Giovanni Leonardi, l’ami du poète Max Jacob.

Giovanni Leonardi
Giovanni Leonardi (1876-1956), Faune et hibou, c.1920,
terre chamottée, signée au revers et sous la base, travail effectué dans les ateliers de la faïencerie HB de Quimper, hauteur 44cm
Vendu -sold

Giovanni Leonardi, artiste né en Sicile, sur les pentes de l’Etna, à Belpasso en 1876 ; il est mort dans la misère à Vallauris en 1956. Il découvre la France en 1900 alors qu’il travaille avec d’autres compatriotes à l’édification du pavillon italien de l’Exposition universelle.

Il s’installe dès lors à Montmartre où il côtoie la bohème artistique de cette Belle époque et notamment Max Jacob. Le poète quimpérois rédige une préface élogieuse pour le catalogue de l’exposition des œuvres du Sicilien à la galerie Paul Guillaume en 1922. Il y résume, de sa plume si reconnaissable, l’art de son ami : « Quelle merveille que cette transformation de la douleur humaine en suavité et en grâces ! ».

Céramiste, Giovanni Leonardi travaille dans les faïenceries HB de Quimper, suivant les injonctions de Max Jacob qui l’invite en 1925 à Quimper : « Tu viendras là-bas ; tu verras ma mère, elle t’aimera ». Il va réaliser principalement des pièces uniques en terre chamottée. Leonardi réside régulièrement dans la capitale de la Cornouaille bretonne et se rapproche du milieu artistique quimpérois (Augustin Tuset, Jean Lachaud, Nicolas Pesce, Lionel Floch…). Par l’intermédiaire de Max Jacob, Leonardi fait la connaissance, dans les années 30, d’un jeune artiste, Jean Moulin, qui signe ses oeuvres Romanin. Il l’initie à la céramique en l’aidant à la création de sa Piéta en 1932 en faïence de Quimper. Jean Moulin appelle Leonardi « Mon vieil et très cher ami ». Au début de la guerre, Leonardi quitte la Bretagne et s’installe à Rabastens. Puis, il quitte cette ville pour Vallauris. En 1946, Picasso vient à Vallauris pour lui rendre visite, car ils sont très liés.

Robert Deblander, 2 pièces des années 1950.

Robert Deblander (1924-2010), verseuse, c.1950,
faïence, hauteur 21cm
Disponible – available

Robert Deblander est un céramiste et potier français, l’un des chefs de file de la renaissance du grès de l’après-guerre. Il a pratiqué la faïence de 1949 à 1957 puis a adopté le grès.

Il s’est installé à Saint-Amand-en-Puisaye en 1962 et y a travaillé depuis lors.

Jusqu’en 1975, ses récipients se font sculpturaux, la matière est mise en avant via l’utilisation d’une argile additionnée de pyrites et colorée par la cuisson au four à bois. Les années 1975 à 1990 sont celles des vases de porcelaine émaillés monochromes, aux lignes pures, aux glaçures mates ou satinées. Une quatrième période, jusqu’au début des années 2000, voit les surfaces de ses pièces s’animer de graphismes libres.

Il a consacré ses dernières années à des recherches inspirées des « chawan », bols japonais destinés à la cérémonie du thé.

Bibliographie :

  • La céramique française des années 1950, Pierre Staudenmeyer, Ed Norma
  • Robert Deblander. L’œuvre céramique 1951-2001, éd. La revue de la céramique et du verre, 2001
Robert Deblander
Robert Deblander (1924-2010), coupe de forme libre, c.1950,
faïence, diamètre 14cm, h.4cm
Disponible – available

Mathurin Méheut et la pièce unique!

Meheut
Mathurin Méheut (1882-1958), « pot couvert à la bigoudène« , terre émaillée, signée sous la base du pot et du couvercle avec mention « Henriot », circa 1930, hauteur 26,5cm, diamètre 15cm.Vendu-Sold

Parmi les artistes bretons de cette première partie du XXe siècle, Mathurin Méheut est certainement le plus prolifique, le plus polyvalent et le plus populaire.

L’été, Mathurin Méheut ne se lasse pas de parcourir tout le Finistère, de Pont-l’Abbé à Roscoff, du Folgoët au Faouët. C’est à Roscoff que tout à commencé ; il y séjourne de 1910 à 1912, en mission d’étude au laboratoire maritime de la station de biologie. Les dessins qu’il accumule sur la faune et la flore de la Manche lui permettront d’illustrer un livre en deux tomes en 1913, Etude de la Mer, faune et flore de la Manche et de l’Océan. Il y puisera une grande partie de son inspiration, aussi bien pour la gravure, la peinture, la sculpture, l’illustration, le décor…

A Roscoff, il découvre aussi la Bretagne profonde, celle des paysans, des goémoniers et des marins. Au-délà de la nature, c’est le travail des hommes et des femmes qui va orienter toute sa carrière. Après la guerre, un long séjour à Penmarc’h le plonge dans l’originalité bigoudène, qu’il tente d’exprimer, entre autres, dans une belle série de gravures réalisées entre 1919 et 1920.

Pendant l’entre-deux-guerres, Méheut est au sommet de sa carrière. Il est connu aussi bien comme décorateur, illustrateur et céramiste. Dès l’après-guerre, débute une collaboration de plus de trente ans avec les faïenceries Henriot à Quimper, mais aussi avec la Manufacture de Sèvres et Villeroy & Boch.

Il s’agit ici d’une pièce unique et non pas d’une pièce des ateliers de la faïencerie Henriot reproduites à plusieurs exemplaires. Elle a été façonnée par Mathurin Méheut lui même, décorée par ses soins, et l’on peut voir la trace de ses doigts dans le modelage de la pièce. Elle a été faite avec passion, et offerte pour Mme Marie-Anne Le Minor, en remerciement de leur collaboration, au début des années 1930.

Bachelet Emile-Just, grand sculpteur et céramiste breton!

henriot quimper
Emile-Just Bachelet (1892-1981), le marin, 1924,
faïence blanche, signée des initiales sur le socle, Henriot Quimper
Vendu-Sold

Emile-Just Bachelet, suivant les conseils de son ami Mathurin Méheut, rentre en contact avec la faïencerie Henriot à Quimper dès 1924, avec laquelle il va collaborer jusqu’au début des années 1930.

Il nous présente ici, le marin, de 1924, en faïence blanche où le rose de la terre de l’Odet transparaît sur chaque arrête vive du personnage

La sculpture est signée sur la base des initiales « EJB », Henriot Quimper, hauteur 25cm.

Le sculpteur Emile-Just Bachelet (Nancy 1892 – Aix-en-Provence 1981) envoie un premier plâtre à la faïencerie Henriot. Nous sommes en 1924, il s’agit de la Piéta. La même année, il propose aussi une Bigoudène portant un enfant, puis un Marin et une Bigoudène au porc. Les modèles, initialement réalisés en blanc, sont progressivement coloriés sur les conseils de Méheut. Il va réaliser d’autres modéles pour Henriot dès 1925, et au total ce seront 12 faïences éditées par Henriot et qui seront exposées du 9 au 20 décembre 1925, à la galerie Mosser de Nancy. Bachelet va collaborer également aux faïenceries de Lunéville, celle de Mougin à Nancy, celle de Saint-Clément, mais aussi à la Manufacture de Sèvres entre 1931 et 1936.

Il a étudié à l’École des beaux-arts de Nancy où il fut l’élève de Jules Larcher pour le dessin et d’Ernest Bussière pour la sculpture. Il étudia ensuite à l’École nationale supérieure des beaux-arts à Paris. Il y rencontre Georges Roty qui lui ouvrira les portes de la bourgeoisie parisienne. Il exposera régulièrement des sculptures au Salon d’Automne et à la Société Nationale des Beaux-Arts.

Bibliographie:
Dictionnaire des Peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome I, p.604-605
Mes plus beaux Quimper, catalogue de l’exposition de 1999, musée de la faïence de Quimper
Encyclopédie des Céramiques de Quimper, Ed. de la Reinette, Verlingue-Théallet

René-Yves Creston, rare oeuvre de la création Seiz Breur!

creston
René-Yves Creston (1898-1964), « Le Goémon », 1925,
plat en faïence polychrome, Henriot Quimper, signé au dos du monogramme et titré, 1925, diamètre 29cm
Vendu-Sold

En 1923,  René-Yves Creston, sa femme Suzanne et Jeanne Malivel fondent l’Union des Sept Frères (Unvaniezh Seiz Breur) réunissant quelques dizaines d’artistes bretons de plusieurs disciplines voulant créer pour le plus grand renom de la Bretagne. Leur première grande manifestation collective est l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs de 1925. Ils réalisent alors le pavillon Ti-Breizh, auberge-hôtellerie de Lucien Vaugeois, une très moderne salle de l’Osté qui étonne, déconcerte, fascine. Les Seiz Breur obtiennent une récompense collective. Leurs axes de création sont multiples: bijoux, objets, vêtements, meubles, peintures, dentelles, borderies, art sacré, faïence.

Véritable coordinateur du mouvement, René-Yves Creston passe de la gravure sur bois à l’aquarelle ou à l’huile, travaille pour Henriot à Quimper, puis devient sculpteur.

En 1927, en collaboration avec le sculpteur Jules-Charles Le Bozec (1898-1973), encore élève aux Beaux-Arts, il dessine les costumes de trois pièces de théâtre : Ar C’hornandoned (Les Korrigans) de Job Le Bayon, Tog Jani (Le chapeau de Jeanne) d’Yves Le Moal, et Lina de Roparz Hemon, dont la première représentation a lieu en janvier 1927.

Il écrit dans Breiz Atao et fonde avec l’aide de Georges Robin en 1928, la revue d’art Kornog et Keltia. Il passe de la gravure sur bois à l’aquarelle ou à peinture à l’huile, travaille pour les faïenciers quimpérois, puis devient sculpteur. On lui doit une sculpture de Nominoë. Il illustre le livre Kan da Gornog de Youenn Drezen, pour lequel il crée une nouvelle typographie. En 1926, René-Yves Creston a encore laissé des illustrations gravées sur bois pour La Brière d’Alphonse de Châteaubriant.

Bibliographie:
René-Yves Creston, du trait à la faïence et Suzanne Candré-Creston, catalogue d’exposition, Musée de la Faïence de Quimper, 2013