Carl Moser, un japoniste en Bretagne.

Carl Moser
Carl MOSER (1873-1939), « Le départ des barques », 1928
Gravure sur bois en couleur, signée, datée 1928 et numérotée 65 dans la planche en bas et à gauche,
374 x 493mm
Vendu -sold

Carl Moser fait partie d’une famille d’artistes ; son père Karl Vinzenz Moser (1818-1882) est un peintre paysagiste qui a laissé plus de 200 tableaux ou aquarelles et de nombreux dessins ; son frère Josef sera également peintre.

Il se forme de 1896 à 1901 à l’Académie des beaux-arts de Munich où il suit les cours de Gabriel von Hackl, Louis Herterich et Karl Raupp ; à l’issue de cette formation, il voyage en Allemagne, en Corse, en Italie et en France. Installé à Paris en 1901, il suit les cours de l’Académie Julian de 1906 à 1907.

Il découvre à Paris le japonisme en peinture et dans la gravure : la visite de l’Exposition de la gravure sur bois ancienne et moderne organisée à l’École des beaux-arts par Auguste Lepère et la Corporation des graveurs sur bois est à ce titre déterminante.

Moser passe ses étés en Bretagne, en particulier à Douarnenez et Concarneau ; en 1902, il fait la connaissance à Concarneau du peintre Max Kurzweil qui l’incite à se confronter à la gravure sur bois en couleur ; à Douarnenez, il se lie avec le graveur Henri Rivière. Il est également en contact avec le groupe des artistes qui se retrouvent au Café du Dôme à Paris, en particulier avec Jules Pascin et Albert Weisgerber. Carl Moser opère pour la technique de la gravure sur bois en couleur une synthèse remarquable entre l’art japonais et l’art européen. Cependant, au bois, il préfère substituer le linoléum : il continue néanmoins à qualifier ses réalisations de Farbholzschnitte ou, en français « gravure sur bois originale ».

Carl Moser meurt à la fin des années trente, dans la pauvreté et oublié. Son oeuvre graphique est redécouverte dans les années soixante-dix, avec notamment l’exposition d’Innsbruck en 1978, et au musée de Pont-Aven en 1995-1996.

L’un de ses thèmes favoris reste la Bretagne, ses paysages, ses habitants dans leurs activités quotidiennes et leurs costumes traditionnels ; la représentation des hommes et des femmes, souvent vus de dos, tend vers la distanciation et l’anonymat.

Emile Bernard, l’inventeur du synthétisme de Pont-Aven!

Pont Aven
Emile BERNARD (Lille 1868 – Paris 1941), « Femmes au Bois d’Amour », 1892,
dessin préparatoire pour la tapisserie « La cueillette des pommes », 1892-1893
crayon et rehauts de couleur, signé et datée « 1892 » en bas et à droite, situé « Pont-Aven » en bas et à gauche
40 x 29cm
Vendu-Sold

En août 1888, Bernard rencontre Gauguin. Ils sont alors à un moment charnière de leurs évolutions artistiques respectives, ils se dirigent tous deux vers la synthèse conceptuelle et la synthèse formelle d’où nait le symbolisme de Pont-Aven : le synthétisme se traduit par une suppression de tout ce qui n’est pas mémorisé après la visualisation, les formes sont simples et la gamme de couleur est restreinte.

Ce dessin est une étude préparatoire pour la réalisation d’un triptyque en textile, commandé par le comte de La Rochefoucauld, exécuté selon une technique de patchwork montrant « le bois d’amour avec, coupées par des arbres, des femmes bretonnes et des enfants ». Emile Bernard travailla à cette commande à Pont-Aven pendant l’été, l’automne et l’hiver 1892-1893. Ces trois tapisseries intitulées « la cueillette des pommes » 1892-1893, appartient aux collections du Museum fur Künst und Gewerbe, à Hambourg.

Emile Bernard

Lucien Victor Delpy, l’ancien bassin Pénéroff de Concarneau.

Lucien Victor Delpy
Lucien Victor Delpy, Le bassin Pénéroff à Concarneau, 1933
huile sur toile, signée, située et datée en bas et à gauche, 89 x 130cm.
Oeuvre référencée dans les archives Delpy sous le numéro LDV1829.
Vendu – sold

Lucien Victor Delpy (Paris 1898 – Lorient 1967)

Delpy est admis le 14 novembre 1914 à l’École nationale supérieure des beaux-arts dans les ateliers de Fernand Cormon, d’Émile Renard et de Jean-Pierre Laurens, puis il étudie auprès de Charles Fouqueray. Il installe son atelier à Montparnasse en 1923.

Il découvre la Bretagne en 1924 et il deviendra un incontournable artiste du Groupe de Concarneau d’entre les deux-guerres. Il nous dépeint ici, dans un exceptionnel format et une riche palette de couleurs, l’ancien quai Pénéroff de Concarneau, avant le comblement du bassin en 1937. Ce tableau a été peint à partir de l’atelier de l’artiste qui dominait les quais: « un petit grenier qu’il louait au bout des quais » d’après Marine Delpy, fille de l’artiste.

« La création du bassin Pénéroff date du début du XIXe siècle. A l’époque, l’avant-port n’est protégé par aucune digue et en lieu et place du quai, c’est sur une grève que viennent s’échouer les bateaux de pêche. Cependant, entre les dépôts de vase réguliers et le versement des eaux usées dans ce bassin à marée, nombre de riverains se plaignent de l’insalubrité régnante et des odeurs particulièrement prégnantes. D’autant que le développement des activités de pêche au début du XXe siècle oriente, petit à petit, l’activité économique vers l’arrière-port, bien à l’abri derrière les fortifications de la Ville close. En septembre 1936, un premier conseil municipal fait le constat : tout d’abord l’arrière-port a besoin de s’étendre. C’est de plus l’occasion de ramener de l’activité vers un quartier considéré comme déshérité. De surcroît, la Ville manque de dégagements et se doit de fournir des parcs de stationnement pour les véhicules de plus en plus nombreux qui arpentent les rues.

Le comblement du bassin est envisagé. En 1936, le comblement du bassin est acté et en1937, les travaux de comblement ont commencé. Les activités de la criée ont été cédées à la Chambre de Commerce et sont maintenant transférées dans l’arrière- port. Le maintien du bassin n’est plus nécessaire. Un parking sera beaucoup plus utile. La vocation de port de pêche de Concarneau ne justifie pas de conserver des vestiges patrimoniaux. »

Extraits de l’article visible sur http://filetsbleus.free.fr/concarn/peneroff.htm

Bibliographie:

Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999

Lucien Victor Delpy, Marine Delpy-Planque, Ed Locus Solus, 2026

Lucien-Victor Delpy, François Bellec de l’Académie de Marine, Ed Le Télégramme, 

La Route des peintres en Cornouaille, 1998, Quimper

Marine Delpy, fille de l’artiste, devant le grand tableau de salon de Lucien-Victor Delpy, novembre 2025.

Jules Paressant, les arbres roses !

Jules Paressant
Jules Paressant (1917-2001), « Les arbres roses », 1977
huile sur panneau signée du monogramme et datée en bas et à droite, titrée et datée au dos,
73 x 80cm
Disponible – available

Jules Paressant (Herbignac 1917 – Nantes 2001)

Fils de forestier, petit-fils de maçon, Jules Paressant, né en février 1917 à Herbignac, fait la fierté de sa famille en devenant chirurgien de renom. Il a exercé de 1944 à 1981 dans une clinique nantaise.

Sa vie durant, personne ne se doute que ce respectable professionnel de la santé cache un grand secret. C’est en 1985 lors de sa première exposition « Autour de Gauguin à Pont-Aven » que Jules Paressant, âgé de 68 ans, dévoile aux yeux de tous son talent d’artiste. Le musée de Pont-Aven révèle ses œuvres réalisées en secret pendant 40 ans.

Admirateur de Gauguin, Matisse, des expressionnistes allemands, des arts populaires…, inspiré par l’école de Pont-Aven, l’expression artistique, tout d’abord innocent passe-temps, est devenue pour Jules Paressant une seconde vie.

La retraite du chirurgien annonce l’éveil de l’artiste. Ces heures de loisirs et ces nuits consacrés à la création reçoivent dès lors la reconnaissance du public amateur et professionnel. En 1990, le musée des Beaux-Arts de Nantes et le Château des Ducs rendent hommage à Jules Paressant.

Mais ce ne sont pas les expositions qui motivent l’homme, « C’est toujours figé une expo dans un musée, mon œuvre ici à l’Aulnaie est vivante ».

Dans son jardin secret, Jules Paressant crée, compose et anime ses œuvres diverses et variées par leurs formes, leurs supports… L’Aulnaie à Cordemais département de Loire-Atlantique), façonné, sculpté et aménagé par Jules Paressant, est un « petit paradis » pour les amateurs d’arts. Quelques pas dans la propriété et vous voici face à un jardin japonais. Continuez à suivre le sentier, vous apercevrez une mosaïque et un peu plus loin les ateliers.

Les œuvres sont mises en scène, intégrées à ce « musée en extérieur ». Dans cet environnement, les totems de bois peint s’illuminent de couleurs vives et les géants de pierre couvent de leur regard bienveillant l’arrivée des visiteurs.

L’Aulnaie reste aujourd’hui encore un espace privilégié pour les artistes. Ses petits enfants ont pris le relais et font revivre la propriété. La petite fille de l’artiste, est céramiste et anime des ateliers dans les mêmes locaux que son grand père.

Bibliographie:

  • Jules Paressant, par Denise Delouche, Ed Le Chasse-Marée-Armen, 1993
  • Jules Paressant, par Vincent Rousseau et Marie-Pascale Cornet, Jules Paressant, catalogue musée des beaux-arts de Nantes, exposition du 28 septembre au 28 octobre 1990.

Fernand Legout-Gérard, un regard lumineux sur la Bretagne.

Legout-Gérard
Fernand Legout-Gérard (Saint-Lô 1856 – Paris 1924), le coucher de soleil, c.1900
huile sur panneau, signée en bas et à gauche, 22 x 27cm,
Vendu – sold

Fernand Legout-Gérard (ou Le Gout-Gérard) a passé toute sa jeunesse dans la région de la Manche. Il découvre Concarneau vers 1889, qui deviendra son port d’attache et son sujet favori. Il est nommé peintre officiel de la Marine en 1900.

La maison du peintre devient un lieu de rendez-vous des « peintres de Concarneau », avec notamment Alfred Guillou, Théophile Deyrolle et Achille Granchi-Taylor.
Il peint des scènes typiques, des marchés, des foires, les retours de pêche… Souvent le calepin à la main, il prenait en un seul croquis, l’attitude d’un personnage, un costume, le tout avec une exactitude qui lui est propre.

Fernand Legout-Gérard a beaucoup représenté la Bretagne. C’est un peintre mais aussi un aquarelliste et un dessinateur. Dès 1902, il est qualifié par un critique de « peintre par excellence des marchés et des ports de la Bretagne« . Et Auguste Dupouy le surnommera en 1923 « le Claude Lorrain de notre Cornouaille maritime« .

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome III, p.290
Fernand Le Gout-Gérard , 1854-1924, J.M. Michaud, catalogue d’exposition, Musée du Faouët, 2010