René Quillivic, « sur le môle », 1921.

René Quillivic
René Quillivic, « Sur le môle », 1921, gravure sur bois

Signée dans la planche, l’immatriculation du bateau indique la date 1921 et la lettre A indique le lieu, Audierne
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Originaire de Plouhinec (Bretagne, Sud Finistère), René Quillivic (1879-1969) se prépare à exercer le métier de menuisier-charpentier et fait le Tour de France des Compagnons du Devoir, pendant lequel il apprend la langue française.

Ayant bénéficier d’une bourse du Conseil Général du Finistère, il décide de s’orienter vers la sculpture et part se former à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris.

Son inspiration est issue principalement de sa Bretagne d’origine où il obtient de nombreuses commandes de statues (notamment pour la commémoration de la Grande-Guerre) dans les années 1920, utilisant les granits bretons, et le plus souvent la kersantite.

Il aborde la gravure sur bois vers 1912, adoptant le bois de fil. Sociétaire de la première  Société de la Gravure sur Bois Originale, René Quillivic est membre fondateur de la deuxième société en 1920. Son oeuvre gravée s’inspire des motifs bigoudens et celtiques, et bien qu’il ne fasse pas partie du mouvement des Seiz Breur.

Cette technique graphique lui permet d’exprimer ce qu’il ne peut réaliser par la sculpture. Il réalise une série de douze gravures sur bois intitulée L’Histoire de la mer, et des illustrations pour le livre Souvenir d’enfance et de jeunesse d’Ernest Renan. La revue L’art et les artistes, dans son numéro d’octobre 1930, publie des reproductions de trois gravures sur bois de René Quillivic : Devant Dieu (1919), Saint Edwet (1921)  (en fait une reproduction de la chapelle Sainte-Edwette en Esquibien) et La Vague.

René Quillivic renouvelle les thèmes traditionnels, en particulier quand il travaille pour la faïencerie HB à Quimper, à la demande de Jules Verlingue.

 

 

Stéphane Ruais, peintre de la Marine

Stéphane Ruais est un marin de longue date qui navigue sur ses propres bateaux dans le Finistère Nord. Son atelier est situé à Tréflez.

Sa peinture est imprégnée de ses courses en solitaire, avec de nombreux paysages côtiers, mais les sujets sont divers (avions, natures mortes, arsenaux…). Les caractères dominants de son expression artistique sont la lumière et le mouvement, une peinture d’atmosphère par touche rapide qui saisit la lumière et valorise la transparence des éclairages. Il travaille exclusivement sur le motif.

Peintre de paysage, il se réclame de quelques grands maîtres. Camille Pissarro, pour la nature et la fraîcheur de ses verts, Claude Monet pour ses lumières dorées, et surtout Chaïm Soutine, pour sa matière sensuelle et sa palette de couleurs. Ruais se situe, aussi, dans le sillage de Marin-Marie, aquarelliste de génie, même s’il a délaissé cette technique qu’il trouve trop imprévisible.

Peintre de la Marine depuis 1991, assimilé au grade de capitaine de corvette, Stéphane Ruais est un peintre côtier. « Le grand large m’ennuie », reconnaît-il, passionné par l’estran et ses rochers, et nostalgique de ses jeunes années lorsqu’il débarquait sur une île, prêt à cabaner pour la nuit. La grand-voile affalée, à cheval sur la bôme en guise de toile de tente, et les étoiles comme compagnons.

Elève des Beaux-Arts de Paris, section Architecture, Stéphane Ruais se met à la peinture au début des années 1980, et obtient en 1991, le titre de « Peintre Officiel de la Marine« .

Très belle huile sur toile de l’artiste Stéphane Ruais, représentant « Le Guillec » ( cours d’eau du pays de Léon) une rivière du Finistère qui se jette dans la Manche.

Stéphane Ruais

« Le Guillec », 9 janvier 2000,

huile sur toile signée en bas et à droite, située et datée au dos, 65x92cm

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Audierne, les quais animés vers 1900

Magnifique petite huile sur panneau de Jean REMOND (1872-1913), représentant l’animation sur les quais d’Audierne vers 1900.

Il fut l’élève de Cormon et d’Alfred de Richemont. Il exposa à Paris au Salon des Artistes Français dont il fut membre sociétaire à partir de 1903.

Jean Remond excelle dans le jeu des reflets nuancés mais il adapte à sa manière les conquêtes de l’impressionnisme en posant quelques touches de couleurs violentes dans ses paysages marins aux ciels lourds et animés.
Sa trop courte existence lègue à la postérité des oeuvres dont la qualité exceptionnelle confère à leur auteur une place certaine dans l’histoire du paysage français du début du XXème siècle.

Son oeuvre est en majeure partie consacré à la Bretagne et à la Corrèze, puis à partir de 1910 à la vallée de la Marne.

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Audierne fut l’un des principaux port de pêche et de commerce breton, et ceci dès les XVème et XVIème siècles qui furent une période de prospérité extraordinaire, grâce au développement des pêcheries et sècheries. Les « pilotes » d’Audierne étaient réputés pour leurs connaissances maritimes; ils furent parmi les premiers pionniers à découvrir les bancs de morues à Terre-Neuve.

Audierne a l’allure si typique des ports bretons : un linéaire de grandes maisons blanches, resserrées les unes contre les autres, face à la mer. Grâce à la mise au point de nouvelles techniques de pêche (casiers) et de conservation (viviers : dans les navires et à terre) la commercialisation des crustacés se développe rapidement. Audierne profite de la proximité des lieux de pêche (Chaussée de Sein, côtes anglaise et irlandaise). Jusqu’aux années 1960, Audierne sera l’un des plus grands ports langoustiers français. 

Lucien Simon, les hommes du pays Bigouden.

Lucien Simon (Paris 1861 – Paris 1945), le grand peintre du Pays Bigouden, nous présente ici dans ce grand dessin, une scène intimiste, dans cette église de Combrit, face à cette rangée d’hommes du pays.

Lucien Simon

Lucien Simon, « hommes à la messe, Combrit », vers 1904

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Gouache aquarellée sur traits de crayon, 93cm x 117cm, esquisse préparatoire au tableau exposé au salon de 1904, autrefois appartenant aux collections de l’Art Institute de Chicago. Il en existe une variante à la Stadtliche Kunsthalle de Mannheim.

Citons Louis Aubert (article sur Lucien Simon dans la Revue de Paris, 15 mai 1924):  « …les physionomies des hommes debout dans la Messe à Combrit, figures barbues ou glabres, toujours puissamment charpentées et graves: on pense à des témoins du noyau le plus ancien et le plus dur de notre race, qui s’en seraient détachés depuis longtemps et qui ayant roulé jusqu’à ce rivage, y seraient restés des siècles durant, sans que les éruptions et torrents sociaux, qui ont été à l’oeuvre ailleurs et depuis dans notre pays, soient venus jusqu’à eux ou aient pu les dissoudre. »

Emile Dezaunay, un grand graveur méconnu!

Emile Dezaunay
 Emile Dezaunay, « jeune bretonne », circa 1895, eau-forte
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Emile DEZAUNAY (Nantes 1854 – Nantes 1938) entre à l’école des beaux-arts à Paris en 1875. En 1886, il expose à l’Exposition des Beaux-Arts de Nantes qui se tient tous les trois ans et à laquelle sont conviés les peintres déjà consacrés et ayant participé au Salon officiel de Paris.

C’est Schuffenecker qui a la charge d’envoyer à l’exposition les deux tableaux de Gauguin avec les siens. Parmi les exposants nous trouvons entre autres : Baudin, Bonnat, Puvis de Chavannes, Jules-Elie Delaunay, Gérôme, Guillaumin, Harpignies, Maufra, Moret, Pissaro, Renoir, Seurat, Sisley. C’est à cette occasion qu’Emile Dezaunay fera la connaissance de Maxime Maufra et que va naître entre les deux hommes une grande amitié.

Emile Dezaunay qui fréquente l’atelier d’Eugène Delâtre où Maufra réalise également ses premières gravures en 1892, influencés par Gauguin. Si ses planches ne sont pas datées on sait qu’en 1904, quatre d’entre elles étaient en vente à la Galerie Sagot, à Paris dans des petites séries numérotées à 50 exemplaires.

C’est dans les aquarelles et les gravures dont il maîtrise parfaitement les techniques qu’il excelle. C’est entre 1892 et 1909 que sa carrière fut la plus féconde. le critique Arsène Alexandre dit :  » Son art est à la fois populaire et raffiné, il est malicieux quand il regarde, candide quand il raconte « 

Bibliographie:

  • Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome III, p.31
  • Emile Dezaunay (1854-1938), Ed. Le Télégramme, avec la collaboration du Musée de Pont-Aven,2001