Bruno SOGNO, un grand parmi les oubliés!

Bruno SOGNO est né en 1922. Il a très jeune était passionné par les arts graphiques ; ce qui l’a amené, a exposé dès 1941. Professeur de dessin tout au long de sa vie, à Carpentras, Bruno SOGNO était un peintre autodidacte dont la création répondait d’abord à une manière d’être personnelle.

Cependant, son oeuvre s’insère dans cet important mouvement d’humanisme pictural qui a pris forme en France après la dernière guerre, sous l’impulsion d’artistes tels que Jean Bazaine, Jacques Germain ou Alfred Manessier, dans le cadre du courant dit de l’Abstraction lyrique (cf l’exposition L’Envolée lyrique, 1945 à 1956, Musée du Luxembourg, 26 avril au 6 août 2006).

Bruno Sogno

 « Barrage à Murs », 1958, collection Stéphane Brugal

Bruno SOGNO a exposé à Paris en 1948 (il avait 26 ans) au Salon des Réalités Nouvelles qui était un salon plus ouvert aux peintres contemporains qui s’inscrivaient dans le courant qui a prédominé dans le début des années 1940, à savoir le courant dit de l’Abstraction géométrique. Ce courant fut considéré comme le seul courant d’avant-garde de l’art aussitôt après la Libération. Or, une autre voie apparaissait, dans laquelle Bruno SOGNO s’inscrivait en plein, une voie souterraine, tout à fait marginale et que bien peu d’amateurs discernèrent. Cette voie c’était celle de l’Abstraction lyrique qu’un autre jeune peintre, Georges Mathieu (il avait 26 ans lui aussi), allait explorer à la fin de 1947 et édicter en une nouvelle tendance picturale, en un nouveau mouvement.
Les oeuvres de SOGNO sont toujours soutenues par une structure très volontaire, voire musicale. La ligne circule, nerveuse, flexible et ferme. Chaque peinture est un parti pris sur la lumière, ce qui lui confère toute son autorité: composition rouge, composition bleue, toile chaude ou toile froide, c’est la lumière qui représente le monde, la lumière dans toutes ses infinies variations.
Sur des rythmes simples, Bruno SOGNO pose des touches de couleurs pures qui sont la clarté mélodique ; son art a trouvé une tonalité intemporelle dont la qualité et la modestie sont aussi exemplaires.
Bruno SOGNO aimait à dire et à redire quant on l’interrogeait sur son oeuvre :  » la peinture on en parle pas, on la regarde, on l »aime ! « .

Expositions:

1941 Salon de la Société des Beaux-Arts, Annemasse, Haute-Savoie

1948 Salon des Réalités Nouvelles, Paris

1950 à 1955 Salon de la Société des Beaux-Arts, Thonon, Haute-Savoie

1950-51 Galerie des Deux-Iles, Quai aux fleurs, Paris

1952 Galerie La Licorne, Paris

1955 Salon des Beaux-Arts d’Annecy

1958 à 1967 Salon des Peintres du Comtat, Avignon

1958 Salon des TREIZE, Avignon

1959 Galerie d’Ainay, Lyon

1959 Galerie Crillon, Avignon

1959 sélectionné pour le Grand Prix de peinture du 13ème Festival d’Avignon

1960 Groupe  « Art & Culture », Douvaine

1961 à 1975 participation au Salon Regain, Lyon

1961 une oeuvre rentre dans la collection Marie Cuttoli, Paris

1961 Exposition personnelle au Musée de Carpentras

1963  « 30 peintres »présentés par la Société « Le nombre d’or », musée de Carpentras

1964 Salon de Printemps, Société des Beaux-Arts, Thonon

1966 Galerie de la Barbière, Le Barroux

1972 Exposition personnelle à l’Abbaye de Sénanque

1975 Galerie Bérengère, Lyon

1978 Exposition personnelle à l’Hôtel de Ville de Carpentras

1984 Exposition personnelle à l’Isle sur la Sorgue

1986 Exposition personnelle à l’abbaye de Beauport, Paimpol

1988 Galerie Artheme, Carpentras

1990 Exposition personnelle, Lyon

1996 Exposition rétrospective au Centre d’Art Contemporain Présence Van Gogh, Saint Rémy de Provence

Renée Bernard, africaniste!

Renée BERNARD (1906-2004) fut l’élève de Lucien SIMON à l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts entre 1930 et 1934; elle y rencontre Yves Brayer et Lucien Fontanarosa.

Elle passe avec succès les professorats de dessin, et va enseigner de 1931 à 1950 le dessin, et deviendra inspectrice de l’enseignement du dessin de la Ville de Paris de 1950 à 1968.

Elle participe à de nombreux salons et reçoit maintes distinctions. Elle a reçu de nombreux prix dont 4 prix de l’Institut et le prix de l’AOF. Certaines de ses œuvres sont conservées par les musées de Dieppe, Vienne (Isère) et celui de Grenoble. Elle entreprend de nombreux voyages, la Bretagne, le Dauphiné, la Provence, les Antilles françaises, l’Italie, le Maroc, la Grèce, l’Egypte.

Elle entreprend en 1947, un périple de plusieurs mois en Afrique Occidentale, où elle partira à la découverte du Sénégal, du Soudan, de la Côte d’Ivoire, de la Haute-Volta, de la Guinée et de la Mauritanie. Voyage presque initiatique dans une Afrique haute en couleurs et personnages:

“J’ai enfermé dans mon coeur tous les plus beaux cadeaux du monde: la chaleur peu commune de l’accueil, les sympathies échangées, la douceur de l’amitié, la joie de découvrir, d’admirer, de peindre en toute liberté, la plaisir de pénétrer des vies simples et pures, enfin le temps donné à l’interrogation, la réflexion et parfois aussi la souffrance.” extrait de son livre: « Renée Bernard, randonnée à travers l’Afrique en 1947« , Paris, 1988. Voir aussi: « Les Africanistes: peintres voyageurs, 1860-1960″, par Lynne Thornton, 1990.

Renée Bernard Béourni

Village Béourni, gouache, collection Stéphane Brugal

Le Musée d’Angoulême a reçu en 2004 en legs d’œuvres de Renée Bernard ainsi que des objets lui ayant appartenu, notamment des tissus et masques africains collectés en 1947 lors de son séjour en Afrique Occidentale.

Marc Baumann, l’autre abstraction!

Marc Baumann est né en 1921. Il s’est formé entre 1940 et 1947 dans l’atelier de Raymond Legueult. Il figure à partir de 1978 dans les grands salons, Automne et Indépendants, à partir de 1987, Grands et jeunes d’aujourd’hui, Réalité nouvelle, berceaux de la peinture abstraite.

Marc Baumann réalise des cartons de tapisseries, au moment du renouveau de la tapisserie pour les Manufactures d’Aubusson et des Gobelins.

Abstrait lyrique, sa peinture est proche de son ami Zao-Wou-Ki.

La lumière est la source secrète des oeuvres de Marc Baumann. Calligraphie et paysagisme se fondent dans ses oeuvres. Elles condensent à la fois la force et le rêve, les contours voluptueux et l’écume des jours.

Nourrie de rose, de bleu et de vert, de jaune et de mauve brumeux, l’image surgit tout à coup, prête à être visitée et pénétrée. Il aboutit à une peinture inspirée qui évoque une perpétuelle mutation de la nature, le changement des saisons et des jours. Sa peinture raffinée et précieuse se fond dans une sorte de spiritualité sereine.

Comme un artisan, Marc Baumann se lève aux aurores et s’enferme dans son atelier jusqu’à la nuit. Solitude voulue, recherchée et acceptée. C’est en travaillant qu’il trouve l’inspiration et parfait son écriture, une calligraphie qui laisse les traces des pas perdus, des doutes, des hésitations, des repentirs. Peinture de l’âme qui ne dit pas mais qui suggère, qui glisse d’une toile à l’autre sans jamais se répéter. Art extrêmement savant fait de signes, de brisures, de grattages.

Zacharie Astruc, grand artiste parisien.

Zacharie Astruc
Zacharie Astruc, bouquet, grande aquarelle
Vendu-Sold

Zacharie Astruc, sculpteur, peintre, aquarelliste, poète et critique d’art (l’un des meilleurs de la seconde moitié du XIXème).

Zacharie Astruc  (1833-1907) débute comme journaliste à L’Echo de Paris, collabore à différents journaux, fonde à Marseille en 1872 L’Espagne Nouvelle, puis à Paris Le Quart d’heure, « gazette des gens demi-sérieux ».

Il fréquente les écrivains et les artistes d’avant-garde, notamment Pissaro et Manet, dont il est le premier défenseur et son intercesseur vers le Japon et l’Espagne. Manet fait son portrait en 1866 et lui demande de poser dans La musique aux Tuileries et la Leçon de musique (1870). Fantin-Latour le représente aussi dans son fameux tableau Un atelier aux Batignolles.

Zacharie Astruc débute au Salon des artistes français en 1871 comme sculpteur; puis il participe comme peintre à la première manifestation impressionniste chez Nadar en 1874 (les Présents chinois, 1874, New York, collection particulière).

En 1876 il expose au Salon un buste de Barbey d’Aurevilly (Musée d’Orsay), et en 1881 un de Manet. Une sculpture Le Marchand de masques (1883) se dresse dans les Jardins du Luxembourg: statue en bronze d’un jeune marchand portant les masques de Balzac, Carpeaux, Barbey d’Aurevilly, Berlioz, Théodore de Banville, Delacroix, Corot, Gambetta, Dumas, Faure, Gounod, Hugo.

Ses bouquets de fleurs exécutés en se servant de tortillons d’ouate semblent être ses oeuvres les plus personnelles.

Son oeuvre peinte est représentée aux musées d’Evreux, de Saint-Etienne, de Luxembourg et surtout d’Angers, sa ville natale.