Edmond Ceria, le phare de Tréffiagat.

Tréffiagat
Edmond Ceria (1884-1955), « Le phare de Tréffiagat », c.1930,
huile sur panneau, signée en bas et à gauche, 27x 35cm
Vendu -sold

Edmond Ceria fut élève de l’école des Beaux-Arts de Genève, comme décorateur et peintre en lettre, puis il vint à Paris en 1904, où il suivit les cours de l’Académie Julian. Il parcourt l’Italie et la Toscane en particulier, la Côte d’Azur, la Savoie, la Bretagne (notamment Le Guilvinec à partir de 1936). Il fut nommé peintre de la Marine en 1945.

Il débute en 1907 au Salon des Artistes Indépendants. Sociétaire du Salon d’Automne, il expose aussi au Salon des Tuileries depuis la fondation en 1925. Puis des expositions personnelles à la galerie Devambez, Bernheim, Schoeller, et chez Wildentstein à New-York.

« Homme cultivé, extrêmement artiste, aussi doué pour la peinture que pour la musique », écrit Lydia Harambourg dans son Dictionnaire des Peintres de l’École de Paris, Ceria fut surtout connu comme paysagiste. Une grande partie de son œuvre fut peinte sur la Côte d’Azur puis en Bretagne.

Ceria puisa sa source dans la peinture italienne et dans l’impressionnisme. Il définissait Cézanne comme étant le premier peintre qui fut arrivé à « transcrire la vraie couleur du feuillage des arbres. »

Tout au long de sa carrière, Ceria accordait une extrême importance à la lumière : Jean-Baptiste Corot fut très important dans son œuvre. On retrouve également dans ses paysages la lumière d’Armand Guillaumin.

Ceria définissait la peinture par cette formule de trois mots : « une palette, un œil, un cœur. » Jetant un regard émerveillé sur la nature, il peignait ses toiles comme autant d’hymnes à la création.

Bibliographie:

Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome III,

Céria, Jean Alazard, Crès, Paris, 1930

La Route des peintres en Cornouaille, 1998, Quimper

Maurice Cahours, un montmartrois en Bretagne.

Saint-Guénolé
Henri Maurice Cahours (1889-1974), « Sur la grève, Saint-Guénolé », c.1920,
huile sur panneau, signée en bas et à droite, 65 x 81cm
Vendu -sold

Henri Maurice Cahours a exposé au Salon des Artistes Français depuis 1920, obtenant une deuxième médaille en 1937, puis au Salon des Artistes Indépendants de 1922 à 1942, et à celui de la Société Nationale des Beaux-Arts depuis 1939.
Arrivé sur la Butte Montmartre en 1911, Henri Maurice Cahours a habité la Maison de Mimi Pinson et se consacra à la peinture.
Après la guerre, il s’installe rue Berthe, dans le studio de Pissarro, et fit alors connaissance avec tous les peintres de la Butte ; c’était aussi l’année du début de ses séjours à Douarnenez notamment.

La galerie Terrisse lui organisa une exposition en 1923, ainsi que la galerie Georges Petit, dirigée par André Schoeller, en 1930 et 1931. Henri Maurice Cahours exposa dans de nombreuses villes de province jusqu’en 1942, année du décès de sa femme, il cessa alors de montrer ses oeuvres pendant plusieurs années.
Il était cependant présent à l’exposition itinérante « Montmartre en Algérie », en 1948, organisée par Madeleine Horst, avec les peintres, anciens et récents, de la Butte, qui se renouvela en 1951, sous le titre « Montmartre de jadis à aujourd’hui ». Dans les années 20, Henri Maurice Cahours fut nommé directeur des Beaux-Arts de la Commune Libre du Vieux-Montmartre. A ce titre, il a été associé à la création de la cité dite « Montmartre aux Artistes », au 189 de la rue Ordener. Le succès venu, il s’installa dans la maison-atelier du 2bis, rue Cortot ; cette adresse figure dans le catalogue du Salon des Indépendants, où il exposa, en 1928, deux oeuvres « les Brûleurs de goémon (Notre-Dame de la Joie) », et « Bénédiction de la mer à Douarnenez », ainsi que dans celui du Salon des Artistes Français en 1930, où il présenta deux vues de Pouldavid.

Peintre dans la lignée de Marquet, il s’était consacré aux marines bretonnes ; il a peint aussi les vieilles rues de Montmartre.
.

Bibliographie:

Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome III, p.101

– Angelo Mistrangelo: Henri Maurice Cahours

–  La Route des peintres en Cornouaille, 1998, Quimper

Alfred Marzin, le charme de l’Odet.

Alfred Marzin
Alfred Marzin (1880-1943), paysage de l’Odet,
huile sur panneau, circa 1920, signée en bas et à droite, 27 x 35cm
Vendu – sold

Alfred Marzin a presque exclusivement consacrée son oeuvre à la Bretagne: vue de ports et de petites villes, bord de mer et côtes rocheuses, scènes de la vie quotidienne des paysans et des pêcheurs bretons.

Petit maître de la peinture bretonne, l’oeuvre de l’artiste est empreinte d’une grande délicatesse aux tons chauds. Dans cette huile, le peintre de la Bretagne a su restituer l’atmosphère incomparable de l’Odet, dans des tonalités chaudes et d’une belle composition. L’artiste a souvent été inspiré par l’Océan, tout ce qui fait la beauté sans égale de la Bretagne maritime. Il séjourna plusieurs fois en vacances estivales à Douarnenez, plus particulièrement à Tréboul, avant d’opter pour le village de Sainte-Marine.

Artiste complet, Alfred Marzin a pratiqué la gravure sur bois de magnifique manière. Notamment dans une série de planches représentant des scènes de ramasseurs de goémons aux pieds de la chapelle de Notre-Dame de la Joie à Penmarc’h, Finistère.

Au début des années 1930, en tant qu’employé des Chemins de Fer de Paris-Orléans, Marzin se vit confier l’illustration de petits guides publicitaires, brochures touristiques sur la Côte Sud de Bretagne, le Sud Finistère et le Morbihan.

Bibliographie:

–  Alfred Marzin – peintre, graveur, illustrateur, par Annick et Jean Pierre Marrec, Ed. Siotem, 2013
Les peintres du Faouët, 1845-1945 – Michaud et Le Meste – Ed Palantines, 2003
Peintres des côtes de Bretagne, L.Kerlo et J.Duroc, Ed Chasse Marée, Tome III, 2004

Carl Moser, un japoniste en Bretagne.

Carl Moser
Carl MOSER (1873-1939), « Le départ des barques », 1928
Gravure sur bois en couleur, signée, datée 1928 et numérotée 65 dans la planche en bas et à gauche,
374 x 493mm
Vendu -sold

Carl Moser fait partie d’une famille d’artistes ; son père Karl Vinzenz Moser (1818-1882) est un peintre paysagiste qui a laissé plus de 200 tableaux ou aquarelles et de nombreux dessins ; son frère Josef sera également peintre.

Il se forme de 1896 à 1901 à l’Académie des beaux-arts de Munich où il suit les cours de Gabriel von Hackl, Louis Herterich et Karl Raupp ; à l’issue de cette formation, il voyage en Allemagne, en Corse, en Italie et en France. Installé à Paris en 1901, il suit les cours de l’Académie Julian de 1906 à 1907.

Il découvre à Paris le japonisme en peinture et dans la gravure : la visite de l’Exposition de la gravure sur bois ancienne et moderne organisée à l’École des beaux-arts par Auguste Lepère et la Corporation des graveurs sur bois est à ce titre déterminante.

Moser passe ses étés en Bretagne, en particulier à Douarnenez et Concarneau ; en 1902, il fait la connaissance à Concarneau du peintre Max Kurzweil qui l’incite à se confronter à la gravure sur bois en couleur ; à Douarnenez, il se lie avec le graveur Henri Rivière. Il est également en contact avec le groupe des artistes qui se retrouvent au Café du Dôme à Paris, en particulier avec Jules Pascin et Albert Weisgerber. Carl Moser opère pour la technique de la gravure sur bois en couleur une synthèse remarquable entre l’art japonais et l’art européen. Cependant, au bois, il préfère substituer le linoléum : il continue néanmoins à qualifier ses réalisations de Farbholzschnitte ou, en français « gravure sur bois originale ».

Carl Moser meurt à la fin des années trente, dans la pauvreté et oublié. Son oeuvre graphique est redécouverte dans les années soixante-dix, avec notamment l’exposition d’Innsbruck en 1978, et au musée de Pont-Aven en 1995-1996.

L’un de ses thèmes favoris reste la Bretagne, ses paysages, ses habitants dans leurs activités quotidiennes et leurs costumes traditionnels ; la représentation des hommes et des femmes, souvent vus de dos, tend vers la distanciation et l’anonymat.

Emile Bernard, l’inventeur du synthétisme de Pont-Aven!

Pont Aven
Emile BERNARD (Lille 1868 – Paris 1941), « Femmes au Bois d’Amour », 1892,
dessin préparatoire pour la tapisserie « La cueillette des pommes », 1892-1893
crayon et rehauts de couleur, signé et datée « 1892 » en bas et à droite, situé « Pont-Aven » en bas et à gauche
40 x 29cm
Vendu-Sold

En août 1888, Bernard rencontre Gauguin. Ils sont alors à un moment charnière de leurs évolutions artistiques respectives, ils se dirigent tous deux vers la synthèse conceptuelle et la synthèse formelle d’où nait le symbolisme de Pont-Aven : le synthétisme se traduit par une suppression de tout ce qui n’est pas mémorisé après la visualisation, les formes sont simples et la gamme de couleur est restreinte.

Ce dessin est une étude préparatoire pour la réalisation d’un triptyque en textile, commandé par le comte de La Rochefoucauld, exécuté selon une technique de patchwork montrant « le bois d’amour avec, coupées par des arbres, des femmes bretonnes et des enfants ». Emile Bernard travailla à cette commande à Pont-Aven pendant l’été, l’automne et l’hiver 1892-1893. Ces trois tapisseries intitulées « la cueillette des pommes » 1892-1893, appartient aux collections du Museum fur Künst und Gewerbe, à Hambourg.

Emile Bernard