Concarneau soleil couchant par Paul Eschbach, 1920-1930.

Paul Eschbach Concarneau thoniers
Paul André Eschbach, thoniers en baie de Concarneau,
huile sur toile, signée en bas et à gauche, 38x46cm
Vendu-Sold

« Soleil couchant à Concarneau » par Paul-André Eschbach (1881-1961), l’un des membres du Groupe de Concarneau des années 1920-1930.

Paul-André Eschbach entre à l’âge de 16 ans à l’école des beaux-arts de Lille, où il rencontre Pharaon de Winter (1849-1924) qui l’oriente vers la peinture anecdotique. En 1900, il quitte Lille pour Paris, où il suit les cours de l’école des beaux-arts de Paris dans l’atelier de Jean-Paul Laurens, et ceux de l’Académie Julian.

En 1901, il fait son premier envoi au Salon des Artistes Français. La toile a pour sujet un portrait d’homme et pendant plus de vingt ans il peindra des portraits et des scènes de genre. En 1907, il obtient une médaille de troisième classe au Salon de Paris, dont il devint sociétaire. A partir de 1912, il enseigne à l’Académie Julian. De plus en plus attiré par le pleinarisme, suite à ses voyages en Italie, Paul Eschbach commence à composer de petites marines. A partir de 1920, il se rend alors en Normandie et surtout en Bretagne, fréquentant principalement Concarneau, dont il devint un membre actif de « l’Union artistique des amis de Concarneau » avec Henri Barnoin, et Lucien-Victor Delpy.

A Concarneau « il retrouvera cette palette claire et nacrée, cette rigueur sous l’apparence de la désinvolture, qu’apprécieront les amateurs de scènes de la vie quotidienne dans les petits ports armoricains« . Très bon dessinateur et excellent coloriste, Eschbach a su peindre la Bretagne, et Concarneau, avec une grande personnalité. Il n’aura cesse de peindre les bateaux de pêche entrant et sortant de la rade de Concarneau. Il se fait une spécialité de peindre à contre-jour, rendant par des contrastes saisissants, la puissance des éléments.

Bibliographie:

Les peintres de Concarneau, Henri Belbeoch

Dictionnaire des peintres français de la Mer et de la Marine, J.N. Marchand

La route des peintres en Cornouaille, Quimper

Mathurin Meheut en pays Bigouden.

Mathurin Méheut Sainte Marine pays Bigouden
Mathurin Méheut « Hêtraie sous la pluie à Sainte Marine »,
gouache sur papier,signée du monogramme en bas et à gauche,
titrée et située en bas et à droite, 41cm x 31cm
Vendu-Sold

Démobilisé en février 1919, Mathurin Méheut (Lamballe 1882 – 1958) choisit la côte ventée du Pays bigouden pour se ressourcer en famille à Penmarc’h.

Démobilisé en 1919, il se retire dans le pays bigouden pour tenter de se ressourcer. Pendant deux ans, il prépare sa deuxième exposition personnelle au musée des Arts décoratifs à Paris. Il y pense depuis son retour du Japon. Cette exposition devra être à la hauteur de la précédente en 1913.

Les oeuvres exposées reflètent ses anciennes tendances et d’autres qui annoncent, tant par le graphisme que leur thématique, le Méheut des années trente et quarante. C’est dans la deuxième partie de l’exposition consacrée à sa terre natale que Méheut va tirer le meilleur de son art afin de s’imposer comme le peintre de la Bretagne. En présentant une dizaine de panneaux décoratifs sur la vie en Bretagne, il s’affirme comme le décorateur et va obtenir ainsi de nombreuses commandes publiques et privées.

C’est donc à partir du Pays bigouden que Mathurin Méheut renoue avec ses thématiques bretonnes, travaillant aussi sur de grandes gravures inspirées du travail des pêcheurs, mais également de la beauté classique de la nature environnante.

Le Pays bigouden inspira de nombreux thèmes à Mathurin Méheut, et il se nourrit de ses divers aspects, de ses travailleurs de la mer, de ses femmes récoltant pomme de terre ou varech, et de ses sous-bois le long de la rivière Odet, comme dans cette oeuvre située à Saint-Marine.

On peut louer dans cette oeuvre le jeu des proportions et des masses, ainsi que l’effet de puissance qui en résulte: ceci est caractéristique du travail de Mathurin Méheut.

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Grund, 1999, Tome IX, p.441
Mathurin Méheut, Ed Chasse Marée, 2001
Dictionnaire des peintres français de la mer et de la marine, JN.Marchand, 1997

Brest, cabaret « au bon accueil », par Emmanuel Marcel-Laurent

Marcel Laurent Brest cabaret
Emmanuel Marcel-Laurent, le cabaret « Au bon accueil » à Brest, 1940,
huile sur toile, signée en bas et à gauche,
Vendu-Sold

Emmanuel Marcel-Laurent (1892-1948), fut l’un des peintres bretons de l’entre deux-guerres, parcourant notamment le Finistère en tout sens, s’attachant aux vues de villes, comme celles de Brest, mais aussi au quotidien des bretons. Il a fait de remarquables et rares oeuvres sur la grande Troménie de Locronan.

Il fut nommé peintre de la Marine en 1942, grâce à ses nombreuses vues de ports et de marines.

Paul Auguste Masui, expressionniste belge en Bretagne!

Paul Auguste Masui expressionniste belge en Bretagne
Paul-Auguste Masui, maternité devant la mer, 1926,
aquarelle gouachée, 87cm x 81cm

Vendu -sold

Paul-Auguste Masui (1888-1981) travailla à Uccle, près de Bruxelles. Il fut membre de l’Académie luxembourgeoise. Il a participé à de nombreuses expositions collectives et Salons à partir de 1912. Il a peint principalement la Bretagne, les Ardennes, la Provence et l’Espagne.

Ce fut un artiste ébloui par la Bretagne en 1925 et en 1926 notamment.

La vision de Paul Auguste Masui est sculpturale, massive, il évite toute anecdote, dépasse le pittoresque, va à l’essentiel, c’est une peinture forte, solidement structurée. L’artiste a choisi de rester figuratif avec un goût prononcé pour la synthèse et une touche d’expressionnisme. Si la peinture de Masui est témoin de son temps, elle est aussi intemporelle, avec sa force de suggestion, sa palette superbe, sa personnalité singulière. Catherine Puget, ancien conservateur du Musée de Pont-Aven.

“N’ayant pas hérité d’une volonté agressive, il approche les personnages qu’il croque avec une rugueuse tendresse. Il ne révolutionne rien mais, par son dessin même, il témoigne d’un temps expressif jusque dans la conscience sociale qui s’affirme dans les gestes les plus humbles”
Alain Viray, 1984

“La vie active, grouillante, mouvementée, la vie des foules, des masses laborieuses, en ce qu’elle a de rude, de fort, de tourmenté, Masui la chante avec ferveur. Dans les ports, dans les chantiers, dans les carrières, sur les échafaudages, près des arches, des grands ponts, là où l’ouvrier bâtit la ville future à gestes larges et efforts lents, il promène sa vision tourmentée”.
Raoul Godefroid, in La Nervie, octobre 1921

Plusieurs de ses oeuvres se trouvent dans les musées de Bruxelles, Ixelles, Londres, Mons, Paris (musée Carnavalet), Quimper, Tournai, Verviers.

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Grund, 1999, Tome IX, p.339
Paul Auguste Masui, Catalogue d’exposition, Musée de Pont-Aven, 2007
Paul-Auguste Masui, P.Caso, Ed Louis Musin, Bruxelles, 1980

Mathurin Méheut, tempête à Penmarc’h!

Tempête à Penmarc'h
Mathurin Méheut, « Gros temps, St-Guénolé, août 1931 »,
gouache sur papier,
signée du monogramme, titrée et située,
datée 1931, 20,7cm x 31,8cm
Vendu-Sold

On peut rapprocher cette oeuvre d’une autre, « Tempête à Penmarc’h« , huile sur toile (60×81,3cm) actuellement dans les collections du musée de Bretagne à Rennes.

Mathurin Méheut (Lamballe 1882 – 1958) s’est spécialisé dans la représentation de la vie laborieuse, notamment des marins, s’immergeant dans la nature, travaillant sur le terrain et par n’importe quel temps.

Il s’agit dans cette oeuvre d’une représentation des marins pêcheurs dans leur quotidien, de ces barques sardinières du début du vingtième siècle qui peuplaient les côtes du Sud Finistère. Ici, Mathurin Méheut s’attache au paysage, qui est architecturé selon des plans superposés. C’est un jeu d’obliques, un premier plan presque barré qui évoque l’espace, des personnages vus de dos qui donnent l’échelle, de larges barques sombres.

Ciel bas, mer houleuse, lourdes barques, et la vaste grève où peinent les hommes. Solidement charpenté, cette tempête à Penmarc’h aux couleurs sourdes qui dénote une connaissance profonde de la Bretagne.

Mathurin Méheut a tout vu, tout noté, les gestes des pêcheurs, le poids des barques, la tragédie du ciel. Méheut est très attentif aux variations climatiques de l’atmosphère : »Les temps couverts et gris sont généralement plus beaux » dit-il dans sa correspondance abondante.

Mathurin Méheut ancre dans cette oeuvre les thématiques qu’il répètera à l’infini: les hommes au travail ou dans leur environnement, la mer, la nature, la Bretagne… Il apparaît donc comme le peintre des réalités quotidiennes. Cette composition en est la preuve formelle.

On retrouve tout ce qui caractérise l’oeuvre de Mathurin Méheut, à savoir le traitement particulier des couleurs, jouant parfois sur la monochromie comme sur la polychromie. L’unité plastique de l’oeuvre présentée repose sur la bichromie choisie: une gamme froide de gris-bleu, une gamme chaude d’ocres et de bruns, qu’il utilise fréquemment dans ses compositions aussi bien à la gouache qu’à la caséine.

On peut louer dans cette oeuvre la schématisation des silhouettes, le jeu des proportions et des masses, ainsi que l’effet de puissance qui en résulte: ceci est caractéristique du travail de Mathurin Méheut.

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Grûnd, 1999, Tome IX, p.441
Mathurin Méheut, Ed Chasse Marée, 2001
Dictionnaire des peintres français de la mer et de la marine, JN.Marchand, 1997