Jacques De Chastellus, devant chez Guitte à Concarneau!

jacques de chastellus
Jacques De Chastellus (Paris 1894 – Roeselare 1957), « Quai Pénéroff à Concarneau », c.1930.
Huile sur toile, signée en bas et à gauche, 72 x 65cm.
Vendu -sold

Jacques De Chastellus débute sa carrière en autodidacte à Paris, comme dessinateur-illustrateur pour différents journaux et périodiques.

Après la première guerre mondiale, il s’installe en 1922 en Flandre Occidentale à Roeselare (Roulers) où il fréquente l’atelier du peintre Emile Duyvewaardt avec qui il se lie d’amitié.

Il participe à l’essor du mouvement Art Déco en Belgique. Outre ses très nombreux dessins, De Chastellus est connu pour ses marines, ses paysages et quelques tableaux orientalistes, adoptant le plus souvent un style postimpressionnisme.

Ici, il nous dépeint les quais animés de Concarneau, notamment le quai Pénéroff avant 1937, date à laquelle ce quai fut comblé pour laisser plus de places au monde automobile et suite au départ de la criée vers l’arrière-port. Il peint les bateaux à quai devant la plus ancienne maison concarnoise encore debout. Reconnaissable à sa façade triangulaire, construite en 1695, elle fut même l’une des toutes premières maisons à faire face à la Ville Close. Aujourd’hui, plus qu’un bar nuit, la taverne des Korrigans est une véritable institution. Malgré le départ de Guitte, la patronne, en 1996, on vient en effet toujours « Chez Guitte », dont la réputation va bien au-delà des frontières de la Bretagne. On peut y voir d’étonnantes fresques murales représentant des Korrigans, réalisées entre 1944 et 1945 par Robert Le Baccon.

Bibliographie :

  • Un collectionneur sur les traces de peintres en Bretagne, catalogue d’exposition, musée du Faouët, 2023

Concarneau, affiche de ALO, 1913.

ALO
Charles-Jean Hallo, dit ALO (1882-1969) Concarneau, 1913
affiche lithographiée Imprimerie G. de Malherbe, Paris. 104,5 x 74cm
Vendu – Sold

Alo est un peintre, dessinateur, illustrateur, graveur et photographe français. Il suit les cours à l’École des beaux-arts de Dijon. Il termine ses études à l’École des beaux-arts de Paris où il suit les cours de Charles Cottet et de Jacques-Émile Blanche, puis se spécialise dans la gravure à l’eau-forte. Dès 1907, il expose au salon annuel de la Société nationale des beaux-arts.

En 1920, il s’installe à Senlis, d’où sa femme est originaire, dans une maison qu’il équipe d’un vaste atelier. S’impliquant dans la vie de la cité, il se fait élire au conseil municipal, crée le jardin de l’évêché, fonde en 1934 le musée de la Vénerie dont il est le conservateur. Les vacances passées en Bretagne lui fourniront l’inspiration pour de nombreuses compositions.

Ses thèmes de prédilection sont constitués de paysages (sites touristiques) et d’animaux (scènes de vénerie) mais son implication dans l’aviation l’a conduit à produire aussi des gouaches publicitaires représentant des avions publiées dans L’Aérophile.

Il est surtout connu en tant qu’auteur de nombreuses affiches touristiques pour le compte de plusieurs sociétés de chemin de fer privées (PO, PLM, compagnies du Nord, de l’Est, Réseau de l’État) mais a aussi réalisé les illustrations d’autres documents publicitaires. Sa signature y est caractéristique : ALO.

Cette rare affiche est l’une des premières qu’il réalise sur la Bretagne. On y retrouve l’influence de son maître, Charles Cottet, et des réminiscences du célèbre tableau « Rayons du soir » de Cottet, conservé au musée d’Orsay à Paris. Il réalisera par la suite de nombreuses affiches touristiques sur le Finistère et le Morbihan notamnent :  Côte sud de la Bretagne. Le Faouët (Morbihan), La chapelle Saint-Fiacre, mais aussi Camaret, Ile Tudy, Concarneau, Penmarc’h….

Bibliographie :

Affiches touristiques, de Georges Hallo et Claude Finon, préface biographique de Florence Camard, Is-sur-Tille, Éditions Clouet, 2002

Achille Granchi-Taylor, témoin du quotidien breton!

Granchi Taylor
Achille Granchi-Taylor, « Pêcheur et ses enfants sur les quais, Concarneau », circa 1890,
huile sur toile marouflée sur panneau, non signée, 60 x 45cm
Version préparatoire pour le tableau « Pauvre pêcheur de Concarneau » se trouvant dans les collections du musée des Beaux-Arts de Brest.
Vendu -Sold

Achille Granchi-Taylor (Lyon 1857 – 1921) fut élève de l’atelier Cormon en 1887, et c’est probablement dans les ateliers des Beaux-Arts de Paris qu’il rencontra Alfred Guillou et Téophile Deyrolle, tous deux grands peintres de Cocnarneau.

En 1887, alors qu’il se trouve à Pont-Aven, Granchi-Taylor rencontre Paul Gauguin (qui fera son portrait en 1895), ainsi que Henry Moret, de Chamaillard, Maxime Maufra, Emile Jourdan, Roderick O’Conor, à la pension Gloanec.
La Bretagne l’ayant sédui,t il s’y fixa et passa à Concarneau les trente meilleures années de sa vie d’artiste. A Concarneau, il peint la vie des pêcheurs, celle de tous les jours, de manière très grave, dans un style purement académique, très austère dans sa description du labeur. Sa palette reste dans des tons sombres, révélant d’autant plus cette sévérité, cette austérité et pauvreté du monde des pêcheurs. Mais sa palette s’éclaircira peu à peu et les toiles prendront des tons adoucis. Il peignait le monde des pêcheurs avec un réalisme sans outrance mais aussi sans concessions.

Cette oeuvre fait partie d’une série de peintures que l’artiste consacre aux pêcheurs de Concarneau et à leur famille, témoin de leur grande précarité et de la dureté de leur vie quotidienne. Ce tableau est à rapprocher du tableau « Pauvre pêcheur de Concarneau », qui fait partie de la collection permanente du musée des Beaux-Arts de Brest.

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome VI, p.376
La route des peintres en Cornouaille, Quimper, 1997
Les peintres de Concarneau, Henri Belbeoch, 1993
-Catalogue d’exposition, Musée de la Pêche, Concarneau, 1993

Lucien Victor Delpy, Concarneau et son ancien quai Pénéroff!

DELPY
Lucien Victor Delpy, Le quai Pénéroff à Concarneau, 1930
huile sur carton, signée en bas et à gauche, 22x27cm
Vendu – Sold

Lucien Victor Delpy (Paris 1898 – Lorient 1967)

Delpy est admis le 14 novembre 1914 à l’École nationale supérieure des beaux-arts dans les ateliers de Fernand Cormon, d’Émile Renard et de Jean-Pierre Laurens, puis il étudie auprès de Charles Fouqueray. Il installe son atelier à Montparnasse en 1923.

Il s’engage comme volontaire en 1917 jusqu’en octobre 1919 puis il revient à l’atelier Cormon.

Il découvre la Bretagne en 1924 et il deviendra un incontournable artiste du Groupe de Concarneau d’entre les deux-guerres. Il nous dépeint ici, dans une riche et sourde palette de couleurs, l’ancien quai Pénéroff de Concarneau, avant le comblement du bassin en 1937.

Lucien Victor Delpy est médaille d’argent et titulaire du prix Paul Liot au Salon des artistes français de 1927. Il reçoit le prix Dumoulin pour l’Algérie de la Société coloniale des artistes français en 1928, et est nommé peintre de la Marine en 1931, année où il reçoit également le grand prix de la Ville de Paris pour l’Afrique du Nord.

Il est envoyé en mission sur le front à Dunkerque en 1940, puis à Cherbourg. On le retrouve en mission avec l’Armée Rhin et Danube en 1945, année où il est nommé peintre aux armées.

Lucien Victor Delpy embarque en mission Toulon-Saigon en 1950. L’artiste sera également envoyé en mission comme peintre militaire en Algérie française en 1958 avec les fusiliers marins dans l’Oranais et à Nemours (aujourd’hui Ghazaouet).

Le peintre reçoit le prix des paysagistes français en 1946 et le prix Corot en 1947. Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur en mars 1954.

Bibliographie:

Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999,

La Route des peintres en Cornouaille, 1998, Quimper

Hirschfeld, un peintre russe en Bretagne!

Hirschfeld
Emil-Benediktoff Hirschfeld (1877-1922), soleil couchant, c.1900
huile sur toile, signée en bas et à gauche, 54 x 72cm
Vendu-Sold

Emil-Benediktoff Hirschfeld est né à Odessa en 1877. Il vint à Paris où il fréquenta l’atelier de William Bougereau et ceux de Tony Robert-Fleury et Jules Lefebvre, à l’académie Julian.

En 1891, Hirschfeld se rend à Concarneau, port de pêche finistérien déjà fréquenté par les peintres: « Ce qu’est Capri en Italie, Newlyn en Cornouailles, Concarneau l’est en Bretagne », écrivait en 1904 un chroniqueur de The Studio, qui présentait la petite colonie d’artistes. L’artiste y trouva un havre dans lequel il s’établit définitivement.

Après 1900, son choix se porte sur les études atmosphériques et luministes du port et de la mer, observés depuis le bassin et le quai de Concarneau. Dès 1905, les sujets d’Hirschfeld furent la mer, le port, la flottille des barques, les noirs sardiniers aux voiles brunes et aux filets bleus, les beaux thoniers multicolores, y apportant « une bonne odeur d’algues, de goudron et de grève » indiquait Gustave Kahn (extrait de la préface du catalogue d’exposition à la galerie Vivien à Paris, du 22 avril au 7 mai 1914).

Plus que le plein soleil, Hirschfeld montre une prédilection pour la tombée du jour, ses effets de contre-jour sur les silhouettes des bateaux et de reflet doré sur la crête des vagues.

Au début de son installation à Concarneau, Hirschfeld vécut chez l’habitant, prenant pension à l’Hôtel de France où se côtoyaient les peintres et où avait élu domicile l’Américain Charles Fromuth. L’artiste se lia plus spécialement aux deux « piliers » du groupe pictural concarnois, Théophile Deyrolle (1844-1923) et Alfred Guillou (1844-1926).

Vers 1904 arrivait dans cette petite colonie la Viennoise Emmy Leuze (Vienne 1884 – Concarneau 1976), que l’artiste Hirschfled épouse en 1905. Ils vécurent dans un pavillon qu’ils firent construire, à Ker Loar, à l’angle de la rue du Docteur Calmette. Dans le cimetière de Concarneau, une haute croix orthodoxe signale la tombe des deux artistes.

Bibliographie:

  • Peintres Russes en Bretagne, catalogue d’exposition Musée départemental breton, Quimper, 2006
  • Les Peintres réalistes russes en France (1860-1950), T. Mojenok, Paris, La Sorbonne, 2003