André Dauchez, son voyage en Amérique en 1920.

Partie I: une longue traversée de Cherbourg à New-York!

André Dauchez: carte dessinée à l’encre de sa traversée, du 18 au 28 mars 1920.

André Dauchez a été invité aux Etats-Unis, à Pittsburgh, pour être membre du jury du Carnegie Institute. Pour s’y rendre, il doit embarquer sur un transatlantique, il va raconter son séjour et plus particulièrement sa première traversée de l’Atlantique, en prenant des notes dans deux petits carnets qui ont été conservés et dont on souhaite partager les impressions et les souvenirs.

Carnegie Institute de Pittsburgh.

C’est en 1895 qu’Andrew Carnegie, philanthrope et industriel de l’acier, fonde le Carnegie Institute, qui deviendra le Carnegie Museum of Art, l’un des tous premiers musées d’art moderne et contemporains des Etats-Unis. A partir de 1896, aura lieu chaque année une exposition internationale d’artistes contemporains venant des Etats-Unis et d’Europe principalement. C’est parmi les artistes invités à exposer, que l’institution constituera sa propre collection, en faisant l’acquisition de centaines d’œuvres au cours de ces années-là. Pour ce faire, dès le départ, l’institution va se faire aider dans ses choix par la création d’un comité d’experts internationaux et par un jury composé d’artistes internationaux également. C’est ainsi que nombre d’artistes français notamment vont participer à ce jury et conseiller le Carnegie Institute dans ses acquisitions. On trouve dans les collections des œuvres de Auguste Rodin, Camille Pissarro, Alfred Sisley, Claude Monet, Henri Matisse, mais également Lucien Simon, Henri Rivière, Jean-Emile Laboureur, Jules Breton…

Pour l’exposition de 1920, André Dauchez a été invité pour être membre du jury du Carnegie Institute, et il s’embarque donc en direction de New-York, le 18 mars !

Les premières impressions.

André Dauchez est dépaysé dès le départ du train de Paris qui l’amène à Cherbourg, il est ailleurs ! Dans ce train « plein d’Américains installés là comme chez eux, les employés ne parlant pas français… j’ai l’impression très nette que je ne suis plus en France ».

Il doit embarquer sur le paquebot Lapland en provenance de Southampton et à destination de New-York. Le Lapland est un paquebot belge de la Red Star Line mis en service en 1909. Pendant la Première Guerre mondiale, ce navire est transféré à une compagnie sœur, la White Star Line, qui l’exploite entre Liverpool et New York. En 1920, il navigue donc sous pavillon britannique, et il embarquera, selon les notes d’André Dauchez, 2.265 passagers et 429 hommes d’équipage pour cette traversée.

En attendant l’embarquement sur le paquebot qui a du retard, il s’est installé comme les autres voyageurs sur le transbordeur le Nomadic qui doit amener les passagers à bord du transatlantique en rade de Cherbourg. Il s’agit d’un transbordeur longtemps affecté au port de Cherbourg pour le compte de la compagnie White Star Line. À ce titre, il transporte sur le Titanic 179 des 281 passagers embarquant à Cherbourg le 10 avril 1912, cinq jours avant son naufrage au large de Terre-Neuve.

Dauchez se rapproche tout de suite des membres de l’équipage : « comme on s’entend tout de suite avec les marins quant on leur parle de leur métier ! » et se lie d’amitié avec le maître d’équipage, un breton de Pont-Aven, « qui me raconte ses aventures et est ravi d’évoquer en ma compagnie tous les coins de la côte de là-bas ».

La vie à bord d’un transatlantique.

André Dauchez va être emporté par la magie de l’instant où le paquebot va apparaître, sortant de la nuit profonde, «… des centaines de lumières multicolores avec ses innombrables hublots illuminés en étages compliqués ». Il est déjà minuit lorsque le transbordeur accoste les flancs du transatlantique et « …cela devient extraordinaire. Je ne regrette plus l’embarquement de jour, car ce spectacle nocturne d’un grand paquebot comme je n’en avais jamais vu, surgissant de la nuit et ouvrant ses flancs pour recevoir de nouveaux hôtes, est une des impressions les plus émouvantes qu’il m’ait été donné de ressentir ».

Pour Dauchez, une fois à bord du paquebot, tout lui paraît immense et compliqué « je monte à bord et me voici perdu dans la grande ville flottante ». Il ne sait pas se diriger devant ses escaliers qui montent ou descendent vers d’autres ponts, aucune information en français, si ce n’est une affiche qui « me saute aux yeux, « Smoking strictly prohibited ». Zut, moi qui vient de m’en payer un !… A la réflexion, je finis par penser qu’il ne s’agit peut-être que d’une défense de fumer. D’ailleurs tout le monde fume ».

Il arrive à rejoindre sa cabine (numéro 110 sur le 3ème pont de la première classe) qu’il va partager avec Mr Olsson[1], peintre britannique de marines, ayant déjà participé au Salon de Pittsburgh en 1914. Il aura bien du mal à communiquer avec lui, et ce dernier passera une grande partie de la traversée à dormir : « Olsson dort sans cesse ; quelle puissance de sommeil ». Il s’installe dans sa couchette, le paquebot se met en route pour une traversée d’une dizaine de jours : « c’est surtout à la fraîcheur de l’air qui entre et au bruit du vent qui souffle du hublot resté ouvert que je sens qu’on est parti ».

Notre voyageur va passer le deuxième jour à découvrir la grandeur et la majesté du navire. Il est en admiration devant les longs couloirs, les vestibules, les salons, le mobilier à disposition des passagers « des fauteuils, aux murs les portraits de peintres flamands anciens…grands tapis, électricité partout…tables à jeux, bibliothèque, fauteuils profonds, divans extra-confortables… Tout cela est sans style déterminé, sans aucune recherche de goût mais sérieux, confortable surtout ».

André Dauchez est aussi surpris de la qualité et la variété des plats servis aux différents repas. Il goûte pour la première fois le pamplemousse « aromatisé…exquis ». Il découvre la cuisine anglo-saxonne et se régale de « petits pains briochés admirables, du beurre de 1er choix… du bouillon chaud très pimenté, excellent…. Bière parfaite… Nouveau régal, potage très pimenté, goût de gingembre et de poivre, poisson, dinde avec accompagnement de légumes, glace, fromage, banane… repas admirable comme toujours avec huîtres frites, côtes de mouton, compote de pêche… le tout présenté magnifiquement avec une multitude de couverts, de petits plats, d’ornements de toute sorte ». Mais il est aussi choqué par toute cette nourriture et le comportement de certains passagers : « Comme on est loin de la vie chère et des privations auxquelles nous sommes habitués en France. Et quel gaspillage de toutes ces bonnes choses ! Les gens chipotent dédaigneusement cette nourriture raffinée. Quelques bouchées et ils éparpillent dans leurs assiettes très négligemment de quoi nourrir et régaler des familles entières. Moi, je suis plus consciencieux ».

André Dauchez rencontre également le confort moderne, et relate son expérience avec les toilettes du bord : « Détail fâcheux et sans importance : dans les W.C. qui abondent et où les perfectionnements de confort et d’hygiène se multiplient, un maudit mécanisme, des récipients crachent des paquets d’eau à tout instant et rendent intenable la situation de l’occupant. Peut-être est-ce une mesure de propreté obligatoire. Ce serait vraiment exagéré. ».

Durant la traversée, le paquebot essuie de fortes mers et Dauchez note : « L’ordre, la propreté, toutes les mesures de sécurité et de confort, tout est irréprochable à bord. Dès que le vent fraîchit, que les embruns s’élèvent, aussitôt des bâches sont posées, des places relevées, les mauvais passages condamnés, de manière à assurer le maximum de confort ».

Il va également visiter les autres ponts dits inférieurs : « Après déjeuner, visite de la 2ème classe. Les cabines sont bien, un peu plus petites qu’en 1ère et moins aérées surtout dans l’intérieur. Beaucoup plus de monde qu’en 1ère, semble-t-il. En tout cas beaucoup plus d’animation. Du haut du spardeck vers l’arrière, le coup d’œil est pittoresque, divertissant, car on plonge sur les 3ème où grouillent des masses de gens, les uns couchés par terre, les autres debout. Un groupe de danseurs, russes ou polonais, dansant une sorte de bourrée au son d’un accordéon. Beaucoup d’enfants. A l’arrière des matelots font de la gymnastique, s’amusent, gesticulent. C’est infiniment plus gai qu’en 1ère classe ».

Le samedi 27 mars, André Dauchez a l’autorisation de visiter le paquebot avec deux compagnons de voyage, Mr Wauters et l’abbé Hubert Van Rechem : « Descente aux machines. C’est comme une extraordinaire usine, très vaste et d’une hauteur énorme, puisque ça remplit le bateau sur une grande surface et dans toute son élévation. Une masse de mécaniques travaillant en tous sens. Certaines sont de dimensions formidables et inspirent de l’effroi. Ordre magnifique, propreté, aération et très peu de trépidation. (…) Sur l’avant, derrière une porte de fer, sont les chaufferies. Huit gueules de feu où des damnés enfournent perpétuellement le charbon. Chaleur atroce. Lumière insoutenable des flammes quand une porte s’ouvre sur le foyer. C’est une vision d’enfer ».


[1] Albert Julius Olsson (1864-1942), artiste britannique, membre de la Royal Academy.

La navigation : Dauchez aime à décrire la course du navire.

Le dimanche 21 mars 1920, il note : « Ce matin le vent est extrêmement violent. A l’avant du côté du vent on est presque déshabillé par la force de l’air. Aussi la mer grossit vite. D’en haut, on se croirait sur une falaise que les lames viennent battre. Celles que rejettent l’étrave sont de vraies montagnes d’eau et leur rencontre avec celles du large produits des chocs étonnants ».

Il note également la différence entre les éléments parfois déchaînés qui entourent le paquebot et ce calme raffiné qui se passe à son bord : « Le contraste est saisissant entre cette immensité en furie, ce désert d’eau en convulsion, et la vie luxueuse du bord, abritée par une mince cloison contre le drame de la mer et du ciel. D’un côté le gouffre infini, de l’autre un décor somptueux, des lumières à foison, des tapis, des tables richement servies, des gens en grandes toilettes, des fleurs, des bijoux… ».

Dauchez n’en est pas moins poète à ses heures dans la description de ce qu’il voit et ressent : « Et voici que dans le Nord montent de grands rayons d’aurore boréale. C’est très beau. Ça change très vite, les nuages revenant en masse poussés par un vent furieux de Nord-Ouest, et toute la soirée c’est une vraie fantasmagorie tout à fait sinistre de lueurs livides dans les nuées sombres sur une mer d’encre avec les têtes blanches des lames. On croirait par moment que de puissants projecteurs fouillent le ciel, que plusieurs clairs de lune transparaissent de l’Est à l’Ouest, et une sorte de tapis de brume couvre la mer par le travers du bateau d’une façon très nette, absolument incompréhensible, couvrant une partie de l’horizon et suivant régulièrement notre marche ».

Le mercredi 24 mars, en tant que marin, il note : « La force du vent est effrayante, les montagnes d’eau se dresse, la mer est écumante, terrible, jusqu’au fond de l’horizon. (…) Je crois n’avoir jamais vu pareille tempête. Il est probable même que les plus gros temps que j’ai pu observer étaient bien loin d’atteindre à cette extrême violence. Mais il est difficile de faire des comparaisons, car il n’y a pas ici les points de repère habituels : lames à l’assaut des côtes, petits bateaux en détresse, arbres déracinées, etc… ».

Seul au milieu de l’Océan, mais le monde continue de tourner !

Bien qu’au milieu de l’Océan, le paquebot n’est pas totalement coupé du monde. Le voyageur prend ainsi régulièrement les nouvelles du monde et plus particulièrement de ce qui se passe en Allemagne. Il note le 19 mars : « A midi est affiché le résumé des nouvelles mondiales recueillies par la T.S.F., on y parle du gâchis en Allemagne… Les nouvelles d’Allemagne indiquent toujours une situation chaotique et inquiétante ».

Dauchez est en admiration devant la T.S.F. : « Quelle extraordinaire invention que cette télégraphie mystérieuse qui permet de correspondre, à travers l’ouragan, sur cette mer infinie et tourmentée, avec d’autres êtres humains… ». Le dimanche 21 mars, il fait la connaissance du Consul de Belgique, Mr Simon, qui va prendre son poste à San Francisco et avec lequel il échange sur les nouvelles en Europe : « Il me renseigne sur les nouvelles du jour. Le gouvernement boche paraît triompher de la révolution, bien que les batailles continuent dans les rues, que les socialistes, résistent, que les officiers soient lynchés. Est-ce une comédie organisée, comme le prétendent les Belges présents ? Je n’en sais rien. ». Le lundi 22 mars, il note les nouvelles du jour : « Suicide du général boche Lutwitz, république des soviets progressant en Allemagne… ». Il s’agit très probablement du général Walther Von Lüttwitz qui écrasa en janvier 1919 le soulèvement spartakiste, et qui prendra une part active dans le putsch raté de Kapp entre le 13 et le 17 mars 1920, avant de se réfugier en Hongrie, et qui est mort en 1942 !

Le mercredi 24 mars, Dauchez continue à prendre les nouvelles du monde : « Le communiqué annonce des batailles un peu partout, un chambardement universel, en Allemagne, à Valparaiso, dans tous les coins du monde. ».

Le jeudi 25 mars, les nouvelles annoncent : « Des grèves un peu partout. Celle des mineurs en Angleterre va encore troubler davantage les conditions de la vie en France. Quand donc vivra-t’on tranquille, enfin ? ».

Les compagnons de traversée.

Il y a tout d’abord Mr Olsson, peintre britannique qui vient également participer à l’exposition du Carnegie Institute, et avec lequel il partage la cabine : « Olsson est le meilleur des hommes. Il me soigne attentivement. Après m’avoir offert tantôt deux cocktails excellents et fourré du tabac plein ma blague, il se préoccupe de savoir si je suis assez couvert la nuit… ».

Il fera d’autres rencontres lors de la traversée, dont certaines étonnantes et il les évoque tout au long de ses notes.

Il rencontre Mr Wauters, citoyen belge, et sa femme française, qui partent en Amérique « pour 3 ou 4 ans, représentant une grande fabrique de glaces. Il parle couramment je ne sais combien de langues, le wallon, le bulgare, l’espagnol, l’allemand et l’anglais. ». Ils auront de longues conversations, sur l’art et surtout sur « l’histoire de la Belgique pendant l’occupation. (…) Il me raconte un tas de choses curieuses ». Quelques jours plus tard, AD rencontre un autre citoyen belge de Liège, Mr Paul Staes, à qui il présente Mr Wauters : « Toute la journée se passe en récit où tous deux évoquent d’une manière très saisissante, avec des détails émouvants et inédits, leurs souvenirs de la guerre. Ils ont, l’un et l’autre, rendus de grands services à leurs pays, au risque de leur vie, dans les services d’information, organisés à la barbe des boches pour renseigner les alliés, faire évader des prisonniers, etc… ».

« Je m‘entends à merveille avec Mr Staes. Lui et Wauters, devenu un vrai camarade, seraient des amis véritables. Mais nous reverrons-nous jamais ? ».

Une rencontre va surprendre André Dauchez, celle avec le révérend père Hubert Van Rechem : « le jovial ecclésiastique, moitié belge, moitié américain, est un type assez curieux. Il est tout le temps fourré au bar, fume, joue aux cartes. C’est un prêtre catholique qui s’occupe des missions chez les indiens d’Amérique et d’écoles chrétiennes ». Il le retrouve un soir au bar où « l’étonnant abbé chante tous les refrains d’opéra et les airs de danse en vogue. Quel drôle d’ecclésiastique et combien peu semblable à ceux de chez nous. Peut-être a-t-il la bonne méthode, pour exercer son ministère dans toutes espèce de milieux, s’il est vraiment un prêtre sérieux, malgré l’apparence ». A un autre moment, au plus gros de la tempête que rencontre le paquebot, il retrouve l’abbé : « J’ai fait bénir mon vieux chapelet tricolore par le R.P. Hubert. Ce sera un souvenir de cette étrange figure de prêtre, joyeux compagnon, mais sympathique ».

Dauchez est plus qu’étonné par ce personnage : « Le R.P. Hubert m’intrigue de plus en plus. C’est un personnage bien énigmatique. D’une gaieté exubérante, serviable, au mieux avec tout le monde. Mais dès le matin, il empeste l’alcool. Le voici qui danse la gigue, et fait le pitre en compagnie d’une espèce de grue, russe, polonaise ou américaine. Puis il s’entretient longuement avec elle. Je ne puis croire qu’il s’agisse d’une conversion. (…) Celui-ci a été capitaine pendant la guerre, après avoir vécu 18 ans chez les indiens d’Amérique, et roulé sa bosse un peu partout. Son évêque en fait grand cas, me dit Wauters. Blessé aux jambes, il va à Lourdes, et en juillet dernier, le jour anniversaire de l’apparition, le voilà guéri, qui jette ses béquilles. Etonnant ! ». Un soir de fête, où pour le dîner AD a revêtu son smoking, il revoit l’abbé dans un coin du pont promenade danser « le cancan, en compagnie de la danseuse russo-polonaise, américaine. Quel type ! ».

Le dernier soir avant l’arrivée, une petite fête est improvisée dans la cabine de Dauchez en compagnie de Mr Wauters qui offre une bouteille de champagne, Mr Staes, l’abbé : « Franche et cordiale soirée d’adieu. L’abbé raconte quelques aventures chez les Indiens. Il a subi 3 tentatives d’assassinat de la part des missionnaires protestants et en porte encore les marques. Ce n’est pas par fanatisme religieux, mais dans un simple but de vol que ces messieurs agissaient. Une fois, il empoigne l’auteur d’un coup manqué, le soigne pendant 3 mois à la suite de la formidable raclée que les indiens ont infligées au coupable, et celui-ci se convertit au catholicisme ».

André Dauchez fait quelques autres rencontres épisodiques, notamment avec un jeune ingénieur français qui va passer deux mois aux Etats-Unis pour des affaires de pétrole : « Grand garçon distingué, ayant de bonnes idées en peinture, nous parlons de Bénodet qu’il connaît ». D’après les confidences de Mr Wauters à son sujet : « il a quitté l’école à 14 ans, a été garçon charcutier pendant plusieurs années, et par des cours du soir s’est éduqué à lui tout seul jusqu’à passer brillamment une école de commerce, est devenu secrétaire d’un ingénieur, est ainsi allé en Bulgarie où il a épousé une française… Je lui parle de Philippe à qui il faudrait pour le diriger un homme comme Wauters. Celui-ci conseille vivement à mon fils les langues vivantes, la dactylographie et sténographie, pour commencer ».

Il rencontre également le docteur chef du navire, Mr Bassecq avec lequel il s’entretient sur la gravure à l’eau-forte : « Après le dîner, je donne, théoriquement, une leçon d’eau-forte au docteur Bassecq, qui dessine un peu et a envie de faire de la gravure. Dommage qu’on n’ai pas ici de quoi faire une démonstration ».

Quant au reste des passagers : « Maintenant beaucoup de ces visages inconnus il y a 4 jours me sont familiers. Je connais leurs grimaces, leurs caractères se précisent, mais je sais bien que dans peu de temps le souvenir sera effacé à jamais ».

André Dauchez pense aux siens.

Dès le premier jour, notre voyageur pense à sa famille qu’il a quitté : « Il faut se séparer, et c’est le moment le plus dur…maintenant, chaque minute qui passe va me rapprocher du jour où je retrouverai femme et enfants. ».

 « Je songe que ma petite Luce vient d’avoir ses 3 mois. Que deviennent mes chers petits et leur maman ? Pourvu que là-bas on ne s’inquiète pas trop de moi ! ».

Le jeudi 25 mars, il note : « Déjà huit jours que je suis parti ! Et comme je suis loin des miens. Dieu veuille que tout aille bien là-bas. Mais je songe, le cœur serré, que la distance augmente toujours qui nous sépare, quoi qu’il arrive, il me serait impossible de quitter l’Amérique avant le 14 avril. ».

Dauchez semble s’ennuyer et trouve le temps long. Il ne veut plus lire, ni écrire, et surtout pas travaillé son art. Après une semaine passée en mer, il note : « Je n’ai pas le courage de reprendre un nouveau roman à la bibliothèque et je commence à me trouver un peu désœuvré. (…) Patience, mais ma petite famille me manque bien. ».

L’arrivée à New-York.

Dauchez se lève très tôt pour assister à l’approche du navire des côtes américaines : « Je me réveille à 4h et demi… je monte sur le pont promenade, pas un chat. La nuit est admirable, on ne voit rien que les feux à l’horizon. ».

« Nous passons un bateau feu qui doit être le feu d’Ambron[1], à l’entrée du chenal… Puis une succession de bouées lumineuses et à cloches. (…) La baie se resserre. On pénètre dans la rivière de l’Hudson. Halte à la quarantaine pour les formalités sanitaires. (…) Le chenal longe la rive droite, toute encombrée d’énormes bâtisses mélangées à des maisonnettes, dans un paysage qui rappelle les bords de Seine du côté de Meudon ».

Retenu par les formalités sanitaires et douanières dans l’un des salons, il tente de voir le paysage par les fenêtres. Il aperçoit la grande statue de la Liberté, et d’énormes bateaux au mouillage : « Et cette stupide formalité nous prive du spectacle de l’entrée à New-York dont je me promettais tant de plaisir. Je suis dans un état de rage folle. ». « Un moment, je lâche mon tour et me précipite sur le spardeck d’où j’aperçois les gratte-ciels qui défilent, vision invraisemblable et d’une réelle beauté ».

Après les quelques péripéties de l’accostage et les dernières vérifications, Dauchez se retrouve sur le quai où « s’agitent des multitudes de gens, douaniers, inspecteurs, portefaix, etc… », mais également « …passagers débarquant, émigrants, hommes d’équipage ».

Un vieux monsieur l’aborde avec effusion. Surpris et ne comprenant pas un mot d’anglais, il finit par comprendre qu’il s’agit de Mr Beatty[2] de Pittsburgh qui a fait le déplacement pour l’accueillir à son arrivée : « Je suis désolé de ne pouvoir lui exprimer ma reconnaissance, car il est impossible d’être plus prévenant et affectueux qu’il ne l’a été à mon égard ».

Puis ce sont trois autres personnes qui viennent les rejoindre, MM. Lever[3] et Lockman[4], deux artistes américains, ainsi que Mr Richon, qui servira d’interprète à Dauchez. Avec Mr Beatty et Mr Olsson, ils s’entassent tous les six dans un taxi : « Me voici sur la terre d’Amérique. ».


[1] Il s’agit en fait du bateau-phare Ambrose, balise sentinelle du chenal de navigation du port de New-York.

[2] John Wesley Beatty (1850-1924), peintre-graveur originaire de Pittsburgh et premier directeur du Département des Beaux-Arts du Carnegie Institute.

[3] Richard Hayley Lever (1875-1958), d’origine australienne, cet artiste s’est installé à partir de 1912 à New-York qui sera l’un de ses sujets favoris dans ces années-là.

[4] De Witt McClellan Lockman (1870-1957), peintre originaire de New-York.

André Dauchez: « Cherbourg« , dessin au crayon illustrant son carnet.

André Dauchez, portraitiste de la Cornouaille bretonne!

André Dauchez, portraitiste de la Cornouaille

Stéphane Brugal, 2018 (extrait du catalogue raisonné de l’oeuvre gravé d’André Dauchez paru en 2018 – ISBN: 978-2-9564449-0-9)

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André Dauchez portrait
Portrait d’André Dauchez par le peintre Hugues de Beaumont, 1933

André Dauchez (1870-1948) a consacré sa vie à la peinture. Il y a trouvé le bonheur de vivre, en artiste discret mais avec une passion débordante et une foi toujours intacte. Cet article a pour but de mettre en lumière une partie essentielle de son oeuvre, à savoir l’art de la gravure, et plus particulièrement la technique de l’eau-forte, dont il devint l’un des grands représentants de cette première moitié du XXème siècle, tant dans son travail original que dans ses travaux d’illustrateur.

Les grands circuits marchands et les cénacles qui font l’histoire de l’art ont oublié André Dauchez. Victime de la modernité attendue et espérée de l’immédiat après-guerre, il disparaît dans une période de renouveau, où l’on rejette facilement la culture régionale, les coutumes et le mode de vie des anciens. Le public se tourne vers les nouvelles générations d’artistes issus des courants de l’abstraction ou du nouveau réalisme. Il faut cependant affirmer qu’André Dauchez appartient à l’histoire de l’art, à l’histoire de ces artistes peintres-graveurs, de ces artistes qui ont oeuvré pour le rayonnement de l’art dans leur pays et à l’étranger. Il appartient aussi à l’histoire de la peinture en Bretagne, car c’est bien lui qui a su le mieux traduire ces paysages cornouaillais, et percevoir l’intimité de ces grèves et de ces champs. Il a parcouru la Bretagne en perçant son âme, sachant la restituer d’une manière magistrale dans son oeuvre!

André Dauchez Moulin de Lesconil

André Dauchez, eau-forte, Moulin de Lesconil, 1904, (56-04)

La formation et les débuts de graveur

Issu d’une famille de juristes et notaires, André Dauchez devait suivre, tout naturellement à cette époque, ses études jusqu’au baccalauréat et ensuite obtenir sa licence de droit, voyant ainsi son avenir professionnel tout tracé. C’est ce qu’il fit mais c’était sans compter les prédispositions pour les arts graphiques qu’André Dauchez montra très tôt. Il aimait crayonner! Ses dessins d’enfance ne sont que soldats, mousquetaires, toréadors et autres personnages directement influencés par l’oeuvre de Gustave Doré.

Tout en poursuivant ses études le jeune André fut encouragé dans la voie de l’art par sa mère, qui trouva la solution auprès de Gaston Rodriguez. Cet artiste-graveur avait son atelier dans le quartier Montparnasse, et le jeune André devait suivre son enseignement de 1885 à 1887. Gaston Rodriguez fut un excellent professeur, il apprit à Dauchez la minutie et la lenteur dans la taille de la planche, prenant tout son temps pour travailler une petite surface de cuivre. Cette studieuse et laborieuse méthode apporta au jeune homme la capacité de tout voir et de tout transcrire, lui apprenant peu à peu à différencier ce qui est essentiel de ce qui ne l’est pas.

Ayant appris ainsi à ne rien délaisser, l’artiste va s’autoriser à simplifier. Son art se libérera ainsi de la reproduction pure pour tendre vers des simplifications d’une extraordinaire liberté, distinguant le trait indispensable ou la valeur utile. André Dauchez n’abandonnera plus jamais ce mode d’expression, maniant avec une grande dextérité la technique de l’eau-forte. Dauchez débuta dans la gravure un peu comme tout le monde par des planches de reproductions. En 1887, son professeur Gaston Rodriguez l’autorise à présenter au Salon des Artistes Français une marine qu’il vient de graver d’après un tableau d’Eugène Isabey. C’est un premier succès pour le jeune homme de 17 ans qui reçoit à cette occasion les encouragements de ses pairs. Entre les années 1887 et 1893, André Dauchez continue son travail de graveur à l’eau-forte par l’illustration de menus ou de carnets de bal, et la réalisation d’oeuvres de reproductions. On peut citer parmi ces dernières:

  • Un étudiant de Salamanque au XVIIIème siècle, d’après Nicolas Megia Marques, 1888, présenté au Salon de la Société des Artistes Français
  • La source, d’après Ingres, paru dans le journal « L’Art », 1889
  • Une rue de Morlaix, d’après Lennard-Lewis, 1889, présenté au Salon de la Société des Artistes Français
  • Troupeau de moutons, d’après Charles Jacques, 1890
  • La bataille de Wagram, d’après Horace Vernet, 1891
  • Le bain de l’Alhambra, d’après Léon Comerre, 1892
  • Portrait de Mme Aubry-Lecomte, d’après Lucien Simon, 1893

André Dauchez la plage du Ris Douarnenez
André Dauchez, eau-forte, la baie de Douarnenez, 1916,(223bis-16)

Les influences

Quelles sont les influences qui alimentèrent l’oeuvre gravé d’André Dauchez? Il suffit d’ouvrir les cartons d’estampes que l’artiste possédait pour voir que l’une des principales sources ou du moins l’oeuvre la plus représentée fut celle de Rembrandt. Nous savons qu’il avait acquis les principales reproductions et regardait souvent les gravures de ce dernier. De l’étude approfondie du maître, André Dauchez a su tirer l’art de faire valoir la lumière d’un paysage. Par la justesse des valeurs, qui vont conférer au blanc du papier toute sa lumière, Dauchez élabore certains noirs profonds qui évoquent Rembrandt. Il va ainsi maîtriser son art de peintre-graveur, tout en élaborant un style Dauchez, un style propre né d’un esprit d’invention conjugué à la vérité de ses dessins qui inspirèrent les gravures.

André Dauchez possédait également des oeuvres de Jacob Van Ruysdael, l’un des plus grands paysagistes hollandais du XVIIème siècle, et l’un des plus « modernes » au regard de la période. Dans les cartons d’estampes d’André Dauchez nous trouvons également certains de ses contemporains et souvent amis comme Georges Gobo, Raoul André Ulmann, Albert Decaris, Charles Jouas, Pierre-Louis Moreau…

André Dauchez Pins à la pointe de Combrit

André Dauchez, eau-forte, Pins à la Pointe de Combrit, 1921, (253-21)

L’affirmation de l’artiste

Il y a deux éléments distincts qui vont permettre à André Dauchez de se débarrasser des incertitudes que souvent les artistes connaissent en début de carrière, et l’éloigner à la fois d’un style aride au sortir des « écoles » et d’une banalité « académique » qui aurait vite fait d’étouffer sa propre sensibilité.

Le premier élément est la découverte en famille de la Bretagne et notamment du Sud-Finistère. Dès la fin des années 1880, les Dauchez fréquentent Bénodet et ces périodes estivales vont contribuer au développement de la vocation picturale et maritime du jeune André. La découverte de cette Bretagne côtière, de la baie de Douarnenez à Belle-Ile-en-Mer, lui suscitera ainsi ses meilleures planches.

Le deuxième élément est sans nul doute les encouragements et les conseils de ses proches, dont les artistes Emile-René Ménard et Lucien Simon. Ce dernier, marié à sa soeur Jeanne depuis 1890, cohabitera durant les mois d’été avec les autres membres de la famille Dauchez à Bénodet. De cette cohabitation va découler une forte émulation entre les deux hommes, qui vont se consacrer à la représentation de cette Bretagne, celle des environs de Bénodet et particulièrement du pays Bigouden. En 1903, André Dauchez s’installe chez lui, dans cette maison-atelier de la « palue du Cosquer », sur la commune de Loctudy, dans le Sud-Finistère. Cette maison devient le creuset artistique du peintre, trouvant toujours de nouveaux motifs sur la côte ou dans l’intérieur du pays entre l’embouchure de la rivière Odet et la pointe de Penmarc’h.

André Dauchez l'Odet Quimper Bretagne

André Dauchez, eau-forte, les grands pins sur l’Odet, 1921, (257-21)

Le sujet: la Cornouaille bretonne

André Dauchez n’est pas venu en Bretagne et plus particulièrement en Cornouaille, par effet de mode. Il n’est pas l’un de ces artistes qui fuyant le progrès industriel, voulait partir à la recherche de coutumes anciennes et de pittoresques. Il n’était pas emprunt d’un sentiment de nostalgie et ne recherchait pas des lieux fréquentés par d’autres artistes formant « colonie ». C’est plus qu’un heureux hasard qui amena la famille Dauchez à fréquenter les bords de l’Odet. Heureux hasard, car le charme de la rivière a opéré. Séduit et influencé par les lignes et la force des paysages, André Dauchez, tel un vrai portraitiste, va réussir à transcrire les nombreux visages de cette Cornouaille finistèrienne.

Pour l’Académicien et ami André Chevrillon, André Dauchez « il a étudié, déchiffré le visage de la terre bretonne…les images qu’il nous présente ont la qualité spirituelle qu’un artiste psychologue sait donner à ses portraits. L’oeuvre d’André Dauchez compose le portrait le plus expressif et le plus fidèle de la Bretagne »[1]. C’est donc à partir de la fin de l’année 1893, et pour plus d’un demi-siècle, qu’André Dauchez va trouver une source inépuisable d’inspiration dans les paysages du littoral cornouaillais: landes, dunes, villages de pêcheurs, estuaires et anses bordées de pins, bords de côtes et de rivières, rochers à marée basse, immenses paysages où la terre est seule avec le ciel, furent ses motifs préférés. Ses oeuvres ont une vigueur merveilleuse, ces observations à l’eau-forte, spontanées, puissantes et simplifiées, nous dévoilent l’excellent graveur et le grand dessinateur qu’il était.

Encouragé par son beau-frère Lucien Simon, André Dauchez se met à la peinture sérieusement dès 1895, peignant de belles et fortes compositions, souvent issues directement de ses croquis, la couleur intervenant comme un remplissage des surfaces dessinées. Ce travail lui permet de participer aux grands salons parisiens et d’accéder ainsi à la reconnaissance et à la notoriété. Vers 1902-1904, André Dauchez revient vers l’eau-forte qu’il affectionne, technique à laquelle il paraît vouloir se consacrer avec le plus de joie. L’eau-forte est par excellence la façon de graver des peintres. Son procédé est le plus riche « en couleur et valeur », le mieux adapté à l’imagination picturale, et relativement aisé à son utilisation. D’une pointe fine et d’un acide mordant, André Dauchez exprime la force et la rudesse de cette Cornouaille bretonne, mais aussi son charme et sa diversité, tout ceci dans un style profondèment personnel.

C’est un peintre de plein air qui décrit finement les effets produits sur son âme par les arbres, les pierres et l’eau et qui sait faire valoir la lumière d’un paysage. André Dauchez présente souvent un premier plan constitué d’un bouquet d’arbres, d’un sentier, ou d’un plan d’eau, qu’il met en pleine valeur, tandis que dans le fond s’estompe le reste de la composition. Il y a là un contraste entre les noirs du premier plan et le blanc lumineux des perspectives. De ces oppositions saisissantes d’ombres et de lumière, André Dauchez fait ressortir d’un trait nerveux le découpage des arbres, la physionomie d’un rivage, dans lequel l’on sent vibrer la vie. Il discerne à chaque moment les effets différents produits par l’ombre, par le soleil ou par le vent qui bouleversent sans cesse l’apparence d’un paysage. Il interprète les heures qui transforment l’atmosphère, les nuages, les rochers et la mer. D’où l’importance notamment des croquis préparatoires à une planche, réalisés pour un même point de vue à différentes heures de la journée. L’artiste va même jusqu’à indiquer parfois sur ceux-ci les heures où elles ont étaient produites.

Devenu graveur dans les années 1890, André Dauchez ne délaissera donc plus jamais ce mode d’expression, travaillant dans la continuité, tant sur le plan de la technique (l’eau-forte) que sur celui du thème (les paysages bretons) et plus particulièrement le thème du mariage de la terre et de l’eau. Continuité dans la vision, puisque tout au long de son oeuvre on retrouve le même sens de la composition qui lui permet de dégager l’essentiel, une recherche identique de la lumière qui éclaire chacune de ses planches, et la même rigueur dans le dessin qui donne tant d’intensité à son oeuvre.

André Dauchez branche sur l'eau

André Dauchez, eau-forte, branche sur l’eau, 1905, (72-05)

Conclusion 

Il nous faut citer en guise de conclusion ce que pouvait affirmer André Saglio dès l’année 1907 : « Ces estampes-là sont l’essence même du talent de l’artiste: elles résument la science la plus hardie du dessin de paysage et la sensibilité artistique la plus subtile. Il faut souhaiter qu’elles soient toutes réunies dans une exposition accessible à la foule: beaucoup alors apprendront que les ouvrages les plus colorés ne sont pas toujours ceux qui sont peints, et ce jour-là André Dauchez aura toute la grande réputation qu’il mérite. »[2]

La publication du catalogue raisonné de l’oeuvre gravé d’André Dauchez mettra en pleine lumière, pour le grand public, le nom et l’oeuvre d’un artiste d’une réelle sensibilité, d’un incontestable talent, resté trop longtemps dans l’ombre.

André Dauchez, eau-forte, thoniers à marée basse, 1930, (465-30)

Les Honneurs:

  • André Dauchez est promu Chevalier de la Légion d’Honneur en 1911, puis Officier en 1932.
  • Il est nommé peintre Officiel de la Marine en 1922.
  • Il est élu Président de la Société Nationale des Beaux-Arts en 1931.
  • Il est élu membre de l’Académie des Beaux-Arts, section Gravure, en 1938.

Quelques participations aux Salons et autres expositions:

  • Salon des Artistes Français: 1887-1888-1889
  • Société Nationale des Beaux-Arts: à partir de 1894 il est sociétaire – 1922, il devient membre du Comité – de 1931 à 1936 il devient Président de la SNBA en remplacement de Forain.
  • Société des Peintres-Graveurs
  • Société Française de l’Illustration
  • Salons français de Nantes – Lyon – Quimper – Roubaix – Strasbourg – Dijon.
  • Salons à l’étranger: Pittsburgh (il est membre du jury à l’Institut Carnegie en 1920) – Munich – Bruxelles – Budapest – Barcelone – Gand – Karlsruhe – Montréal – Belgrade.
  • Expositions personnelles ou collectives dans les galeries françaises: Art Français – Georges Petit – Marcel Guiot – Berthe Weill – Devambez – l’Art Décoratif – Charpentier.

Stéphane Brugal – 2015

[1] Chevrillon André, André Dauchez, Drogues et Peintures, n°57,à Paris, Laboratoire Chantereau, coll Innothéna, 1948.

[2]André Saglio, André Dauchez, Les Arts Décoratifs, n°109, octobre 1907, pp.121 – 129.

André Dauchez, portraitiste de la Cornouaille bretonne!

La Galerie Stéphane Brugal a développé depuis plusieurs années, une expertise sur l’oeuvre d’André Dauchez (1870-1948), présentant toute l’année un grand choix d’oeuvres de cet artiste: dessins (mine de plomb, lavis d’encre), eaux-fortes et peintures.

La Galerie Stéphane Brugal a proposé à plusieurs reprises des expositions sur les oeuvres d’André Dauchez aussi bien sur Paris que dans sa galerie de Pont l’Abbé.

Une première publication a marqué une autre étape dans cette expertise, dans le numéro trimestriel (été 2015-n°251) de la revue les « Nouvelles de l’Estampe » , revue publiée avec le soutien de la BNF et du Comité National du Livre.

La rédaction et la publication en 2018 du catalogue raisonné de l’oeuvre gravé d’André Dauchez, a abouti à une meilleure connaissance artistique et scientifique du formidable travail d’aquafortiste que celui de cet artiste de la première moitié du XXème siècle.

La galerie Stéphane Brugal, est en recherche permanente d’oeuvres et de documents sur cet artiste, afin de regrouper une information la plus exhaustive possible.

Pour tout contact: Stéphane Brugal, sv.brugal@sfr.fr, 06 89 15 56 55