Ecole de Pont Aven, découvertes!

Un bourg du Finistère, des maisons serrées autour d’une rivière, l’Aven, qui s’élargit en un estuaire. Tout près, des chapelles, des calvaires, et surtout le merveilleusement nommé Bois d’Amour.

La côte, la lande et les vallons, les coiffes des Bretonnes et les processions. Paul Gauguin découvre Pont-Aven un jour de juillet 1886. Au fil de ses rencontres avec d’autres peintres – Emile Bernard et Paul Sérusier, Meyer de Haan et Charles Filiger, Emile Jourdan et Henry Moret, Chamaillard, Slewinski, Willumsen – prend forme la grande aventure, amicale, esthétique, et capitale dans l’histoire de la peinture moderne.

Quittant en 1889 Pont-Aven pour le Pouldu, le groupe devient une école, quelque peu buissonnière, un tantinet frondeuse, exaltant la couleur, entre foins et goémons. (Pont-Aven, l’Ecole buissonnière, Antoine Terrasse, Découvertes Gallimard).

La leçon fut celle qu’il fallait peindre de mémoire, simplifier, faire du tableau un petit monde qui doit se suffire. Il s’agissait aussi d’exalter les couleurs, sans s’occuper trop du « ton local », du ton exact des spectacles observés. Il s’agissait enfin de simplifier les formes, dans un trait qui en accentuit le caractère.

Pour Maurice Denis: « …c’étaient des surfaces lourdement décoratives, puissamment coloriées et cernées d’un trait brutal, cloisonnées, car on parlait aussi à ce propos de cloisonnisme et de japonisme ».

Nous présentons ici deux très belles peintures, gouaches sur traits de crayon, parentes de cette fantastique école de Pont-Aven. Une vrai découverte, qui reste pour l’instant un mystère quant à leur auteur.

Ecole PtAven 02 19x11 Ecole PtAven 01 19x11

Paire de gouaches sur papier, non signées, 19cm x 11cm 

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Lucien Simon, Africaniste!

A l’Académie Julian, Lucien Simon (1861-1945) fut l’élève de Tony-Robert Fleury et de William Bouguereau. Il sera professeur à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris, ou il enseigna à Humblot, Henri Jannot, Yves Brayer, Renée Bernard et Georges Rohner.

Il participa de 1931 à 1934 aux expositions de la Royal Academy de Londres et exposa au Salon des Artistes Français de Paris

Lucien Simon s’installe en Bretagne, à Sainte-Marine en 1902, au sémaphore de Sainte-Marine et fait partie de la « Bande Noire ». Il fut le peintre du Pays Bigouden. Il a été également un remarquable portraitiste. Son dessin est vigoureux, sa palette très chaude et colorée.

Le premier contact de Lucien Simon avec le continent africain date de 1884, alors qu’il se rend en Algérie en compagnie de son demi-frère Eugène Simon qui effectue des recherches en tant que naturaliste, mais aussi en compagnie d’Etienne Dinet, le futur grand peintre orientaliste.

En 1908, invité en Algérie, Lucien Simon emmène son fils Paul Simon et ses amis René Ménard et René-Xavier Prinet.

En 1928, Lucien Simon est invité au Maroc afin de peindre le portrait du médecin du pacha de Marrakech. De nombreuse oeuvres de Rabat, Marrakech, Tanger, Fez ou d’Oran, témoignent de la fascination que ce pays a exercé sur le peintre.

En 1931, Lucien Simon traverse l’Atlantique pour se rendre en Argentine et au Brésil où il donne une série de conférences. Il va faire escale sur le continent africain et en particulier au Sénégal (Dakar), et la même année, Lucien Simon participe à l’Exposition Coloniale de Paris. Ce dessin fait partie des quelques pièces qu’il a pu exécuter lors de cette escale.

Lucien Simon,  »  foule à Dakar, Sénégal »,  c.1931, dessin, signé en bas et à gauche, 39cm x 37cm

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Bibliographie:
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome XII
Lucien SIMON, André Cariou, Ed Palantines, 2002
La route des peintres en Cornouaille, Quimper

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Pierre De Belay, artiste quimpérois.

Pierre De Belay est né à Quimper dans une famille d’artistes; il rejoint Max Jacob à Paris en 1905 où il rencontre Picasso au Bateau-Lavoir. Sa vie est ainsi partagée entre Paris où il fréquente l’avant-garde, et la Bretagne où il peint les scènes de port ou de marchés.
Entre 1920 et 1928, Pierre De Belay exposa au Salon d’Automne; entre 1926 et 1945, au Salon des Indépendants; entre 1927 et 1935, au Salon des Tuileries.
On peut diviser son oeuvre en plusieurs périodes qui parfois se recoupent. Dans ses oeuvres d’adolescence, il usait de passages et de clairs-obscurs dans la tradition romantique. Puis il se dirige vers une construction plus matérialiste dans des paysages bretons; puis suivent des scènes de cirque et des scènes de la vie du Paris des années trente. A partir de 1935, il réalise un grand nombre d’oeuvres, peintures et dessins, consacrées aux juges et aux avocats de tendance expressionniste. De Belay se situait alors proche de Soutine. Vers 1937, il changea radicalement sa manière: sans doute sous l’influence de la gravure qu’il pratiquait depuis 1926, il inventa une curieuse et originale manière de peindre à l’huile par touches entrecroisées qu’il appela le « treillisme ».

 DEBELAY Piriou 25x19

« Portrait de Piriou, Concarneau », 1923 – fusain et crayon – 25cm x 19cm

La légende veut que Piriou, dans ce portrait, porte un gilet breton ayant appartenu à Gauguin.

Léon-Honoré Piriou (1878-1961), dit Larôme, fut marin-pêcheur puis garçon-coiffeur, taxidermiste, menuisier et antiquaire. Il installe atelier et boutique dans la Ville-Close de Concarneau, où il présente vieux meubles, anciennes faïences, des oeuvres d’artistes, comme celles de Pierre De Belay et Edouard Doigneau, mais aussi ses propres peintures qui connaissent un réel succès local.

Bibliographie:

Pierre De Belay, André Cariou, Musée des Beaux-Arts de Quimper, 1988
Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, 1999, Tome II, p.33
La route des peintres en Cornouaille 1850-1950, Ed Group Touristique de Cornouaille, 1997 

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Jeanne Marie Barbey, une leçon du Synthétisme.

Jeanne Marie Barbey fut l’élève de Désiré-Lucas et d’Henri Royer. Elle a exposé à Paris au Salon des Artistes Français de 1901 à 1914, puis au Salon des Indépendants à partir de 1912, et au Salon des Tuileries en 1924-1925.

   « Les lavandières », huile sur toile, signée en bas et à droite, 46cm x 55cm

Elle fut la première femme à devenir membre du Comité de la Société des Artistes Indépendants en 1926, puis elle devint secrétaire-rapporteur et trésorière de 1943 à 1960. Son entrée au Comité est à l’origine de son amitié avec Paul Signac, fondateur des Indépendants.
Elle participe à l’exposition L’Arc-en-Ciel qui se déroule en 1918 à la Galerie du Luxembourg, groupe d’artistes franco-anglo-américain que Jeanne Marie Barbey co-préside avec Alice Whyte, autour des artistes Bourdelle, Madeline, Schuffencker, Sérusier, Maurice Denis, Signac et Lemordant. Elle organise en 1919 la 1ère Exposition des Peintres d’Armor à la Galerie Goupil. Elle exerce par ailleurs le métier de professeur de dessin des écoles primaires de la ville de Paris de 1907 à 1939. Peintre parisien, elle passe de longs séjours en Bretagne, à Gourin, où elle puise son inspiration et son répertoire.
Elle débute par des scène d’intérieur en clair obscur, digne élève en cela de Désiré-Lucas. Vers 1920, elle s’enhardit à peindre des figures dans le paysage, des scènes collectives en plein air. Ce sont des représentations des travaux des champs, les scènes de lavoir et de lavandières, l’animation des jours de marché et celle des pardons. Pour Jeanne Marie Barbey, l’expression individuelle importait peu, elle ignore les traits des visages, même lorsque les personnages sont présentées en vision rapprochée. Il est permis d’y voir une leçon du Synthétisme.

Bibliographie:
-Dictionnaire des peintres, Bénézit, Ed Gründ, Tome I, p.729
-Dictionnaire des Petits Maîtres de la peinture, G. Schurr, Ed Amateur, Tome I, p.80
-Jeanne Marie Barbey, Catalogue d’exposition, Musée du Faouët, 2005

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Cornélius, un primitif du XXème siècle

Jean-Georges Cornélius (Strasbourg 1880 – Ploubazlanec 1963).

A Strasbourg, il travailla d’abord dans l’atelier du peintre et aquafortiste, le baron Lothar von Seebach. Puis, il vint à Paris, s’inscrivit à l’Atelier de Gustave Moreau et ensuite à l’Atelier Luc-Olivier Merson. Dès 1903, il commença à exposer, au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts.

Il proposera une oeuvre singulière, celle d’un primitif du XXème siècle dont le sacré et la Bretagne seront les deux piliers. Sa vie est faite de nombreux séjours à l’étranger (Etats-Unis, Belgique, Brésil) ainsi que d’amitiés fidèles, comme celle qui le lie à Georges Bernanos. Hors des modes et des grands courants artistiques, Cornélius est un peintre unique, peut-être dérangeant, l’un des moins faciles dans sa violente expressivité, dans son contenu affectif et son splendide isolement. On adore ou pas!?

Jean-Georges Cornélius, « 3ème Béatitude – Bienheureux ceux qui pleurent car ils seront consolés », c.1940

huile sur carton, signée en haut et à droite, 82 x 89cm

Cette oeuvre a figuré à la seule exposition de l’artiste à Rio de Janeiro en 1947

Cette oeuvre est présentée par la Galerie Stéphane Brugal, ainsi que:

Jean-Georges Cornélius, « Pleurons » , huile sur carton, signée en haut et à gauche, 67x88cm

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