côtoyant des teintes claires et même des blancs. Son art tendait vers une stylisation de plus en plus prononcée. Ses dessins et ses gouaches qui reflètent souvent une imagination visionnaire exaltée (projets pour une cathédrale de la Paix) côtoient dans son œuvre multiple de remarquables études d’architecture.

Bibliographie:

-Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome IX, p.512 -Dictionnaire des Petits Maîtres, 1820-1920, Ed Amateur, 1996, Tome II, p.204

Jean Puy, le plus indépendant des fauves!

jean puy fauve
Jean Puy, les deux soeurs, huile sur toile,
signée en bas et à droite, datée 1905, 50 x 61 cm, Vendu-Sold

Jean Puy est un peintre indépendant ; depuis ses débuts, il suit sa propre voie sans se laisser influencer et se préoccuper par les inquiétudes intellectuelles de ses amis.
Impressionniste un moment, pointilliste un instant, il devient fauve quelque temps sans débordement c’est à dire sans accéder à la déformation qu’il considère comme un excès chez ses amis.
La voie que cet indépendant fixe comme devant être sienne est déterminée par un amour intense de la vie, de la réalité et de la nature.
Fidèle à la nature, sans s’y soumettre, Jean Puy ne veut s’en éloigner et la rend le plus complètement possible dans toutes ses variations. C’est à travers une nature transformée par l’idée et la sensation que Jean Puy transmet l’émotion humaine à travers le concret et le réel. Mu par un fil directeur préexistant avant la première guerre mondiale, il glisse doucement vers une peinture intimiste orchestrée dans une symphonie de rose particulier à l’artiste.

Jean Puy fait la connaissance de Derain, Marquet et Matisse, avec qui il se lie d’amitié. Entre 1899 et 1905, le groupe travaille –parfois sur des sujets communs– dans les ateliers de Manguin, Puy ou Jean Biette. Avec eux (et Charles Camoin, rencontré en 1903), il commence à exposer au salon des Artistes indépendants (à partir de 1900), à la galerie Berthe Weill et au salon d’Automne (à partir de 1904).

Dans la même période, sur le conseil de Matisse, il découvre la Bretagne, qui prendra une place de premier plan dans son œuvre. C’est là qu’il apprend à naviguer, avec Paul Signac, et acquiert son premier voilier.