Jacques Eitel Wein (Paris 1926-2006) a fréquenté les ateliers des peintres Narbonne et Fernand Renault, suivi les cours de l’Ecole Boulle et des Beaux-Arts de Paris.
En 1945, il découvre la Bretagne, dont la douce lumière règne depuis sur son oeuvre.
En 1950 il épouse Yolande Ardissone; en 1952, naît leur fille Florence qui deviendra l’artiste peintre Arven. Il participe en 1956 à la Galerie Charpentier, à l’exposition « L’école de Paris ».
Il s’agit dans cette oeuvre du port de Pors Poulhan, qui délimite la « frontière » entre le pays Bigouden et le Cap-Sizun, huile sur toile réalisée au début des années 1950, dimensions 55x73cm. (Vendu-Sold)
Du 15 au 22 août, Stéphane Brugal exposera en effet exclusivement une collection d’affiches anciennes vantant les qualités touristiques et autres atouts de la Bretagne de l’époque. En attendant, le spécialiste des peintres des écoles bretonnes saura guider le visiteur dans l’approche des différents artistes et le choix judicieux d’oeuvres caractéristiques de Jean Julien Lemordant, Henri Barnoin, Lucien Simon, Adolphe Marie Beaufrère, Paul Grégoire ou Mathurin Méheut, parmi les plus connus, sans oublier André Dauchez, notamment, qui vécut de 1870 à 1948. L’artiste, qui a plus particulièrement magnifié la rivière de Pont-l’Abbé avec celle de Quimper au fil des anses de l’Odet, ainsi que des dunes et les bords de mer bigoudens.
Mis en apprentissage dans l’ameublement, à l’école Boulle, Jean Chapin (1896-1994) fréquenta l’Académie de la Grande Chaumière. Ses premières toiles datent de 1913. Il a participé au Salon des Artistes Indépendants, dont il est élu sociétaire en 1919, tandis qu’il est sociétaire du Salon d’Automne en 1921 et associé au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts en 1942.
Il a également exposé au Salon des Tuileries et au Salon de la Marine à Paris. Il a régulièrement exposé à Paris, de 1926 à 1955. Il se retire de la vie artistique dans les années 1950 et finit ses jours dans l’oubli.
Jean Chapin est un peintre de natures mortes, de nus, de scènes de rues parisiennes et de paysages marins qu’il recueille en Normandie (Le Tréport, les îles Chausey) et plus encore en Bretagne. Au qualificatif de « réaliste » qui lui est donné dès le Salon d’automne de 1916 et que lui attribuera toujours le catalogue du Salon des indépendants de 1984, Patrick-F. Barrer et Gérald Schurr ajoutent celui d’expressionniste: « cette manière particulière de traiter ses thèmes familiers engendre un expressionnisme grave et chaleureux fait tout à la fois de modulations sourdes et de vibrations sonores » perçoit ainsi le second.
C’est vers 1950 que Jean Chapin, s’il continue de peindre, se retire de la scène artistique et choisit une vie solitaire. Plusieurs expositions personnelles lui sont cependant consacrées à Paris, Cannes et Abidjan, un hommage remarqué lui est rendu en 1972 avec son exposition à la Galerie Vendôme, tandis qu’il demeurera fidèle au Salon des indépendants où l’on retrouve toujours son nom parmi les exposants de 1984. Mais c’est avec discrétion que Jean Chapin quitte ce monde en 1994.
Ses peintures, notamment ses marines de Bretagne, sont peintes avec vigueur, utilisant peu de couleurs, et sachant rendre la rudesse de la mer, la lumière filtrée à travers les nuages et la mélancolie des sites.
Jean Chapin, « sur les quais », dessin au fusain, c.1940,
Pierre de Belay, « le mas », huile sur toile, signée en bas et à gauche, datée 1940, 50 x 61cm Vendu-Sold
L’artiste de Quimper Pierre De Belay (1890-1947) partage sa vie entre Paris et son pays natal, la Bretagne. Grand représentant de la peinture bretonne, il fréquente dans les années 1920 les artistes de Montparnasse. Témoin privilégié grâce à son amitié avec Max Jacob qu’il rejoint dès 1905 et qui l’introduit auprès des avants-gardes au Bateau-Lavoir.
Cette peinture date de 1940, du début de la technique du « Treillisme », que l’artiste vient de mettre au point. Installé dans le Sud de la France, il peint ici une magnifique bastide provençale, cézanienne dans l’âme, mais dont la technique découle de traits plus ou moins longs entrecroisés et se chevauchant.
Cette dernière manière de peindre de Pierre De Belay prend ses sources dans le divisionnisme et dans la pratique de la gravure. L’artiste rend le trait plus épais ou plus fin, joue des écartements pour exprimer les volumes et les plans, exprimant les vibrations colorées. Un autre maître de la peinture bretonne!
La curiosité et la passion pour le réel, sa manière de capter des expressions fugitives sur les visages font de Savigny de Belay un reporter de son temps. En juillet 1933, éclate l’affaire Stavisky qui a mené à une crise politique à la suite du prétendu suicide de l’homme d’affaires. Il assiste au procès dont il dessine de nombreux croquis (scène d’audience, plaidoiries, etc.). L’artiste note dans ses carnets les visages des accusés, les mimiques des jurés, les attitudes des avocats, dans un esprit proche de la caricature.
En 1937, il peint Une pêche au chalut pour l’Exposition universelle de Paris. Savigny de Belay voyage aussi beaucoup en Belgique où il retrouve l’atmosphère changeante et animée des petits bourgs bretons. Il rencontre à Ostende, James Ensor (1860-1949), peintre qui se veut aussi indépendant que lui. C’est à ce moment (1939) qu’il invente le « treillisme » – une technique proche de la gravure (qu’il pratique depuis 1926) –, un entrecroisement de traits qui donne une certaine profondeur à ces œuvres. Il en fait une exposition à Paris en 1943. Peu à peu, il reprend la tradition classique. À partir de 1940 il séjourne dans le midi. En 1947, il retourne à Ostende où il monte une exposition avec James Ensor. C’est là qu’il meurt d’une crise cardiaque.
Henri Barnoin, le port animé de Concarneau, huile sur toile, 1920, 38cm x 46cm, signée en bas et à gauche Vendu-Sold
« Coqueluche » des ventes publiques de peintures bretonnes, Henri Barnoin (1882-1940) fréquente Concarneau dès les années 1912-1913. Il va n’avoir de cesse d’être le peintre de Concarneau, représentant la vie du port cornouaillais sous tous ses aspects: le retour ou le départ des pêcheurs, le déchargement des bateaux, l’attente sur les quais…
Peintre de Concarneau, la ville était à cette époque toute entière axée sur la pêche, dont l’animation de son port était sans cesse renouvelée, et en même temps, un grand atelier à ciel ouvert, où les artistes travaillaient parfois au coude à coude devant le motif.
Dans cette toile, Henri Barnoin nous peint cette animation du port de Concarneau: des bateaux amarrés au quai Pénéroff, des petits groupes de personnages répartis ici et là, et pour toile de fond, l’entrée de la Ville Close, sous un ciel presque bleu, sont autant de motifs de séduction pour cet artiste et son art.
Henri Barnoin fut l’élève de Dameron, de Richemont et de Luc-Olivier Merson, à l’école des Beaux-Arts de Paris. Exposant au Salon des Artistes Français, il y reçut une mention honorable en 1909, une médaille d’argent en 1921, en devint sociétaire, reçut une médaille d’or en 1935 et fut classé hors concours en 1939.
Ses sujets de prédilection étaient des paysages, des marines et des scènes de la vie bretonne. Henri Barnoin fréquente Concarneau dès les années 1912-1913.
Ayant sa galerie-atelier sur le quai Pénéroff, il est le témoin privilégié de l’animation du port, qu’il ne se lasse pas de peindre et fait alors partie du groupe de Concarneau. On dénomme ainsi les nombreux peintres français et étrangers attirés par cette ville et sa région à la fin du XIXe siècle et dans la première moitié du XXe siècle.
L’artiste représente aussi des scènes portuaires à Douarnenez, Saint-Goustan, Lorient. Il est également le peintre de la foule des pardons et des marchés, à Quimper, Quimperlé, Hennebont, Dol-de-Bretagne et au Faouët.