Louis CYLKOW, un peintre polonais en Bretagne.

Louis Cylkow
Louis Cylkow (Varsovie 1877-1934), « Le moulin de la Falaise, Batz sur Mer », c.1920
Huile sur toile, signée en bas et à gauche, 47 x 55cm
Vendu – sold

Louis Cylkow fait partie des nombreux peintres polonais qui, à partir du début du XXe siècle viennent s’installer à Paris, capitale incontournable des Arts. Il est élève à l’Académie Julian. Si certains ont laissé une empreinte durable dans la vie artistique de Montparnasse, faisant partie de l’Ecole de Paris, d’autres, à la recherche de lumières nouvelles et de sujets différents arrivent en Bretagne. Ils y fréquentent les sites de Concarneau, d’Audierne, de Douarnenez, du Pouldu.
Dès 1923, Louis Cylkow expose une quarantaine d’œuvres bretonnes et vendéennes à la galerie Georges Petit. Le musée de Nantes lui achètera deux toiles en 1920 et 1925.
Notre artiste peint des paysages clairs, aux nuages souvent roses ou violacés. Sa peinture est plus suggestive que réaliste et il supprime tout détail superflu.
Le quotidien nantais, Ouest-Éclair, sera un grand promoteur de son œuvre dans les années 30. Le journaliste J. Cox dira avec justesse «Un minimum de matière pour un maximum d’effet, telle paraît être la devise de Cylkow qui fait de la peinture à l’huile comme on fait de l’aquarelle». L’uniformité des œuvres de Louis Cylkow n’est en effet qu’apparence. L’artiste joue avec finesse sur les vides pour mieux révéler l’atmosphère de ses scènes. Devenu nantais d’adoption, l’artiste livrera ses pensées dans une interview accordée au journaliste Pierre Lamblin en septembre 1927 : « … le ciel, ne croyez-vous pas que c’est l’âme du paysage ?… le ciel et l’eau ; les deux éléments se complètent admirablement. Je suis de ceux-là qui croient qu’il suffit d’un horizon marin sur lequel se pose un décor vivant de nuages pour faire un excellent tableau ».
Cylkow aime à croquer les « états du ciel ». Les nuages et la subtilité de leurs formes occupent souvent les 2/3 du tableau. Une ligne d’horizon à peine formulée où la mer, souvent calme, est le miroir de ce ciel fantastique et poétique.

Charles Cottet, la Bretagne populaire.

Charles Cottet (1863-1925), « Au pays de la mer. Soir orageux, des gens passent », 1897
lithographie, épreuve d’artiste, signée en bas et à droite, 164 x 220m.
Cette oeuvre est référencée sous le numéro 3 du catalogue raisonné de Daniel Morane.

Charles Cottet reçut des conseils de Puvis de Chavannes et de Roll ; il prit part aux expositions impressionnistes que Le Barc de Boutteville organisait dans sa boutique de la rue Le Peletier. Il exposa pour la première fois au Salon en 1889. Il était déjà établi en Bretagne depuis quelque temps et y avait trouvé la forme picturale qui devait établir sa réputation. Médaille d’or en 1900 à l’Exposition Universelle. Il participa à la fondation de la Société Nationale des Beaux-Arts, puis en 1900 à la Société Nouvelle.

Son goût pour les tons plombés et les harmonies sombres le fit considérer comme le chef de file du groupe de ceux que l’on nommait “la bande noire” avec Xavier Prinet, Emile René Ménard, Lucien Simon et André Dauchez. En réaction contre l’impressionnisme, ils se référaient volontiers à Courbet et prônaient une peinture à contenu moral. Il a laissé surtout des paysages de Bretagne, d’un sentiment dramatique et peints dans une pâte épaisse.

Léonce Bénédicte (historien de l’art français et conservateur de musée) porte un intérêt particulier à cette planche de son ami Cottet et il indique dans ses archives: « L’oeuvre est singulière, elle est empreinte d’un fort accent populaire et aussi d’une robuste saveur locale. Cess groupes entremêlés offrent l’illusion du mouvement qui se répète. Cottet a le secret des compositions suggestives qui donnent la sensation de la vie avec une impression de forte unité. Ce secret réside surtout, comme chez tous le vrais maîtres dans l’arabesque des silhouettes et dans la vigoureuse distribution des clairs et des sombres. »

Ses oeuvres sont présentes dans les musées : Alger – Anvers – Barcelone – Bordeaux – Bruxelles – Bucarest – Cincinnati – Dublin – Düsseldorf – Gand – Helsinki – Karlsruhe – Lille – Munich – Padoue – Paris (Musée d’Art Moderne, Petit Palais) – Philadelphie – Rome – Venise – Vienne…

Bibliographie :

– Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome III, p.953

– « Charles Cottet – Catalogue raisonné de l’œuvre gravé », Daniel Morane, 2002

Charles Cottet, les « petites femmes » du début du XXème siècle.

Charles Cottet
Charles Cottet (1863-1925), »Deux têtes », 1906
Vernis au sucre, aquatinte et point-sèche, tirage à 35 exemplaires, 117 x 170mm.
Oeuvre référencée dans le catalogue raisonné de l’oeuvre gravé de Charles Cottet,par Daniel Morane, sous le numéro 43. Le vrai titre « Deux têtes d’enfants » ne semble guère adapté aux jeunes femmes représentées.
Disponible – available

Charles Cottet (1863 – 1925) reçut des conseils de Puvis de Chavannes et de Roll; il prit part aux expositions impressionnistes que Le Barc de Bouteville organisait dans sa boutique de la rue Le Peletier. Il exposa pour la première fois au Salon en 1889. Il était déjà établit en Bretagne depuis quelque temps et y avait trouvé la forme picturale qui devait établir sa réputation. Médaille d’or en 1900 à l’Exposition Universelle. Il participa à la fondation de la Société Nationale des Beaux-Arts, puis en 1900 à la Société Nouvelle.

Charles Cottet possède une technique très savante et ses qualités de coloriste en font un peintre de tout premier ordre. Son goût pour les tons plombés et les harmonies sombres le fit considérer comme le chef de file du groupe de ceux que l’on nommait “la bande noire” avec Xavier Prinet et André Dauchez. En réaction contre l’impressionnisme, ils se référaient volontiers à Courbet et prônaient une peinture à contenu moral. Il a laissé surtout des paysages de Bretagne, d’un sentiment dramatique et peints dans une pâte épaisse.

Cette oeuvre fait partie d’une série traitant du thème des « petites femmes », de la chanteuse de café-concert à la pensionnaire de maison close, repris par de nombreux artistes de Toulouse-Lautrec à Emile Bernard au début du XXème siècle. Cette série d’oeuvres a été présentée sous le titre « Etudes de mouvements féminins » au Salon des Peintres Graveurs Français de 1906.

Ses oeuvres sont présentes dans les musées: Alger – Anvers – Barcelone – Bordeaux – Bruxelles – Bucarest – Cincinnati – Dublin – Düsseldorf – Gand – Helsinki – Karlsruhe – Lille – Munich – Padoue – Paris (Musée d’Art Moderne , Petit Palais) – Philadelphie – Rome – Venise – Vienne…

Bibliographie:

–Charles Cottet, catalogue raisonné de l’oeuvre gravé, par Daniel Morane, Bibliothèque d’Art et d’Archéologique Jacques Doucet et Musée de Pont-Aven, 2003

–Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome III, p.953

–La route des peintres en Cornouaille, 1850-1950, Quimper, 1999

Victor Boner, peintre breton en pays Bigouden.

victor boner
Victor Boner (1871-1951), « village breton au bord de mer »,
aquarelle gouachée, signée et située en bas et à droite, 25 x 33,5cm,
Disponible – available

Victor Boner est né le 21 décembre 1871 à Loudéac, il meurt à Rennes le 8 janvier 1951.

Membre de la société artistique et littéraire de Bretagne dès 1905 et membre de la société archéologique d’Ille et Vilaine, il expose dans de nombreuses manifestations régionales.

De 1915 à 1918, il est nommé professeur intérimaire à l’Ecole des beaux-arts de Rennes.
« Artiste reconnu, Victor Boner, exposait chaque année au salon de Rennes et dans différents salons parisiens. Au salon des Indépendants – salon des artistes français dont il est sociétaire – ses œuvres furent toujours remarquées. Cette notoriété lui permettait de vivre de son art. Son inspiration variée, témoigne d’un grand amour de la Bretagne dans sa diversité.
Au cours de ses nombreux voyages en Bretagne, ses randonnées cyclistes, le car-net de croquis toujours en poche, il découvre Belle-Île-en-Mer dont il est l’un des meilleurs interprètes, puis le Sud-Finistère avec ses magnifiques calvaires et chapelles.
Il a célébré l’arbre : ses bouquets rachitiques essaimés sur la dune nous disent aussi sûrement qu’un long discours, la violence des tempêtes. »

De 1927 à 1932, Victor Boner expose des paysages de Bretagne et des scène folkloriques, à Paris au Salon des Artistes Indépendants. Il est admis en 1934, au Salon des artistes français. Parallèlement à ses aquarelles représentant des scènes de pardons bretons, des groupes de chaumières, des marines, Victor Boner exécute diverses peintures murales notamment dans les églises d’Etrelles, Cossé-le-Vivien, Saint-Caradec et Le Quillio.

Bibliographie:

  • Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome II, p.516
  • « Victor Boner, artiste peintre, sa vie, son oeuvre« , par François Cojean, Université de Rennes, 2019
  • La Muse bretonne, Catalogue d’exposition, Musée des beaux-arts de Rennes, 2000

Edmond Ceria, le phare de Tréffiagat.

Tréffiagat
Edmond Ceria (1884-1955), « Le phare de Tréffiagat », c.1930,
huile sur panneau, signée en bas et à gauche, 27x 35cm
Vendu -sold

Edmond Ceria fut élève de l’école des Beaux-Arts de Genève, comme décorateur et peintre en lettre, puis il vint à Paris en 1904, où il suivit les cours de l’Académie Julian. Il parcourt l’Italie et la Toscane en particulier, la Côte d’Azur, la Savoie, la Bretagne (notamment Le Guilvinec à partir de 1936). Il fut nommé peintre de la Marine en 1945.

Il débute en 1907 au Salon des Artistes Indépendants. Sociétaire du Salon d’Automne, il expose aussi au Salon des Tuileries depuis la fondation en 1925. Puis des expositions personnelles à la galerie Devambez, Bernheim, Schoeller, et chez Wildentstein à New-York.

« Homme cultivé, extrêmement artiste, aussi doué pour la peinture que pour la musique », écrit Lydia Harambourg dans son Dictionnaire des Peintres de l’École de Paris, Ceria fut surtout connu comme paysagiste. Une grande partie de son œuvre fut peinte sur la Côte d’Azur puis en Bretagne.

Ceria puisa sa source dans la peinture italienne et dans l’impressionnisme. Il définissait Cézanne comme étant le premier peintre qui fut arrivé à « transcrire la vraie couleur du feuillage des arbres. »

Tout au long de sa carrière, Ceria accordait une extrême importance à la lumière : Jean-Baptiste Corot fut très important dans son œuvre. On retrouve également dans ses paysages la lumière d’Armand Guillaumin.

Ceria définissait la peinture par cette formule de trois mots : « une palette, un œil, un cœur. » Jetant un regard émerveillé sur la nature, il peignait ses toiles comme autant d’hymnes à la création.

Bibliographie:

–Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome III,

–Céria, Jean Alazard, Crès, Paris, 1930

–La Route des peintres en Cornouaille, 1998, Quimper