Charles Cottet, la série des « petites femmes » du début du XXème siècle.

Charles Cottet, Trois grosses femmes nues, 1905
eau-forte, aquatinte et point-sèche, tirage en couleurs brun-orangé, noir et gris, signée et numérotée, 116x183mm. Morane 35
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Charles Cottet (1863 – 1925) reçut des conseils de Puvis de Chavannes et de Roll; il prit part aux expositions impressionnistes que Le Barc de Bouteville organisait dans sa boutique de la rue Le Peletier. Il exposa pour la première fois au Salon en 1889. Il était déjà établit en Bretagne depuis quelque temps et y avait trouvé la forme picturale qui devait établir sa réputation. Médaille d’or en 1900 à l’Exposition Universelle. Il participa à la fondation de la Société Nationale des Beaux-Arts, puis en 1900 à la Société Nouvelle.

Charles Cottet possède une technique très savante et ses qualités de coloriste en font un peintre de tout premier ordre. Son goût pour les tons plombés et les harmonies sombres le fit considérer comme le chef de file du groupe de ceux que l’on nommait “la bande noire” avec Xavier Prinet et André Dauchez. En réaction contre l’impressionnisme, ils se référaient volontiers à Courbet et prônaient une peinture à contenu moral. Il a laissé surtout des paysages de Bretagne, d’un sentiment dramatique et peints dans une pâte épaisse.

Cette oeuvre fait partie d’une série traitant du thème des « petites femmes », de la chanteuse de café-concert à la pensionnaire de maison close, repris par de nombreux artistes de Toulouse-Lautrec à Emile Bernard au début du XXème siècle. Cette série d’oeuvres a été présentée sous le titre « Etudes de mouvements féminins » au Salon des Peintres Graveurs Français de 1906.

Ses oeuvres sont présentes dans les musées: Alger – Anvers – Barcelone – Bordeaux – Bruxelles – Bucarest – Cincinnati – Dublin – Düsseldorf – Gand – Helsinki – Karlsruhe – Lille – Munich – Padoue – Paris (Musée d’Art Moderne , Petit Palais) – Philadelphie – Rome – Venise – Vienne…

Bibliographie:

Charles Cottet, catalogue raisonné de l’oeuvre gravé, par Daniel Morane, Bibliothèque d’Art et d’Archéologique Jacques Doucet et Musée de Pont-Aven, 2003

Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome III, p.953

La route des peintres en Cornouaille, 1850-1950, Quimper, 1999

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Henri Delavallée, un graveur de race!

Henri Delavallée, La Tour Eiffel la nuit,  1892
vernis mou et aquatinte, signée et numérotée, 288mm x 218mm. Morane 42.
Cette planche a été présentée à la 4ème Exposition des Peintres-Graveurs Français en avril 1892, à la Galerie Durand-Ruel.
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Henri Delavallée (Reims 1862 – Pont-Aven 1943) est un des premiers peintres à s’installer à Pont-Aven dès 1881. Il s’inscrit à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts et fut l’élève des plus célèbres peintres de l’époque : Carolus Durand, Henri Lehmann, Luc-Olivier Merson, Hébert.

Henri Delavallée était un ami de Georges Seurat, duquel il apprit les techniques du pointillisme. Il fréquentait Camille Pissarro. Paul Cézanne admirait ses peintures et ses paysages  » mangés de soleil « .
Il travaille en compagnie de Paul Signac. De rares oeuvres des années 1887-1891 témoignent de sa parfaite maîtrise. II fréquente aussi à cette époque Emile Jourdan et Armand Seguin. Henri Delavallée rencontre ainsi Paul Gauguin lors du premier passage de ce dernier à Pont Aven en 1886.
Il excelle dans la peinture à l’huile, mais reste un des meilleurs pastellistes du groupe. Il traite ce dernier médium comme la peinture à l’huile, utilisant des contrastes colorés et la touche pointilliste qui le caractérise pour composer ses paysages de Pont Aven.

Bibliographie:

L’oeuvre gravé d’Henri Delavallée, 1862-1943, par Daniel Morane, Musée de Pont-Aven, 1996.
-Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ
-L’impressionnisme dans l’école de Pont-Aven, Le Paul, Ed Bibliothèque des Arts

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Jean Poulain, peintre animalier africaniste.

Jean Poulain (1884-1967), le flamand rose, 1943
gouache et fusain, signée et datée, 83 x 59cm
Vendu-Sold

Jean Poulain est né en 1884 au Katanga (région de l’ancien Congo Belge) fils d’un ingénieur des mines sous le règne de Léopold II. Artiste autodidacte, dès son plus jeune âge, il sera à la quête de toutes les émotions et beauté d’Afrique. Son amour et sa passion pour le dessin sont incroyables. Au fil des années, le dessin devient pour lui une écriture que rien n’arrête.

En 1904, il décide de quitter son noyau familial pour croquer et découvrir les merveilles de l’Afrique. Il explorera ainsi tout le territoire du Congo qui est encore propriété du roi de Belgique Léopold II.

En 1912 il part à la découverte du continent africain. Il fera, alors, des allers-retours entre sa passion pour ces différents pays d’Afrique et son cocon familial au Katanga.

Durant ses périples, il rencontre sa future épouse, fille d’un exploitant minier (mines de cuivre). Il l’épouse en 1917. C’est alors, l’explosion de sa vie. Car grâce au soutien de son beau-père, toute l’Afrique s’ouvre à lui. Il deviendra un boulimique de l’observation, chaque coin et les recoins de ses petits voyages sur le continent africain sont croqués et esquissés.

A partir de 1920, Jean Poulain s’affirme comme peintre et surtout comme dessinateur animalier. Il part alors, avec son épouse à la recherche des grands animaux de la savane saisissant leurs attitudes les plus proches de la réalité. Ils parcourent ensemble de vastes pays et régions d’Afrique comme la Tanzanie, le Zimbabwe, le Botswana, l’Ethiopie, l’Afrique du Sud et bien d’autres contrées.

Au travers de ces voyages et grâce à sa curiosité et à son humanisme, il rencontrera des tribus ainsi que des clans secrets.Néanmoins, doté d’une grande humanité, il préfère taire ces lieux de ses sites visités, et ce, afin de les préserver de la civilisation.

Il en découle de tous ses voyages de multiple dessins et croquis dont il essaye de faire ressortir tout le monde animal et de surcroit l’univers tribal de l’Afrique.

Dans les années 1935/40, de retour de ses expéditions, il fait de nombreux dessins et croquis repris de ses carnets d’esquisses et de ses photographies. Il savoure ses souvenirs dans son atelier en y transcrivant son émotion sur la toile et le papier.

Assoiffé de curiosité, il produira durant toute sa vie quelques millier de dessins et croquis ainsi qu’une centaine de toiles.
C’est en 1967 qu’il décède ne laissant aucun héritier derrière lui, sauf le plaisir sur le regard de son oeuvre.

Suite au conflit, présent au Congo à cette époque pour l’indépendance du pays et suite au décès de son mari, son épouse rassemblera, une grosse partie de ses oeuvres et sera à son tour rapatriée sur le territoire Belge. Elle s’éteindra à son tour en 1973.

Pendant près de 30 ans, le talent et les oeuvres de Jean Poulain resteront dans l’oubli. Un petit-neveu en héritera sans jamais se rendre compte du talent de son aïeul.

Depuis le début des années 2000, le talent de Jean Poulain a été reconnu sur le marché de l’art, faisant de lui un artiste incontestablement qualifié et talentueux dans l’Art animalier et africaniste.

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Henri-Edmond Cross, un artiste multi-formes.

HenriEdmond Cross, cheval de trait
aquarelle, signée du cachet d’atelier en bas et à gauche, 14 x 11 cm
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Henri-Edmond Cross (Douai 20 mai 1856 – Lavandou 16 mai 1910)

Il expose au Salon des Artistes Français de 1881, sous son nom de famille H.E. Delacroix qu’il traduit aussitôt en anglais. Puis, Henri-Edmond Cross exposa au Salon des Artistes Indépendants dès 1884. Ses toiles et ses aquarelles sont admirées en 1894 à la Galerie rue Laffitte louée par les néo-impressionnistes, en 1896 au Salon de l’Art Nouveau, en 1899 à la Galerie Durand-Ruel. Les expositions à la Galerie Druet en 1905, puis chez Bernheim, sont considérées comme le triomphe de la couleur. Ses peintures exposées à Berlin en 1909, furent accueillies comme prémonitoires par les créateurs de l’expressionnisme.

A ses débuts, les œuvres de Cross sont consacrées à des portraits et à la description réaliste des jardins, d’une technique sombre découlant de l’enseignement de Carolus Duran et de Bonvin. C’est aussi le temps de la découverte du Midi, déjà sa palette a changé, sa technique est désormais plus libre. C’est la mutation, en 1891, où il expose aux Indépendants le portrait divisionniste de sa femme. C’est au moment où Seurat disparaissait que H.E. Cross vint au néo-impressionnisme. C’est dans le Var, au cours de ses recherches sur la lumière du levant et du couchant qu’il crée certaines de ses principales œuvres. Le fauvisme est là, pressenti, annoncé, comme en témoignera le Matisse de « Luxe, Calme et Volupté », encore redevable à la sensation néo-impressionniste, plus subjective, de Cross, avec lequel il est venu travailler en 1904 à Saint-Tropez. Le primat de la lumière, aboutissement logique des travaux de Seurat et de Signac, allait provoquer l’accélération de l’évolution de la peinture moderne.

Bibliographie:

Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome IV, p.117-118 –Dictionnaire Universel de la Peinture, vol.2, Le Robert, Paris, 1975

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Puvis de Chavannes, le décor du Panthéon à Paris.

Pierre Puvis de Chavannes,
étude pour le triptyque: Sainte Geneviève ravitaillant Paris assiégé.
Crayon et estompe, 233x400mm, timbre de l’artiste en bas et à droite.
Vendu – Sold

Pierre Puvis de Chavannes, né à Lyon le 14 décembre 1824 et mort à Paris le 24 octobre 1898, est un peintre français, considéré comme un précurseur du symbolisme et une figure majeure de la peinture française du XIXe siècle.

Pierre Puvis de Chavannes a été l’un des fondateurs de la nouvelle Société Nationale des Beaux-Arts en 1890.

Puvis de Chavannes réalise de grands décors muraux : au palais Longchamp à Marseille (1867-1869), à l’hôtel de ville de Poitiers (1870-1875), à l’hôtel de ville de Paris (1887-1894), à la bibliothèque publique de Boston (1881-1896). À ceux-ci s’ajoutent trois ensembles exceptionnels, celui du Panthéon de Paris, où il traite de la vie de Sainte Geneviève (1874-1878) et (1893-1898) ; le décor de l’escalier du musée des beaux-arts de Lyon (1884-1886) avec le Bois sacré cher aux Arts et aux Muses complété par Vision antique, Inspiration chrétienne et deux figures représentant le Rhône et la Saône ; et enfin le grand décor de l’amphithéâtre de la Sorbonne à Paris (1886-1889), qui développe le thème du Bois sacré. Chacun de ces décors donne lieu à des études, copies, répliques, cartons préparatoires qui popularisent l’œuvre de Puvis en particulier à l’étranger.

Ici, il s’agit d’une étude pour le triptyque « Sainte-Geneviève ravitaillant Paris assiégé », décor du Panthéon. En 1893, Philippe de Chennevières, directeur des Beaux-Arts confie à Puvis de Chavannes l’exécution du décor de Sainte-Geneviève au Panthéon, laissé en suspens à la suite du décès de Meissonnier. Très occupé dans les années 1894-1897 par les décors des escaliers de Paris et de Boston, Puvis ne s’attaque que tardivement à la commande du Panthéon. En 1897 les cartons sont achevés. L’inauguration des peintures aura lieu en novembre 1898, un mois après la mort de l’artiste. Il s’agit ici d’une toute première pensée pour le triptyque avec certains détails qui par la suite disparaîtront. Le panneau central et le plus élaboré avec, la Sainte bénissant le peuple depuis son bateau, tandis qu’un groupe de femmes l’acclame en levant les bras. Le panneau de droite représente un groupe d’hommes déchargeant les bateaux de ravitaillement. Le panneau de gauche, ébauché, présente une femme agenouillée, vue de profil, qui sera remplacée par deux hommes portant une jarre.

Cf. expositionn Puvis de Chavannes, Paris 1976-1977, Jacques Foucart (p.241).

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