Paul Auguste Masui, l’éblouissement de la Bretagne!

Paul Auguste Masui expressionniste belge Bretagne
Paul-Auguste Masui, le sonneur (ou joueur de biniou), 1926,
huile sur toile, 110cm x 95cm,
Vendu-Sold

Cette oeuvre de Paul Auguste Masui fut exposée lors de la rétrospective au Musée de Pont-Aven de 2007, et elle est répertoriée et reproduite dans le catalogue de l’exposition.

Paul Auguste Masui (1888-1981) travailla à Uccle, près de Bruxelles. Il fut membre de l’Académie luxembourgeoise. Il a participé à de nombreuses expositions collectives et Salons à partir de 1912. En 1913, Masui devient membre des la Société Royale des Aquafortistes Belges.

En 1916, Masui réalise des bois gravés et illustre Les visages de la vie d’Emile Verhaeren et en 1917 La légende de Thyl Ulenspiegel de Charles de Coster avec 55 bois gravés. Puis il illustrera Le pays lointain, Les chants de l’aube de Charles Conrardy, La vieille Flandre de Marcel Wyseur, Les vacances d’un jeune homme sage de Henri de Régnier, L’exemple de Nino de Lenclos amoureuse de Jean de Tinan.

Il a peint principalement la Bretagne, les Ardennes, la Provence et l’Espagne. Ce fut un artiste ébloui par la Bretagne en 1925 et en 1926 notamment.

La vision de Paul Auguste Masui est sculpturale, massive, il évite toute anecdote, dépasse le pittoresque, va à l’essentiel, c’est une peinture forte, solidement structurée. L’artiste a choisi de rester figuratif avec un goût prononcé pour la synthèse et une touche d’expressionnisme. Si la peinture de Masui est témoin de son temps, elle est aussi intemporelle, avec sa force de suggestion, sa palette superbe, sa personnalité singulière.  Catherine Puget, ancien conservateur du Musée de Pont-Aven.

« La rencontre de l’artiste avec l’archaïque beauté de la Bretagne l’a conduit à opérer une révolution picturale dans laquelle il a donné libre cours à sa personnalité. Plus son tempérament s’y dévoile, mieux il exprime la singularité de la Bretagne. Ce souffle personnel offre un supplément d’âme à toutes ses oeuvres. »

Plusieurs de ses oeuvres se trouvent dans les musées de Bruxelles, Ixelles, Londres, Mons, Paris (musée Carnavalet), Quimper, Tournai, Verviers.

Bibliographie:
– Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Grund, 1999, Tome IX, p.339
–Paul Auguste Masui, Catalogue d’exposition, Musée de Pont-Aven, 2007
– Paul-Auguste Masui, P.Caso, Ed Louis Musin, Bruxelles, 1980

Georges Gobo, l’animation des quais du port de Douarnenez.

Georges Gobo Bretagne Douarnenez
Georges Gobo (San Francisco 1876 – Nantes 1958)
Le petit môle, Douarnenez
huile sur toile, signée en bas et à gauche, 46 x 55cm,
Vendu-Sold

Trés belle oeuvre représentant le port de Douarnenez par l’artiste d’origine américaine, Georges Gobo.

Georges Gobo arriva trés jeune à Paris et devint décorateur de lettres à Angers. Il apprit par lui-même la gravure. Il exposa au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts de Paris, où il obtint le prix Cottet en 1945.

Parcourant la France, et notamment la Bretagne (régions de Vannes et de Douarnenez), la Belgique, la Hollande et l’Italie, il croqua inlassablement les paysages qu’il reproduit ensuite sur cuivre, cherchant non pas la description mais plutôt l’expression du sentiment.

Il effectuera de nombreux séjours à Douarnenez où il réalisera de nombreuses oeuvres en utilisant tout l’éventail des techniques qu’il maîtrisait: aquarelles, huiles, gravures, lithographies.

Trés apprécié à l’étranger, ses oeuvres figurent dans de nombreux musées.

Henri Focillon qui lui a consacré de nombreuses études, s’exprime en ces termes : « C’est un beau peintre français, paisible et délicat, d’accord avec notre tradition française ». Gobo a souvent été comparé à Gustave Doré et à Steinlen, pour ses gravures. Il a illustré de nombreux ouvrages dont ceux de Théodore de Banville et de Maurras.

Bibliographie:

-Dictionnaire de peintres, Benezit, Ed Gründ, 1999, Tome VI, p.230

– Dictionnaire de l’estampe en France 1830-1950, Flammarion, 1985

–La route des peintres en Cornouaille, 1998

-Douarnenez, au bonheur des peintres, Belbeoch, 1992

Henri Barnoin, un témoin de son temps en Bretagne.

Henri barnoin marine Concarneau
Henri Barnoin, « l’attente », c.1912,
huile sur toile, signée en haut et à droite, 35,5 x 27,5cm ,
Vendu-Sold

Henri Barnoin (1882-1940) fut captivé par l’animation du port de Concarneau, où il immortalise les bateaux au mouillage, et l’attente des femmes de marins sur la grève.

Henri Barnoin fut l’élève de Dameron, de Richemont et de Luc-Olivier Merson, à l’école des Beaux-Arts de Paris. Exposant au Salon des Artistes Français, il y reçut une mention honorable en 1909, une médaille d’argent en 1921, en devint sociétaire, reçut une médaille d’or en 1935 et fut classé hors concours en 1939.

Ses sujets de prédilection étaient des paysages, des marines et des scènes de la vie bretonne. Henri Barnoin fréquente Concarneau dès les années 1912-1913. Il va n’avoir de cesse de représenter la vie du port cornouaillais sous tous ses aspects: le retour ou le départ des pêcheurs, le déchargement des bateaux, l’attente sur les quais…

Henri Barnoin représente aussi des scènes portuaires à Douarnenez, Saint-Goustan, Lorient. Il est également le peintre de la foule des pardons et des marchés, à Quimper, Quimperlé, Hennebont, Dol-de-Bretagne et au Faouët.

Dans cette oeuvre, Henri Barnoin nous peint une belle scène de la vie des femmes et des hommes de la mer, des ces fins de journée sur la baie de Concarneau au soleil couchant.

Victor Giffard photographe et correspondant de presse écrit dans ses médaillons d’artistes : ” Henri Barnoin comme tant d’autres séduit et charmé a fait de la Bretagne sa terre d’élection. Des rochers de Saint-Guénolé aux chapelles du Faouet, de Saint-Michel de Quimperlé aux tours de Saint-Corentin, de la baie de Douarnenez à la Ville Close de Concarneau, dans tous les coins de Cornouaille il a planté son chevalet. Travailleur infatigable, il est partout le pinceau à la main… Vêtu de toile bleue, béret en tête, il peint avec entrain, avec fougue… Les tons harmonieux et vibrants d’une palette distinguée sont chez lui au service d’une vision personnelle…« 

Georges Souillet, une grande et belle oeuvre patrimoniale!

Georges Souillet Loctudy Finistère
Georges Souillet, « sur les quais de Loctudy »,
huile sur toile, 1924, signée et datée en bas et à droite, 100x194cm,
Vendu-Sold
Cette oeuvre fut acquise en août 2017 par la mairie de Loctudy, où elle a pris place dans la salle du Conseil municipal.

Georges Souillet a peint en 1924 cette scène de la vie quotidienne des femmes dockers de Loctudy! Un témoignage incroyable sur la place des femmes dans l’économie du Pays Bigouden dans cet immédiat après-guerre.

Georges SOUILLET (Tours 1861 – 1947), fut le premier administrateur-conservateur du manoir de Kérazan, à la suite de la famille Astor, à Loctudy.

Le tableau, d’une dimension inhabituelle, témoigne de la réaalité du labeur qu’assuraient les femmes dockers qui palliaient alors l’absence des hommes, sur le port de Loctudy après la Grande Guerre, au début de années 1920. Il s’agit ici de charger un vapeur anglais de la récolte de pommes de terre de Loctudy. Une originalité historique et patrimoniale incontestable.

Georges Souillet fut élève de Félix Laurent à l’Ecole des Beaux-Arts de Tours et d’Alexandre Cabanel à celle de Paris. Il figura au Salon des Artistes Français de Paris, à partir de 1899, au Salon de la Société des Beaux-Arts de Nantes en 1899 et en 1906.

Il fut avant tout un paysagiste. Il peignit des vues d’Ile de France, de Touraine et de Bretagne. Etabli à Tours, il fréquente Paris le moins possible mais va souvent dans le Finistère, à Loctudy où il séjourne régulièrement, y rencontrant les principaux artistes bretons ou non, de l’entre deux-guerres.

Gérard Schurr écrivait:  sa facture est justement équilibrée entre la spontanéité, la sensibilité impressionnistes et le classicisme propre aux peintres de la Touraine.

Bibliographie:

–Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Grund, 1999, Tome XIII, p.57-58

–Dictionnaire des petits maitres de la peinture, 1820-1920, Ed Amateur, Tome II, p.424

Mathurin Méheut, les barques sardinières au port de Doëlan!

Mathurin Méheut Doëlan marine mer
Mathurin Méheut, « Doëlan »,
gouache sur papier, signée du monogramme, située, 18cm x 26cm,
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Mathurin Méheut (Lamballe 1882 – 1958) s’est spécialisé dans la représentation de la vie laborieuse, notamment des marins, s’immergeant dans la nature, travaillant sur le terrain et par n’importe quel temps.

Pendant l’entre-deux-guerres, Méheut est au sommet de sa carrière. Il est connu aussi bien comme décorateur, illustrateur et céramiste. Dès l’après-guerre, débute une collaboration de plus de trente ans avec les faïenceries Henriot à Quimper, mais aussi avec la Manufacture de Sèvres et Villeroy & Boch. Les grandes compagnies maritimes confient à Méheut la décoration de leur plus beaux paquebots, ambassadeurs de tout un art de vivre. Et enfin, les éditeurs continuent à faire appel à lui comme révélateur de la Bretagne à Paris.

Il s’agit dans cette oeuvre d’une représentation des barques sardinières du début du vingtième siècle qui peuplaient les côtes du Sud Finistère, comme ici dans le port de Doélan. Mathurin Méheut s’attache au paysage, qui est architecturé selon des plans superposés.

Mathurin Méheut ancre dans cette oeuvre les thématiques qu’il répètera à l’infini: les hommes au travail ou dans leur environnement, la mer, la nature, la Bretagne… Il apparait donc comme le peintre des réalités quotidiennes. Cette composition en est la preuve formelle.

On retrouve tout ce qui caractérise l’oeuvre de l’artiste, à savoir le traitement particulier des couleurs, jouant sur une très belle polychromie.

On peut louer dans cette oeuvre la schématisation des barques, le jeu des proportions et des masses, ainsi que l’effet de puissance qui en résulte: ceci est caractéristique du travail de l’artiste.

Bibliographie:
– Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Grund, 1999, Tome IX, p.441
–Mathurin Méheut, Ed Chasse Marée, 2001
–Dictionnaire des peintres français de la mer et de la marine, JN.Marchand, 1997

–Mathurin Méheut en toutes lettres, exposition au musée de Lamballe en 2020.