Mathurin Méheut, peintre de la Mer.

Mathurin Méheut (Lamballe 1882 – 1958) s’est spécialisé dans la représentation de la vie laborieuse, notamment des marins, mais fut un grand peintre de la flore et de la faune de Bretagne.

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Mathurin Méheut, chaloupes sardinières, Concarneau, caséine sur toile, 115cm x 120cm

Il s’agit dans cette oeuvre d’une représentation des marins pêcheurs dans leur quotidien, de ces barques sardinières du début du vingtième siècle qui peuplaient les côtes du Sud Finistère. Ici, devant les puissants remparts de la Ville Close de Concarneau, les hommes sont de retour de pêche. Les uns s’affairent autour des filets bleus caractéristiques de cette période; en effet, les filets de pêche étaient teintés par le bleu de la tannée afin d’être moins visibles dans l’eau. Au centre de la composition, un pêcheur prépare dans la barque la fameuse « cotriade », soupe du marin préparée directement sur le bateau avec le produit de la pêche du jour. A droite de l’oeuvre, un marin fait avancer la barque à la godille, cet aviron à la fois propulsif et directionnel placé à l’arrière d’un bateau.

Mathurin Méheut a tout vu, tout noté, les gestes des pêcheurs, le poids des barques. Animé d’un profond respect pour ce qu’il voit, Mathurin Méheut sait aller au-delà du documentaire pour faire une oeuvre aboutie. Les pêcheurs sont solidement campés dans leur embarcation, et l’artiste a su donner une savante définition du groupe dans l’espace.

Mathurin Méheut a très vite adopté l’huile à la caséine pour la production notamment de grandes compositions. En effet, de part ses recherches décoratives, c’est tout naturellement que Mathurin Méheut s’est tourné vers l’utilisation d’enduits à la caséine qui conviennent mieux à la matière de l’huile mate. Voulant retrouver cette matité chère aux impressionnistes, Mathurin Méheut utilise ici dans cette composition cette technique, qui oblige l’artiste à peindre plus clair et dans une gamme plus vive.

Mathurin Méheut ancre dans son oeuvre les thématiques qu’il répètera à l’infini: les hommes au travail ou dans leur environnement, la mer, la nature, la Bretagne… Il apparaît donc comme le peintre des réalités quotidiennes. Cette composition en est la preuve formelle.

On retrouve tout ce qui caractérise l’oeuvre de Mathurin Méheut, à savoir le traitement particulier des couleurs, jouant parfois sur la monochromie comme sur la polychromie. L’unité plastique de l’oeuvre présentée repose sur la bichromie choisie: une gamme froide de gris-bleu, une gamme chaude d’ocres et de bruns, qu’il utilise fréquemment dans ses compositions aussi bien à la gouache qu’à la caséine.

On peut louer dans cette oeuvre la schématisation des silhouettes, le jeu des proportions et des masses, ainsi que l’effet de puissance qui en résulte: ceci est caractéristique du travail de Mathurin Méheut, spécifiquement dans ses grands formats. Il joue sur l’effet d’éloignements ou de rapprochements successifs, entre le premier plan des barques et l’arrière plan des murailles de la Ville Close de Concarneau.

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Grûnd, 1999, Tome IX, p.441
Mathurin Méheut, Ed Chasse Marée, 2001
Dictionnaire des peintres français de la mer et de la marine, JN.Marchand, 1997

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Bachelet, grand sculpteur et céramiste breton!

Emile Just Bachelet sculpteur breton
Vendu-Sold

Emile-Just Bachelet, suivant les conseils de son ami Mathurin Méheut, rentre en contact avec la faïencerie Henriot à Quimper dès 1924, avec laquelle il va collaborer jusqu’au début des années 1930.

Il nous présente ici, Jeune breton (ou gars de Quimper), de 1925, en faïence blanche où le rose de la terre de l’Odet transparaît sur chaque arrête vive du personnage.

La sculpture est signée sur la base des initiales « EJB », Henriot Quimper, h.36cm

Le sculpteur Emile-Just Bachelet (Nancy 1892 – Aix-en-Provence 1981) envoie un premier plâtre à la faïencerie Henriot. Nous sommes en 1924, il s’agit de la Piéta. La même année, il propose aussi une Bigoudène portant un enfant, puis un Marin et une Bigoudène au porc. Les modèles, initialement réalisés en blanc, sont progressivement coloriés sur les conseils de Méheut. Il va réaliser d’autres modéles pour Henriot dès 1925, et au total ce seront 12 faïences éditées par Henriot et qui seront exposées du 9 au 20 décembre 1925, à la galerie Mosser de Nancy. Bachelet va collaborer également aux faïenceries de Lunéville, celle de Mougin à Nancy, celle de Saint-Clément, mais aussi à la Manufacture de Sèvres entre 1931 et 1936.

Il a étudié à l’École des beaux-arts de Nancy où il fut l’élève de Jules Larcher pour le dessin et d’Ernest Bussière pour la sculpture. Il étudia ensuite à l’École nationale supérieure des beaux-arts à Paris. Il y rencontre Georges Roty qui lui ouvrira les portes de la bourgeoisie parisienne. Il exposera régulièrement des sculptures au Salon d’Automne et à la Société Nationale des Beaux-Arts.

Bibliographie:
Dictionnaire des Peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome I, p.604-605
Mes plus beaux Quimper, catalogue de l’exposition de 1999, musée de la faïence de Quimper
Encyclopédie des Céramiques de Quimper, Ed. de la Reinette, Verlingue-Théallet

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Mathurin Méheut, le grand illustrateur des classiques!

Mathurin Méheut Raboliot
Mathurin Méheut, menu du 5 avril 1926,
gouache sur papier,
signée du monogramme en haut et à droite,
dédicacée en bas et à droite, 31cm x 21cm
Vendu-Sold

Mathurin Méheut fut un artiste aux multiples facettes, et voici une fois de plus un bel exemple de ses qualités artistiques où le moindre thème devient objet d’art.

Cette illustration a été faite et dédicacée à Mme Balichon, grand-mère de Maurice Genevoix, qui habitait sur les bords de l’étang des Clouzioux. Mathurin Méheut en remerciement de l’accueil reçu, a exécuté cette illustration sous la forme d’un menu, probablement celui autour duquel il a fait connaissance de la famille maternelle de Maurice Genevoix.

Mathurin Méheut fait référence dans cette oeuvre à l’étang de Clouzioux, qui se trouve sur la commune de Brinon-sur-Sauldre, en Sologne.

C’est en 1926 que l’artiste séjourne en Sologne, afin de s’imprégner des paysages, car on lui a passé commande l’illustration du Prix Goncourt 1925, à savoir, « Raboliot » de Maurice Genevoix, où l’écrivain évoque et exalte la vie libre d’un braconnier de Sologne. L’édition du livre de Maurice Genevoix illustré par Mathurin Méheut se fera par le Cercle Parisien du Livre en 1927, où les illustrations de Mathurin Méheut seront gravées sur bois par Georges Beltrand (tirage à 132 exemplaires numérotés).

L’illustration d’ouvrages. Le premier est paru en 1923, c’est Le gardien du feu d’Anatole Le Braz. En fait les dessins seuls sont l’œuvre de Méheut, c’est Louis Joseph Soulas qui les a gravés. En 1925, le même duo, chez l’éditeur Mornay,  illustre La Brière, le célèbre roman d’Alphonse de Châteaubriant qui connut le plus fort tirage de l’entre-deux guerres. On y sent le plaisir ressenti par Méheut pour représenter ce terroir marécageux avec ses tourbières, sa flore, sa faune et les durs travaux  de ses habitants. Une édition rare, elle fut tirée à 1.100 exemplaires, qui est toujours recherchée par les bibliophiles. Une autre région attendra Méheut : la Sologne pour l’illustration de Raboliot de Maurice Genevoix en 1927, où il confie les interprétations en bois gravés à Georges Beltrand. Mathurin Méheut illustrera aussi de multiples ouvrages de dessins non gravés comme Mon frère Yves de Pierre Loti ou Les Croix de bois de Roland Dorgelès et des romans de Colette.

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome IX, p.441
Mathurin Méheut, Ed Chasse Marée, 2001
Dictionnaire des peintres français de la mer et de la marine, JN.Marchand, 1997

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Bretagne et Peinture, nouvel itinéraire à Lamballe.

Nouvel itinéraire sur le thème « Bretagne et Peinture », avec une halte à Lamballe, le pays d’origine du grand artiste Mathurin Méheut,

Situé au coeur de Lamballe dans les Côtes-d’Armor, le musée Mathurin Méheut est consacré à cet artiste touche à tout : peintre, décorateur, illustrateur, céramiste et sculpteur. Installée dans une ancienne maison à pans de bois, cette collection d’oeuvres de l’artiste Lamballais provient d’une donation de 10 000 dessins, faite par les descendants de Mathurin Méheut en 1972 (donation remise en question par certains descendants de l’artiste quelques années plus tard).

Ce numéro d’Itinéraires Bretagne est aussi l’occasion d’une belle rencontre avec Louis-Marie Faudacq, peintre contemporain de Mathurin Méheut. Douanier, il a arpenté les plages du Goélo et du Trégor avec ses carnets de croquis.

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