Roger Lucien Dufour, de Pont-Aven à Crozon, en passant par l’Ile de Sein.

Roger Lucien Dufour
Roger Lucien Dufour, le hameau breton,
huile sur toile, signée en bas et à droite,
Vendu-Sold

Roger Lucien Dufour, (Bordeaux 1918 – Crozon 2002).

Il participe à de nombreuses expositions collectives et personnelles depuis 1937, en France, et notamment en Bretagne où il s’est fixé en 1952. En 1992, il a montré cent peintures à Eschsur-Alzette au Luxembourg.

Surtout peintre de marines, il transmet sa vision de la mer, de la Bretagne à la Provence, avec la discrétion d’une gamme de gris et de bleutés.

Ce peintre, très connu en Presqu’île de Crozon, est arrivé dans cette partie du Bout du monde à la fin des années 60. Au cours de ses nombreux voyages, il a immortalisé les paysages et les personnes rencontrées. Il a exposé pour la première fois, à Bordeaux, au salon des artistes indépendants, en 1937. Il exposera aussi à Pont-Aven, entre 1957 et 1963. Roger Lucien Dufour découvre ensuite cette partie de Bretagne, Crozon, et s’y installe définitivement en 1991. Il a aussi participé à de nombreuses académies et associations de peintres et a été membre de l’Institut académique de Paris.

Roger Lucien Dufour, bordelais qui, dès son arrivée dans la cité de Pont-Aven en 1955, imaginait de transformer ce village en un  Saint-Trop’ breton.

C’est lui qui proposa à la faune locale  » branchée peinture », de créer un musée des beaux- arts. Parallèlement, il contacta le maire afin de mettre à la disposition des peintres deux salles d’expositions sommairement aménagées dans la cantine de l’école publique située au rez-de-chaussée sur rue de l’Hôtel de Ville.

Dès 1959, il exposera ses œuvres dans la salle des fêtes du rez-de-chaussée supérieur sur cour de la mairie. C’est également cette année-là que l’idée de la création de la « Société de Peinture de Pont-Aven » par quelques amateurs d’art éclairés fut abordée et immédiatement adoptée. 

Bibliographie:

Dictionnaires des peintres et des sculpteurs, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome IV, p.816

Edouard Doigneau, le peintre des enfants du pays bigouden.

Edouard Doigneau
Edouard Doigneau, « le pardon en pays bigouden« ,
gouache sur papier, signée en bas et à droite,
Vendu-Sold



Peintre dans l’âme et le talent, Edouard Doigneau, issu d’une famille bourgeoise, passera d’abord par l’École polytechnique et un début de carrière militaire avant de décider de vivre pleinement d’un art qu’il entretenait déjà avec assiduité. Et cela marchera très bien pour lui, quasiment depuis le début, au contraire de grands maîtres qui rameront si longtemps, voire toute une vie. Subtile, éclatante de luminosité, au figuratif aérien et précis, son oeuvre, qu’elle soit d’huile, d’aquarelle ou simplement dessinée, s’est baladée de Bretagne en Orient en passant par une Camargue aussi vivante qu’envoûtante.

Quant à la Bretagne, et la Cornouaille en particulier, l’artiste lui a offert quelques joyaux charnels. On devine, devant ses scènes de Concarneau, Sainte-Anne-la-Palud, Loctudy ou Locronan, combien l’homme a voulu livrer son émotion sur la toile ou le papier. Le point d’orgue de cette période armoricaine étant, bien entendu, la fameuse ronde des petites Bigoudènes qui lui valut la médaille d’or du Salon des Artistes français en 1906. Aujourd’hui propriété de l’État, la toile attend d’être restaurée dans les sous-sols du Petit Palais. Amateur averti de peinture ou non, il est impossible de ne pas craquer pour cette oeuvre à travers un ouvrage sublime.

Célèbre, entre autres par sa « Ronde des petites Bigoudènes », le peintre Edouard Doigneau méritait bien un ouvrage consacré à son oeuvre abondante. Ce superbe livre vient d’être présenté à Ti ar Vro Quimper. Paule Boucher-Doigneau, petite nièce du peintre et Anne-Marie Lemoussu-Chiron, conférencière et professeur d’histoire de l’art viennent de réaliser l’ouvrage qu’il fallait pour mettre à la postérité populaire l’oeuvre d’un génie. Avec le coup de déclencheur avisé de Bernard Le Floc’h, de l’Institut culturel de Bretagne, les deux auteurs, ont forcément été motivées à mille pour cent. Mme Lemoussu-Chiron étant par ailleurs commissaire d’expositions et responsable de la Maison Marie-Henry au Pouldu (Clohars-Carnoët) qui consacra une exposition au peintre.

Bibliographie:

Edouard Doigneau par Anne-Marie Lemoussu-Chiron et Paule Boucher-Doigneau aux éditions Coop Breizh.

André Planson, la Bretagne poétique!

Saint-Guénolé
André Planson, l’arrivée au port de Saint-Guénolé, Bretagne
huile sur carton, signée et datée en bas et à droite, 39x56cm
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André Émile Planson est un peintre français né le 10 avril 1898 à La Ferté-sous-Jouarre et mort le 29 septembre 1981 à Neuilly-sur-Seine.

Après avoir reçu les conseils de Paul Mesle, un peintre local, il suit les cours de l’Académie Ranson (1917-1919) à Paris. En 1937, il reçoit la commande d’une décoration murale pour la Palais de Chaillot puis participe, l’année suivante, à la biennale de Venise. André Planson fut membre de l’Académie des beaux-arts (1960). Avec Roland Oudot, Maurice Brianchon, Christian Caillard, Roger Limouse et Raymond Legueult, il forme le groupe des Peintres de la réalité poétique.

Les œuvres de cet artiste sont principalement conservées au musée André Planson de La Ferté-sous-Jouarre. Pierre Mac-Orlan lui a consacré un essai.

Après-guerre, avec le groupe des « Peintres de la réalité poétique », réunis par la même volonté de traiter la figuration et baptisé par Gisele d’Assailly (1949) journaliste et critique d’art qui publie un livre sur eux, André Planson use des couleurs franches et gaies inspirées des fauves, des touches larges et grasses, et surtout une inspiration roborative, pleine de joie et d’optimisme, à cent lieux des tendances mortifères de l’expressionnisme.

Le succès est immédiat, car cette façon de peindre correspond au désir des amateurs d’art.  Loin des afféteries et de la stylisation de l’Art Déco, André Planson peint avec joie. Ses oeuvres sont pleines d’assurance et surtout totalement dépouillées d’intentions intellectuelles ou engagées. Il retranscrit les paysages, les natures mortes et les corps féminins dans un style pictural à la fois ardent et équilibré, pour faire partager sa vision généreuse de l’existence.

AndréPlanson est fait chevalier de la Légion d’Honneur en 1949. Les commandes publiques ne cessent pas. A côté d’œuvres décorant l’Institut français d’Athènes (1957), il reçoit d’importantes commandes privées : il fait partie des artistes qui participèrent à la décoration des grands paquebots de 1952 à 1966 ( paquebots « Antilles », «  Champagne » et surtout le « France » ).

André Planson expose régulièrement, spécialement à la galerie Bernier. Il est l’un des membres du salon des peintres-graveurs.

Sa ville natale de la Ferté-sous-Jouarre lui a consacré un musée, ouvert en 2010 dans l’ancienne synagogue, rachetée à cet effet par la municipalité. Les collections sont importantes, comprenant, à côté des dons de l’artiste qui se passionna pour le projet, une cinquantaine de toiles offertes par sa fille. C’est grâce d’ailleurs à l’énergie de Marie-Dominique Sabouraud-Planson, ainsi que le soutien permanent de l’association fertoise « Les Amis d’André Planson », que le projet de musée a pu être mené à bien

Bibliographie:

Planson: la nature, de Raymond Charmet, Éditeur International Art Book, 1970

André Planson : cinquante ans de peinture, exposition du 19 mai au 24 juin 1972 à la Galerie des Granges, Genève, Éditeur Galerie des Granges, 1972.

Dictionnaire des peintres et sculpteurs, Bénézit, Ed Gründ

Henry Vollet au port de Trévignon, Finistère!

Henry Vollet
Henry VOLLET, sur la cale du port, Finistère, Bretagne,
huile sur panneau, signée en bas et à gauche

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Henry Emile Vollet (Henri Rochonvollet, dit) est né à Champigny-sur-Marne en 1861 et décédé à Névez en 1945. Henry Vollet est un peintre de genre, de paysages, de compositions murales.

Henry Vollet fut élève de Fernand Cormon, et il exposa au Salon des Artistes Français de 1885 à 1934 ; il en devint sociétaire en 1889. Il y obtint une mention honorable, une médaille de troisième classe en 1891 et une médaille de deuxième classe en 1897 ; chevalier de la Légion d’honneur en 1904.

Henry Vollet expose au Salon des paysages bien construits et contrastés, sans pittoresque excessif, notamment des vues de Corse, d’Italie, d’Indochine et surtout de Bretagne où il s’installe à la fin des années 20.  Il y peint de nombreuses marines, des scènes de marchés, des portraits…

« Les effets de douceur et de tendresse répondent le mieux à son tempérament » écrit un critique lors d’une exposition qu’il fait à Paris en 1904.

Le port de Trévignon

Trégunc compte d’ailleurs deux autres ports : après Trévignon : Porz-Breign -port pourri en breton-, qui souffre d’une forte exposition aux tempêtes hivernales, et l’anse de Pouldohan qui offre, en comparaison, un abri plus clément.

Le site de Trévignon est un mélange des deux. Tourné vers le grand large, on y sent bien la menace de la mer. Menace que nous rappelle le local de la SNSM, perché sur sa drôle d’estacade. Mais le site, protégé par la pointe et une jetée massive, permet d’imaginer un mouillage rassurant. Les assauts de la mer y sont pourtant spectaculaires.

A Trévignon, en moins de quarante ans, le cordon dunaire a reculé de 50 mètres. D’où la nécessité de protéger le site. C’est en bonne voie puisque le cordon fait l’objet d’un classement en zone Natura 2000. Objectif : mieux protéger les dunes, les étangs et les fonds rocheux qui constituent autant d’habitats de grand intérêt communautaire.

Grâce à ce dispositif, qui prétend protéger la biodiversité, Trégunc s’intègre dans un réseau qui fédère les 50 sites bretons les plus remarquables.

Bibliographie :

  • Dictionnaire des Petits Maîtres de la peinture 1820-1920 – Ed de l’amateur 1996 – Tome II, p.510
  • Les peintres du Faouët 1845-1945 – Ed Palantines – 2003
  • La route des peintres en Cornouaille – Groupement touristique de Cornouaille – 1998

Emile Guillaume, la conversation sur les quais du Croisic!

le Croisic la Baule Guérande émile guillaume

Emile GUILLAUME (Paris 1900-Saint-Nazaire 1975)
La conversation, c.1950
Huile sur toile, signée en bas et à gauche, 38,5 x 61cm
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Emile Guillaume suit les cours des Beaux-Arts de Paris. Le style instantané de Mathurin Méheut le captive.

En 1928 il passe ses vacances chez sa grand-mère au Pouliguen et décide de s’installer à La Baule. Associé au décorateur Marcel Darroux, il lui est confié par Roger Bernheim l’ambiance de l’Hôtel Plage et Golf, plage Benoit, réhabilité par l’architecte P.-H. Datessen. Tout comme Lemordant ou Garin, Emile Guillaume maroufle des fresques régionalistes : les pêcheurs du Pouliguen, les paludiers de Saillé, les mareyeuses du Croisic égaient la salle à manger. J. Le Bihan en publie un article dans la revue Bretagne (n°89 ; 1930). Ensuite Emile Guillaume se lit d’amitié avec le peintre nazairien René-Yves Creston puis avec les architectes baulois Grave, Meunier, Louis et Boesch.

Sa facture picturale est aisément reconnaissable avec ses pêcheurs à la peine, en ciré jaune ou roux, halant les barques et ramassant les thons. Puis leurs trognes taillées à la serpe s’entrechoquent au troquet du port sous la lueur blafarde d’une pétoche à pétrole. Durant la guerre, Guillaume donne des cours de dessin et publie un ouvrage sur les décors celtiques dans l’Art Moderne (Brest, 1944).

En illustration, il publie une carte de la Bretagne avec costumes et lieux remarquables et fait de même avec la Presqu’île Guérandaise. Enfin, petit chef-d’œuvre : la série de cartes postales où son crayon croque avec délice de belles bretonnes, des grands-mères et des vieux loups de mer.