L’île Chevalier, rivière de Pont l’Abbé par Pierre Lorthioir.

Pierre Lorthioir a fait du Pays Bigouden sa terre d’adoption, et nous dévoile dans cette oeuvre l’étendue sauvage de l’île Chevalier, située sur la rivière de Pont l’Abbé.

 

 

Pierre Lorthioir (1937-2010), l’île Chevalier, rivière de Pont l’Abbé, acrylique sur papier, signée en bas et à gauche, 52 x 75cm

Energique autant que réfléchie et murie, la peinture de Pierre Lorthioir s’inscrit dans une démarche de recherche et d’approfondissement. Il a composé des toiles abstraites et figuratives, utilisant l’acrylique sur toile, sur papier, le pastel, le collage, le crayon ou encore l’aquarelle. Ses portraits et ses paysages pourraient être qualifiés d’expressionnistes, tant les traits amples expriment l’émotion véhiculée par le sujet.

Les toiles de Pierre Lorthioir reflètent l’atmosphère particulière des lieux qu’il a choisis parce qu’ils l’ont touché. Il éprouvait littéralement les paysages en s’y immergeant des heures durant pour les peindre, afin de les comprendre avant de les représenter. Il a su saisir les variations sensibles du paysage en fonction du temps et des saisons. Il a su manier la lumière – de celle, incandescente, d’une plage blanche à celle, sublime, d’un ciel d’orage. Il a su magnifier les couleurs – les mille teintes de l’Atlantique, du bleu le plus intense au gris le plus inquiétant, ou de la végétation, en déclinant camaïeux de vert ou de jaune pour représenter le verdoiement d’un bois ou la sécheresse des plantes du littoral battues par l’air iodé. Jamais timides, les couleurs de Pierre Lorthioir véhiculent l’intensité de ce qu’on oublie parfois de regarder, qu’il s’agisse d’un paysage familier comme une plage ou ingrat comme un chantier de bateaux.

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Le port du Pouliguen, par Charles Tranchand, 1935.

Le port du Pouliguen, en Loire Atlantique, peint en 1935 par Charles Tranchand.

 

Le port du Pouliguen, gouache sur carton, par Charles Tranchand en 1935

Charles Tranchand suit les cours de l’école des Beaux-Arts, comme élève architecte, de 1900 à 1904. En octobre 1901, il reçoit le premier prix du cours d’architecture et le premier prix de dessin. Boursier du département, il passe deux ans à Paris dans l’atelier de Cormon, à l’école nationale des Beaux-Arts, ce qui lui permet de découvrir les impressionnistes, de même que Van Gogh et Gauguin.

Revenu dans son Anjou natal, il se lie d’amitié avec le milieu artistique angevin : Berjole, Georges Gobo, Louis-Charles Morin, Adrien Recouvreur, Willy Landelle. C’est déjà le peintre du vieil Angers, qui traque tout le pittoresque des vieilles rues et des monuments, pour les rendre en vigoureux traits de gravure.

En 1923, Charles Tranchand fait partie de la Guilde des artistes angevins, formée autour d’André Bruel. C’est l’un des artistes favoris de l’agence de publicité Hirvyl. Il travaille aussi pour le Syndicat d’initiative et illustre beaucoup d’ouvrages d’écrivains angevins : Paysages et pays d’Anjou  de René Bazin (1926), Vieilles rues, vieux logis, la Cité de Mathilde Alanic (1931), Angers. Promenade autour d’une cathédrale de Marc Leclerc (1944), à Angers après la tourmente du chanoine Civrays (1945). Sur la fin de sa vie, en 1944, il est enfin nommé professeur de peinture à l’école des Beaux-Arts et inaugure, au printemps 1953, le premier cours de gravure créé à l’école.

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Durand-Brager, peintre de marines.

Jean-Baptiste Durand-Brager (Dol de Bretagne 1814 – Paris 1879) est un peintre et graveur français dont les thèmes de prédilection sont les marines et les paysages orientaux.

Entré dans l’atelier du peintre Eugène Isabey, après plusieurs campagnes au long cours, il parcourut l’Europe, puis l’Algérie, le Sénégal et presque toute la côte atlantique d’Afrique.
En 1840, il fut attaché à l’expédition chargée de rapporter en France, les cendres de Napoléon Ier. Il publia un in-folio à ce sujet, avec texte et pièces officielles.
En 1844, Durand-Brager fut chargé par le gouvernement d’exécuter les deux grandes toiles: Bombardement de Mogador et Prise de l’ile de Mogador. Après la guerre de Sébastopol, il fit partie de l’expédition de Kluburn. Il peignit pour l’Empereur de Russie Le combat de Sinope.
En 1869, il exécuta pour Versailles, le Deuxième combat entre les batteries japonaises et les escadres alliées. Il fit pour l’empereur d’Autriche, en 1886, le panorama représentant la Bataille de Lissa.
Durand-Brager publia plusieurs albums sur la marine: La Marine française – La Marine de commerce – Etudes de marine – Types et physionomie des armées d’Orient.

Ses oeuvres sont dans les musées: Bordeaux-Laval-Nantes-Versailles.

DURAND-BRAGER 17,5x31

Jean Baptiste Durand-Brager,  bateau échoué,

dessin à l’encre, signé et dédicacé en bas et à gauche, h. 17,5cm, l. 33cm

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André Fraye, peintre de marines.

André Fraye (Nantes 1887 – Paris 1963) s’installe à Paris en 1909, où il devient l’élève de Maxime Maufra. Il fréquente l’Académie Julian et expose pour la première fois en 1911 au Salon d’Automne. Il participe aussi au Salon des Tuileries et des Indépendants, et figure dans différentes expositions collectives en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Il a reçu en 1921, le prix Blumenthal, le premier qui fut attribué à la peinture.

Ami d’Albert Gleizes, durant la Première Guerre Mondiale, il exécute de nombreux dessins et aquarelles proches parfois du cubisme, représentant avec émotion le spectacle quotidien de la vie sur le front.

André Fraye est surtout connu pour ses marines réalisées avec une grande acuité visuelle. Coloriste, vif et séduisant, s’attachant à faire vibrer les couleurs, il fut souvent comparé à Van Dongen, Bonnard ou Marquet, mais aussi au néo-réaliste Dunoyer de Ségonzac.

En 1929, André Fraye illustre « Les croix de bois » de Roland Dorgelès et en 1930, « L’équipage » de Joseph Kessel, « Trois hommes dans un bateau », « Le meilleur ami » de Boylesve, « Les filles de la pluie » d’André Savignon, « La Vénus d’Ille » de Mérimée.

Oeuvres dans les musées: Alger – Le Havre – Londres – Manchester – Paris, musée d’Art Moderne – Paris, musée de l’Armée.

FRAYE navires 31x40

André Fraye, Navires pavoisés, Saint-Malo, c.1940, aquarelle, 31cm x 40cm

Cette oeuvre fut exposée à la Galerie Charpentier en 1944, lors d’une exposition collective

autour des maîtres de l’aquarelle, « L’Aquarelle romantique et contemporaine ».

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres , Benezit, Ed Gründ, 1999

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