André Dauchez, la maison Cariou, huile sur panneau collection particulière
Pendant tout l’été 2020, la galerie Brugal à Pont l’Abbé met en avant les oeuvres des artistes Henri Rivière (1864-1951) et André Dauchez (1870-1948), deux grands noms de la peinture en Bretagne.
Une belle exposition de lithographies originales d’Henri Rivière, présentant des « Beaux paysages de Bretagne », dont des tirages rares et signés, sont à découvrir à la galerie de Pont l’Abbé.
Des huiles, des aquarelles, des dessins et de très belles eaux-fortes d’André Dauchez seront présentées à tous les collectionneurs de l’artiste et les admirateurs des paysages de la Cornouaille bretonne. Les amateurs pourront également trouver à la galerie Brugal la revue du 150ème anniversaire de la naissance de l’artiste, ouvrage collectif abordant plusieurs sujets autour de l’artiste lui-même et des lieux qu’il a privilégié dans ses oeuvres, notamment le Pays Bigouden. Une seconde édition, complétée et corrigée, du catalogue raisonné de l’oeuvre gravé sera aussi disponible à la galerie.
Lire l’article du Télégramme: Deux grands peintres bretons à la galerie Brugal. 23 juin 2020
Joseph Bulfield, scène de pardon à Notre-Dame de la Joie, Penmarc’h, Saint-Guénolé, c.1910 huile sur panneau, signée en bas et à gauche, 25,5 x 34cm Vendu-Sold
Joseph Bulfield est un peintre d’origine anglaise (Lancaster 1886-1921). Il est élève de l’Académie Julian, enregistré le 14 juin 1866 dans l’atelier de Lefebvre et dans celui de Boulanger. Au début des années 1890, il vient en Bretagne, épouse une Française et réside à Concarneau en 1893; il devient un membre important de la communauté artistique de Concarneau. Il expose au Salon des Artistes Français de 1892 à 1898. En 1894, son tableau La dernière heure obtient la mention honorable au Salon et Joseph Bulfield l’envoie à la Royal Academy en 1895. Dans le catalogue du Salon de 1897, son tableau L’intersigne du berceau est accompagné d’une longue citation d’Anatole Le Braz extraite de « La Légende de la mort en Basse-Bretagne ».
Joseph Bulfield est répertorié comme résident à la Forêt-Fouesnant en 1899.
La majorité des oeuvres de Joseph Bulfield sont des scènes de marché avec de nombreux personnages, brossées de touches rapides à la manière impressionniste. Oeuvres de dimensions modestes représentant des habitants par petits groupes.
« Les tableaux de Bulfield débordent de soleil et de joie de vivre. Pour la plupart, ce sont des huiles de dimensions modestes (…)Il peint (…) des études fraîches et spontanées de la vie en plein air avec une touche de gaieté méridionale, tout ceci exécuté avec une technique sans effort mais efficace » (The Studio, 1905).
Bibliographie:
– Dictionnaires des Peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome II, p.946
– Peintres britanniques en Bretagne 1818-1939, catalogue d’exposition Musée de Pont-Aven, 2004
Jules Paressant (1917-2001), « Quimiac, coucher de soleil« , 1986, acrylique sur panneau signée et datée en bas et à droite, titrée et datée au dos, 30 x 45cm Vendu-Sold
Jules Paressant (Herbignac 1917 – Nantes 2001)
Fils de forestier, petit-fils de maçon, Jules Paressant, né en février 1917 à Herbignac, fait la fierté de sa famille en devenant chirurgien de renom. Il a exercé de 1944 à 1981 dans une clinique nantaise.
Sa vie durant, personne ne se doute que ce respectable professionnel de la santé cache un grand secret. C’est en 1985 lors de sa première exposition « Autour de Gauguin à Pont-Aven » que Jules Paressant, âgé de 68 ans, dévoile aux yeux de tous son talent d’artiste. Le musée de Pont-Aven révèle ses œuvres réalisées en secret pendant 40 ans.
Admirateur de Gauguin, Matisse, des
expressionnistes allemands, des arts populaires…, inspiré par l’école de
Pont-Aven, l’expression artistique, tout d’abord innocent passe-temps, est
devenue pour Jules Paressant une seconde vie.
La retraite du chirurgien annonce l’éveil de l’artiste. Ces heures de loisirs et ces nuits consacrés à la création reçoivent dès lors la reconnaissance du public amateur et professionnel. En 1990, le musée des Beaux-Arts de Nantes et le Château des Ducs rendent hommage à Jules Paressant.
Mais ce ne sont pas les expositions qui motivent
l’homme, « C’est toujours figé une expo dans un musée, mon œuvre ici à
l’Aulnaie est vivante ».
Dans son jardin secret, Jules Paressant crée, compose et anime ses œuvres diverses et variées par leurs formes, leurs supports… L’Aulnaie à Cordemais département de Loire-Atlantique), façonné, sculpté et aménagé par Jules Paressant, est un « petit paradis » pour les amateurs d’arts. Quelques pas dans la propriété et vous voici face à un jardin japonais. Continuez à suivre le sentier, vous apercevrez une mosaïque et un peu plus loin les ateliers.
Les œuvres sont mises en scène, intégrées à ce «
musée en extérieur ». Dans cet environnement, les totems de bois peint
s’illuminent de couleurs vives et les géants de pierre couvent de leur regard
bienveillant l’arrivée des visiteurs.
L’Aulnaie reste aujourd’hui encore un espace privilégié pour les artistes. Ses petits enfants ont pris le relais et font revivre la propriété. La petite fille de l’artiste, est céramiste et anime des ateliers dans les mêmes locaux que son grand père.
Bibliographie:
Jules Paressant, par Denise Delouche, Ed Le Chasse-Marée-Armen, 1993
Jules Paressant, par Vincent Rousseau et Marie-Pascale Cornet, Jules Paressant, catalogue musée des beaux-arts de Nantes, exposition du 28 septembre au 28 octobre 1990.
Jean Julien LEMORDANT (1878-1968) Le goémonier, c.1910 Gouache, signée en bas et à gauche,60 x 45cm Vendu-Sold
Jean-Julien Lemordant nous dévoile dans ce dessin coloré toute l’importante place qu’il a dans l’histoire de la peinture bretonne. La force et la simplicité du sujet est traité ici par un dessin ferme et synthétique.
Elève de Léon Bonnat en compagnie de Emile Othon Frietz et de Raoul Duffy. Il redécouvre la Bretagne en 1903 et s’installe à Penmarc’h où sa peinture s’oriente vers une description colorée de la vie maritime et trouve son engagement aux côtés des marins (fondation de la revue Brug – 1913).
Dans une facture large et sonore, il a traité des vastes panneaux hardiment composés, les rudes acteurs de la tragédie marine. Il fut aussi un rénovateur des arts décoratifs en Bretagne.
En 1904, le jeune peintre (il a 26 ans) est installé à Saint-Guénolé quand l’hôtel de l’Epée à Quimper lui commande une série de fresques murales pour décorer sa salle à manger. Le travail est colossal : 65 m2 de murs sont à peindre percés de 11 portes. Lemordant réalisera 23 peintures groupées en 5 séquences.
Cette gouache fait partie des nombreuses esquisses exécutées pour le décor de l’Hôtel de l’Epée de Quimper, vers 1907-1908. Cette décoration de la salle du restaurant de l’hôtel, a été installé de manière permanente dans une salle du musée des beaux-arts de Quimper.
Jean Julien Lemordant nous transcrit dans cette oeuvre l’image du rude acteur de la tragédie marine: un marin engoncé dans son vêtement arrachant à la mer sa moisson de goémon.
Superbe pièce de Jean Julien Lemordant, car il nous montre l’importance du dessin, de l’esquisse, qui dévoile déjà l’ampleur de ce grand nom de la peinture bretonne.
Les fresques de l’Hôtel de l’Epée à Quimper ont connu un succès considérable et apporté au jeune peintre une certaine notoriété. En 1913, l’Opéra de Rennes lui passe une commande prestigieuse : la peinture du plafond de l’Opéra qu’il peindra durant l’année 1914. Lemordant réalisera à cette occasion une ronde bretonne.
Jean-Emile Laboureur (Nantes 1877- Pénestin 1943) Les pêcheurs et le mousse, 1924 Lithographie en trois couleurs, signée en bas et à gauche, numérotée 6/30 182 x 208mm Vendu-Sold
Cette estampe reprend le décor et les personnages de plusieurs autres œuvres dont le bois Pêcheurs bretons ou l’huile sur panneau de 1922. Jean-Emile Laboureur y ajoute un mousse portant le pain de six livres, sujet emprunté aux Trois marins.
En arrière-plan, surplombant le quai du Lénigo au Croisic, la
haute bâtisse qui servait alors de bureau aux Affaires Maritimes, est
parfaitement identifiable avec sa lucarne plein-cintre et le bandeau sombre de
l’enseigne.
En utilisant la technique de la lithographie, Jean-Emile Laboureur peut donner à voir la couleur rouge de la vareuse du « gaouche », couleur traditionnelle des pêcheurs finistériens, qui porte casquette, et surtout la voile teinte au traditionnel cachou.
Il apprend la gravure avec Auguste Lepère et la lithographie avec Toulouse-Lautrec. Pour Laboureur, la gravure originale est oeuvre à part entière, « un dessin volontairement affirmé par la rudesse même de l’outil employé ». Il se forme ensuite dans les musées allemands (1899-1903), puis part vivre en Amérique du Nord quelques années (1903-1908) ; il y réalise des estampes et des gravures sur bois montrant les grandes villes industrielles et prend le prénom de Jean-Emile.
Rentré en Europe, il voyage et s’installe définitivement à Paris en 1910. Laboureur s’intéresse au Cubisme et adopte la géométrisation et la simplification des formes, tout en restant figuratif. Il fréquente Guillaume Apollinaire et Marie Laurencin. Il sera mobilisé comme traducteur auprès de l’armée anglaise, puis américaine, pendant la première guerre mondiale. Celle-ci n’interrompt en rien son activité créatrice. Il produit, pendant et après la guerre, plusieurs ensembles de gravures sur cuivre au burin (« Dans les Flandres britanniques », « Petites images de la guerre sur le front britannique », « Types de l’armée américaine en France »).
Dans l’immédiat après-guerre, l’artiste se consacre, avec la réalisation de grandes planches gravées, à l’illustration d’ouvrages (Larbaud, Gide, etc.). De 1920 à 1938, Laboureur illustre soixante-six livres, réalise trente-neuf frontispices, sans renoncer aux planches individuelles de libre inspiration. En 1923, Jean-Emile Laboureur fonde l’Association des peintres et graveurs qui met en avant la gravure, la lithographie, la gravure au burin ou la xylographie. Au début des années 1930, il réalise un ensemble de paysages à l’eau-forte (La Grande Brière).
Jean-Emile Laboureur est atteint d’hémiplégie en 1938, il cessera toute production artistique. Il meurt en 1943 à Pénestin (Sud Bretagne, France).
Bibliographie :
Jean-Emile Laboureur, Entre terre et mer, harmonies gravées en presqu’île, catalogue d’exposition, Ville du Croisic, 2018
Catalogue complet de l’œuvre de J.E. Laboureur, Sylvain Laboureur, 3 tomes, Ides & Calendes, Neuchâtel, 1989-91
« L’œuvre gravé de Jean-Émile Laboureur », Louis Godefroy, Ed. Chez l’auteur, 1929