Henri Buron, « les rochers de Saint-Guénolé », huile sur toile, signée en bas et à gauche, 1926, 47cm x 61cm Vendu-Sold
Saint Guénolé: il faut se rendre au nord de la pointe de Penmarc’h, face aux vents du sud-ouest, pour comprendre la puissance des éléments et observer la sauvagerie des flots qui viennent se fracasser sur cet enfer de roches.
Connus des touristes pour leur sauvage beauté, et craints par les marins, les rochers de Saint-Guénolé sont classés à l’Inventaire des sites depuis 1936. Marcel Proust a décrit la violence de la tempête à Penmarc’h en 1895 dans son roman Jean Santeuil.
Plusieurs artistes sont venus se confronter à cet univers grandiose et fascinant, tel qu’Henri Buron (Rouen 1880-Paris 1969) qui, bien que les flots soient d’un bleu accueillant, nous dévoile dans cette huile sur toile de 1926, le côté sauvage de ces bords de mer du pays Bigouden.
Arthur Midy, « scène bretonne », huile sur toile, signée en bas et à droite, 39x48cm Vendu-Sold
Arthur Midy (1877-1944) fut l’un des grands peintres du foyer artistique de la ville du Faouët à partir de 1905 et surtout pendant l’entre deux-guerres, avec son ami Germain David-Nillet. Il fut l’observateur des plus attentifs d’une vie rurale traditionnelle en Bretagne, vie qui sera frappée par les mutations de l’après-guerre.
Elève, dans sa ville natale de Saint-Quentin, de l’école de dessin Quentin de la Tour, Arthur Midy se fait remarquer par son talent précoce: il n’a que 12 ans quand il gagne sa première médaille, bientôt suivie par de nombreux prix et récompenses.
Il fut élève de l’Académie des Beaux-Arts de Paris en 1894, de J.P. Laurens et Benjamin Constant. Il expose au Salon des Artistes Français à partir de 1897 et ce, régulièrement jusqu’en 1941.
L’artiste séjourne donc au Faouët jusqu’à sa mort; il rayonne dans l’ensemble de la région et participe à plusieurs manifestations artistiques locales: Concarneau, Lorient, Pont-Aven…
Témoin privilégié de la vie rurale bretonne, il nous propose dans cette toile, une scène d’intérieur, d’une femme filant au rouet tout en berçant son enfant. Ce dernier a été mis en pleine lumière, attirant notre attention sur ce doux repos, dans un intérieur breton tout en nuance, mais bien présent avec ces différents meubles et autres accessoires, instantané de la vie rurale.
Bibliographie:
Jean-Marc Michaud, « Arthur Midy« , dans ArMen, né 141, juillet-août 2004, p.54-61
« Arthur Midy« , catalogue d’exposition au musée du Faouët, 2004
Jean-Georges Cornélius, « 3ème Béatitude – Bienheureux ceux qui pleurent car ils seront consolés », c.1940 huile sur carton, signée en haut et à droite, 82 x 89cm Cette oeuvre a figuré à la seule exposition de l’artiste à Rio de Janeiro en 1947 Vendu-Sold
A Strasbourg, il travailla d’abord dans l’atelier du peintre et aquafortiste, le baron Lothar von Seebach. Puis, il vint à Paris, s’inscrivit à l’Atelier de Gustave Moreau et ensuite à l’Atelier Luc-Olivier Merson. Dès 1903, il commença à exposer, au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts.
Il a réalisé une peinture à la fois mystique et allégorique. Il sera profondément marqué par sa conversion au catholicisme en 1931. Il fut également un illustrateur des poèmes de Baudelaire et d’Oscar Wilde
Il proposera une oeuvre singulière, celle d’un primitif du XXème siècle dont le sacré et la Bretagne seront les deux piliers. Sa vie est faite de nombreux séjours à l’étranger (Etats-Unis, Belgique, Brésil) ainsi que d’amitiés fidèles, comme celle qui le lie à Georges Bernanos. Hors des modes et des grands courants artistiques, Cornélius est un peintre unique, peut-être dérangeant, l’un des moins faciles dans sa violente expressivité, dans son contenu affectif et son splendide isolement. On adore ou pas!?
Quarante-huit tableaux et six dessins de Jean-Georges Cornélius ont fait l’objet d’une donation par la fille de l’artiste au Musée eucharistique du Hiéron, en 2007, après une exposition monographique du peintre. Ses œuvres sont en partie exposées dans le musée.
Jean-Georges Cornélius, « Pleurons » ,
huile sur carton, signée en haut et à gauche, 67x88cm
Louis Roy (1862-1907), professeur de dessin au lycée Michelet à Vanves, rencontre Emile Schuffenecker qui le présente à Paul Gauguin. Rapidement les deux hommes se lient d’amitié, et en 1889, Gauguin fait son portrait et lui offre deux tableaux dont l’un est dédicacé « au Seigneur Roy ».
En juillet 1889, Louis Roy participe à l’Exposition de peintures du Groupe impressionniste et synthétiste qui se tient au Café des Arts aménagé par Volpini, dit Café Volpini. Les exposants, refusés à l’Exposition Universelle, s’étaient rassemblés autour de Paul Gauguin: Schuffenecker, Anquetil, Monfreid, Laval, Filiger, Emile Bernard, tous célèbres aujourd’hui pour leur appartenance au fameux groupe de Pont-Aven.
Dans ce dessin de 1893, Louis Roy représente deux paysannes au repos, le panier du déjeuner posé sur le côté. L’espace est construit par les arbres, qui scandent la composition selon un rythme intérieur; simplifiés, la représentation des troncs amène à la stylisation, à l’esthétique de l’école de Pont-Aven. L’artiste utilise les arbres dans la mise en oeuvre d’un décor où vont évoluer les personnages. Les artistes Nabis et les peintres symbolistes peindront ces arbres en les simplifiant à l’extrême, en les synthétisant par des aplats de couleur.
Louis Roy, « Paysannes au repos », dessin, signé et daté 1893
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L’artiste reprendra cette composition dans une gouache de 1895, intitulée « paysannes au repos », reproduite en page 86 de l’ouvrage « Le Chemin de Gauguin. Genèse et rayonnement », exposition au musée départemental du Prieuré (1986- Saint-Germain-en-Laye).
Xavier De Langlais est né à Sarzeau en 1906 (il meurt à Rennes en 1975). Il fut peintre, graveur, illustrateur, écrivain et technicien de la peinture.
Après avoir suivi les cours des Beaux-Arts de Nantes et de Paris, Xavier De Langlais rentre en Bretagne pour toujours. Commence une période de forte activité artistique: des décorations de chapelles (Lannion, La Baule, Etel, Saint-Brieuc, La Richardais près de Dinard: c’est la vogue de l’art sacré); des recherches sur la technique de la peinture (qui donnera lieu à l’édition en 1959 chez Flammarion d’un remarquable écrit: « La technique de la peinture à l’huile, de Van Eyck à nos jours »); une adhésion au mouvement des Seizh Breur (aux côtés de Creston, Malivel et de son ami l’architecte James Bouillé); des illustrations de revues bretonnes; des compositions à l’huile (portraits) et des céramiques…
« Fillette de Plougastel », huile sur toile, signée et datée « 29-IV-1947 », 40,5×33,5cm,
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L’univers de Xavier De Langlais est peuplé de personnages féminins aux traits un peu exotiques et aux yeux songeurs. Mais ses personnages témoignent d’une vie intérieure, d’un hommage à la femme éternelle. Citons Henri Terrière (critique d’art, journaliste à Ouest-France de 1945 à 1979): « Il en réalise la plénitude charnelle, tout en l’idéalisant avec une sorte de respect dans un inaltérable adoucissement de jeunesse et de beauté, en la purifiant par l’évocation lointaine d’un exotisme de rêve ou le nu même semble s’enrober de pudeur » .