Victor Boner, un peintre de la Bretagne.

Victor Boner
Victor Boner (1871-1951), le pardon de Saint-Marc, Penmarc’h,
aquarelle gouachée, signée et située en bas et à droite, 35x42cm,
Vendu-Sold

Victor Boner est né le 21 décembre 1871 à Loudéac, il meurt à Rennes le 8 janvier 1951.

Membre de la société artistique et littéraire de Bretagne dès 1905 et membre de la société archéologique d’Ille et Vilaine, il expose dans de nombreuses manifestations régionales.

De 1915 à 1918, il est nommé professeur intérimaire à l’Ecole des beaux-arts de Rennes.
« Artiste reconnu, Victor Boner, exposait chaque année au salon de Rennes et dans différents salons parisiens. Au salon des Indépendants – salon des artistes français dont il est sociétaire – ses œuvres furent toujours remarquées. Cette notoriété lui permettait de vivre de son art. Son inspiration variée, témoigne d’un grand amour de la Bretagne dans sa diversité.
Au cours de ses nombreux voyages en Bretagne, ses randonnées cyclistes, le car-net de croquis toujours en poche, il découvre Belle-Île-en-Mer dont il est l’un des meilleurs interprètes, puis le Sud-Finistère avec ses magnifiques calvaires et chapelles.
Il a célébré l’arbre : ses bouquets rachitiques essaimés sur la dune nous disent aussi sûrement qu’un long discours, la violence des tempêtes. »

De 1927 à 1932, Victor Boner expose des paysages de Bretagne et des scène folkloriques, à Paris au Salon des Artistes Indépendants. Il est admis en 1934, au Salon des artistes français. Parallèlement à ses aquarelles représentant des scènes de pardons bretons, des groupes de chaumières, des marines, Victor Boner exécute diverses peintures murales notamment dans les églises d’Etrelles, Cossé-le-Vivien, Saint-Caradec et Le Quillio.

Bibliographie:

  • Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome II, p.516
  • « Victor Boner, artiste peintre, sa vie, son oeuvre« , par François Cojean, Université de Rennes, 2019
  • La Muse bretonne, Catalogue d’exposition, Musée des beaux-arts de Rennes, 2000
Share

Fernand Legout-Gérard, le peintre de Concarneau.

Fernand Legout-Gérard (Saint-Lô 1856 – Paris 1924), l’attente au port,
pastel, signé en bas et à droite, 39x59cm, Vendu-Sold

Fernand Legout-Gérard (ou Le Gout-Gérard)a passé toute sa jeunesse dans la région de la Manche. Il découvre Concarneau vers 1889, qui deviendra son port d’attache et son sujet favori. Il est nommé peintre officiel de la Marine en 1900.

Rarissime oeuvre représentant le pays bigouden. On voit sur la barque, certes des femmes en costume que l’on croise au marché de Concarneau, mais aussi des femmes du pays bigouden en costume. Le bac reliait la ville de Bénodet à Sainte-Marine, dont on aperçoit la chapelle au fond de la composition.

La maison du peintre devient un lieu de rendez-vous des « peintres de Concarneau », avec notamment Alfred Guillou, Théophile Deyrolle et Achille Granchi-Taylor.
Il peint des scènes typiques, des marchés, des foires, les retours de pêche… Souvent le calepin à la main, il prenait en un seul croquis, l’attitude d’un personnage, un costume, le tout avec une exactitude qui lui est propre.
Fernand Legout-Gérard a beaucoup représenté la Bretagne. C’est un peintre mais aussi un aquarelliste et un dessinateur. Dès 1902, il est qualifié par un critique de « peintre par excellence des marchés et des ports de la Bretagne ». Et Auguste Dupouy le surnommera en 1923 « le Claude Lorrain de notre Cornouaille maritime ».

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome III, p.290
Fernand Le Gout-Gérard , 1854-1924, J.M. Michaud, catalogue d’exposition, Musée du Faouët, 2010

Share

Alfred Marzin, goémoniers à marée basse.

Alfred Marzin
Alfred Marzin, goémoniers à marée basse,
huile sur carton, circa 1930, signée en bas et à droite, 27 x 35cm
Vendu-Sold

Alfred Marzin (Saint-Yrieix 1880 – Nantes 1943) a presque exclusivement consacrée son oeuvre à la Bretagne: vue de ports et de petites villes, bord de mer et côtes rocheuses, scènes de la vie quotidienne des paysans et des pêcheurs bretons.

Petit maître de la peinture bretonne, l’oeuvre de l’artiste est empreinte d’une grande délicatesse aux tons chauds. Dans cette huile, le peintre de la Bretagne a su restituer l’atmosphère incomparable de la récolte du goémon sur les grandes plages du Sud-Finistère, dans des tonalités contrastées et d’une grande richesse de composition. L’artiste a souvent été inspiré par les voiles et les mâts, battus par les embruns, les coques des bateaux, l’Océan, tout ce qui fait la beauté sans égale de la Bretagne maritime. Il séjourna plusieurs fois en vacances estivales à Douarnenez, plus particulièrement à Tréboul, avant d’opter pour le village de Sainte-Marine.

Artiste complet, Alfred Marzin a pratiqué la gravure sur bois de magnifique manière, notamment dans une série de planches représentant des scènes de ramasseurs de goémons aux pieds de la chapelle de Notre-Dame de la Joie à Penmarc’h, Finistère.

Au début des années 1930, en tant qu’employé des Chemins de Fer de Paris-Orléans, Marzin se vit confier l’illustration de petits guides publicitaires, brochures touristiques sur la Côte Sud de Bretagne, le Sud Finistère et le Morbihan.

Bibliographie:

–  Alfred Marzin – peintre, graveur, illustrateur, par Annick et Jean Pierre Marrec, Ed. Siotem, 2013
Les peintres du Faouët, 1845-1945 – Michaud et Le Meste – Ed Palantines, 2003
Peintres des côtes de Bretagne, L.Kerlo et J.Duroc, Ed Chasse Marée, Tome III, 2004

Share

Lionel Floch, le grand artiste du Cap-Sizun!

Floch
Lionel Floch (1895-1972), « entrée du port d’Audierne » , 1927
huile sur toile, signée et datée en bas et à droite, 65x92cm
Collection S.V.Brugal

Lionel Floch (1895-1972) continue une carrière, en parallèle de son art, de receveur et revient en 1923 à Pont-Croix. Dans cette bourgade s’est constitué un foyer d’artistes très actifs, formant l’école de Pont-Croix réunissant des peintres de nationalités différentes (américains, belges…) et mais aussi Gaston Bouillon, Jean Deyrolle, Saint-Pol Roux, Jean Moulin (graveur à ses moments et préfet de Châteaulin), et son ami Max Jacob.

Ce dernier écrira en 1935 dans une lettre adressée à Pierre Colle (peintre installé à Douarnenez): « Ils (les Quimpérois) n’achètent que du Floch…la seule peinture qui se vende. »

Parcourant le Cap-Sizun et le Pays Bigouden, Lionel Floch multiplie les portraits véristes, les représentations des travailleurs de la mer, des scènes animées. Le succès est au rendez-vous dès les années 1920, avec des achats de l’Etat et des commandes de décors peints.

Comme bon nombre d’autres grands artistes de l’époque, Lionel Floch multiplie les portraits véristes, les représentations des travailleurs de la mer, des scènes animées. Le succès est au rendez-vous dès les années 1920, avec des achats de l’Etat et des commandes de décors peints.

Comme bon nombre d’autres grands artistes de l’époque, Lionel Floch aborde plusieurs techniques: dessins, gravures sur bois et eaux-fortes, et tente l’expérience céramique à la faïencerie Henriot de Quimper.

Aux peintures du début caractérisées par des couleurs plutôt foncées, des nuances sourdes avec des effets de matière, vont succéder dans les années 1930, des peintures à la palette élargit et éclaircit, laissant une large part aux vrais contrastes: les ombres sont de lumineuses traînées mauves, les ciels d’été des dégradés subtils de gris et de bleus.

C’est en 1949, avec sa mutation à Grasse, que le style de l’artiste va évoluer vers le courant pictural qui se manifeste à cette époque là en France: l’abstraction. Retrouvant aussi la compagnie de Jean Deyrolle, qui l’initie à ce mouvement pictural, il tend vers une abstraction géométrique qu’il développe de manière libre et colorée.


Share

Mathurin Méheut et son travail d’ethnographe!

Méheut en Pays Bigouden
Mathurin Méheut (1882-1958), « Bigoudènes aux patates » ou « L’arrachage des pommes de terre« , gravure sur bois, signée au crayon en bas et à droite, intitulée en bas et à gauche, 31,5x39cm
Vendu-Sold

Parmi les artistes bretons de cette première partie du XXe siècle, Mathurin Méheut est certainement le plus prolifique, le plus polyvalent et le plus populaire.

L’été, Mathurin Méheut ne se lasse pas de parcourir tout le Finistère, de Pont-l’Abbé à Roscoff, du Folgoët au Faouët. C’est à Roscoff que tout à commencé ; il y séjourne de 1910 à 1912, en mission d’étude au laboratoire maritime de la station de biologie. Les dessins qu’il accumule sur la faune et la flore de la Manche lui permettront d’illustrer un livre en deux tomes en 1913, Etude de la Mer, faune et flore de la Manche et de l’Océan. Il y puisera une grande partie de son inspiration, aussi bien pour la gravure, la peinture, la sculpture, l’illustration, le décor…

A Roscoff, il découvre aussi la Bretagne profonde, celle des paysans, des goémoniers et des marins. Au-délà de la nature, c’est le travail des hommes et des femmes qui va orienter toute sa carrière. Après la guerre, un long séjour à Penmarc’h le plonge dans l’originalité bigoudène, qu’il tente d’exprimer, entre autres, dans une belle série de gravures réalisées entre 1919 et 1920.

Entre 1910 et 1926, Mathurin Méheut développe un véritable talent pour la gravure sur bois et sur linoléum. De remarquables estampes font écho aux dessins et peintures très colorées de l’artiste soulignant les qualités graphiques de chaque procédé. Son travail de graveur nous fait découvrir certains thèmes de prédilection comme les scènes de la vie quotidienne bretonne ou les animaux, avec des compositions s’inspirant de la vogue japonisante.

Cette belle et rare gravure sur bois de Mathurin Méheut, circa 1919-1920, nous montre le travail des champs et plus particulièrement la récolte des pommes de terre. De retour de la première guerre mondiale, c’est en 1919 que l’artiste séjourne en Pays Bigouden, à Saint-Guénolé et Penmarc’h, où il réalise une très belle et recherchée série de gravures sur bois. Cette planche s’intitule « Bigoudènes aux patates » ou « l’arrachage des pommes de terre ».
Dans l’ouvrage « Mathurin Méheut, impressions gravées » (Le Stum, Delouche, Caudron), la « suite bigoudène » est évoquée en ces termes par Philippe Le Stum : « En taille d’épargne, l’entreprise la plus réussie de Méheut ressort de l’esthétique du noir et blanc, fondée sur l’opposition franche de l’encre et du papier. Après sa démobilisation, Méheut séjourna de l’été 1919 à l’automne 1920 à Saint-Guénolé-Penmarch, dans une maison louée à l’écrivain Auguste Dupouy. Observant en artiste ethnographique les populations côtières et paysannes du Cap Caval en Pays bigouden, il leur consacra huit grandes planches dont la gravure s’acheva en 1920. Passant très vite à une autre tâche, il ne prit le temps que d’en effectuer quelques tirages, suffisants pour que son incursion dans la gravure en noir fût remarquée lors de son exposition au pavillon de Marsan au printemps 1921 : l’État se porta acquéreur de plusieurs d’entre elles, ainsi que de dessins préparatoires. »

Share