Jean PUY, un fauve!

Jean Puy, les deux soeurs, huile sur toile,
signée en bas et à droite, datée 1905, 50 x 61 cm,

Jean Puy est un peintre indépendant ; depuis ses débuts, il suit sa propre voie sans se laisser influencer et se préoccuper par les inquiétudes intellectuelles de ses amis.
Impressionniste un moment, pointilliste un instant, il devient fauve quelque temps sans débordement c’est à dire sans accéder à la déformation qu’il considère comme un excès chez ses amis.
La voie que cet indépendant fixe comme devant être sienne est déterminée par un amour intense de la vie, de la réalité et de la nature.
Fidèle à la nature, sans s’y soumettre, Jean Puy ne veut s’en éloigner et la rend le plus complètement possible dans toutes ses variations. C’est à travers une nature transformée par l’idée et la sensation que Jean Puy transmet l’émotion humaine à travers le concret et le réel. Mu par un fil directeur préexistant avant la première guerre mondiale, il glisse doucement vers une peinture intimiste orchestrée dans une symphonie de rose particulier à Jean Puy.

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Henri Rivière, un japonisme éclairé!

Rarissime gravure sur bois d’Henri Rivière. Planche n°1 de la série « Paysages bretons », datant de 1890; gravure sur bois en couleurs; 8 matrices bois; série tirée à 20 exemplaires. Représente Lancieux, Saint-Briac. 22,1x34cm

De 1885 à 1895, Henri Rivière (1864-1951) séjourne tous les étés à Saint-Briac-sur-Mer, tout en parcourant d’autres lieux en Bretagne, toujours fasciné par la mer. Il fait construire une maison à Loguivy-de-la-Mer (Ploubazlanec, à l’embouchure du Trieux), et c’est là que se passent désormais les étés jusqu’en 1913.

En 1917, Henri Rivière cesse de s’exprimer par l’estampe, et il utilise l’aquarelle, déjà un peu pratiquée depuis 1890 (il a laissé 1000 aquarelles). Il voyage beaucoup, passe la Seconde Guerre mondiale à Buis-les-Baronnies où son épouse décède en 1943, devient aveugle en 1944, et dicte ses mémoires, publiés en 2004 sous le titre Les Détours du chemin.

Henri Rivière a commencé par l’eau-forte, découverte en 1882. En 1889 il redécouvre de manière empirique la gravure sur bois à la méthode japonaise, devenant l’un des piliers du japonisme européen : sa première planche étant le chantier de la Tour Eiffel. En 1891, les Trente six vues de la Tour Eiffel sont des lithographies. Parmi les bois gravés célèbres : Paysages bretons, La Mer : études de vagues (forte influence japonisante, allusions à Hokusai, Hiroshige). La lithographie lui a permis d’augmenter les formats, par exemple pour une collection destinée aux enfants chez Larousse, Aspects de la nature, puis Beaux pays de Bretagne, Paysages parisiens et surtout son chef d’oeuvre Féerie des heures.

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999,
– Valérie Sueur-Hermel (dir.), Henri Rivière, entre impressionnisme et japonisme, éditions de la BnF, 2009

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André Wilder, celui qui aimait la mer.

 

André Wilder, Camaret, huile sur toile, c.1905, signée en bas et à gauche, 46x55cm

 

André Wilder (Paris 1871 – 1965), fils du musicologue Victor Wilder, suit les cours de l’école des arts décoratifs dans l’atelier de Léon Gérome. En 1892, il rencontre le peintre Marius Michel dont il est très proche.
En 1895, à Trébeurden, il se lie avec le peintre Maxime Maufra. C’est lui qui lui fera découvrir la Bretagne au cours des trois semaines qu’ils y passeront cette année-là. Attaché à l’impressionnisme, il peint dans la manière de Sisley et surtout de Maxime Maufra.

La Bretagne fut pour lui une grande source d’inspiration. André Wilder peignit sur les pas de Claude Monet à Belle Ile, se rendit à Saint-Briac, le Golfe du Morbihan, Pontivy, Carnac, Quiberon. Il s’arrêta aussi à Camaret, Saint-Malo.

Sa première grande exposition individuelle a lieu en 1904 à la galerie Bernheim. Le catalogue est préfacé par  Octave Mirbeau. Il expose à nouveau chez Berheim en 1909 et les années suivantes à la galerie Charpentier, chez Montauti à Nice, puis à Rotterdam, Londres, New York, Bruxelles, Zürich, Barcelone, San Francisco, Riga ou Tokyo.

Oeuvres présentent dans les musées:
Musée du Luxembourg – Musée de Cincinnati – Hôtel de ville de Constantine – Consulat de France à New York – Préfecture de la Loire infèrieure – Ministère des Affaires étrangères – Ministère de l’intérieur – Musée de la batellerie.

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Benezit, Ed Grund

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Henri Delavallée, précurseur à Pont-Aven.

Henri Delavallée (Reims 1862 – Pont-Aven 1943) est un des premiers peintres à s’installer à Pont-Aven dès 1881. Il s’inscrit à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts et fut l’élève des plus célèbres peintres de l’époque : Carolus Durand, Henri Lehmann, Luc-Olivier Merson, Hébert.

Henri Delavallée était un ami de Georges Seurat, duquel il apprit les techniques du pointillisme. Il fréquentait Camille Pissarro. Paul Cézanne admirait ses peintures et ses paysages  » mangés de soleil « .
Il travaille en compagnie de Paul Signac. De rares oeuvres des années 1887-1891 témoignent de sa parfaite maîtrise. II fréquente aussi à cette époque Emile Jourdan et Armand Seguin. Henri Delavallée rencontre ainsi Paul Gauguin lors du premier passage de ce dernier à Pont Aven en 1886.
Il excelle dans la peinture à l’huile, mais reste un des meilleurs pastellistes du groupe. Il traite ce dernier médium comme la peinture à l’huile, utilisant des contrastes colorés et la touche pointilliste qui le caractérise pour composer ses paysages de Pont Aven.

Henri Delavallée, hameau près de Pont-Aven,  pastel sur papier,

signé et daté 1891, 52cm x 66cm

Cette oeuvre est à rapprocher de celle conservée au Museum of Art d’Indianapolis, « Le chemin au soleil ».

Bibliographie:
-Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ
-L’impressionnisme dans l’école de Pont-Aven, Le Paul, Ed Bibliothèque des Arts

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Achille Laugé, la lumière!

Achille Laugé (Arzens 1861 – Cailhau 1944) suit les cours de l’école des Beaux-Arts de Toulouse, où il fit la connaissance d’Antoine Bourdelle; puis l’école des Beaux-Arts de Paris, dans l’atelier de Cabanel, où il fait la connaissance d’Aristide Maillol.
Il participe dès 1894 au Salon des Indépendants, et participe la même année à une exposition de peintures de Bonnard, Maurice Denis, Sérusier, Roussel, Vuillard… àToulouse. De nombreuses expositions personnelles à Paris se succèdent à partir de 1907.

Achille Laugé a adopté la touche divisionniste des néo-impressionnistes, qu’il appliqua avec plus ou moins de rigueur, tout au long de sa carrière. Il peint dans l’Aude, à Cailhau, à Alet, puis à Collioure à partir de 1926.

Il est représenté à l’exposition de 1968 consacrée au néo-impressionnisme au musée Guggenheim de New York. Plusieurs expositions rétrospectives eurent lieu en 1958 au musée de Limoux, 1961 à Toulouse, 1966 à Londres, 1967 à New York, 1969 à Paris.

Ses oeuvres sont présentes dans les musées: Carcassonne – Limoux – Montauban – Montpellier – Morlaix – Paris (musée national d’art moderne) – Perpignan – Toulouse.

 LAUGE 49x74

Achille Laugé, la route aux genêts, huile sur toile, signée, 49cm x 74cm

Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome VIII, p.322
Achille Laugé, le point, la ligne, la lumière, Catalogue d’exposition, Musée des Beaux-Arts de Carcassonne, musée Petiet de Limoux, musée de la Chartreuse de Douai, 2010

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