Hirschfeld, un peintre russe en Bretagne!

Hirschfeld
Emil-Benediktoff Hirschfeld (1877-1922), soleil couchant, c.1900
huile sur toile, signée en bas et à gauche, 54 x 72cm
Vendu-Sold

Emil-Benediktoff Hirschfeld est né à Odessa en 1877. Il vint à Paris où il fréquenta l’atelier de William Bougereau et ceux de Tony Robert-Fleury et Jules Lefebvre, à l’académie Julian.

En 1891, Hirschfeld se rend à Concarneau, port de pêche finistérien déjà fréquenté par les peintres: « Ce qu’est Capri en Italie, Newlyn en Cornouailles, Concarneau l’est en Bretagne », écrivait en 1904 un chroniqueur de The Studio, qui présentait la petite colonie d’artistes. L’artiste y trouva un havre dans lequel il s’établit définitivement.

Après 1900, son choix se porte sur les études atmosphériques et luministes du port et de la mer, observés depuis le bassin et le quai de Concarneau. Dès 1905, les sujets d’Hirschfeld furent la mer, le port, la flottille des barques, les noirs sardiniers aux voiles brunes et aux filets bleus, les beaux thoniers multicolores, y apportant « une bonne odeur d’algues, de goudron et de grève » indiquait Gustave Kahn (extrait de la préface du catalogue d’exposition à la galerie Vivien à Paris, du 22 avril au 7 mai 1914).

Plus que le plein soleil, Hirschfeld montre une prédilection pour la tombée du jour, ses effets de contre-jour sur les silhouettes des bateaux et de reflet doré sur la crête des vagues.

Au début de son installation à Concarneau, Hirschfeld vécut chez l’habitant, prenant pension à l’Hôtel de France où se côtoyaient les peintres et où avait élu domicile l’Américain Charles Fromuth. L’artiste se lia plus spécialement aux deux « piliers » du groupe pictural concarnois, Théophile Deyrolle (1844-1923) et Alfred Guillou (1844-1926).

Vers 1904 arrivait dans cette petite colonie la Viennoise Emmy Leuze (Vienne 1884 – Concarneau 1976), que l’artiste Hirschfled épouse en 1905. Ils vécurent dans un pavillon qu’ils firent construire, à Ker Loar, à l’angle de la rue du Docteur Calmette. Dans le cimetière de Concarneau, une haute croix orthodoxe signale la tombe des deux artistes.

Bibliographie:

  • Peintres Russes en Bretagne, catalogue d’exposition Musée départemental breton, Quimper, 2006
  • Les Peintres réalistes russes en France (1860-1950), T. Mojenok, Paris, La Sorbonne, 2003
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Théophile Deyrolle, un académique à Concarneau.

Théophile Deyrolle, jeune bretonne à la cruche, c.1900
huile sur panneau, signée en bas et à droite, 36,5 x 23,5cm
Vendu-Sold

Théophile Deyrolle (1844-1923) étudie l’architecture puis entre à l’École des beaux-arts de Paris dans l’atelier d’Alexandre Cabanel en 1867, suite à la recommandation de son ami Alfred Guillou (1844-1926), peintre originaire de Concarneau.

Théophile Deyrolle est devenu breton de coeur et concarnois d’adoption, en épousant Suzanne Guillou, la sœur de son ami Alfred Guillou. Avec ce dernier, il est considéré comme le fondateur de l’École de Concarneau.

Attiré par la vie du port et les métiers de la mer, il devient mareyeur, s’occupant avec son épouse de la maison de commerce Deyrolle-Guillou; il n’est « artiste-peintre » que l’après-midi. L’activité de Théophile Deyrolle devient débordante: il a quelques élèves un plus de ses occupations professionnelles et artistiques; il fait construire en 1904 l’Atlantic Hôtel, en assure la gérance, et réalise même des toiles décoratives pour la salle à manger; il est encore affichiste, céramiste pour la faïencerie de la Grande Maison HB de Quimper, et conservateur du domaine de Keriolet où il est crée un département de costumes bretons.

Ses sujets picturaux favoris tournent autour de la vie portuaire. Il réalise des panneaux décoratifs pour divers hôtels de la région, le manoir de Kérazan et le hall du musée des Beaux-Arts de Quimper, des portraits, de nombreux paysages, des scènes pastorales.

Bibliographie:

-Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999

-La Route des peintres en Cornouaille, 1998, Quimper

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Charles Fromuth, peintre américain, concarnois d’adoption!

charles fromuth
Charles Fromuth, les barques au port, 1899
dessin au pastel, signé en bas et à droite, monogrammé et daté « July 25-99 »
en bas et à gauche, 43x31cm.
Disponible-Available

Charles Fromuth (1866-1937) est décrit comme l’un des artistes les plus attachés à la vie du port de Concarneau. Formé à l’Ecole des Beaux-Arts de Philadelphie, il arrive à Concarneau en 1890 et ne quittera jamais la ville.

Installé à l’Hôtel de France et travaillant dans son atelier, avenue Lay, il passera 47 ans à étudier le port, les côtes environnantes et à dessiner avec ferveur, la dynamique des bateaux, le mouvement de la mer et des nuages, la lumière du ciel, cherchant à saisir « l’humanité atmosphérique » qui lui était si chère.

A partir de 1895, suite au succès de ses dessins, il abandonne l’huile pour se consacrer au pastel et fusain affirmant alors: « je considère mes pastels comme de véritables ôdes au climat breton« . En 1900, il découvre Hokusaï et l’art japonais qui marqueront définitivement son oeuvre. Il exposera en Europe jusqu’en 1910 et recevra plusieurs médailles et titres honorifiques.

Cet artiste de talent sera exposé en 1989 par le musée de Pont-Aven et en 2004 par le musée de la pêche de Concarneau. Certains de ses travaux ont aujourd’hui trouvé place dans les collections publiques nationales et internationales. Charles Fromuth restera à Concarneau jusqu’à sa mort en 937, laissant une oeuvre forte, résolument moderne frôlant parfois l’abstraction.

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Lucien Victor Delpy, Concarneau son port d’attache.

Lucien Victor Delpy
Lucien Victor Delpy, Quais animés à Concarneau, 1936
gouache contrecollée sur carton, signée, située et datée en bas et à droite, 48,5×63,5cm
Vendu-Sold

Lucien Victor Delpy (Paris 1898 – Lorient 1967)

Delpy est admis le 14 novembre 1914 à l’École nationale supérieure des beaux-arts dans les ateliers de Fernand Cormon, d’Émile Renard et de Jean-Pierre Laurens, puis il étudie auprès de Charles Fouqueray. Il installe son atelier à Montparnasse en 1923.

Il s’engage comme volontaire en 1917 jusqu’en octobre 1919 puis il revient à l’atelier Cormon.

Il découvre la Bretagne en 1924.

Lucien Victor Delpy est médaille d’argent et titulaire du prix Paul Liot au Salon des artistes français de 1927. Il reçoit le prix Dumoulin pour l’Algérie de la Société coloniale des artistes français en 1928, et est nommé peintre de la Marine en 1931, année où il reçoit également le grand prix de la Ville de Paris pour l’Afrique du Nord.

Il est envoyé en mission sur le front à Dunkerque en 1940, puis à Cherbourg. On le retrouve en mission avec l’Armée Rhin et Danube en 1945, année où il est nommé peintre aux armées.

Lucien Victor Delpy embarque en mission Toulon-Saigon en 1950. L’artiste sera également envoyé en mission comme peintre militaire en Algérie française en 1958 avec les fusiliers marins dans l’Oranais et à Nemours (aujourd’hui Ghazaouet).

Le peintre reçoit le prix des paysagistes français en 1946 et le prix Corot en 1947. Il est nommé chevalier de la Légion d’honneur en mars 1954.

Bibliographie:

Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999,

La Route des peintres en Cornouaille, 1998, Quimper

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Henri Guinier, témoin de l’activité du port de Concarneau.

Guinier peintre breton Bretagne
Henri Guinier, la flottille au port de Concarneau, pastel, 45x37cm,

Œuvre reproduite dans le catalogue « Des peintres entre Terre et Mer »,
exposition au musée du Faouët, 2019.
Vendu-Sold

Elève de Jules Lefebvre et de Benjamin Constant, Guinier emprunte beaucoup à ses maîtres et à Bastien-Lepage, pour indiquer et typer les personnages de ses scènes paysannes bretonnes. Il est diplômé de l’Ecole nationales des Arts et Métiers en 1886. Guinier participe au concours de Rome en 1893 et 1894, obtenant le second grand prix de Rome en 1896, à 29 ans. De plus, la médaille d’or au Salon de 1898 le place hors concours et, la même année, une bourse de voyage affirme sa maîtrise. Sa carrière est brillante et rapide

Ses tableaux allégoriques ou mythologiques (Psyché et l’Amour, Salon de 1897), certains de ses nus, prennent un ton plus évaporé qui trahit une tentation évidente pour le symbolisme. Il expose au Salon, de 1889 jusqu’à sa mort, des œuvres (toiles, pastels et aquarelles notamment) :

Il peignit essentiellement des scènes bretonnes, s’installant en 1904 à Concarneau, sous les conseils de Legout-Gérard. Mais aussi, Henri Guinier a exécuté de nombreux portraits ; plusieurs de ses œuvres ont été acquises par l’État et figurent dans des collections des musées français et étrangers (Poitiers, Dijon, Mulhouse, Lille, Amboise, Paris, Santiago du Chili).
Henri Guinier exécute aussi des paysages, des scènes marines souvent inspirées par la Bretagne dont il peint les costumes et les paysages, principalement la région de Concarneau et le Pays Bigouden, mais aussi au Faouët, à Vannes, à Paimpol et à l’île de Bréhat. L’artiste aborde avec succès tous types de sujets : l’allégorie, le nu, la scène de genre, le portrait, le paysage. Il séjourne en Italie, en Hollande, dans les Alpes et dans les Pyrénées

L’un de ses chef-d’œuvre, présenté à l’occasion du Salon de 1911, qui eut un grand succès, est une toile prestigieuse de 3,90 m x 2,80 m,  » Un Pardon en Finistère « , où l’on voit près de cinquante visages, d’une puissance d’expression, d’une vigueur et d’un coloris magnifiques. Elle fut acquise par la Société des anciens élèves. Et se trouve maintenant dans le grand escalier de l’hôtel d’Iéna.

Bibliographie:

Dictionnaires des Peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome VI, p.584

Henri Guinier, Jean-Marc Michaud, Ed Chasse Marée, 2008

Les peintres du Faouët, 1845-1945, J.M. Michaud et D. Le Meste, Ed. Palantines, 2003

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